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mardi 13 juin 2023

La chair est triste hélas d'Ovidie


 

Le pitch : 

 

« J’ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m’étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. À toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n’avais pas joui. À tous ces coïts où j’avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d’épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. À tous ces sacrifices pour rester cotée à l’argus sur le grand marché de la baisabilité. À toute cette mascarade destinée à attirer le chaland ou à maintenir le désir après des années de vie commune. Cette servitude volontaire à laquelle se soumettent les femmes hétérosexuelles, pour si peu de plaisir en retour, sans doute par peur d’être abandonnées, une fois fripées comme ces vieilles filles qu’on regarde avec pitié. Un jour, j’ai arrêté le sexe avec les hommes. »

Autrice et documentariste spécialiste de l’intime et du rapport au corps, Ovidie retrace ici la trajectoire qui l’a conduite à quatre années de grève du sexe.

Dirigée par Vanessa Springora, la collection « Fauteuse de trouble » articule intimité et émancipation, érotisme et féminisme, corps et révolte, sexuel et textuel. 


 

 

Ce que j’en pense : 

 

Ovidie a plus d’une casquette et pourtant on la retrouve toujours sur des thématiques assez engagées et parfois un peu sulfureuses pourraient dire certaines personnes un peu coincées. Parce que oui, elle a débuté comme actrice dans la porno. Elle a ensuite réalisé des films toujours classés dans cette catégorie, mais avec une vision plus féministe. Elle se tournera vers les documentaires ensuite et l’on peut découvrir avec elle, les faces peu reluisantes de cette industrie très lucrative qu’est devenue la pornographie, ses films, ses plateformes… Si on ne possède pas ces clefs de départ, il est fort possible que l’on passe à côté de l’ouvrage d’aujourd’hui. 

Pour autant, il serait trop réducteur de ne considérer que ces expériences. Ovidie, c’est aussi une femme très cultivée (elle a un doctorat en lettres), journaliste, écrivaine et interlocutrice de choix dans divers médias comme des podcasts. 

« La chair est triste hélas » n’est donc pas un texte isolé, mais qu’il faut prendre comme une pièce de toute son œuvre bien loin d’être achevée. Une étape. 

 

Qu’une personne ayant vécu semble-t-il la sexualité comme un élément essentiel, devienne ainsi une femme retirée du « Game » (les relations avec des hommes seulement car elle ne se déclare pas asexuelle) peut surprendre et pourtant, c’est certainement plus logique qu’on ne le croit car justement, Ovidie sort de sa zone de contrôle et livre un texte rempli de sentiments forts, avec peu, voir pas de filtres. 

Son écriture est vivante. Ce texte n’est assurément pas un essai bien policé. Et cette spontanéité m’a touché. J’ai pu sentir ses émotions voir en partager certaines. Solidarité féminine ? Possible car on a toutes eu des passages qui se ressemblent. Après, je ne suis pas d’accord sur tout, loin de là même. Elle pousse trop en avant pour moi. Je diverge. 

 

Les hommes peuvent aussi lire ce titre. Ils en prennent pour leur grade, mais ils peuvent en ressortir grandis. On apprend de ses erreurs. Nous ne sommes pas parfaites, nous les femmes, mais nous sortons de notre mutisme. Je ne suis pas une féministe, juste une femme. Ovidie est avant tout une femme aussi. Ce livre est un état des lieux et rien n’est absolument gravé dans le marbre. Les choses peuvent évoluer. On ne revient pas sur le passé plus que nécessaire, autant voir aujourd’hui et demain. Alors même si encore une fois, je trouve qu’elle va trop loin pour moi, que je ne partage pas toutes ses idées, ses réflexions, sa logique, sa colère, c’était intéressant de la lire car elle ne semble pas être isolée. 

 



lundi 4 mars 2019

Pour une écologie spirituelle de Satish Kuma




Le livre :

Pour une écologie spirituelle. Le Terre, l’Âme, la Société, une nouvelle trinité pour notre temps de Satish Kumar aux éditions Belfond, 17 € 00.
Publié le 27 septembre 2018


Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Belfond.
L’écologie est pour moi importante car la Terre est notre maison. Au-delà de toutes les données politiques ou économiques, je ne souhaite plus voir mon habitat se dégrader plus encore. C’est juste scier la branche sur laquelle nous sommes assis.


Le pitch :

Trier ses déchets, manger bio et local, pratiquer le covoiturage... Depuis quelques années, ces réflexes écologiques ont intégré notre vie. Pourtant, entre nouvelles pratiques, modes en constante évolution et injonctions permanentes, nous sommes encore trop souvent démunis face aux défis environnementaux. Comment faire en sorte que les choses changent vraiment ? En cultivant un nouvel équilibre entre la Terre, l'Ame et la Société. 
C'est en effet à partir de cette trinité inspirée de la Bhagavad-Gita hindoue que Satish Kumar, ancien moine jaïn et infatigable disciple de Gandhi, a développé une approche de l'écologie basée non pas sur la peur et l'urgence sanitaire, mais sur une vision globale et spirituelle de notre place dans l'univers. Car ce n'est qu'en prenant conscience de notre totale dépendance à l'égard de la nature et des autres espèces que nous pourrons sauver la planète et construire un futur viable. 
Bien au-delà d'un simple manifeste écologique, un guide lumineux qui ouvre la voie vers un monde meilleur, plus solidaire et plus heureux...


Ce que j’en pense :

Il existe de plus en plus de publications pour nous aider à adopter des comportements plus respectueux de l’environnement, mais beaucoup sont soit trop techniques, soit trop moralisateurs, soit encore trop ambitieux ou peu aisés à mettre en œuvre réellement.
L’ouvrage de Satish Kumar se veut plus généraliste, plus global et même s’il est ambitieux lui aussi, il est beaucoup plus facile à mettre en pratique une fois que l’on a bien saisit les propos de l’auteur car il parle à chacun d’entre nous. Il nous touche.

 En cela la préface signée par Marion Cotillard est parfaite. On fait tous des gestes pour protéger la planète, mais on anile beaucoup de nos actions par d’autres habitudes. C’est dommage et contre-productif malgré notre bonne volonté.
C’est parce que nous n’avons pas conscience de comment il faut aborder la chose. Ce n’est pas si inné. D’ailleurs même Satish Kumar reconnaît lui-même qu’il lui a fallu des décennies pour comprendre comment engager ce combat. Au départ, c’était la paix (l’absence de conflit sa ligne directrice), mais peu à peu, il a saisi que c’était trop réducteur.
Au fil de ses expériences, rencontres, lectures, il a construit cette trinité indissociable qui est sans doute la solution à tous nos maux ou presque.

« Si notre civilisation acceptait d’obéir aux grands principes que sont la non-violence, la modération et l’autodiscipline, nous éviterions bien des catastrophes écologiques et pourrions mettre fin à l’aliénation individuelle et à l’injustice sociale »

 Avouons que cela fait rêver ? Personnellement, je dis souvent que le bon sens, s’il régnait sur le monde, ce dernier se porterait infiniment mieux et tournerait probablement plus rond. Mais c’est moins conceptuel et moins aboutit que les écrit de Satish Kumar. 

A lire et relire pour bien s’imprégner de cette sagesse parfaitement contemporaine malgré des racines ancestrales, pour aussi l’intégrer à notre mode de vie, de penser.
Personne n’est parfait, mais chaque geste compte et c’est la somme de tous qui donne un résultat qui peut être bluffant. Il suffit d’essayer. 



Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20


vendredi 30 novembre 2018

Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? Enquête sur leurs émotions et sentiments de Carl Safina



Le livre :

Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? Enquête sur leurs émotions et sentiments de Carl Safina aux éditions La librairie Vuibert, 556 pages, 24 € 50.
Publié le 20 mars 2018


Pourquoi cette lecture :

Ce titre me faisait de l’œil en librairie. Je l’ai trouvé dans les rayonnages de ma médiathèque, je n’ai pas résisté très longtemps car le sujet m’intéresse. Comment y être indifférent d’ailleurs car comprendre le monde qui nous entoure passe forcément par l’observation de la flore et de la faune même si nos vies actuelles sont trop largement déconnectées de ces réalités très terre à terre.



Le pitch :

Joie, chagrin, jalousie, colère, amour... et si nos émotions étaient aussi celles des animaux ? Pour répondre à cette question, Carl Safina s'est rendu au Kenya, afin d'observer des troupeaux d'éléphants ; dans le parc naturel américain de Yellowstone, où des meutes de loups vivent en liberté; et sur une île de la côte Pacifique, point de rassemblement de nombreux bancs d'orques. Dans ces lieux encore sauvages, où la nature s'exprime sans fard, il a vu des animaux porter le deuil, apprendre à leurs petits comment survivre, partager joies et peines, s'unir ou se faire la guerre, distinguer les humains bienveillants des chasseurs... 
En racontant la vie des éléphants, des loups et des orques avec un luxe de détails extraordinaire, Qu'est-ce qui fait sourire les animaux ? nous dévoile un univers insoupçonnable, où la frontière entre l'humain et le non-humain s'estompe. Carl Safina nous conduit ainsi à réfléchir sur notre place dans la nature.




Ce que j’en pense :

La nature, la vie en générale et celle des animaux me passionne depuis mon enfance. C’est cela aussi d’avoir été biberonner à coup de documentaires animaliers, cela laisse forcément des traces même après quelques décennies. J’assume et même je persiste.

Le livre de Carl Safina n’est pas aussi récent qu’on pourrait le croire. Il a fallu attendre près de deux ans pour avoir une traduction et c’est d’ailleurs son premier ouvrage disponible en France. Il faut donc croire que cette « littérature » ne passionne pas plus que cela dans l’hexagone. Espérons que son succès fera changer un peu d’avis les éditeurs francophones.

Alors oui les animaux ne sont pas nous, mais l’Homme reste un animal qu’il le veuille ou non, c’est une réalité donc on a forcément beaucoup à apprendre en les observant et en tentant de comprendre qui ils sont, comment ils fonctionnent, réagissent.
Les émotions seraient le propre de l’Homme ? Idem pour les sentiments ?
Il aura fallu attendre 2015 pour que le code civil considère, les animaux comme étant des êtres doués de sensibilité. Ce fut long, non ? Certes, il fallait que les scientifiques aient des preuves, mais de là à les considérer comme des meubles puisque tel était le cas auparavant, c’est énorme ! Et cela ne concerne pas les animaux sauvages… L’ouvrage de Carl Safina a donc toute son utilité.

Eléphants, loups, orques, à priori, on est loin de l’Homme et pourtant. Pas besoin d’être aussi proches biologiquement qu’avec nos cousins, les grands primates pour constater que les frontières entre nous et ces animaux sont plus floues, ténues qu’on ne le pense. Sans être pareils, on s’y retrouve.
C’est passionnant, bluffant, surprenant.

Lisez donc et voyez par vous-même…


Et s’il fallait mettre une note : 16/20



A voir aussi en complément :







lundi 12 novembre 2018

Sagesse animale. Comment les animaux peuvent nous rendre plus humains de Norin Chai



Le livre :

Sagesse animale. Comment les animaux peuvent nous rendre plus humains de Norin Chai aux éditions Stock, 267 pages, 19 € 50.
Publié le 17 mars 2018


Pourquoi cette lecture :

Je ne me souviens plus exactement comment j’ai connu cet ouvrage, en revanche, je sais que j’ai immédiatement eu envie de le lire. Les animaux m’attirent et en même temps certains me font clairement peur.
Je suis aussi du genre à rester des heures devant un enclos dans un zoo pour observer le sujet qui me passionne. Par exemple les orang-outan à la Ménagerie de Paris, au Jardin des plantes. Et comme Norin Chain y travaille, vous comprendrez vite le lien.




Le pitch :

Et si les animaux devenaient nos professeurs de sagesse ? Norin Chai, riche d'une longue expérience comme vétérinaire de la faune sauvage, nous plonge ici dans une découverte passionnante et originale du monde animal et des multiples enseignements qu'il peut nous apporter. Ainsi, par leur manière de se comporter, de vivre, de coexister, les animaux (chiens, chats, éléphants, dauphins, tamarins...) peuvent nous apprendre à nous réconcilier avec nos émotions et à mieux partager celles d'autrui. 
Ils peuvent aussi nous aider à retrouver les chemins oubliés de notre intelligence intuitive. A mieux écouter notre corps, sans le bourrer de nourritures inutiles, et à vivre plus sereinement le temps présent... N'est-ce pas en retrouvant notre lien perdu avec notre animalité que nous finirons, un jour, par retrouver notre pleine humanité ?




Ce que j’en pense :

Ce livre est forcément destiné à ceux qui aiment les animaux, mais pas seulement. Il offre une réflexion bien plus générale. Il fait le pont entre notre animalité et leur humanité car comme le souligne fort justement Norin Chai, nous sommes tous (les êtres vivants) des poussières d’étoiles et issus d’une seule et même cellule apparue dans l’eau il y a bien longtemps de cela (3,4 milliards d’années). Au lieu de rechercher nos différences ou nos similitudes, voyons ce que nous pouvons faire l’un pour l’autre avec nos moyens propres. Gageons que cette union serait gagnante.

On pourrait déjà comprendre que les animaux nous montrent la voie pour ne plus être ensorcelé par les mots (les concepts, les images) et donc de communiquer plus avec nos émotions vraies.
On pourrait saisir ce qu’est la véritable tolérance. Il est fou de constater combien nous nous sommes enfermer dans des croyances qui perdurent dans le temps. C’est à douter de notre si grande intelligence !
On pourrait aussi limiter sérieusement notre violence. Combien de fois avons-nous des réactions hors de propos ?
On pourrait aussi revoir les notions d’altruisme, de fidélité (qui est bien plus multiple qu’on ne le pense au premier abord).

Et s’il n’y avait que cela, je crois que ce serait déjà énorme, mais non, il y a aussi la coopération, la coexistence, le sens inné de ce qui est bon pour nous (corps et esprit).
Les animaux sont inspirants, plus complexes, mais aussi sans doute plus simples que nous qui nous voilons la face et l’esprit.

La plus grande des erreurs serait de les idéaliser, de les voir comme étant parfaits. Ce n’est pas le cas car la Nature aime le beau, mais aussi son contraire qui n’est pas forcément laid. Rien n’est tout blanc ou noir. C’est un ensemble, un nuancier magnifique.

« Il ne s’agit certes pas d’imiter les animaux, mais de les observer et de réfléchir ».
Apprenons, soyons plus modestes parfois, revenons à plus de sagesse primordiale, on n’a qu’à y gagner sur tous les points de vue.
Ce livre va au-delà de la sagesse animale ou bien il fait appel à celle que nous cachons trop bien. Je ne peux que vous recommander cette lecture.


Et s’il fallait mettre une note : 16 /20