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lundi 8 octobre 2018

Bonjour, c’est l’infirmière de Charline




Le livre :

Bonjour, c’est l’infirmière de Charline aux éditions Flammarion, 246 pages, 16 €00.
Publié le 20 septembre 2017



Pourquoi cette lecture :

Trouvé dans les rayonnages d’une des médiathèques que je fréquente, j’ai eu envie de découvrir Charline, son métier si familier, si proche de nos vies pour les petits et gros bobos.


Le pitch :

Chaque matin, Charline réveille sa voiture et sa motivation pour se rendre chez ses patients. Elle a ses chouchous, comme ce couple de vieux qui se chamaille avec la tendresse d'un vieux couple, et il y a aussi des patients difficiles, comme cet homme alcoolique et violent face à qui elle s'est sentie si vulnérable. A chacun, elle prodigue ses soins et un peu plus. Un peu plus, c'est un cœur attentif, qui écoute sans compter son temps, même si ce n'est pas remboursé par la sécurité sociale. 
Voilà ce qui rend ce métier si exposé, si dur parfois, et surtout si précieux. Franchissons avec elle les portes de ses maisons habitées par la maladie, la solitude, mais aussi la joie, l'espérance, l'humour (et toutes sortes d'animaux). Tendres, poignantes ou cocasses, ces histoires de patients racontent cette profession à laquelle nous confions ce que nous avons de plus intime, de plus fragile, et de plus cher : nos malades.



Ce que j’en pense :

Je ne savais pas avant de lire ce livre que Charline tenait un blog qui est justement à l’origine de ce titre. C’est maintenant assez courant quand le succès des articles est au rendez-vous. On repasse vers un support plus traditionnel et donc papier.
D’ailleurs si cela vous intéresse d’aller plus loin que le livre, allez donc visiter le blog de Charline : http://cestlinfirmiere.blogspot.com
Je l’ai trouvé encore mieux, sans doute parce qu’on ne le lit pas de la même façon et que ses textes y gardent toute leur force, leur fraîcheur et leur caractère plus spontané.

Infirmière, c’est un beau métier qui demande beaucoup à celles et ceux qui l’exercent. Trop sans aucun doute avec des conditions d’exercices de plus en plus complexes, dégradées. Peu importe que l’on parle en réalité de l’infirmière dans un établissement médicalisé (clinique, hôpitaux, maison médicalisée…) ou de la libérale (à son compte). Les difficultés sont différentes, mais le malaise est le même au fond.
Charline brise le silence, lance des bouées, des bouteilles à la mer avec ses écrits. En plus d’avoir donc un métier magnifique, mais prenant, usant, éreintant, elle témoigne pour que peut-être les choses bougent.
Oh pas de miracles attendus, mais des petits rien déjà qui font que ces hommes et femmes, qui comme Charline donnent presque sans compter, puissent tenir encore.

Dans ce livre, on aborde la formation, les différences entre justement le libéral et le salarié, le quotidien forcément lourd, les contraintes évidemment nombreuses, les conditions assurément très variables et soumises à des aléas qu’on imagine pas toujours, la rémunération scandaleusement indécente… Bref, on voit, on découvre, on prend conscience grâce à la voix de Charline, de ce qu’est la réalité de ces personnes qui viennent nous aider, nous soulager quand cela va très fort pour nous.

C’est un livre à lire, qui fait réfléchir sur comment notre société évolue, comment marche le monde.
Ne le lisez pas d’une traite, cela fait trop.
Lisez-le comme le blog, par épisode, afin que le message envoyé par l’auteur ne perde pas de son intensité et n’hésitez pas à relayer. Il fera encore plus de bruit et on le sait, ce qui fait boom assez fort a aussi des chances de faire de l’audience, d’attirer l’attention de ceux qui peuvent faire changer un tant soit peu les choses.



Et s’il fallait mettre une note : 12 / 20



mercredi 31 janvier 2018

Evolution d’Yves Coppens



Le livre :

Evolution d’Yves Coppens, coédition INSEP, Le pommier et Carnets nord, 96 pages, 7 € 50.
Publié le 26 octobre 2017.



Pourquoi cette lecture :

Yves Coppens est une personne que j’apprécie et j’aime beaucoup son parcours, son travail. De manière plus générale encore, j’aime ses écrits qui nous en apprennent tant sur nous alors que nous parlons de nos ancêtres, nos fondations dans ce monde…


Le pitch :

Comment s'est opéré le passage de la quadrupédie à la bipédie ? Qu'appelle-t-on chez les sportifs le syndrome de Lucy ? Quand l'homme a-t-il développé sa capacité à jouer ? Quel avenir envisager pour l'Homo sapiens toujours en quête de performances nouvelles ? Par le prisme du corps et du sport, Yves Coppens nous livre un passionnant petit traité de l'évolution humaine, faisant le point sur les connaissances que nous en avons aujourd'hui et sur le fruit de ses propres recherches. 
Il décrit le passé et questionne l'avenir de l'homme, préférant à un certain pessimisme ambiant une curiosité et un enthousiasme toujours renouvelés.



Ce que j’en pense :

Le sport, on le pratique à notre niveau, plus ou moins modestement.
Le sport, on le regarde, on le suit, sur les divers médias lors des grandes compétitions, mais aussi lors des championnats d’importances variées (locaux, régionaux, nationaux, internationaux).
Le sport est presque partout dans notre vie contemporaine et c’est tant mieux car il participe à notre bonne santé si on ne fait pas que regarder les autres en faire évidemment. Et non, le lever de télécommande n’est toujours pas une discipline olympique !
Le sport, toujours lui, est donc un bon prisme pour étudier, raconter notre société.

Ce titre est court, mais dense.
Il s’agit d’un entretien avec Yves Coppens, paléoanthropologue et professeur au collège de France, qui nous parle de notre passé (nos cousins, nos ancêtres directs), de notre évolution physique (passage à la bipédie par exemple), mais pas seulement, de notre présent aussi avec l’homo sapiens sapiens, mais également un peu de notre possible avenir (évolution de la culture, de la nature).

C’est véritablement passionnant même si le sport n’est pas votre passion première. C’est un point de départ, mais les idées évoquées vont au-delà.
J’y ai redécouvert des notions que j’avais un peu oublié car je ne suis pas seulement plongée dans des ouvrages de paléoanthropologie (même si j’aime cela). J’ai pu aussi saisir le mode de pensée et d’approches d’Yves Coppens sur notre société, ses craintes fondées ou non. J’avoue que cela m’a amené à réfléchir, à échanger avec en premier lieu mon mari qui a dévoré également ce titre.
Ce livre pose des tas de questions plus complexes qu’il n’y paraît et je pense que cela pourrait faire l’objet d’écrits bien plus complets et conséquents, mais c’est déjà une bonne première approche que cette collection-là (Homo Ludens). Je pense d’ailleurs me pencher sur les autres titres disponibles ou à venir, histoire d’élargir encore ma vision des choses.

Petit par la taille, c’est un concentré de réflexions et de savoir qu’il faudrait diffuser beaucoup plus.



Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20




vendredi 17 mars 2017

Prends-moi pour une cruche. Guide de survie de la femme en milieu débile de Delphine Apiou



Le livre : 

Prends-moi pour une cruche. Guide de survie de la femme en milieu débile de Delphine Apiou aux éditions Robert Laffont, 139 pages, 10 € 90. 
Publié le 8 mars 2017. 



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Robert Laffont. 



Le pitch : 

Ce livre est né chez le coiffeur. " Vous avez les pointes sèches, on va faire un masque... Les cheveux aussi ressentent le stress, vous savez... Avec les vies de fous qu'on mène... En tout cas, vous ne faites pas votre âge ! " Ce compliment capillo-facial m'a fait vraiment plaisir... jusqu'à ce que je réalise que la coiffeuse – que je voyais pour la première fois – ne connaissait pas mon âge. Et là, bingo, je me suis demandé pourquoi ça me réjouissait et pourquoi c'était mieux de ne pas faire son âge. 
J'ai trouvé ça complètement con. Je me suis trouvée complètement con. Puis je me suis dit qu'il devait exister d'autres situations, d'autres idées débiles, d'autres panneaux dans lesquels je tombais. J'en ai trouvé plein, ils sont tous dans ce livre. Pourquoi ? Pour dire aux femmes d'arrêter de gober toutes les âneries qu'on leur raconte. Elles s'en sentiront beaucoup mieux.



Ce que j'en pense : 

Ce livre sort pour la journée de la femme (le 8 mars), c'est plutôt une bonne date vu son contenu, mais j'aimerais que le lectorat ne soit pas exclusivement féminin. Qu'il y ait au moins un petit pourcentage de lecteurs. D'ailleurs rassurez-vous messieurs, si le texte n'est pas toujours tendre avec vous, je suis d'accord avec l'auteur qui dès ses préfaces sérieuses et plus légères suggère que le pire ennemi de la femme est parfois, voir souvent la femme elle-même. Bah, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même non ?! 

Au fil des règles d'or imaginées par Delphine Apiou, on passe par plusieurs émotions ou constats de faits : on est atterré, blasé, motivé, avec des envies de se rebiffer, on s'amuse aussi beaucoup... 
L'humour permet de faire passer tant de messages ! Les propos sont parfois légers, mais les problèmes bien réels, parfois graves (chiffres, statistiques et autres données sérieuses citées quand le besoin d'illustrer le propos se fait sentir).

On s'aperçoit alors que nous aussi, on s'est fait prendre au piège plus d'une fois, comme l'auteur sur des thématiques fort heureusement légères le plus souvent. 
Rien d'étonnant, je suis une femme moi aussi, du même âge à quelques mois près que l'auteur, avec des expériences forcément assez similaires... Du coup, on est fréquemment dans l'autodérision et c'est agréable quand on a de l'humour. 

On terminera cette lecture avec des nouvelles règles d'or à trouver, à inventer, à préciser, à personnaliser... C'est incroyablement bien vu pour que les lectrices (et les quelques lecteurs possibles) puissent définitivement s'approprier ce livre et pourquoi pas tenter de faire amies-amies avec celles qui nous aiment (trop ou pas assez). 




Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20