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jeudi 22 novembre 2012

Une place à prendre de J. K. Rowling



Le livre :

Une place à prendre de J.K. Rowling, aux éditions Grasset, 680 pages, 24 €.


Pourquoi cette lecture : 

Je n'ai jamais lu un livre de J. K. Rowling. Eh oui, je n'ai jamais lu les tomes des aventures du sorcier le plus célèbre au monde : Harry Potter. Cela se fera certainement aussi un jour…
En attendant, quand j'ai su que l'auteur se dirigeait vers l'écriture pour adulte, je me suis dis que c'était sans doute l'occasion de plonger à la découverte de son style. 


Le pitch : 

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre... Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.


Ce que j'en ai pensé

Je n'ai aucun point de comparaison avec ce que J. K Rowling aura bien pu écrire dans le passé et même si cela peut paraitre assez fou pour une blogueuse littéraire qui lit plus d'une centaine de titres par an : totale découverte donc de l'écriture et du style de J. K Rowling.
Cela tombe plutôt bien car c'est aussi son premier roman qui vise un public adulte. Il est intéressant donc de ne pas trop penser à ce qui a été fait auparavant pour un tout autre public pour "juger" cet ouvrage qui bénéficie d'un plan marketing très bien réglé et d'une couverture très flashy, mais assez hideuse à mon sens.

Pour en revenir plus précisément au récit qui nous est proposé dans "Une place à prendre", on ne peut pas dire qu'il n'y ait pas foule. Les personnages foisonnent à un tel point que je m'y suis perdue plus d'une fois. Bien que cela soit assez habituel pour moi au début d'une lecture (le temps que je me familiarise avec les protagonistes), il est très désagréable de constater que le sentiment d'être perdue perdure au-delà de quelques chapitres. 
C'est bien simple, pendant longtemps, je n'étais certaine de l'identité que d'une seule et unique personne, le pauvre Barry, qui laisse donc une place vacante bien contre son grè et pour cause, c'est lui le mort. 

L'ambiance petite communauté est en revanche assez bien rendue, elle est détestable enfin pour ce que j'ai pu ressentir. 
La joie des commérages, les tensions entre chacun, les sourires par devant et les cancans par derrière, les fanfaronnantes, tout est bien là. Pour qui a déjà vécu dans une petite commune (de France ou d'ailleurs), c'est du familier que tout ceci, mais encore fallait-il parvenir à le retranscrire. Mention très bien pour J. K Rowling sur ce point. 

Le style est très fluide, mais n'est pas si remarquable que cela. Je ne m'attendais à rien de précis et c'est sans amertume que je fais cette remarque. C'est un ouvrage qui reste donc très accessible, grand public et encore une fois cela n'a rien de péjoratif.

Après, je ne peux pas dire que j'ai été prise par un suspens insoutenable. Dans l'ensemble, cela reste assez convenu. Je dirai que malheureusement .J. K. Rowling ne peut pas changer les clivages qui existent entre les riches et les pauvres, les parents et les enfants ou adolescents, les hommes et les femmes, Le village de Pagford et Yarvil...
On est bien loin de la magie, on est dans l'ordinaire, le sinistre quotidien de tant de gens (partout dans le monde). Je ne suis pas complètement rentrée dans cet univers que je vis plus ou moins chaque jour (je suis du côté des nantis, mais je n'ai pas d'oeillères et la misère ne m'est pas étrangère). Je n'ai rien appris de fondamental encore une fois. De plus, la pauvreté peut prendre bien des formes. Elle se cache parfois là où on ne l'attend pas du tout. Dans "Une place à prendre", c'est beaucoup de clichés, réels certes, mais qui ne surprennent pas. Ils n'en restent pas moins terribles et méritent d'être une nouvelle fois dévoilés à la face du monde. Si au moins cela pouvait faire avancer les choses…

Une lecture sur la société anglaise qui n'est pas toujours tirée à quatre épingle, qui doit elle aussi balayer devant sa porte et qui a bien du travail pour que tous aient une certaine égalité des chances. 
Un roman tout à fait correct, qui se lit assez bien et que sa taille ne doit pas rebuter. 


Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20

mardi 23 octobre 2012

Barbe Bleue d'Amélie Nothomb


Rentrée littéraire 2012 


Le livre : 

Barbe Bleue d'Amélie Nothomb chez Albin Michel, 170 pages, 16€50.


Pourquoi cette lecture

D'ordinaire je commence toujours mes lectures pour la rentrée littéraire avec l'ouvrage d'Amélie Nothomb. Cette année, ce ne fut pas le cas pour diverses raisons, mais il n'empêche que je l'ai lu le cru 2012 ! 
Je suis fan depuis quelques année de la plume de cette jeune femme Belge de nationalité, mais Japonaise de coeur. J'ai mis du temps à apprécier son style, mais après maintes tentatives infructueuses, ce fut enfin le déclic et cette addiction ne se dément plus, même si elle connait forcément des hauts et des bas. On a beau être un petit génie de l'écriture, on ne plait pas toujours de manière aussi complète à chaque fois. 
Alors le petit de 2012, il est comment ?


Le pitch : 

La colocataire est la femme idéale.


Ce que j'en ai pensé : 

Il y a longtemps que je sais que les contes pour enfants, ces grands classiques ne leur étaient pas destinés au départ. Qu'Amélie Nothomb s'empare de l'un deux pour le refondre à sa manière ne m'a pas étonné. Elle explore tout. Elle se laisse guider par une houle qu'elle ne maîtrise pas alors pourquoi pas en passer par le conte cette fois ?

Je n'ai pas dévoré cet opus. Je l'ai savouré comme on le ferait avec une friandise que l'on sait éphémère. Il n'y a qu'un ouvrage de l'auteur par an et comme elle écrit de manière de plus en plus concise, je ne trouve pas si stupide que cela de faire durer cette lecture. D'autant plus que j'ai donc pu prendre un certain plaisir à décortiquer plus profondément le texte, ses tournures, chercher et comprendre ces petits détails que je perçois bien d'ordinaire, mais que je croque et oublie presque aussitôt pour passer au suivant. Cette fois donc je ne me suis pas comportée comme une boulimique, mais comme une gastronome avec un met fin et rare. 
J'ai avalée de manière délicate toutes les petites bulles de champagne des grands millésimes que l'on a versé dans ma coupe. Comme Saturnine, je me suis délectée du divin nectar jusqu'à l'ultime goutte et au frisson final.

La notion du jardin secret, cette petite chose que l'on souhaite garder uniquement pour soi par pudeur, par besoin ou pour tout autre raison est abordée avec grandeur, démesure et ironie aussi. C'est du Amélie Nothomb tout craché. Elle-même cachant une chose qu'elle voudrait bien révéler, mais dont elle refuse l'accès au dernier moment. elle se brûle un peu les doigts à chaque fois, elle essaie de dire sans le dire. 

L'amour est au coeur de tout, le grand, le petit, le sincère, l'intéressé, le caché, le nié… Chaque nuance est représentée ou presque comme dans la chambre noire.
Mais je crois que je ne vais pas vous en dire plus car il est bien difficile de parler d'un roman signé Nothomb sans trop en dévoiler. Déjà, je vous ai livré quelques clin d'oeil, mais je vous laisse l'ivresse de la découverte. 

Laissez-vous tenter, vous ne risquez rien sauf de tomber sous le charme… 


Et s'il fallait mettre une note : 16/20

lundi 22 octobre 2012

Cinquante nuances de Grey d'E. L. James


Rentrée littéraire 2012



Le livre : 

Cinquante nuances de Grey de E. L. James chez J. C Lattès, 551 pages, 17 €.


Pourquoi cette lecture : 

C'est l'un des gros titres de cette rentrée littéraire 2012, non pas pour ses qualités de rédaction (encore que, nous y reviendrons), mais parce qu'il préfigure un nouveau genre : le mommy porn (le porno des mamans) qui en réalité existait déjà, mais pas tout à fait sous cette forme et beaucoup moins bien mit en valeur. On peut tout lire et entendre sur ce bouquin et comme je déteste les idées toutes faites ou que l'on veut nous imposer, je préfère prendre les devants et me forger ma propre opinion.
Voilà donc comment ce titre qui fait couler beaucoup d'encre réelle et virtuelle a atterri entre mes mains.


Le pitch : 

Lorsqu'Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d'entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l'oublier – jusqu'à ce qu'il débarque dans le magasin où elle travaille et l'invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. 
Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu'ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…


Ce que j'en ai pensé : 

Je l'ai reçu dans ma boite aux lettres, le jour de sa sortie nationale chez nous. Je l'ai commencé le soir même avec une curiosité piquée au vif et aucune idée préconçue car je n'avais lu qu'un ou deux articles sur le livre afin de rester la plus neutre possible et aussi pour ne pas me gâcher le plaisir de la découverte. 

L'auteur se serait inspirée de la trame de la saga "Twilight"  au départ pour écrire son récit qui était à l'origine une fanfiction ?! Possible, on y retrouve des ingrédients un peu mièvres, mais qui fonctionnent. Bref comme pour "Twilight", on se laisse prendre au jeu même si on sait que c'est un peu surfait, voir même légèrement ridicule d'être aussi crédule. Mais peu importe, cela se lit très facilement, cela détend, on rit même et on tourne les pages sans même s'en rendre compte. 

Anastasia est une jeune fille qui est maladroite au possible. Toutes les gaffes, elle va les faire et sur ce plan, elle me rappelle ma fille aînée (heureusement bien trop jeune pour être la véritable héroïne de cette intrigue). J'avoue avoir pas mal rigolé toute seule dans mon lit devant cette catastrophe ambulante. Cependant, elle n'est pas aussi stupide que ce à quoi je m'attendais vu les quelques lignes que j'avais lu dans un article sur le livre. Au contraire, je la trouve intéressante et comme Grey, je suis plus attirée par elle que sa meilleure amie (Kate), archétype de l'américaine, aisée, belle et presque parfaite sur le plan intellectuel. Anastasia n'est pas non plus si prude que je ne l'aurai cru. Elle franchit les barrières assez facilement, bref, elle l'a dans la peau ce Christian, elle l'aime, lui fait confiance jusqu'à un certain point. Elle découvre tout avec lui (sur le plan sexuel) et en quelques jours, il est certain que sa vie bien rangée bascule.

Grey, Christian de son prénom, est un personnage que j'aurai bien remit à sa place si je l'avais croisé. Il est trop parfait et presque heureusement qu'il a ses déviances sinon j'aurai cru que j'avais en face de moi Ken (le petit ami de Barbie) !!!! Mais sa véritable personnalité est plus complexe qu'il n'y parait. Avec lui, c'est le chaud et le froid sans arrêt. Finalement, je ne sais pas ce que j'aurai fait à la place d'Anastasia, mais il est troublant. 
Il n'est pas aussi extrême non plus qu'on a bien voulu nous le faire croire dans la presse (pour ce que j'en avais lu). Il est instable certes, mais pour le reste… 

Je m'attendais à une intrigue peu ficelée et au final, même si c'est cousu de fil blanc, l'auteur prend le temps quand même de mettre en place un cheminement qui se tient presque. Je dis presque parce qu'évidement on sait que l'on est dans de la fiction. La vie réelle, c'est comment dire… Plus cruelle et moins glamour à moins d'être… Iréelle ! Mais cela fait du bien aussi d'oublier tous ses soucis du quotidien pour suivre les péripéties de ces personnages trop stéréotypés.

Choquée ? Je ne l'ai pas été et j'avoue qu'en matière sexe, il faut se lever de bonne heure pour y parvenir. De plus, je trouve que ce n'est pas aussi SM que cela. L'auteur nous offrirai même plutôt une découverte sot de cette manière de vivre sa sexualité.
Crier au scandale ? Certainement pas pour si peu. Lire un texte explicite en la matière n'a rien de dégradant. D'ailleurs, même les mamans ont une sexualité et donc des fantasmes en tête. La nature est ainsi faite et si cette lecture peut enrichir notre libido, où est le mal ? 

On parle beaucoup dans ce livre d'attirance, d'électricité entre les personnages, d'une alchimie qui s'opère et pour être franche dans la vraie vie, c'est aussi comme cela que cela fonctionne. Quand un couple marche sur le plan sexuel, c'est aussi et surtout parce que l'attirance est mutuelle, qu'il y a un je ne sais quoi difficilement explicable par A+ B = C, mais qui marche. C'est l'instinct, c'est notre part animal quoiqu'on en pense. Je trouve donc que l'approche de E. L. James se tient parfaitement.

Et pour en revenir au style d'écriture, certes, on peut en convenir, ce n'est pas digne de l'Académie française, mais j'ai lu bien pire aussi. C'est un roman que l'on lit pour se faire plaisir, pas pour se creuser les méninges. Une lecture détente qui vaut largement un programme plus que médiocre à la télévision sauf que là on est un peu plus actif d'un point de vue cérébral à mon sens. 
Les scènes de sexe sont bien décrites. Pas trop de détails, juste ce qu'il faut pour que l'imagination fonctionne à plein régime, bref, une écriture bien dosée. 
On peut lire en quatrième de couverture que ce livre est romantique, libérateur et totalement additif. Pour une fois, je suis assez d'accord car je n'ai pas lâché mon bouquin. Je me suis évadée du monde réel et de ses soucis. C'est aussi cela que je demande à la littérature quelque qu'elle soit. 

Le succès aidant, des clones ne vont pas tarder à apparaitre, mais auront-ils la même saveur ? Sauront-ils se démarquer ? 
Pour le moment, je vais m'en tenir à "l'original" histoire d'aller jusqu'au bout de la saga car oui, pour savoir, il faut aller jusqu'au troisième tome. 
Pffffffiout, de quoi se réchauffer un peu en ces mois qui promettent d'être frisquets…. 


Et s'il fallait mettre une note : 18/20

lundi 17 septembre 2012

L'Embellie de Audur Ava Olafsdottir


Lecture rentrée littéraire 2012 


Le livre : 

L'Embellie de Audur ava Olafsdottir aux édition Zulma, 395 pages, 22 € 00.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande par la route côtière. En ce  ténébreux mois de novembre islandais, exceptionnellement doux au point de noyer l’île sous les pluies et les crues, la narratrice, qui ne cesse de se tourner elle-même en dérision, voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper, pour au moins une saison, de son fils de cinq ans. Pourtant la chance sourit à l’amie d’Audur : elle gagne un chalet d’été et une petite fortune au loto. 
À la suite de sa rupture, elle aurait préféré accomplir un voyage consolateur à l’étranger mais, bonne nature, elle est incapable de refuser quoi que ce soit à qui que ce soit, hommes ou femmes. Elle partira tout de même, pour un tour de son île noire, avec Tumi, le fils d’Audur, étrange petit bonhomme, presque sourd, mutique, et avec de grosses loupes en guise de lunettes. Roman d’initiation s’il en fût, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation de plus en plus cocasse, attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. 
Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre – on pourrait dire amoureuse – de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus, longtemps après en avoir achevé la lecture. Il y a chez la grande romancière islandaise – dont on garde en mémoire le merveilleux Rosa candida – un tel emportement rieur, une telle drôlerie des situations comme des pensées qui s’y attachent, que l’on cède volontiers à son humour fantasque, d’une justesse décapante mais sans cruauté, terriblement magnanime. 
Vrai bain de jouvence littéraire, ses romans ressemblent à la vie.


Ce que j'en ai pensé : 

C'est l'histoire d'une rencontre pour le moins improbable et parsemée d'autres rencontres qui nous font découvrir l'Islande. 
C'est tendre et drôle. On rit, mais on est ému également. Bref, on ne reste pas simplement spectateur de ce récit bien vivant. 
D'ailleurs un tel livre, cela s'offre, se prête, se recommande, bref circule car c'est un hommage à la vie dans tout ce qu'elle peut avoir de tristoune, mais aussi de très beau. 
Il y a de la poésie et de belles leçons de philosophie à apprendre ici, dans ce petit pavé de papier… 

C'est fort bien écrit (et traduit). Cela se lit tout seul. 

J'ai adoré l'annexe à la fin du bouquin car les recettes de cuisine et le tricot, c'est mon dada ! 
Une lecture agréable jusqu'au bout ! 


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 

vendredi 14 septembre 2012

Le poivre d'Olivier Bouillère


Lecture rentrée littéraire 2012



Le livre : 

Le poivre d'Olivier Boullière aux éditions P.O.L, 310 pages, 18 €.



Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Lorraine se souvient de la Reine Visage en 1965. C'était presque l'enfance et elle avait l'impression d'avoir déjà tant vécu. Beaucoup plus que maintenant.  Serait-elle capable de jouer et de chanter à nouveau ? Ce n'est pas du tout la même chose d'avoir vingt-cinq ans. A vingt-cinq ans elle croyait aux choses, elle était attachée à ce qu'elle allait devenir ou accomplir. Maintenant ça n'aurait plus de sens. 
Quelque chose est usé dans l'importance même du monde. Pourtant il va bien falloir.


Ce que j'en ai pensé : 

Le poivre, c'est pour donner du goût à un plat, en révéler la saveur, en exhausser la puissance en bouge et là, on n'est pas vraiment dans le domaine culinaire, mais un ouvrage qui nous parle du retour sur le devant de la scène d'une ancienne star. Cela m'a fait penser à toutes ces célébrités des années 70-80, voir même 90 qui font des tournées partout en France et surfent sur la nostalgie du public. Je ne dénigre pas leur talent, je pense juste que l'on ne peut pas vivre éternellement dans le passé et q'il faut nécessairement aller de l'avant ensuite. 

Le temps passe pour tout le monde et on ne peut pas être éternellement jeune. Pour certaines personnes, cette fuite en avant est plus difficile que pour d'autres. L'image que renvoit le miroir se veut cruelle et ne correspond pas à ce que l'on a gardé en tête, à ce que désir aussi le public. On peut déprimer pour moins que cela quand la pression de la scène, de la représentions est trop forte, mais pas que. 
La preuve Lorraine n'est pas la seule dans le spleen. 

A un moment donné, il y a comme une cassure dans la lecture et l'intrigue qui se déroulait assez logiquement s'en ressent. Il y a aussi le vocabulaire plus cru pour décrire des scènes de sexe dont on ne sait pas trop ce qu'elles font là. Du sexe pour oublier ? Pour s'oublier ? Peut-être… 

J'avoue aussi que je ne suis pas vraiment fan du style d'écriture de l'auteur. Je l'ai trouvé maladroit le plus souvent, manquant de fluidité ou de finesse pour faire passer les émotions. 
Dommage… 


Et s'il fallait mettre une note : 9 / 10 

jeudi 13 septembre 2012

120 journées de Jérôme Noirez


Lecture rentrée littéraire 2012


Le livre

120 journées de Jérôme Noirez aux éditions Calmann-lévy, 453 pages, 22€10.


Pourquoi cette lecture :

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Huit collégiens : quatre filles, quatre garçons âgés de douze à quinze ans. Ils se connaissent, s'ignorent, et se rendent au collège par des routes  divergentes. Un soir, ils ne ressortent pas de leur établissement. Ils se réveillent à Silling, un lieu obscur, souterrain, mi-bunker mi-pensionnat où quatre mois durant, ils devront se plier à des rituels étranges, des simulacres scolaires, tantôt subjugués tantôt livrés à leur propre passivité, spectateurs et acteurs de drames sanglants. 
  À ce récit se superpose celui d'un conteur radiophonique, chargé de s’adresser aux collégiens séquestrés depuis son ordinateur. Il se prête au jeu moyennant finance sans être convaincu d’avoir un auditoire. Le voilà qui narre des histoires d'adolescence drôles, tragiques, horrifiques, des contes de fées peuplés de princes-zombies et de limnées géantes. Entre le dedans et le dehors, le quasi-fantasme et le presque-réel, de bizarres conjonctions naîtront. 
« Parce que toute existence a besoin d'un récit… Ce n'est pas la puberté qui différencie l'enfant de l'adolescent, mais ce soudain déni de récit que les adultes imposent aux enfants quand ils décident de voir en eux autre chose. L'adolescent n'est qu'un enfant privé de récit, monsieur Duclos… »


Ce que j'en ai pensé : 

120 journées, c'est l'équivalent de 4 mois et je n'ai pas eu autant pour lire ce livre, mais franchement, je l'ai bien senti passé ce temps de lecture. J'ai eu l'impression que mes heures et les pages tournées n'avançaient pas d'un pouce.

Dans ce récit, je me suis posées beaucoup de questions et ce qui m'a le plus refroidie, c'est que je n'ai pas eu l'impression de trouver les réponses. C'est très très frustrant.
Je me suis sentie oppressée, mal à l'aise, je n'ai pas apprécié du tout l'ambiance ni l'angle d'attaque choisi par l'auteur pourtant original (ce qu'en principe j'apprécie). Je me suis sentie séquestrée également. 
J'ai aussi été déconcertée durant ma lecture de l'inversion des intrigues / point de vu mêlées entre elles. Je n'ai pas saisi l'intérêt, j'ai dû passée à côté de quelque chose. 

Voilà un avis assez court, mais quand on n'apprécie pas un livre, je trouve qu'il est encore plus difficile d'en parler surtout quand les raisons sont à la fois multiples et une : l'incompréhenssion totale de la démarche de l'auteur. 


Et s'il fallait mettre note : 9 / 20 

mercredi 12 septembre 2012

Ce que savait jennie de Gérard Mordillat


Lecture rentrée littéraire 2012



Le livre : 

Ce que savait jennie de Gérard Mordillat aux éditions Calmann-lévy, 220 pages, 17 € 40.



Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.



Le pitch : 

A vingt-trois ans, Jennie n'a qu'un but dans la vie : réunir ses soeurs et son frère dispersés dans des familles d'accueil et un foyer afin de les emmener voir  la mer depuis les. falaises d'Etretat. Au cours de cette quête à travers la France, Jennie va rencontrer Quincy, un acteur qui ne veut plus l'être. Lui aussi est animé d'une volonté sans faille : venger le suicide de sa mère. Unis face au pire et portés par une détermination farouche, ces amants tragiques mettront tout en oeuvre pour parvenir à leurs fins. 
Un récit incarné par une héroïne bouleversante et sublime, où l'espoir mène tout droit à la folie.



Ce que j'en ai pensé : 

Ce livre nous dévoile 10 ans de la vie de Jennie (à qui je rend sa majuscule). En 220 pages, cela peut paraître assez peu et pourtant cet ouvrage est riche, dense, cru, il fleure bon cette chienne de vie. 
Et oui car l'existence pour Jennie n'est pas vraiment un long fleuve tranquille (sinon pourquoi écrire dessus ? on pourrait presque alors se poser la question, mais là n'est pas le propos). 
Plus qu'une grande soeur, Jennie est une incarnation de l'instinct maternel envers ses trois enfants en bas âge dont d'ailleurs elle avait l'habitude de s'occuper durant les absences de leur mère. Ce n'est pourtant pas si évident quand on n'a que 16 ans, un petit ami, une vie d'adolescente vaille que vaille, tant de découvertes à faire pour se construire… Et même les années qui vont passer ne changeront pas cet état d'esprit. C'est que Jennie aime aller jusqu'au bout des choses, surtout quand elles sont aussi essentielles.

Jennie est une sauvageonne, qui ne se laisse pas facilement approcher, qui ne laisse pas indifférent pour peu que l'on ait encore un peu de compassion pour autrui. 

Portrait d'une jeune fille pas comme les autres, ce livre est aussi une description sans compromis de notre société actuelle qui est dure, cruelle, injuste et ne laisse pas de place aux plus faibles. qui manque de tout, mais aussi et surtout de l'essentiel (pas forcément matériel, mais avec des sentiments). 

Ce livre m'a touché, mais en même temps, je m'en suis protégée donc j'imagine que je suis passée à côté de certains petits messages que voulait faire passer son auteur. Trop de violence, trop sentiments durs et pas assez d'amour… J'ai dressé mon drapeau blanc et j'ai rendu les armes sans pour autant quitter mon nid douillet. Pas envie d'être blessée de nouveau donc… 

Et la tendresse bordel !!!! Voilà qui résumerait bien ce roman social où on a un formidable personnage féminin qui n'abandonne jamais. 


Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 

mardi 11 septembre 2012

Prince d'orchestre de Metin Arditi


Lecture rentrée littéraire 2012 


Le livre : 

Prince d'orchestre de Metin Artidi, aux éditions Actes Sud, 372 pages, 21 € 80.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Alors que chaque concert lui vaut un triomphe et qu'il se trouve au sommet de sa gloire, le chef d'orchestre Alexis Kandilis commet une indélicatesse dont les  conséquences pourraient être irrémédiables. Sa réputation est ébranlée. Aux déceptions et revers qui s'ensuivent il oppose la certitude de son destin d'exception. Mais les blessures les plus anciennes se rappellent à son souvenir. L'insidieux leitmotiv des Kindertotenlieder, Les chants des enfants morts, de Gustav Mahler lui chuchote sans répit le secret qu'il voudrait oublier. 
La chute est inexorable. Seules l'amitié ou la confiance de quelques proches semblent l'ouvrir à une autre approche de son talent, susciter en lui un homme nouveau, dont la personnalité glisserait de la toute-puissance à la compassion, de l'arrogance à l'empathie profonde. Se dessine peut-être une métamorphose... Roman haletant, parcours exalté, bouleversé par les véhémences de la musique, Prince d'orchestre est aussi une réflexion sur la part d'imprévisible que contient toute existence, sur la force du hasard et les abîmes de la fragilité humaine, sur les souffrances que convoque, apaise, et souvent transcende l'inépuisable fécondité de l'art.


Ce que j'en ai pensé : 

Sur les partitions, on écrit les histoires avec des notes et là, on a un livre qui nous conte une belle histoire avec des mots bien choisis, des tournures qui ne manquent pas de rythme et la mélodie des phrases qui s'enchainent est un ravissement que l'on n'a pas envie de laisser passer. 

En effet, on se laisse happer par cette histoire qui forcément va mal se dérouler (sinon pourquoi écrire un livre ?). On se dit que toute la noirceur se présentait déjà dès les premières pages, mais qu'importe, on lit, on tourne les pages. On n'est pas vraiment surpris (tient, on s'y attendait à cela), même quelques fois, on reste un peu sur notre faim (un certain goût d'inachevé ou de trop téléphoné), mais l'ensemble est plaisant. L'écriture agréable ferait presque oublier les petites déconvenues trouvées ici ou bien là. 

Tout posséder est-il la véritable finalité de l'existence ? On peut en douter quand on voit combien la vie se retrouve complexifiée par nos multiples activités, nos possessions, nos désirs jamais satisfaits et sans cesse renouvelles. 
Quand on a tout, peut-on tout perdre ? Et si au final, nous n'avions rien ? On se bat pour avoir ceci, cela et pourtant on peut ruiner des années de labeur en quelques secondes. 
En voilà des questions de fond que semble poser avec gravité ce roman. 

Les blessures de l'enfance, même cicatrisées, même refoulées au plus profond de nous, peuvent toujours se rouvrir et saigner. Les cicatrices, même amoindries, restent toujours visibles. Les dégâts sont permanents quiqu'on en dise, quoiqu'on fasse. On peut toujours essayer de se les cacher, mais tôt ou tard qu'un jour, elles referont surface de manière plus brutale encore. 
Histoire qui se veut forte, qui souhaite que le lecteur ne reste pas sagement assis dans son fauteuil sans réagir, voilà sans doute le pari de Metin Arditi. Il est réussi car c'est une lecture qui vous fera vibrer : colère, incompréhension, joie, tristesse, révolte…etc. 

Un très bon cru pour cette rentrée littéraire 2012 car il ne vous laissera pas de marbre, il y a de la vie dans ce livre et même si ce n'est pas la mélodie du bonheur, cela vaut le coup de ne pas faire la sourde oreille car l'essentiel devrait être notre seule quête dans quelques domaines que ce soit… 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20 

lundi 10 septembre 2012

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari


Lecture rentrée littéraire 2012 


Le livre : 

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari, aux éditions Actes Sud, 208 pages, 19 € 00.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l’ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les  prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l’aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont, dans l’oubli de leur finitude, tout sacrifié à la tyrannique tentation du réel sous toutes ses formes, et qui, assujettis aux appétits de leur corps ou à leurs rêves indigents de bonheur ou d’héroïsme, souffrent, ou meurent, de vouloir croire qu’il n’est qu’un seul monde possible.


Ce que j'en ai pensé : 

J'ai été un peu désappointée avec cette lecture. Après le dernier Laurent Gaudé, je serai bien restée un peu plus longtemps dans l'époque riche, mais trouble de l'Antiquité. Ne faîtes donc pas comme moi, ne faîtes pas confiance aux titres des ouvrages ! Grrrrrrrrr
Rome ne s'est pas bâtie en un jour, mais sa chute, longue elle-aussi, inspire parfois des comparaisons curieuses (mais expliquée).

Marcel et Matthieu, son petit fils, sont des protagonistes qui ne peuvent que nous toucher. Leur histoire de famille, cela pourrait être la nôtre. 
On tient en main comme deux fils d'Ariane et on les suit. Peut importe les années écoulées. 
Ce qui m'a en revanche ennuyé, c'est que d'autres pistes sont apparues, mais on les a mise de côté, voir complètement oubliées. Dommage, je me suis sentie quelque peu frustrée par ces possibles non explorés. 

J'ai apprécié le style d'écriture même si parfois, il faut être attentif à ce que l'on lit, sous peine de se perdre. 
Les descriptions sont belles, pas ennuyeuses et détaillées pour nous sembler toujours plus vivaces. La Corse, cette ile de beauté, le mérite. 

Voilà une lecture qui fait réfléchir, qui pose des questions assez simples, mais dont les réponses sont au contraire complexes, embrouillées, emmêlées. 
Vit-on notre existence ou passons-nous notre temps à la rêver ?

Chronique d'une fin annoncée, c'est un bel ouvrage qui mérite l'attention de lecteurs venus d'horizons divers pour une problématique universelle. Heureusement que la littérature est là pour nous sauver… 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20 

vendredi 7 septembre 2012

Pour seul cortège de Laurent Gaudé


Lecture rentrée littéraire 2012 


Le livre : 

Pour seul cortège de Laurent Gaudé, aux éditions Actes Sud, 176 pages, 18€00.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Alexandre le Grand va mourir. Qui lui succédera à la tête du royaume ? Qui perpétuera l’insatiable esprit de conquête qui l’a animé ? Qui saura apaiser  son âme ? Pour incarner cette figure héroïque, Laurent Gaudé renoue avec le souffle épique qui a fait le succès de La Mort du roi Tsongor (Prix des libraires, prix Goncourt des lycéens).


Ce que j'en ai pensé : 

On ne compte pas les ouvrages qui porte sur Alexandre le Grand car c'est un personnage historique qui fascine siècle après siècle. Ce qui est plus rare, c'est l'angle d'attaque choisi par Laurent Gaudé pour son roman : la fin de cet homme hors du commun. 
On en est encore à trouver des traces de son héritage car sans sa formidable destinée, certainement que le monde d'aujourd'hui serait encore différent. Je vous assure que je ne pars pas dans mes délires d'historienne, mais que je m'appuie sur mes souvenirs d'anciennes autres lectures très sérieuses sur le sujet. 
Bref, pour en revenir au roman de Laurent Gaudé, on va avoir aussi l'immense plaisir de découvrir un personnage féminin : Dryptéis (fille de Darius). L'époque n'est pourtant très tendre avec les femmes (sauf quelques-unes), aussi j'ai pris grand plaisir à la voir ainsi mise en lumière. Elle va exaucer son voeux le plus cher et c'est juste magnifique. 

"Pour seul cortège" est un livre où l'on se perd avec bonheur. On ne sait plus très bien où est l'Histoire, ce qui est reconstitué, ce qui tient de la légende et c'est très bien ainsi car tout n'en parait que plus plausible. La réalité défiant très largement la fiction comme chacun le sait déjà. 
Cet ouvrage tient du récit que l'on pourrait se raconter l'hiver, tous blottis au coin du feu. Laurent Gaudé est un conteur hors catégorie car on s'y croirait. On sent les parfums, on distingue les tensions, on touche ce qui n'est plus et pourtant si réel à travers ces mots toujours bien choisis. 

Je regrette d'avoir lu un peu trop vite ce livre, il mérite que l'on s'y attarde davantage. C'est une des perles de cette rentrée littéraire 2012 à  mon sens. 


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20.

jeudi 6 septembre 2012

Inséparables d'Alessandro Piperno


Lecture rentrée littéraire 2012


Le livre : 

Inséparables d'Alessandra Piperno, aux éditions Liana Levi, 400 pages, 22€50.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Inséparables. Les frères Pontecorvo l'ont toujours été. Comme les petits perroquets qui ne savent vivre qu'ensemble. Ils sont pourtant différents : Filippo,  indolent, attiré par les femmes et par les BD qu'il dessine d'ailleurs avec passion. Samuel, brillant dans ses études et engagé à présent dans le monde de la fmance, mais maladroit en amour. Et voilà que les destins s'inversent. Samuel, le battant, pris entre un investissement financier hasardeux et un mariage qui prend l'eau avant même d'avoir été célébré, vit des jours difficiles. 
Filippo, le marginal, conquiert une renommée inattendue à Cannes grâce à un film d'animation sur les violences faites aux enfants dans le monde. Puis des menaces terroristes, dont la presse s'empare avec délice, vont lui assurer la célébrité. Encore une fois la famille va devoir faire ses comptes avec le système médiatique dont les mécanismes fonctionnent aussi bien pour encenser que pour mettre à terre. 
Alors que vingt-cinq années se sont écoulées, le passé refait surface : la mise en accusation et la mort de Leo Pontecorvo, leur père. Un passé qu'il est temps pour les Inséparables d'affronter et d'élucider... Un récit pétillant, ironique, émouvant, auquel un " happy end " n'enlève rien de sa gravité...


Ce que j'en ai pensé : 

Bling-Bling, voilà le festival de Cannes qui se profile, sans parler de la fortune d'Anna.
Tapis rouge, hôtels de luxe, aventures sans lendemain avec des starlettes, la mer, les clichés sont dans la tête de Filipo quand on débute cette lecture. Il se prépare, il a été sélectionné pour participer au festival avec son dessin animé dans une catégorie moins clinquante tout de même que celle des longs métrages. Ah ben, on ne réussit pas toujours tout non plus, surtout quand on est considéré comme le moins bien des deux frères. 
Mais la donne semble vouloir changer.

J'ai trouvé un peu étrange et pourtant bienvenu le titre donné à ce livre. 
J'ai eu du mal à le saisir par moment, on rentre dans l'intime, tout en restant en surface. On dévoile, mais avec pudeur (pas toujours non plus, mais c'est peut-être une affaire de point de vue là encore).
Les femmes y sont fortes plus que la gente masculine. Et oserai-je dire : alors, c'est qui le sexe dit faible ?

Surprenant, d'une écriture qui demande un peu d'effort quand même pour bien rentrer dedans (comprendre que l'on est bien loin du style d'un Marc Lévy où tout coule de source), voilà un roman qui me laisse indécise. J'ai apprécié certains passages, mais beaucoup moins d'autres qui m'aurait bien fait lâcher ma lecture. Ce n'est pas tant que cet ouvrage soit de qualité inégale, que mon intérêt qui s'émoussait par moment. 

Livre que je classerai bien dans une catégorie un peu fourre-tout : bien, mais… 



Et s'il fallait mettre une note : 11 / 20 

mercredi 5 septembre 2012

Tous les diamants du ciel de Claro


Lecture rentrée littéraire 2012 



Le livre : 

Tous les diamants du ciel de Claro, aux éditions Actes Sud, 247 pages, 20 € 00.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012.


Le pitch : 

Propulsé dans le siècle du LSD et de la guerre froide après avoir mangé un morceau de “pain maudit” pendant l’été 1951 à Pont-Saint-Esprit, le jeune  Antoine va découvrir un monde où l’improbable est réel et le réel improbable, et entamer un chaotique chemin de croix, qui le mènera des mirages du désert algérien aux sex-shops du Paris de l’après 1968.


Ce que j'en ai pensé : 

Bon comme du bon pain tiède, tout juste sorti du four, cela ressemblerait presque à une publicité. 
Ce livre nous met en appétit pour cette rentrée littéraire 2012.
J'ai salivé à la lecture des premières lignes, cela débutait de manière gourmande, mais les douceurs de la vie, même simples, ne sont pas si faciles que cela à appréhender parfois. 
Le bonheur est si vite éclipser par la noirceur… 

Avec un style très riche, rien, aucun détail ne nous échappe, l'auteur nous livre une vision assez complète de cette seconde moitié du XX ème siècle.
On trouve des pépites qui brillent de mille feux, comme  des pierres précieuses, des joyaux, des diamants, mais ne faut-il pas s'en méfier encore plus ? Le pire n'est-il pas à venir comme ce fond de vérité que comporte toutes légendes urbaines ?

Pour ma part, c'est le premier livre de cet auteur que je découvre. Je ne connais pas du tout son univers. Je prends le tout comme il vient, parfois avec des pincettes.
J'ai apprécié son style d'écriture, pas toujours si facile à suivre que cela car dense. Il faut s'accrocher et j'aurai aimé au final plus de légèreté. 
Je me suis perdue dans la lecture de ces pages, comme si moi aussi j'avais ressenti des effets du LSD (enfin, j'imagine car moi j'y touche pas à la drogue, sauf si elle est chocolatée !!!!). Une sensation très étrange quand même pour la lectrice que je suis. 

Lecture étonnante, mais dont je ne suis pas certaine de garder grand chose. 
J'ai bien du mal à la classifier, à la ranger dans une case, un genre d'ailleurs, je pense de plus en plus que cela est tout bonnement impossible. 
Avis aux amateur de l'étrange en matière littéraire.



Et s'il fallait mettre une note : 10 / 20 

mardi 4 septembre 2012

L'amour sans le faire de Serge Joncour



Lecture rentrée littéraire 2012


Le livre

L'amour sans le faire de Serge Joncour, aux éditions Flammarion, 332 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Chaque année, j'ai la chance de pouvoir découvrir avant tout le monde (enfin presque tout le monde car il y a aussi les libraires et toutes les professions liées à l'économie du livre) des titres de la prochaine rentrée littéraire. 
Et oui, au moment où je rédige ce billet, nous sommes en juin 2012 et non pas en septembre. 
C'est l'occasion de découvrir complètement à l'aveuglette des titres (pas de 4ème de couverture pour des épreuves non corrigées) des auteurs que l'on connait de renom ou pas (malgré mon grand nombre de lectures annuelles, je reste souvent une ignare qui apprend régulièrement). Je trouve cela amusant et enrichissant. 


De quoi cela parle : 

Au coeur de ce roman, il y a un sentiment qui se détache : l'amour. 
Cela pourrait être une histoire simple et banale, et elle l'est par certains aspects, mais les êtres humains ne sont jamais totalement lisses ou sans reliefs.
Suivons donc Franck, Louise, Alexandre n°1 et n°2 ainsi que bien d'autres dans les méandres des rapports avec autrui et la psyché de chacun. C'est tout sauf ennuyeux ! 


Ce que j'en ai pensé : 

L'amour que l'on le recherche ou le fuit, c'est déjà de l'amour. Même si on souhaite s'en protéger par des moyens plus ou moins détournés, il finit toujours par se planter devant vous. On doit alors faire avec, même maladroitement. Il se passe toujours quelque chose : on gagne ou perd, mais il y a une issue à cette partie de cache-cache. 

La réalité vaut plus que beaucoup de fictions et ce roman est ancré entre le terroir et un espace urbain. Il se lit aisément grâce à sa fluidité, sa banalité apparente et son aspect presque universel.

Les disparus sont quelques fois plus présents que les vivants. Les fantômes du passé ne sont pas là pour nous tourmenter, mais bien là aussi pour nous guider. Il suffit de se laisser porter et de bien vouloir les écouter.
La vie est compliquée ? Peut-être pas tant que cela. La nature humaine n'a de cesse de la rendre plus tortueuse.  Revenons donc vers l'essentiel et la solution à nos soucis sera peut-être au rendez-vous. 

"L'amour sans le faire" de Serge Joncour est un roman à mettre dans toutes les mains, il a le goût de la vie d'hier, d'aujourd'hui et même un peu de demain. 


Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20 

lundi 3 septembre 2012

La convergence des alizés de Sébastien Lapaque


Lecture Rentrée Littéraire 2012



Le livre : 

La convergence des alizés de Sébastien Lapaque, aux éditions Actes Sud, 337 pages, 21€80.


Pourquoi cette lecture : 

Elle s'est faite (en août 2012) lors d'une opération lancée par les librairies Décitre et la communauté Entrée Livre : lecteurs VIP pour la rentrée littéraire 2012. 



Le pitch : 

A l'équateur, où se rencontrent les vents des deux hémisphères, la convergence des alizés provoque des turbulences atmosphériques variées en poussant l'air  à s'élever. Etudiante en géographie à l'université de Belém, Helena Bohlmann est fascinée par ce phénomène auquel elle a consacré des pages et des pages. Mais c'est par quelques mots seulement, je t'aime, je t'aime, je t'aime, qu'elle a signé sa disparition soudaine, laissant Zé, son amant, dans l'attente, l'anxiété, puis l'impérieux besoin de la revoir. 
Forçant son naturel mélancolique, Zé quitte alors l'Amazonie pour Rio de Janeiro, l'ancienne capitale brésilienne, qu'il ne connaît pas. Guidé par son intuition et par des signes mystérieux, il est persuadé de retrouver Helena. La convergence des alizés est un jeu de pistes trompeur dans lequel une quarantaine de personnages incarnent tous les visages du Brésil sur un enivrant manège romanesque. Histoire, musique, politique, football, paysages : le pays entier se livre au lecteur comme un nouvel amour. 
Et la jeunesse du Sud prend le pouvoir pour désigner les possibles de notre temps. Les surprises de l'amour, les bonheurs de l'amitié, l'érudition et la fougue animent l'écriture de Sébastien Lapaque, illuminant cette fusion ardente du romanesque et de la subversion.


Ce que j'en ai pensé : 

Les JO de Londres viennent à peine de se terminer (du moins pour la session des athlètes dits valides) que déjà par le biais de ce roman, on s'envole et puis on plonge dans l'ambiance "caliente" de celle de Rio de Janeiro.

Trouble, à couteau tiré parfois, ce récit parle aussi beaucoup de sentiments que les hommes peuvent éprouver. Forcément l'amour sera présent. Lui le roi des sentiment, celui peut vous faire faire n'importe quoi, vous faire agir comme le dernier des imbéciles et prendre tous les risques.
"Je t'aime", ce ne sont que des mots dit comme cela ou écrit sur une feuille. Vite prononcé, sans plus y réfléchir, on les vide de sens, mais dans "La convergence des alizés", on essaie au contraire de redonner du sens, de revenir vers l'essentiel.

Un beau voyage, essentiellement dans le Brésil d'aujourd'hui, sans quitter son "home sweet home". il y a pire pour débuter la rentrée, même la littéraire et même si tout n'est pas rose.

Le nombre des personnages peut rebuter (moi, je m'y perds assez vite), ainsi que le rythme choisi pour nous relater l'ensemble. 
Trop de multiplicité, trop de richesse pour un seul roman ?

A découvrir toutefois pour aller de l'avant et ne pas rester sur nos bases trop "vieille Europe".


Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20