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mercredi 14 décembre 2016

La mort attendra de Michel Hilger et Gilbert Bordes




Le livre : 

La mort attendra de Michel Hilger et Gilbert Bordes aux éditions Belfond, 228 pages, 19 € 00. 
Publié le 11 novembre 2016.



Pourquoi cette lecture : 

C'est la lecture de la quatrième de couverture qui m'a intrigué. J'ai eu envie de découvrir le parcours de Michel Hilger que je ne connaissais pourtant pas auparavant. 


Le pitch : 

Michel Hilger est "altiste-peintre", mais aussi compositeur, pianiste, chef de choeur, professeur et père de quatre garçons. Adopté à l'âge de trois ans, ses origines sont troubles et secrètes – des visions macabres viennent toujours le hanter –, et elles lui ont légué des fulgurances et des anomalies du système nerveux le rendant sujet à de l'hypertension, des vertiges et de terribles maux de tête dont il s'accommode depuis toujours. À 42 ans, il fait sans le savoir un premier AVC en plein concert mais réussit à terminer la partition de La petite musique de nuit de Mozart. 
Quelques semaines plus tard, un second AVC hémorragique le condamne, et de ses phases comateuses il entend les médecins envisager de récupérer ses organes intacts. Sauf que Michel n'a aucune intention de mourir. Il veut vivre. Et se réveille. Paralysé du côté droit. Son médecin lui suggère une rééducation classique et lui annonce sans précaution aucune qu'il ne touchera plus jamais un alto.   Michel refuse la maladie et ses séquelles. 
Animé par une volonté inouïe, contre l'avis de tous, il décide avec toute sa foi et ses expériences d'artiste de rentrer chez lui et, par le réapprentissage des gestes quotidiens, de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Tout simplement. À travers le témoignage de cet homme, déclaré bébé pupille de la nation, abandonné petit enfant, qui ne connaît ni sa date de naissance, ni la raison pour laquelle il a été pris en charge par l'armée française puis confié à la DASS jusqu'à l'âge de trois ans, La Mort attendra est un exemple pour nous tous. 
Parti et re-parti de rien, Michel Hilger a toujours cru en ses rêves – puisse-t-il, à travers cet ouvrage, vous aider à accomplir les vôtres…



Ce que j'en pense : 

Michel Hilger est un passionné et il a la chance (il a en réalité beaucoup travaillé pour que cela se fasse) de vivre de ses passions artistiques : musique et peinture. Il ne se ménage pas et ne s'écoute pas. Il est heureux, mais il a en lui un passé sombre, celui de ses origines qui lui échappe. Il vit néanmoins à fond jusqu'à ce que la belle machine s'enraye et que le combat débute pour retrouver sa vie. 
Comme j'aime les gens passionnés, j'apprécie cet homme qui donne sans compter, sans s'économiser. Je suis triste aussi de le voir coupé dans son bel élan. Je comprends sa détermination car après avoir été aussi actif et combatif, se retrouver aussi diminué n'est pas tenable comme situation. 
Je serai plus nuancée sur ses choix. Je les trouve un brin irresponsables. Il ne facilite pas la tâche pour ses proches par moment bien qu'ils l'entourent à chaque étape et il aurait pu largement compromettre ses maigres chances de s'en sortir. La volonté, c'est indéniablement nécessaire pour progresser, mais ce n'est pas suffisant. Il le rappelle aussi et sait également sa chance. 

Ce livre a été écrit avec l'aide d'un autre auteur et j'ai eu l'impression que ce dernier avait retranscrit parfaitement le récit que lui avait fait Michel. En lisant ces pages, j'aurai pu entendre Michel Hilger parler (si j'avais connu sa voix). C'est bien parce que c'est vivant, mais j'ai trouvé cela gênant aussi au bout de quelques temps. Difficile de décrire la sensation alors ressentie, juste que ma lecture était un peu moins agréable sans que je puisse identifier la cause réelle. Peut-être est-ce les trop fréquentes répétitions en rapport avec sa foi ? Je comprends très bien que l'on puisse être croyant. Chacun se raccroche à ce qu'il peut ou veut. Si c'est la religion pourquoi pas, c'est son droit, mais là c'était un peu trop présent. 
Il y a eu aussi le final un peu trop abrupte. On avait eu moult détails sur ses premiers jours et d'un coup, gros coup d'accélérateur. J'ai trouvé que c'était donc déséquilibré. 

Cet ouvrage est porteur d'espoir, mais s'il est vrai que des miracles existent, il ne faudrait pas que le message devienne mensonger dans le sens où bien des malades, même armés de la meilleure des volontés, ayant la foi aussi pourquoi pas, ne puissent se reconstruire comme Michel Hilger. La désillusion serait trop grande. Le message est beau, mais chaque cas est différent. 

Voilà donc un titre à lire pour s'inspirer, se motiver, pour y croire sans se bercer d'illusions néanmoins. Tout est possible même l'impossible, mais cela reste rare. Après, il existe moult manière de se réinventer, de se reconstruire. 
Tant qu'il y a de la vie...



Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20 



vendredi 14 octobre 2016

La mort a ses raisons de Sophie Hannah



Rentrée littéraire 2016




Le livre : 

La mort a ses raisons de Sophie Hannah aux éditions du Masque, 360 pages, 20 € 90.
Publié le 7 septembre 2016



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions du Masque. 
J'appréciais les romans d'Agatha Christie dans ma jeunesse et j'ai eu envie de voir, de lire de nouvelles aventures avec Hercule Poirot. 



Le pitch : 

100 ans après la création de l’enquêteur culte Hercule Poirot par Agatha Christie, Le Masque publie une nouvelle aventure inédite de ce héros mondialement connu.
Hercule Poirot et l’inspecteur Catchpool n’ont jamais rencontré lady Athelinda Playford. C’est donc empreints de curiosité qu’ils se rendent dans le comté de Cork pour prendre part à une réception organisée par cette dernière en son domaine de Clonakilty. Aucun d’eux ne sait pourquoi il a été invité.
Mais lors du dîner et à la surprise générale, lady Playford annonce avoir modifié les clauses de son testament : elle a décidé de déshériter ses deux enfants en faveur de son secrétaire qui n’a plus que quelques semaines à vivre.
Poirot et Catchpool comprennent alors que leur invitation n’est pas le fruit du hasard et que lady Playford craint de voir un meurtre se perpétuer sous son toit. Mais pourquoi, dans ce cas, provoquer ainsi son assemblée et qui plus est, en la présence d’un éventuel meurtrier ?
Le crime est commis et ce, malgré les efforts déployés par Hercule Poirot pour l’empêcher. Mais la mort a ses raisons que notre détective ignore. Pour le moment...

Traduit de l'anglais par Valérie Rosier



Ce que j'en pense : 

On dit que le cœur a ses raisons que le raison n'a pas, mais ici, il semblerait que ce soit la mort. Tient donc...

On retrouve en guise de narrateur Mr Catchpool comme dans le précédent roman (Meurtres en majuscules) de Sophie Hannah où elle remet en piste le célébrissime Hercule Poirot, l'un des enquêteurs presque légendaire créé par Agatha Christie. Le duo va donc repartir pour une nouvelle enquête et cela me réjouit. 

Les décors sont posés rapidement (vive les plans disponibles au tout début de l'ouvrage) avec de belles touches toutes britanniques qui me ravissent car c'est exactement ce que j'ai envie de trouver dans ces pages.
Au début, tout va pour le mieux. Il y a certes quelques mystères et choses un peu étranges qui se trament, mais pas le moindre cadavre à l'horizon. Enfin, au début, comme je vous le disais. 
Je pressentais bien que ce calme était celui qui précède la tempête. Bientôt nous voilà  replongés dans une enquête qui ne devrait pas nous décevoir.

Sorte de huis clos où tout le monde a ses petits secrets, ses intuitions, ses soupçons, son caractère plus ou moins détestable... Ce roman est meilleur que le précédent à mon sens. L'écriture est un peu plus fine et aiguisée sans être travaillée à l'extrême. Cela reste un ouvrage que l'on lit pour se détendre sans pour autant devenir un livre de second plan. 
Plus que le style, c'est l'atmosphère et les personnages qui sont primordiales. On a là un panel de qualité avec un peu de tout. On aime les détester, les plaindre, on voudrait en bousculer plus d'un ! L'intrigue n'est pas en reste et son côté classique n'est absolument pas un défaut, si ce n'est un peu trop de redites sur certains éléments de l'enquête. Je veux bien que parfois nous oublions quelques menus détails, mais là c'est impossible. Nos petites cellules grises ne sont si atrophiées que diable !!!!



Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20



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lundi 3 octobre 2016

Meurtres en majuscules de Sophie Hannah




Le livre : 

Meurtres en majuscules de Sophie Hannah aux éditions du Masque, 355 pages, 20 € 90.
Publié le 10 septembre 2014. 
Disponible en version livre de poche depuis 2015. 



Pourquoi cette lecture : 

Un livre qui m'attendait dans ma PAL bien sagement comme tant d'autres, mais il a eu plus de chance que certains puisque j'ai enfin pris le temps de l'en sortir pour le lire. 



Le pitch : 

Et dire que Hercule Poirot voulait prendre des vacances pour reposer ses petites cellules grises en surchauffe ! Pour cela, au lieu de prendre le large, il choisit de se réfugier incognito dans une pension londonienne. Et voici que l'aventure frappe à sa porte, alors qu'il souhaitait se mettre au vert. Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Valérie Rosier.



Ce que j'en pense : 

Je n'ai pas lu un roman d'Agatha Christie depuis de nombreuses années, mais j'ai gardé d'excellents souvenirs de ces moments partagés avec ses personnages récurrents dont Hercule Poirot fait parti. 
Les reprises d'un univers crée par un autre artiste (écrivain, cinéaste, dessinateur etc...) sont monnaie courante, mais pas toujours heureuses. Souvent la qualité est là, néanmoins, les fans puristes trouvent à redire tant ils peuvent être pointilleux. J'avoue être plus laxiste car je recherche plus un plaisir simple, moins exigeant sur certains détails. Je me suis donc lancée dans cette lecture de manière détendue. 

Reste qu'il m'a semblé trouver dés le début de l'intrigue une petite erreur dans les horaires annoncés pour certains recoupements. Rien de bien grave car sans réelle incidence pour la suite, mais gênant pour les perfectionnistes. 
Pour le reste, il y a un côté très britannique à cette histoire et Hercule Poirot est bien de retour même s'il regrette certaines mœurs ou caractéristiques purement Britanniques (voir certaines promesses de Mr Catchpool par exemple). 

Le style reprend un peu le genre Conan Doyle car c'est un narrateur est un ami (Mr Catchpool) de notre enquêteur belge. Et puis, très souvent les déductions sont faites par Poirot qui idéalise toujours les raisonnements et toutes autres activités que ses chères cellules grises mènent tambour battant au grand dam de Catchpool qui se sent un peu perdu. On retrouve un duo finalement assez proche de celui de Sherlock Holmes et du Dr Watson. Assez classique donc, mais c'est ce que l'on recherche dans ces nouvelles aventures. Paradoxe ? Oui et non. 

Dans l'ensemble, ce fut un roman agréable et distrayant. Sans être un ouvrage que je garderai éternellement en mémoire, il ne démérite pas et oser reprendre un personnage aussi connu qu'Hercule Poirot n'était pas une mince affaire. 



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 



mercredi 7 septembre 2016

Les moutons ont-ils des canines ? De Serge Dussex et Sandra Heyn




Le livre : 

Les moutons ont-ils des canines ? De Serge Dussex et Sandra Heyn aux de Baudelaire, 402 pages, 22 € 00. 
Publié le 30 septembre 2015. 



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Baudelaire. 



Le pitch : 

- Ce que tu dis n'est pas vrai. Je ne suis pas celle que tu viens de décrire, tente faiblement Claire. - Tu vois, chaque fois que tu parles, c'est pour manipuler. La preuve juste maintenant, à l'instant. Pour te défendre, tu embobines les autres. Etrange tout de même que toi seule l'ignores, tu ne trouves pas ? Qu'as-tu à dire à cela ? Un autre mythe ? Fais attention à ce que tu dis, tu ne mesures pas tes mots et chaque parole supplémentaire t'enfonce davantage. 

- Je ne suis pas d'accord. - Tu es toxique, Claire. Tu es inconsciente et toxique. Tu abîmes les gens sans même t'en rendre compte, tu as empoisonné Carla et tu le nies. Tais-toi. - Je ne suis pas d'accord, tente encore de dire Claire.



Ce que j'en pense : 

Premier roman écrit à quatre mains, ce n'est déjà pas choisir la solution de facilité à mon sens. Cependant je dois dire que sur la forme, il n'y a eu aucun problème particulier à relever. C'est bien écrit et fluide. 
Après, il y a la thématique et le fond de manière plus générale. 

On le sait, l'être humain est souvent considéré comme un simple rouage interchangeable d'un système mondialisé, qui se doit d'être rentable, ultra productif. 
Claire et René sont eux aussi des pions de ce "jeu", mais ils sont aussi un couple, une entité qui peut aux yeux de leurs employeurs poser plus de problèmes qu'être un atout. L'un d'eux va devenir un bourreau téléguidé et l'autre sera la victime. 
Ce livre est une satire de l'univers de l'entreprise (la grande, voir très grande), de cette société qui ne voit que les chiffres, les dividendes, les profits, la rentabilité... C'est noir, dur, malsain et c'est voulu. J'avoue m'être sentie plus d'une fois mal. Je sais que c'est dû à la qualité d'écriture (très bonne) car c'est difficile de faire ressentir au lecteur de telles sensations, mais justement je n'ai pas aimé. Disons que je n'ai pas aimé me sentir ainsi, c'est diffèrent. 

Et puis il y a cette enfant, Safia qui souffre dans sa chair... Une autre violence... 

D'autres ouvrages devraient suivre et compléter cette œuvre en construction. 



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 


mercredi 1 juin 2016

Si c'est une femme, vie et mort à Ravensbrück de Sarah Helm



Le livre : 

Si c'est une femme, vie et mort à Ravensbrück de Sarah Helm aux éditions Calmann Levy, 894 pages, 27 € 50
Publié le 4 avril 2016



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Calmann Levy. 
Ma curiosité d'historienne... 



Le pitch : 

"Les femmes, qui arrivaient parfois de nuit, croyaient être près de la côte car le vent y avait un goût de sel et elles sentaient le sable sous leurs pieds. Quand venait le jour, elles voyaient que le camp était construit au bord d'un lac et entouré de forêts. Himmler aimait que ses camps soient dans des lieux d'une grande beauté naturelle, et de préférence dissimulés. Aujourd'hui, le camp est toujours hors de vue ; les horribles crimes qui y ont été commis et le courage des victimes restent largement ignorés." De 1939 à 1945, au camp de Ravensbrück, 132 000 femmes et enfants furent les victimes silencieuses des nazis. 

Résistantes, Tziganes, Témoins de Jéhova, handicapées, prostituées ou juives, elles étaient pour le Reich des déclassées, des "bouches inutiles". Parmi elles, 8000 Françaises dont Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Fruit d'un travail d'enquête minutieux à travers le monde à la rencontre des dernières rescapées et des familles des déportées, ce livre exceptionnel redonne la parole à ces femmes, vibrantes héroïnes d'une histoire restait trop longtemps marginale. 



Ce que j'en pense : 

Le titre de cet ouvrage est un clin d'œil à un autre livre important, essentiel même, sur les survivants de la Soah et pour le souvenir : celui de Primo Levi, "Si c'est un Homme". 

Entre 30 000 et 90 000 femmes périrent dans le camp de Ravensbrück (chiffre imprécis car trop de documents ont été détruits par les nazis pour que l'on sache vraiment, mais dans tous les cas, c'est juste horrible !). Moins connu que d'autres camps pour d'autres raisons historiques que l'auteur nous donne avec précision et simplicité, on plonge via cet ouvrage dans un univers que l'on voudrait fictif, mais hélas, il en est tout autrement. Les survivantes racontent... Et ce ne fut pas facile car le temps fut un ennemi non moins terrible, sans compter l'omerta qui était particulièrement tenace. 

Ce livre est une biographie de Ravensbrück. L'auteur n'a pas personnifié le camp, c'est le camp lui-même qui est une entité. Le camp a eu une naissance, une existence et une fin. 
Aujourd'hui, il reste le souvenir à travers les témoignages, les faits, les réalités. 

Cet ouvrage pèse son poids tant par le nombre de pages que par son contenu qui est sidérant. Encore une fois, on voudrait que ce ne soit que le fruit d'une imagination particulièrement torturée, mais non. 
La force de l'auteur est d'avoir pu rendre au mieux et de manière organisée toute la matière première qu'elle a pu glaner. Ce n'est pas indigeste au niveau du style. Ce qui peut l'être, ce sont les faits commis dans le camp de Ravensbrück. 

A noter pour les étudiants et/ou les passionnés d'Histoire, les notes bien gérées, ordonnées à la fin du livre. On y trouve toutes les références citées, exploitées etc.  

Cette monographie est une somme impressionnante et mérite d'être lue, connue. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20



mercredi 30 mars 2016

Le carnaval aux corbeaux, tome 1 : Le Nibelung d'Anthelme Hauchecorne



Le livre :

Le carnaval aux corbeaux, tome 1 : Le Nibelung d'Anthelme Hauchecorne aux éditions du chat noir, 330 pages, 19 € 90. 
Publié en janvier 2016. 



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat direct avec l'auteur du roman. J'aime découvrir de nouveaux auteurs et j'ai apprécié la présentation que ce dernier m'a fait de son ouvrage.



Le pitch : 

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal. Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval. 



Ce que j'en pense : 

Il m'arrive parfois de lire de la littérature plutôt cataloguée jeunesse parce qu'elle est plus inventive que les autres. Elle ne s'encombre pas de tous les codes qui enserrent la littérature dite plus classique.
Avec ce titre, j'ai plongé dans un univers fantastique ou j'ai pu reconnaître quelques contes/mythes germaniques ou d'inspiration germanique. Enfin il me semble. 

J'ai apprécié le gros travail fourni par l'auteur sur l'écriture, le style, l'atmosphère  et l'univers qu'il a voulu construire. C'est sombre, inquiétant, on y trouve de quoi frissonner. Il y a indéniablement un côté inspiré de l'univers de Tim Burton. C'est tout aussi fantastique que dans les films du réalisateur. Notre imagination travaille cependant un peu plus et c'est une qualité que les livres offrent à leurs lecteurs contrairement aux longs-métrages qui nous laissent plus passif.

J'ai noté qu'il y avait une dimension plus psychologique et plus profonde au récit qu'il n'y paraît au premier abord. C'est ce que j'aime dans la littérature en général et plus particulièrement dans la littérature jeunesse. 

Les illustrations sont de très bonne qualité et offrent un support à l'imagination enfantine du lecteur. Il n'y a pas de couleurs, mais ce n'est pas un problème, au contraire, c'est une qualité supplémentaire. On reste dans cet univers fantastique, sombre et inquiétant. 

Voilà un roman qui ouvre une saga prometteuse et qui va j'en suis certaine dépasser sa cible de lectorat. On y retrouve toutes les qualités nécessaires pour un succès de librairie. 
On tient les paris ? 


Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 


vendredi 4 mars 2016

Sauvage, Biographie de Marie-Angélique Le Blanc (1712-1775) de Bévière - Morvan - Hersent



Le livre : 

Sauvage, Biographie de Marie-Angélique Le Blanc (1712-1775) de Bévière - Morvan - Hersent aux éditions Delcourt / Mirages, 216 pages, 24 € 95. 
Publié le 28 janvier 2015. 



Pourquoi cette lecture :

Mon attirance pour les romans graphiques sans doute et l'Histoire très certainement. 



Le pitch : 

1720. Agée de huit ans, une petite fille, partie du Canada, fuit l'esclavage. Arrivée à Marseille, après avoir subi viols et brimades, elle se réfugie dans les forêts de Champagne. Ainsi débute dix années d'errance jusqu'à sa capture et sa progressive réhabilitation. Mêlant nature et culture, bestialité et aristocratie, violences et douceurs, cet album de contrastes raconte l'histoire extraordinaire de Marie Angélique, l'enfant sauvage.






Ce que j'en pense : 

La lecture peut nous faire découvrir des tas de choses et c'est ce que j'aime car apprendre ou approfondir des thématiques c'est s'enrichir. Par exemple, les cas d'enfants sauvages m'ont toujours intéressé, mais le cas de Marie-Angélique est plus étonnant encore car par deux fois, elle a quitté le monde des hommes, elle a failli mourir plusieurs fois et elle revient plus forte, plus brillante et fascinante que jamais. 

Dommage que je n'ai pas plus apprécié que cela le graphisme de cette bande-dessinée. Il rend certes hommage à la vivacité et à la vitesse de cette jeune femme, mais il masque la finesse des traits, des cadres et autres détails qui peuvent être importants à mon sens. 

Bon découpage et bon rendu de cette destinée pas si facile à raconter et à retracer. 

Merci aux auteurs et éditeurs pour cette postface éclairante sur les choix faits pour la retranscription de cette vie extraordinaire. 

C'est toutefois une récit à découvrir qui ne peut laisser indifférent. 



Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20 




mardi 3 février 2015

Faire la paix avec soi d'Etty Hillesum



Le livre 

Faire la paix avec soi d'Etty Hillesum aux éditions Points Vivre, 131 pages, 6 € 70.



Pourquoi cette lecture :

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Points collection Vivre.
Je suis toujours très curieuse de découvrir les sagesses d'autrui. On apprend souvent les uns des autres et partir dans une lecture sans a priori, c'est être à l'écoute de ce l'on nous offre.


Le pitch :

L'attention portée à la vie brève et féconde d'Etty Hillesum, jeune juive hollandaise morte à Auschwitz à vingt-neuf ans, dépasse de loin le cercle des initiés. Jour après jour, dans un combat lumineux et acharné pour rencontrer la vérité et la réalité telle qu'elle est, elle confie à son journal son cheminement intérieur et son inébranlable parti pris d'espérance : la vie est "belle et pleine de sens" à chaque instant. 
Même les pires. Le temps de vivre est un calendrier perpétuel avec un enseignement de sagesse par jour, extrait de son journal et de ses lettres depuis le camp de transit de Westerbrok. Les extraits de "Le temps de vivre" sont axés sur sa transformation et sur son cheminement intérieur à portée universelle. Pour toucher un plus large public que celui qui l'identifie à l'enfer de la Shoah. Le processus de naissance à elle-même qui a été le sien est de tous les temps. 
Un livre qui brûle pour aujourd'hui.



Ce que j'en pense :

Petit ouvrage qui ne se lit pas d'une traite. Il s'agit d'un calendrier perpétuel que vous pouvez réutiliser à loisir. Aucune obligation non plus de le commencer au 1er janvier. C'est vraiment quand vous voulez, comme vous voulez. 
A chaque jour, une citation, une réflexion, une interrogation, une idée à lire et à relire. On s'enrichit, on apprivoise un nouveau mode de penser. On se recentre. On réfléchit. On peut regarder notre monde avec un regard neuf.

Lecture au fil de l'eau, lente, assez contraire à notre mode de fonctionnement actuel où tout doit aller plus vite, plus loin. Cependant, c'est une lecture qui repose, qui remet les pendules à l'heure. Quelle date de quelques décennies ne se ressent pas vraiment, l'Histoire est une boucle. 

Texte intemporel qui trouve un écho donc. 
Belle plume qui joue avec les mots, certains concepts, mais toujours avec simplicité. Il n'est pas question de se torturer les sens. C'est plutôt le contraire.

A découvrir et sans doute à méditer.



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20