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lundi 17 juillet 2023

Le bureau d'éclaircissement des destins de Gaëlle Nohant


 Le pitch : 

 

Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand.  
A l'automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. 
Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?
Le bureau d’éclaircissement des destins, c’est le fil qui unit ces trajectoires individuelles à la mémoire collective de l’Europe. Une fresque brillamment composée, d’une grande intensité émotionnelle, où Gaëlle Nohant donne toute la puissance de son talent. 

 

 

 

Ce que j’en pense : 

 

C’est avec une découverte presque faite au hasard que l’auteur trouve l’idée fil rouge de son roman (les archives Arolsen en Allemagne qui depuis l’après-guerre détermine ce qui est arrivé aux victimes de la Shoah et plus globalement de la persécution Nazie). C’est assez fréquent d’avoir ainsi des idées qui fusent au détour d’informations qui nous parviennent, mais pour construire un récit tel que celui qui nous est livré, il a fallu en faire bien d’autres des recherches. Il y a eu tellement de livres écrits sur cette thématique et pourtant on n’en fera jamais vraiment le tour car chaque victime, chaque personne ayant vécu cette période aura sa vision. Et les autres ne pourront qu’imaginer… 

 

Le personnage d’Irène lui aussi arrive dans ces archives un peu par hasard et elle se prendra plus qu’au jeu. Cela va devenir une passion, une vocation. Ce côté « Sherlock Holmes » pour retrouver les descendants des victimes devient une seconde nature. Et évidemment, tout cela va impacter sa vie de manière plus personnelle. 

 

Ce livre est au final une ode à la vie plus qu’un rappel de la mort des toutes ces personnes disparues dans des conditions horribles. Avant d’avoir été des victimes, c’étaient des personnes bien vivantes et la restitution de ces fragments de vie, c’est les maintenir dans notre monde des vivants. On est dans l’entretien de la mémoire car le livre est très contemporain, tourné vers les jeunes générations, porteuses forcément d’espoir et pleine de vie, de promesses pour l’avenir alors que la guerre qui a tant détruit, laissé des traces si profondes, on essaie d’en tirer des leçons de vie. 

 

Tous les personnages du roman sont très forts et si on en préfère toujours certains à d’autres comme dans le monde réel, ils n’en sont pas moins ultra réalistes, bien pensés, si bien incarnés. 



mercredi 8 septembre 2021

Premier sang d'Amélie Nothomb


 

Edition Albin Michel

180 pages

Publication août 2021


« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »  

Amélie Nothomb



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Une rentrée littéraire n’est jamais une véritable rentrée littéraire sans le titre d’Amélie Nothomb qui souvent ouvre le bal des publications.

Trentième titre déjà et j’avoue que le cru 2021 m’a plu bien plus que les derniers. Et ce n’est pas parce que la rage de survivre a touché plus de monde que d’ordinaire ces 18 derniers mois (pandémie oblige), non c’est plus par le côté récit de vie plus ou moins authentique. 


Vous découvrirez assez vite qui est le héros de ce roman et quelle importance il a pour l’auteur. 

Son histoire est fascinante et l’écriture, le style Nothomb n’y est pas étranger. On aime ou pas, mais la griffe est là. Elle endosse une identité masculine de nouveau et pas n’importe laquelle. Le jeu est périlleux, mais l’exercice est réussi à mon sens. 


Comme toujours, cela se lit vite, c’est plus ou moins abracadabrant, les pirouettes sont connues et font le charme de cette écriture hors du temps, hors des normes.

Pour moi, ce fut une belle entrée en matière de nouveautés livresques à dévorer et j’ai aussi une tendre pensée pour mon papa lui aussi parti vers d’autres cieux… 



lundi 17 septembre 2018

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb



Rentrée littéraire 2018


Le livre :

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 162 pages, 17 € 50.
Publié le 22 août 2018.



Pourquoi cette lecture :

Pas de rentrée littéraire sans un opus d’Amélie Nothomb. Depuis que je suis devenue une de ses lectrices régulières (il y a 12 ans environ), je ne rate jamais la sortie de son livre annuel. C’est un rituel, un rendez-vous incontournable, une habitude qui rassure aussi sans doute.



Le pitch :

 « La personne qui aime est toujours la plus forte »



Ce que j’en pense :

Chaque nouvel opus signé Amélie Nothomb est attendu à la maison car je n’en suis pas la seule et unique lectrice régulière. Mon mari s’est pris au jeu et il m’a même encore une fois devancé pour celui-ci. Heureusement, il ne m’avait rien dévoilé sinon il y aurait eu de sacrés représailles. Bref, là n’est pas le sujet qui nous préoccupe.
Est-il bon alors ce cru 2018 ?

Déjà, il repart sur une thématique déjà vu dans l’univers Nothomb : la famille. Ce sera pour servir une autre cause plus dévorante encore : la vengeance, la haine aussi.
On avait eu à ce propos la haine avec le côté maternel l’an dernier, la voici côté paternel. Question de parité sans doute lol !

Plus qu’un simple roman, on est de nouveau dans la fable, le conte car dans le monde réel, les choses se passent différemment même si on n’est jamais au bout de nos surprises tant la nature humaine est fantasque. Il faut donc recevoir cet écrit pour ce qu’il est et pas pour ce qu’il n’est donc pas.  

Le style est toujours ultra fluide, les mots, les phrases, pourtant très travaillés, recherchés, coulent comme l’eau vive d’une rivière rafraichissante. On s’y abreuve et jamais notre soif n’est étanchée car aucune lassitude.
On a notre lot de trouvailles surprenantes, cocasses, amusantes. C’est du Nothomb pur jus.

Mais j’avoue être restée sur ma faim en revanche et contrairement à mon mari qui l’a trouvé tout simplement brillant.
Je crois y avoir trouver trop de clins d’œil aux marottes d’Amélie, un sentiment de déjà lu même si, comme toujours, je n’ai pu m’arrêter de lire le texte offert. On ne se lasse pas des bons petits plats, c’est le cas aussi pour les écrits signés Nothomb.
Reste que je n’ai pas été assez surprise par l’intrigue (le point faible à mon sens, même si c’est très ingénieux) pour que ce cru 2018 reste dans mes favoris. Celui de l’an dernier était autrement plus fort.



Et s’il fallait mettre une note : 13 / 20




mercredi 14 mars 2018

La thérapie secrète des arbres de Marco Mencagli et Marco Nieri



Le livre :

La thérapie secrète des arbres de Marco Mencagli et Marco Nieri aux éditions Ideo, 237 pages, 15 € 90.
Publié le 7 février 2018



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec la maison d’édition.
Je suis une amoureuse de la nature et les arbres sont si beaux que j’avais très envie de découvrir ce titre.



Le pitch :

Pendant des milliers d'années, les hommes ont vécu dans la nature, entourés d'arbres et de végétation. Mais en devenant citadins, nous avons développé des troubles, des affections : stress, dépression, addictions, tumeurs... Et si, pour retrouver le bien-être et la santé, nous revenions un peu à nos racines ? En se basant sur des études scientifiques récentes, les auteurs expliquent comment les arbres interagissent avec notre corps et ont un effet réel sur notre santé : amélioration de la tension, de la mémoire, du système immunitaire... 
On peut apprendre à reconnaître ces espaces naturels qui font du bien, à identifier les arbres qui peuvent renforcer notre vitalité et profiter d'un environnement plus vert, plus positif. Avec un objectif : mieux vivre au quotidien. Profiter de l'énergie et des bienfaits des arbres.



Ce que j’en pense :

Dans un monde toujours plus connecté, le réel perd souvent plus d’une longueur face au virtuel. Et pour les jeunes générations, c’est sans doute pire.
Sans diaboliser le moins du monde les nouvelles technologies qui peuvent être très bénéfiques également, il serait sage de retrouver les choses simples de la vie et en premier lieu, se tourner vers un environnement plus vert.

Ce n’est pas si facile me direz-vous car suivant son lieu d’habitation, les espaces végétalisés sont plus ou moins présents. Et puis, il y a l’attirance toujours plus forte des écrans et autres activités numériques. Pourtant avec peu d’efforts, on peut prendre des moments remplis de verdure. Surtout avec le retour prochain des beaux jours. Si, si !
On sent bien que c’est mieux pour nous… Et le livre, ici présent, se chargera de vous démontrer avec l’aide d’études très sérieuses et scientifiques que ce n’est pas seulement une vague sensation. Cela a réellement une bonne influence sur notre santé et notre état d’esprit. C’est mesurable.

L’écriture de ce texte est facile d’accès.
J’aurai peut-être organisé différemment les chapitres et la structure du livre, mais cela ne m’a pas ennuyé outre mesure.
J’ai trouvé les arguments pertinents et il est aisé suite à cette lecture d’aller chercher d’autres éléments pour étoffer encore ses connaissances sur la dépendance que l’on développe à nos smartphones par exemple. C’est passionnant, limite terrifiant.

Ce livre propose quelques pistes aussi intéressantes et pas trop compliquées pour pallier à cette dérive de nos comportements si on le souhaite. On n’y trouve pas que de la théorie et c’est appréciable.
Juste, je regrette que les auteurs mettent trop en avant l’Italie (leur pays certes), mais sans doute aurait-il été plus pertinent d’être encore plus généraliste.

Une lecture qui peut faire beaucoup de bien.


Et s’il fallait mettre une note : 13 / 20



lundi 9 octobre 2017

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb


Rentrée littéraire 2017




Le livre :

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 180 pages, 16 € 90.
Publié le 23 aout 2017



Pourquoi cette lecture :

Pas de rentrée littéraire sans son Amélie Nothomb, c’est bien cela ? Pour moi, c’est complètement cela depuis une bonne dizaine d’années. C’est comme une friandise qui se déguste presque toujours au même moment dans l’année.



Le pitch :

"Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie", Alfred de Musset.



Ce que j’en pense :

Le thème abordé dans l’opus de cette année ne me semblait pas évident. J’avais des craintes purement personnelles, mais au final, j’ai lu d’une seule traite ce roman relativement court.
En effet, une fois que je me suis lancée dans ces pages, je n’ai pu le lâcher avant d’arriver à son terme.

Le style inimitable d’Amélie Nothomb y est évidemment pour quelque chose. Je l’apprécie et je replonge chaque année dans sa verve avec un plaisir toujours renouvellé. Reste que chaque titre possède ses particularités. Comme ses « petits » frères, il partage des cellules souches, mais possède son propre ADN unique. J’ai donc aussi naturellement mes préférences et pour le petit dernier, on frôle le coup de cœur même si l’expression ne me paraît pas complètement adéquate dans ce cas précis.

Diane aurait pu être moi car je suis aussi née dans les années 70. Mais que les plus jeunes lecteurs se rassurent, l’époque importe peu finalement. Le fond de l’histoire est tellement plus global et intemporel (hélas).

L’amour parents/enfants est censé être naturel. Ce n’est pas toujours le cas pour de multiples raisons que l’on comprend ou pas d’ailleurs.
Dans notre époque plus que jamais individualiste, ce récit trouve un écho particulier, mais on le sait bien, de tout temps, il y a eu des individus qui étaient nombrilistes, qui avaient besoin du regard des autres pour exister, quitte à en faire souffrir d’autres qui leur servaient juste d’alibis, de supports, de valorisateurs… Le paraître, l’image que l’on renvoit étant au centre de tout avec l’ambition. C’est le règne du MOI et de toutes les dérives aussi diverses et variées qui puissent exister. Et cela contamine toutes les autres relations que l’on peut avoir avec autrui. L’équilibre étant rompu, rien ne se passe plus comme il se doit.

Cette histoire que nous raconte Amélie Nothomb se poursuit dans le temps. On traversera donc les années 70, 80, 90… Le poids de chaque acte ainsi que sa répétition, encore et encore est aggravé. Les limites de la compréhension, de la résistance sont poussées à leur extrêmes limites jusqu’à ce que… Comment pourrait-il en être autrement ?

Cette lecture ne peut pas laisser insensible (que l’on l’apprécie ou pas). L’auteur jette une pierre dans la marre et j’espère que certains vont réagir, avoir un sursaut et pourquoi pas avoir assez de recul pour se rendre compte que chacun peut basculer dans le gouffre.




Et s’il fallait mettre une note :  18 / 20