mardi 20 octobre 2026

"Les affaires criminelles au crible de l'ADN" d'Emmanuel Pham-Hoai

 



La quatrième de couverture : 

 

Depuis quarante ans, l'ADN a révolutionné les enquêtes criminelles. Aujourd'hui, une trace invisible sur une scène de crime peut faire basculer toute une investigation. Encore faut-il savoir la lire, l'interpréter... et ne jamais lui faire dire plus qu'elle ne révèle. 

Emmanuel Pham-Hoai est l'un des rares à avoir été enquêteur en section de recherches au contact direct des crimes, puis expert judiciaire en empreintes génétiques. Une double casquette unique qui lui a permis d'introduire en France la recherche en parentèle au sein du FNAEG, la méthode qui a résolu le viol et le meurtre d'Élodie Kulik, vingt ans après les faits. 

Il raconte ici les affaires dans lesquelles l'ADN a été déterminant et qui ont défrayé la chronique. Parmi elles, l'affaire Maëlys dans laquelle, avec son équipe, il découvre la preuve décisive de la culpabilité de Nordahl Lelandais : une infime trace de sang dissimulée derrière une plaque du coffre, malgré un nettoyage méticuleux du suspect. 

Entre terrain, laboratoire et cour d'assises, il explique simplement ce que l'ADN permet et ce qu'il ne peut pas. Certaines avancées, comme les portraits-robots génétiques, la généalogie génétique ou encore les ADN de transfert, ouvrent aujourd'hui encore de nouvelles perspectives, qui fascinent et interrogent.

 

Mon avis : 

 

Un livre aussi intéressant que bien écrit.

Sous des apparences de vulgarisation simpliste par moments, avec l’utilisation d’images très parlantes pour le commun des mortels, on nous glisse des notions pointues que l’auteur poussera plus loin ensuite, sans jamais nous perdre, car il reste très méthodique.

Les affaires criminelles citées dans l’ouvrage offrent, elles aussi, des points de lumière très concrets. Souvent ultra connues du grand public, ces affaires sont autant de portes d’entrée que l’on peut explorer ailleurs si l’on souhaite plus de détails, autres que les aspects techniques au cœur du sujet de ce livre : l’exploitation de l’ADN dans la résolution de crimes passés, actuels et à venir.

En effet, l’auteur nous explique aussi les possibilités futures, les bases exploitables ou non, pourquoi elles le sont ou ne le sont pas, et avec quels risques en l’absence de législation…

On n’est pas dans un épisode de série : on découvre toutes les frustrations, les délais réels, les avancées pas à pas au gré des progrès technologiques, les réflexions pour se sortir d’impasses, les difficultés à présenter son travail des années plus tard devant la justice… On est dans un temps plus long, à l’image de notre lecture qui, elle aussi, prend un certain temps.

 

dimanche 27 septembre 2026

"Championne" de Nina Bouraoui




La quatrième de couverture : 

 

Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur. Elle frappe et en elle les mots se bousculent : elle butte contre une faute qu’il lui faut avouer pour grandir et rêver à la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et aimera, qui se sera gagnée, elle.

 

Mon avis : 

Une confession rude, intense, salvatrice et véritable pour la narratrice, encore très jeune. Le don des mots et leur puissance l’ont sauvée, sans doute.
Sa force également, car on ne peut l’ignorer non plus. Sa rage aussi…

Je suis néanmoins restée en dehors de son combat légitime. Trop de virulence, de véhémence aussi pour moi. Je ne nie pas la réalité des faits. Ils sont terribles, horribles et inhumains. Les femmes paient un tribut injuste et lourd depuis si longtemps, et cela continue dans bien des pays. Même chez nous parfois, sinon comment expliquer les chiffres des féminicides ?

Alors oui, le récit est daté (1979) et la narratrice nous prévient que cela va arriver chez nous. C’est vrai, elle avait raison dans une certaine mesure. Après, nous n’en sommes pas, et fort heureusement, dans une situation comparable.

Je n’ai pas apprécié le style très répétitif, agressif, trop sûr de lui. La rumination de la narratrice ne m’a pas convaincue au final. Elle n’a pas tort, mais c’est trop vindicatif et un féminisme trop extrême pour moi. Après, d’autres y trouveront peut-être une autre résonance. C’est la magie de la littérature qui fait que certains textes ne nous atteignent pas toujours, car nous ne sommes pas les bonnes personnes ou alors ce n’est pas le bon moment. Je crois en la rencontre d’un texte et de son lecteur.



vendredi 18 septembre 2026

"Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell" de James Lovegrove

 



La quatrième de couverture : 

 

Automne 1880. 
Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes. Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell. Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…
Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination. Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

 

 

Mon avis : 

Un livre pour les amateurs des aventures de Sherlock Holmes et de son cher Dr Watson, mais attention, on oublie un peu ce que l’on sait déjà de ces personnages. On repart presque de zéro car, arrivé à un grand âge, le Dr Watson revient sur ses précédents récits avec la volonté, cette fois, de dire la vérité sur des faits qu’il a arrangés bien autrement dans le passé, pour des raisons qu’il nous livre peu à peu. Nous n’en sommes qu’au premier tome, après tout. Nous allons aller de surprise en surprise, je le sens.

Superbe mélange des genres avec l’univers horrifique et fictionnel de Lovecraft et celui de Conan Doyle, pas toujours très reluisant, car on touche régulièrement aux bas-fonds de la criminalité et de l’âme humaine.

Cela surprend un peu, déplaît certainement aux puristes, mais j’avoue que je n’ai pas boudé mon plaisir et que j’ai foncé dans cette lecture. J’ai même hâte de découvrir la suite.

Cela se lit vite et bien, pour peu que l’on entre dans le récit. Nous avons d’ailleurs une belle introduction qui nous aide à accepter que ce qui va suivre ne sera pas dans la veine classique « holmésienne ». J’ai l’esprit assez large en termes de lecture et j’aime que l’on me surprenne. Quand cela est bien réalisé, je n’ai rien contre les réécritures et je vois cela comme de très belles fanfictions.


jeudi 27 août 2026

"la vérité sur le système Epstein" d'Alain Bauer

 

 

 

La quatrième de couverture : 

 

Jeffrey Epstein n'était pas seulement un prédateur sexuel, mais l'organisateur d'un réseau mondial affairiste et pédocriminel. Décryptage par !e criminologue Alain Bauer d'un scandale aux dimensions inédites.


S'appuyant sur l'examen de millions de documents, témoignages, enquêtes sur près de vingt années, Alain Bauer livre une analyse criminologique rigoureuse d'un scandale qui dépasse largement l'individu Jeffrey Epstein.


En recomposant patiemment les pièces du puzzle, il montre comment un prédateur récidiviste a pu exploiter des centaines de mineures, protégé par la richesse, le prestige social et de graves manipulations institutionnelles. Mais aussi comment Jeffrey Epstein a pu créer un formidable outil de renseignement et de trafic d'initiés, entre affairisme, espionnage, chantage...


Banquiers, procureurs, avocats, scientifiques, médecins, artistes, politiciens : toutes et tous ont, à des degrés divers, contribué à l'impunité du système criminel international qu'il avait inventé.


Ce livre en explore aussi le volet français, révélant des mécanismes comparables de protection des élites.

 

 

Mon avis : 

Impossible d’être passé à côté de cette affaire Epstein, car elle a défrayé les médias et continue de le faire, par épisodes plus sporadiques, encore aujourd’hui, alors même que le principal protagoniste, Epstein lui-même, est mort depuis le 10 août 2019.

Alors, j’avoue que je n’ai pas tout suivi de cette affaire et, ensuite, je m’y suis un peu perdue tellement cela m’a semblé tentaculaire. À juste titre, en fait, car il y a rarement eu un système aussi complexe mis en place par un homme et qui n’a pas réellement fini de dévoiler tous ses secrets. Y arrivera-t-on d’ailleurs un jour ?

Ce livre m’a permis de tout reprendre depuis le début.

J’ai volontairement fait comme si je ne savais rien (et je ne savais pas grand-chose dans les faits). Je suis repartie sur des bases saines, simples au départ, car même en voulant simplifier l’explication, le système Epstein est tellement ramifié de partout que cela file le tournis. La toile tissée par cet homme est impressionnante et il a fallu un sacré travail de fourmi pour tout compiler et rendre cela compréhensible assez simplement.

Je note un gros effort sur l’organisation des informations, leur classement par thématiques, la volonté de démentir des rumeurs plus ou moins infondées et de rester sur des faits établis. Sans doute, des aspects ne sont-ils pas encore connus, reconnus, établis, et on fera de nouvelles connexions dans les années à venir. L’ouvrage est factuel, le plus complet possible à ce jour, mais c’est surtout un bilan à l’instant T.

Intéressant pour qui a envie de savoir et de comprendre une des affaires les plus médiatiques et aux retombées les plus dingues de ces dernières années.

  


samedi 8 août 2026

Les chants du Cygne noir d'Alex Alice

Les Chants Du Cygne Noir - Les Chants du Cygne Noir T1 - 1 


Quatrième de couverture :

 

1880, la conquête de l'espace bat son plein : au-delà de Mars, les puissances européennes rivalisent pour le contrôle du Ring, la ceinture d'astéroïdes. Mais les vaisseaux qui s'y risquent s'évanouissent sans laisser de traces... La jeune Benesh, à la recherche du meurtrier de son frère, s'engage à bord d'un paquebot interplanétaire à destination de Jupiter. Alors qu'elle s'apprête à assouvir sa vengeance, des pirates abordent le navire. La rencontre est explosive. Benesh rejoindra-t-elle le capitaine Lohengrin et l'équipage du Cygne Noir dans sa quête d'une relique extra-terrestre aux pouvoirs étranges ? 

 

Après le succès du Château des étoiles, Alex Alice explore de nouveaux territoires et inaugure un chapitre majeur de son œuvre avec "Les Chants du Cygne Noir", une nouvelle série de manga ambitieuse et spectaculaire.

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Cela ressemble à un manga, cela en a les codes, mais celui-ci ne vient pas du pays du Soleil-Levant.

D’emblée, j’ai craqué pour cette série (même si nous n’en sommes qu’au tout début), car elle regorge de références assumées à d’autres œuvres cultes telles que Captain Harlock (Albator) ou Queen Emeraldas, signées par le regretté Leiji Matsumoto. Son esthétique peut également faire penser au Titanic, avec son jeu de classes... L’ambiance rétrofuturiste de cette dystopie est parfaite. Les détails sont soignés, comme toujours avec cet auteur. On reconnaît de nombreux éléments ; simplement, ils sont assemblés de telle manière que rien n’est tout à fait comme dans notre réalité. Pourtant, cela ne dérange pas le moins du monde le lecteur. Au contraire, c’est rassurant : on possède déjà les clés de lecture… et celles de l’aventure également.

Pas besoin d’avoir lu les autres opus d’Alex Alice pour plonger dans Les Chants du cygne noir. C’est une excellente porte d’entrée pour les lecteurs qui n’en auraient pas encore eu l’occasion. Et si l’univers leur plaît, il ne sera jamais trop tard pour découvrir le reste de sa bibliographie.

J’ai aimé le scénario (assez classique, avec ce désir de vengeance que l’on retrouve souvent dans les univers de Matsumoto), le format A5, agréable à prendre en main et qui laisse davantage de place aux dessins, les personnages, bien typés et pleins de promesses, ainsi que l’ambiance générale steampunk.

J’avoue ne rien avoir à regretter après cette lecture… si ce n’est que le tome 2 va se faire attendre et… Pffffff !

lundi 27 juillet 2026

Le dernier sanctuaire de Josiane Balasko

 


Quatrième de couverture : 

 

Au cœur de ces montagnes sauvages se joue le plus important des combats.
On les appelle les Protecteurs. Ils sont onze, sept hommes, trois femmes et un adolescent, les seuls à résister encore contre un monde qui a fait de la nature un terrain de chasse pour milliardaires en quête de trophées.
Cachés dans une ancienne mine au milieu des montagnes, traqués de toutes parts, ils se battent pour sauver les derniers animaux sauvages.
Jusqu’à ce jour d’hiver où deux femmes surgissent dans leur refuge.
Tomassa, une vieille Indienne aveugle, mais d’une lucidité troublante.
Lucie, une jeune héritière fantasque… pas si écervelée qu’elle en a l’air.
Leur arrivée va bouleverser l’équilibre fragile des Protecteurs.
Car sans le savoir, Lucie et Tomassa portent en elles à la fois le danger… et l’espoir.
Un pur roman de résistance et d'espoir, une grande bouffée d’optimisme

 

 

Ce que j’en pense : 

Écouter un livre lu par son auteur est toujours un plus. Il ou elle sait d’autant mieux ce que tel ou tel passage signifie, le rythme de ses phrases… Bref, la mélodie du récit lui est si familière que la restituer est plus aisé que pour une tierce personne. Pour Josiane Balasko, qui est aussi actrice, c’est presque du gâteau.

Pourtant, il m’a fallu un petit temps pour m’y faire. J’ai d’abord eu l’impression qu’elle était trop détachée, à la limite de lire par corvée… Puis je me suis peu à peu détendue (alors que, paradoxalement, l’intrigue, elle, se crispait) et j’ai plongé… Elle incarne tellement bien les personnages un peu bourrus ou différents ! Elle serait parfaite dans le rôle de Tomassa.

On est en Louisiane, dans un futur proche… Mouais, j’aurais plutôt dit dans une autre version de notre Terre, mais tellement proche de la nôtre que, franchement… Et c’est aussi pour cela que l’intrigue fonctionne aussi bien. On reconnaît tout, même ce qui n’est pas encore arrivé. On se projette et on y croit.

Il y a des stéréotypes parfois à la limite du grossier, mais dans la vie d’aujourd’hui aussi. L’actualité nous montre régulièrement que, parfois, plus c’est gros, plus ça passe ? On ne tique donc pas davantage au fil du récit. C’est factuel. Ça existe.

Après, il y a la fiction, mais elle reste crédible dans cette version.

J’ai noté un petit côté Papy fait de la résistance, un autre Hunger Games, et encore d’autres influences… C’est ultra visuel, rythmé, avec des protagonistes forts, tout comme les messages que cette fable dystopique veut nous faire passer.

On n’a jamais été aussi proches de certains points de bascule, et pourtant on peut encore agir. Dans le roman, on pense que tout est fichu, mais une poignée d’hommes et de femmes va nous prouver que l’on peut toujours essayer de changer les choses.

Un roman à découvrir.

vendredi 26 juin 2026

Le banc de Géraldine Smith



Le Banc (Fichier audio 2026), de Géraldine Smith, Bernard Gabay | Audiolib


 La quatrième de couverture : 

 

Dans la résidence « Les merles bleus », en région parisienne, Georges, 95 ans, récemment veuf, est retrouvé mort un matin dans son lit, dans des circonstances suspectes. 

Les bijoux de feu Claudia, la femme de Georges, qui a caché toute sa vie un lourd secret, se sont volatilisés. 

Le policier Mousa Mballo enquête dans l’entourage de Georges. Qui d’Isabelle et Paul, ses enfants, de Mariola, son auxiliaire de vie, de Chantal, qui venait régulièrement lui faire la lecture, mais surtout lui faire les poches, d’Alain, le gardien, ou d’Abdel, qui tient la baraque à frites sur le parking de la résidence et qui a récemment disparu, aurait pu commettre ce crime ?

 

 

Mon avis : 

 

Voilà un titre que j’avais repéré parmi plusieurs recommandations et, lorsque j’ai eu l’opportunité de l’écouter, j’ai vite sauté le pas.

J’adore lire, et les versions audio sont très pratiques, car je peux en profiter tout en conduisant, en cuisinant ou en tricotant… Elles sont de mieux en mieux, et celle-ci ne fait pas exception. Le lecteur possède un timbre de voix très agréable, et les quelques arrangements sonores sont très réussis, bien que fort simples. Ils s’accordent parfaitement avec cette histoire.

En effet, ne vous attendez pas à une enquête criminelle avec moult rebondissements, des courses-poursuites ou des analyses de folie menées par des experts… Non, nous sommes dans un cadre beaucoup plus humain, plus simple, ancré dans le quotidien.

Sur fond de polar, l’autrice nous parle d’amitié, d’amour, de relations intergénérationnelles, de la vieillesse, de la fin de vie et de la perte d’autonomie.

Les personnages sont tous très attachants, bien que très différents les uns des autres. On en vient même à se demander ce qu’ils font tous ensemble. C’est sans doute avec eux que le slogan « le bien vivre ensemble » pourrait trouver une belle illustration.

Le ton est plutôt léger alors que de véritables problèmes du quotidien sont abordés. On y parle de la vieillesse, de la maladie, de la vie, de la mort, des jeunes, de la dépression, des réseaux sociaux, du célibat, de la déchéance sociale, des croyances de chacun, du suicide assisté… La liste est impressionnante, car elle constitue surtout un parfait reflet de notre société, de notre réalité.

Je l’avoue, j’ai versé ma petite larme à la toute fin du livre. C’est simplement parce que c’était bien écrit, bien lu… et qu’on y croit.