La quatrième de couverture :
Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur. Elle frappe et en elle les mots se bousculent : elle butte contre une faute qu’il lui faut avouer pour grandir et rêver à la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et aimera, qui se sera gagnée, elle.
Mon avis :
Une confession rude, intense, salvatrice et véritable pour la narratrice, encore très jeune. Le don des mots et leur puissance l’ont sauvée, sans doute.
Sa force également, car on ne peut l’ignorer non plus. Sa rage aussi…
Je suis néanmoins restée en dehors de son combat légitime. Trop de virulence, de véhémence aussi pour moi. Je ne nie pas la réalité des faits. Ils sont terribles, horribles et inhumains. Les femmes paient un tribut injuste et lourd depuis si longtemps, et cela continue dans bien des pays. Même chez nous parfois, sinon comment expliquer les chiffres des féminicides ?
Alors oui, le récit est daté (1979) et la narratrice nous prévient que cela va arriver chez nous. C’est vrai, elle avait raison dans une certaine mesure. Après, nous n’en sommes pas, et fort heureusement, dans une situation comparable.
Je n’ai pas apprécié le style très répétitif, agressif, trop sûr de lui. La rumination de la narratrice ne m’a pas convaincue au final. Elle n’a pas tort, mais c’est trop vindicatif et un féminisme trop extrême pour moi. Après, d’autres y trouveront peut-être une autre résonance. C’est la magie de la littérature qui fait que certains textes ne nous atteignent pas toujours, car nous ne sommes pas les bonnes personnes ou alors ce n’est pas le bon moment. Je crois en la rencontre d’un texte et de son lecteur.