lundi 16 novembre 2009

La raison a bon dos ----- "Les accommodements raisonnables" de Jean-Paul Dubois

Si j’ai mes genres de lecture privilégiés (comme beaucoup de lecteurs), je reste très curieuse et ouverte à toutes les expériences littéraires.

Je me lance très facilement en bibliothèque, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’acheter mes prochaines lectures en librairie ; je suis plus réticente. La prudence, la réflexion sont de mises.

Dans le cadre d’un partenariat comme ce fut le cas cette fois-ci avec les éditions Points et Livraddict, je me suis laissée tenter par une quatrième de couverture qui avait piqué ma curiosité alors que la couverture elle-même, m’avait dans un premier temps un peu rebutée. L’auteur m’étant inconnu, je ne pouvais qu’espérer avoir fait une bonne pioche.

Suivez-moi pour découvrir « Les accommodements raisonnables » de Jean-Paul Dubois et voyons donc s’ils sont aussi raisonnables qu’on veut bien nous le faire croire.

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L’auteur : (Sources Evene)

Jean-Paul Dubois,
Écrivain français,
Né à Toulouse en 1950.

Avant d'être l'auteur d'une dizaine de romans, de recueils de nouvelles et de plusieurs essais dont « Eloge du gaucher dans un monde droitier », Jean-Paul Dubois se lance dans le journalisme et travaille au Nouvel Observateur. Il connaît bien les Etats-Unis pour y avoir été le correspondant du magazine pendant quinze ans. De ses romans, inspirés par ce continent, « L’Amérique m'inquiète », « Jusqu'ici tout allait bien en Amérique », il garde le surnom de « l’Américain ».

Il est également l'auteur de « Je pense à autre chose », « Tous les matins, je me lève », « Si je pouvais me rapprocher ».

Le très remarqué « Kennedy et moi » qui remporte, en 1996, le prix France télévisions, est adapté au cinéma par Sam Karmann, avec Jean-Pierre Bacri en vedette. (Un film que je vous recommande d’ailleurs)

Son roman « Une vie française », met en scène un personnage sous la toute jeune V ème République, entre tragédies, humour et perspectives historiques. Il est récompensé par le prix du roman FNAC et le prestigieux prix Femina 2004.

Si en 2006 « Vous plaisantez, Monsieur Tanner » aborde de façon humoristique l'enfer des travaux, Jean-Paul Dubois revient en 2007 à plus de gravité avec « Hommes entre eux ». Suit un an plus tard « Les Accommodements raisonnables » qui, entre tragique et comique, confirme encore une fois la qualité de la plume de l'auteur.

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L’intrigue : (Le mot de l’éditeur en grand format – Les Editions de l’olivier)


Jean-Paul Dubois retrouve le souffle romanesque d’Une Vie française dans ce livre qui devrait enthousiasmer ses fans. Aucun des « fondamentaux » ne manque à l’appel : Toulouse, un anti-héros (Paul Stern) et son épouse (Anna), un père encombrant, l’actuel président de la République, l’Amérique, les bateaux, les petits-enfants, etc.

Cette fois, Jean-Paul Dubois nous conduit à Hollywood.
Paul doit y réécrire le scénario d’un film dont il est l’auteur, pour le compte d’un producteur qui prétend en tirer un remake.
En réalité, Paul est parti pour oublier la maladie de sa femme, en dépression profonde, le remariage scandaleux de son père et, de manière plus générale, son échec personnel. Embauché par la Paramount, il découvre un autre univers où le sexe, l’argent, la drogue, la célébrité, mais aussi le désespoir occupent une place centrale.
Et puis, il rencontre Selma Chantz, employée comme lui par la Paramount. Et sa vie bascule. Car Selma est le double parfait d’Anna, avec trente ans de moins…Une femme fascinante et dangereuse.

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Ce que j’en pense :

Comme je l’ai déjà dit dans mon introduction, c’est avec curiosité que j’ai choisi cet ouvrage et que je me suis lancée dans sa lecture sans plus y réfléchir. Je me suis d’ailleurs habituée à cette couverture (qui ne m’attirait pas le moins du monde) si Hollywoodienne, tellement évocatrice du monde du cinéma et de ses stars d’un passé que l’on croit révolu et qui pourtant renaît toujours car intemporel, immortel.
L’univers du 7 ème art, on l’abordera par l’intermédiaire de notre narrateur, Paul Stern puisqu’il est script doctor et qu’il acceptera un emploi à la Paramount à Hollywood.
On flirtera avec le glamour, le rêve, les paillettes et l’on verra bien que cet espace où tout est factice (même des quartiers entiers de New York) n’est pas aussi reluisant que cela. On passera sous silence certains détails comme la lunette des toilettes de Nicholson.

Paul est ce que l’on appelle un anti-héros car il n’est ni brillant, ni extraordinaire. Il ne cherche pas à l’être non plus et se contente de sa petite vie qui lui convient bien. Enfin qui lui convenait bien car depuis le décès de Charles Stern, son oncle, les choses s’emballent un peu trop.
On va le suivre, l’écouter durant une année entière. Chaque chapitre est un mois de plus écoulé.
Un débit volontairement assez lent pour que l’on prenne conscience de ce que peut vivre ou ne pas vivre justement Paul. L’existence, un long fleuve tranquille ? Possible, mais je gage que comme certain cours d’eau de notre hexagone, il faille se méfier de l’eau qui dort.

La fuite en avant des éléments est sans doute la clef de cet ouvrage car chacun à sa manière, les protagonistes choisissent cette option pour échapper à quoi, à qui ? C’est selon et si l’on y réfléchit un peu, nous avons toutes et tous tendance à reproduire ce schéma par facilité, lassitude ou habitude.
On s’arrange avec la réalité, on passe des « deals » plus ou moins à notre avantage, on calcule, on profite, on est lâche. La nature humaine n’aime pas se compliquer l’existence donc elle fait au mieux. On tire la couverture à soi.

Le livre se lit aisément sans être captivant. Cependant, on y revient toujours presque inexorablement. Un peu comme notre propre routine, on veut connaître celle de Paul et de sa famille, de ses amis, de ses fréquentations. On observe, on note.

Heureusement parfois on s'amuse également :
« Décidément, ton oncle nous aura fait chier jusqu’au bout. »

Et que dire de ce triste constat de Paul sur son existence :
« Oui mais voilà, je n’avais ni foi, ni GPS, ma femme s’éloignait de moi chaque jour davantage, je vieillissais plus rapidement que mon père, ma fille inondait le pays d’objets inutiles et voraces en énergie que, par ailleurs, mon fils s’évertuait à sauvegarder. En outre, mon travail était aussi exaltant et enrichissant qu’une journée sur un practice de golf, mon oncle venait de mourir au volant d’une Mercedes-Benz à l’arrêt, et de partir en fumée sous les yeux réjouis de son cadet, mon père. »
On frise l’absurde, on a envie de dire, mais va te pendre mon pauvre gars !

C’est vrai que le Paul, il est mal en point, il les cumule en fait. Le pessimisme est partout et le ton monocorde de notre narrateur à parfois le don de nous irriter. J’ai souvent eu envie de le bousculer, d’essayer de l’interpeller pour qu’il réagisse, mais non, il est dans une telle torpeur que oui, il est proche de là où se trouve Anna, plus proche qu’il ne peut l’imaginer. Il n’admet pas la situation, c’est tout.

Je ne connaissais pas Jean-Paul Dubois, mais en revanche, j’ai pu voir à deux reprises le film adapté de son œuvre « Kennedy et moi ».
Bacri serait parfait dans le rôle de Paul tellement cet acteur sait jouer ceux qui font la « gueule », qui portent la poisse et à qui il n’arrive que des « tuiles ». Le ton est assez similaire tout en étant différent car évidemment l’intrigue n’est pas la même. Cependant le parallèle entre ces deux œuvres a été presque automatique dans mon esprit.

Mes impressions à l’issue de sa lecture sont mitigées.

J’ai aimé le lire, mais en prenant mon temps car il faut le digérer quand même. Cela fait beaucoup de pessimisme d’un coup. Déjà que nos vies ne sont pas roses, parfois, c’était un peu excessif, mais j’y revenais toujours et pas seulement parce que c’était une lecture dans le cadre d’un partenariat.
J’ai apprécié l’écriture de Jean-Paul Dubois. Sa prose est agréable.
Le format de poche rend l’approche plus facile car dans les moments de découragement (à l’image du narrateur), on n’a pas envie de se retrouver confronter à un pavé.

En revanche, j’ai eu du mal à me lancer sur des grosses périodes de lecture. Au bout d’une vingtaine de pages, j’en avais assez. J’avais eu ma dose de noirceur, de malheur et de cynisme.
La politique, ce n’est déjà pas franchement ma tasse de thé et là, nous avons un bon résumé de la dernière campagne et élection présidentielle. Je n’avais pas envie de lire les chroniques du « Monde », du « Figaro » ou de « Libération » avec en prime les commentaires issus du comptoir du coin.

À lire donc afin de découvrir un auteur qui a indéniablement une griffe, mais je ne sais pas si c’est l’œuvre idéale pour débuter avec lui.


Ma note finale : 12 / 20

Grand Challenge 2010 Livraddict


Je crois bien que c’est la première fois que je me lance dans une telle aventure, mais qu’importe, il faut bien débuter un jour et si cela est possible avec l’équipe et les membres de Livraadict, alors cela ne peut-être que positif.

Des défis, des challenges, on en relève tous les jours, mais on ne l’annonce pas publiquement à chaque fois car ils sont noyés dans notre quotidien et sans réelle importance pour autrui.

Aujourd’hui, je déclare officiellement ma participation au grand challenge 2010 de Livraddict (oui, un peu comme pour l’ouverture des J.O ou une candidature à une élection d’importance).
Je vais rester modeste en m’engager (promesses électorales ?) à lire 7 livres sur les 100 titres présents dans le top 100 de Bibliomania (arrêté au 15 /11/2009 pour les besoins du challenge). C’est assez peu, mais comme pour tous les défis, je vais essayer d’aller plus loin encore.

Beaucoup de titres ont vraiment l’air passionnants et fort heureusement, j’en ai lu un certain nombre.
Je ne puis que vous inviter à les découvrir vous-même sur Livraadict et à participer également.

Rendez-vous le 31/12/2010 pour dresser un bilan final, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l’avancé de ce challenge au fil des semaines.

vendredi 13 novembre 2009

Littérairement votre


Je pense que les fidèles de ce blog l’auront remarqué depuis un bon moment déjà : « Espace Temps Libre » a pris un petit virage éditorial depuis quelque temps pour devenir exclusivement littéraire.

Je ne souhaite pas délaisser mes autres passions, mais j’ai beaucoup moins de temps pour rédiger des billets en ce sens, aussi ces derniers seront-ils plus rares. Je préfère me concentrer sur ce qui est sans doute ma première passion la lecture, les livres et comme on le dit pompeusement : la littérature au sens large car j’aborderai encore l’univers de la bande dessinée, celui du manga et bien d’autres encore.
Point de limite en ce sens !

En espérant que ce changement vous satisfera pleinement, je retourne vers mes piles de livres et mon clavier.

lundi 9 novembre 2009

Venez jouer dans notre basse cour --- "Une vie de pintade à Paris" de Layla Demay et Laure Watrin - Livre




Paris restera toujours Paris.

J’aime m’y rendre régulièrement car il y règne une atmosphère différente de partout ailleurs.
Certes, je vous l’accorde la pollution, qu’elle soit sonore ou atmosphérique est considérable, mais quelle vie quand même. Quels décors ! Une histoire riche et un bouillonnement culturel permanent !

Je n’ai pas la prétention de correspondre à la définition de la pintade (donnée par les auteurs : « Une pintade n’est ni une poule, ni une dinde et certainement pas une bécasse, mais le symbole de la femme d’aujourd’hui, sérieuse et frivole à la fois. »), mais j’essaie d’y tendre quand même un minimum. Elle n’a rien de péjoratif, bien au contraire.

Moi qui ne connaissais que de nom les livres de cette série sur les femmes modernes dans le monde (les pintades donc), j’avoue que cette découverte réalisée grâce à un partenariat entre les éditions Hachette (Livre de Poche) et Livraddict fut une expérience fort sympathique pour ne pas dire pleinement satisfaisante.
Venez donc avec moi découvrir « Une vie de pintade à Paris » de Layla Demay et Laure Watrin.

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Les auteurs et leur illustratrice : (Sources Wikipédia)

Nota bene : Je m’excuse pour les répétitions, les carrières des deux jeunes femmes, à l’origine de la série « Les pintades », suivent le même parcours depuis quelques années, signe que leur complicité et complémentarité n’est pas factice.


Layla Demay est une journaliste, auteur et réalisatrice française.

Née à Paris le 26 juin 1971, Layla Demay passe son baccalauréat au lycée Francisque Sarcey à Dourdan en Essonne. Elle est diplômée de Lettres Modernes de l’Université Paris IV-Sorbonne, elle est également diplômée de l'Institut Français de Presse, (Université Paris II).

Elle commence sa carrière de journaliste à l’Agence Capa, dans le cadre de l’émission de télévision Ruban Rouge, une émission dédiée au problème du SIDA, puis collabore à TF1 et ARTE. En 1997, elle quitte la France pour s’installer à New York, où elle travaille comme journaliste free-lance pour des chaînes de télévision françaises. Elle effectue des reportages sur la société américaine. Elle collabore à des émissions telles que « Des racines et des ailes », ARTE Info et Envoyé Spécial.Elle est nominée pour le Prix Albert Londres en 2000 pour son reportage sur les Amish, produit par Sunset Presse et diffusé sur France 3.
En 2004, elle débute sa carrière d’auteur avec la publication aux Éditions Jacob-Duvernet de son premier livre, « Les Pintades à New York », qu’elle signe avec sa co-auteur Laure Watrin. Ce premier ouvrage annonce le début de la collection des Pintades, que Layla Demay a co-fondé avec Laure Watrin, et qu’elle co-dirige. Elle est la co-auteur de l’ouvrage « Le New York des Pintades » aux Éditions Jacob-Duvernet et « Une vie de Pintade à Paris » aux Éditions Calmann-Lévy, qu’elle a également co-signé avec Laure Watrin. Elle est directrice de collection des ouvrages « Les Pintades à Londres » et « Les Pintades à Téhéran ».
Entre 2007 et 2009, Layla Demay co-signe avec Laure Watrin trois documentaires « Les Pintades » dans le cadre de l’émission Le Club des Nouveaux Explorateurs, la série documentaire thématique de voyages diffusée sur Canal + et présentée par Maïtena Biraben, puis par Diego Buñuel.
Les documentaires sont des films d’exploration mettant l’accent sur les femmes dans des grandes villes du monde. Les villes explorées sont Londres, Rio de Janeiro et New York.

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Laure Watrin est une journaliste et auteur française.

Née à Nancy le 10 avril 1971, Laure Watrin est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et du Centre de Formation des Journalistes.

Reporter radio à RTL pendant 12 ans, elle y a notamment couvert l'actualité médicale et les questions familiales.
Elle débute sa carrière d’auteur avec la publication aux Éditions Jacob-Duvernet de son premier livre, « Les Pintades à New York », qu’elle signe avec sa co-auteur Layla Demay. Ce premier ouvrage annonce le début de la collection des Pintades, que Laure Watrin a co-fondé avec Layla Demay, et qu’elle co-dirige. Elle est la co-auteur de l’ouvrage « Le New York des Pintades » aux Éditions Jacob-Duvernet et « Une vie de Pintade à Paris » aux Éditions Calmann-Lévy, qu’elle a également co-signé avec Layla Demay. Elle est directrice de collection des ouvrages « Les Pintades à Londres » et « Les Pintades à Téhéran ».
Entre 2007 et 2009, Laure Watrin co-signe avec Layla Demay trois documentaires « Les Pintades » dans le cadre de l’émission Le Club des Nouveaux Explorateurs, la série documentaire thématique de voyages diffusée sur Canal + et présentée par Maïtena Biraben, puis par Diego Buñuel.
Les documentaires sont des films d’exploration mettant l’accent sur les femmes dans des grandes villes du monde. Les villes explorées sont Londres, Rio de Janeiro et New York.

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Margaux Motin est une illustratrice française. Elle est connue, entre autres, pour son blog, où elle expose avec humour des anecdotes de sa vie de trentenaire.

Après un baccalauréat L option arts plastiques, Margaux Motin fait un BTS Communication Visuelle à l’école ENSAAMA Olivier de Serres. Ses débuts professionnels se font en tant qu’illustratrice de presse chez le magazine Muteen (rubrique J'ai testé) de 2002 à 2008. Par la suite, elle signe ses illustrations autant pour la presse, l’édition, que pour la publicité. En mars 2008 elle ouvre son blog qui l’a fait connaître du grand public. En mai 2009 elle publie un recueil d’illustrations issues en majorité de son blog.

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Les pintades sur la Toile :

Un site est dédié ces membres de la basse-cour. Je vous conseille vivement d’y faire un petit détour. C’est la continuité logique de la série de livres que Layla Demay et Laure Watrin écrivent ensemble.
En ligne donc : http://www.uneviedepintade.fr/

Ne pas oublier de jeter un œil aussi sur le site de l’illustratrice :
Le site de Margaux Motin : http://margauxmotin.typepad.fr/

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La quatrième de couverture :

La réputation des Parisiennes n’est plus à faire. Partout dans le monde, on les dit élégantes, sophistiquées, gourmandes, séductrices nées, dépensant la moitié de leur salaire en lingerie. Après avoir exploré pas mal de basses-cours dans le monde, Layla Demay et Laure Watrin ont eu envie de s’attaquer à ces Pintades de choix qui vivent en bord de Sein

Sous leur plume, une pintade n'est ni une poule, ni une dinde, ni même une caille, et certainement pas une bécasse mais le symbole de la femme d'aujourd'hui, sérieuse et frivole à la fois.

De Belleville à Passy, du Marais au canal Saint-Martin, de Convention à la rue Lepic, qui sont-elles vraiment ? Bobos, frondeuses, débrouillardes, héritières des vieilles familles, provinciales « montées » à Paris, immigrées, comment vivent-elles dans une ville qu’elles seules ont le droit de dénigrer ?

Laure Watrin et Layla Demay, journalistes et pintades en chef, vous font découvrir les coulisses d’une capitale que vous croyez connaître. Une vie de Pintade à Paris aborde tous les thèmes qui font le quotidien des Parisiennes. Cet ouvrage est à la fois une étude de mœurs, une série de portraits piquants, et un guide pratique pour survivre dans une ville dont on n’a pas forcément tous les codes, même quand on y habite !

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Ce que j’en pense :

« Une vie de pintade à Paris » n’est pas un roman. Les héroïnes, ce sont les Parisiennes, les pintades de cette ville qui fascine autant qu’elle peut en révulser d’autres. En tant que lecteur, il n’est pas si facile de s’identifier à ces demoiselles plus ou moi âgées, mais qui ont toutes de nombreux points communs, à commencer par celui de vivre à Paris. Il est d’autant plus compliqué de s’identifier à elles si l’on ne connaît pas du tout notre belle capitale.
Pour ma part, sans dire que je connais Paris comme ma poche, on va dire que j’adore y jouer ma petite Parisienne d’adoption. Je sais que j’ai encore bien des progrès à faire et donc cet ouvrage tombe à point nommé.

Un livre qui s’adresse prioritairement aux femmes, mais qui n’exclue pas nos compagnons. La formule des auteurs est d’ailleurs à ce propos fort bien tourné et donne le ton immédiatement : « Ce que nous écrivons est d’ailleurs valable pour les Parisiens, mais comme notre propos, c’est les pintades, pardon messieurs, mais on vous taillera un costard un autre jour. »

La pintade parisienne a ses particularités. Les auteurs nous la définissent assez bien dès le début afin que l’on ne se méprenne pas et ne la confonde pas avec ses consoeurs venues d’autres basses-cours :
« À Paris, la pintade est beaucoup plus compliquée. Elle va râler, pester, fulminer, et puis aussi, elle va resquiller. Que ceux qui l’accusent de manquer de civisme aillent se faire voir chez les Grecs. C’est pour cela qu’elle vit à Paris et pas à Athènes. D’ailleurs, elle ne resquille pas. Rroghh, tout de suite les grands mots… »
« C’est que les pintades parisiennes considèrent qu’elles ont des droits, elles ont coupé la tête de leur roi et de leur reine, elles paient leurs impôts. Donc elles assument d’être râleuses. Elles râlent d’ailleurs pour (presque) tout et (quasi) n’importe quoi. »

Des illustrations parsèment le livre, elles sont signées Margaux Motin et elle nous ravissent régulièrement. Elles ponctuent notre lecture et ce même dans cette édition de poche. Ce n’est donc pas du tout une édition au rabais. Elle a tout d’une grande !
Oui, vraiment tout, sauf le prix. C’est un avantage non négligeable. Le plaisir n’étant de toute manière pas forcément proportionnel au prix de vente du produit, n’est-ce pas ?
Vous pourrez donc craquez chez votre libraire sans remords.


Le contenu de cet ouvrage est complet. Les thèmes qui sont abordés, restent des plus variés.
Des adresses toutes plus alléchantes les unes que les autres. Je vous rassure tout de suite, toutes ne sont pas en lien avec la nourriture, mais notre flair aux bonnes astuces sait qu’il n’a pas été floué.
Le tout est bien mis en avant par des récits, des explications bien amenées.
Une langue qui n’est pas de bois, avec juste ce qu’il faut comme langage châtié pour que l’on se sente à l’aise. On est entre copines. L’humour ne fait jamais défaut aux auteurs, on s’amuse beaucoup même sur des sujets de la vie pratique qui ne sont pas toujours drôles au premier abord. Et oui, les pintades ont aussi de vrais problèmes, des soucis de garde des pintadeaux par exemple.
Tout ne se résume pas aux derniers bouts de chiffon à la mode ou à l’ultime It Bag. Le tout est d’y mettre les formes.

Il y a du vécu dans ce petit livre, on le sent tout de suite et surtout on se reconnaît dans nombre de situations.
« Qui n’a jamais connu le stress, au moment de commander un croque salade (on ne parle même pas d’obtenir un verre d’eau avec son café, des glaçons avec son Coca ou de la moutarde), de voir passer une bonne demi-douzaine de fois le serveur qui feint de ne pas vous voir, le bras levé, les yeux suppliants, tentant désespérément d’établir un eye contact, « S’il vous plait ! Ouh Ouh ! S’il vous plait ! Monsieur ! », et qui finit miraculeusement par prendre votre commande un quart d’heure plus tard, au moment où vous vous apprêtez à partir ? »

On y retrouve aussi ce que nous, en simple habituée des rues et trottoirs de Panam, on savait déjà, mais que l’on peine à faire croire aux autres, nos amies qui n’y mettent jamais les pieds et qui ont des idées toutes faites sur notre belle capitale :
« « C’est extraordinaire, on ne se croirait pas à Paris ! » Mais si justement, ça c’est Paris ! Paris, ce n’est pas seulement les Grands Boulevards. »
« Paris, c’est une agrégation de « villages », une succession d’ambiance très différentes. »
On espère maintenant être plus crédible. C’est écrit noir sur blanc par des spécialistes des pintades quand même !

On est pourtant bien obligées de dire que tout n’est pas rose dans cette ville que l’on affectionne tant.
« Paris n’a pas usurpé non plus sa stature de « City of crottes ». Si à New York, le premier mot de nos enfants a été « Taxi », ici, ça a été « caca de chien ». Et lorsque notre Big Boy a été pris d’un besoin urgent sans un pipiroom en vue, le gosse de nous dire : « C’est pas grave, je vais faire sur le trottoir. » Face à notre mine horrifiée et à notre refus catégorique, Big Boy a répondu : « Mais, c’est pas juste, les chiens, ils ont le droit, pourquoi pas moi ? » C’est ça une vie de chien. Ici, Médor a plus de prérogative que Junior. »
Cela ne s’invente pas ça, cela se vit.

Mais Paris restera toujours Paris ! Pour rien au monde, on voudrait en changer, c’est notre domaine aussi imparfait soit-il.

« Une vie de pintade à Paris » est instructif et plaisant à lire pour les novices de la ville des lumières, mais également utile pour les apprenties pintades (il faut bien se parfaire un peu). Il permet en outre aux véritables volailles labellisées « made in Paris » de réviser ses bases.
Un petit guide a mettre entre toutes les mains pour le plaisir d’en rire.

Ma note finale : 16 / 20

lundi 2 novembre 2009

Passé simple ---- "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables " de Philipe Delerme - Livre


Chaque semaine, j’essaie de suivre au plus près l’actualité littéraire, mais il est bien évident que cela reste un vœux pieu car tout lire, tout découvrir est impossible. Cependant, j’essaie d’avoir un regard le plus large possible et ne rien laisser de côté volontairement.
Philippe Delerm était l’invité de « La grande Librairie » sur France 5, il y a de cela trois semaines déjà. Je connais l’auteur de nom, de réputation, quelques-uns de ces titres bien qu’aucun ne me soit encore passé entre les mains avant « Dickens, barba à papa et autres nourritures délectables ».
Ce n’est pas son dernier ouvrage car celui-ci est paru en 2005, mais qu’importe pourvu que je découvre cette plume ravie tant de personnes et en agace tout autant. Il me fallait débuter par un texte alors pourquoi pas celui-ci ?

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L’auteur : (Sources EVENE)

Peintre des petits bonheurs du quotidien, Philippe Delerm accède à la notoriété grâce au succès phénoménal de « La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », paru en 1997.
Inspirés par la peinture impressionniste, ses écrits dénotent un goût prononcé du détail, du souvenir et de l'émotion prise sur le vif, un cocktail savoureux qui signe sa marque de fabrique et suscite l'enthousiasme de ses nombreux lecteurs.
Ce fils d'instituteur, diplômé de lettres modernes et lui-même enseignant, envoie ses premiers manuscrits dès 1976 mais se heurte à des refus d'éditeurs, jusqu'à la parution discrète mais remarquée de « La Cinquième Saison ». L'engouement constant qui accompagne la parution de ses recueils de nouvelles, tels que « La Sieste assassinée » en 2001 ou « Enregistrements pirates » en 2004, lui permet d'abandonner l'enseignement et de vivre de sa plume. Il écrit alors des romans catégorie jeunesse comme « L’envol » ou « Elle s'appelait Marine ».
En 2006, Delerm devient directeur de la collection Le Goût des mots pour les éditions Point, tout en poursuivant sa carrière d'écrivain.
Plus attaché à son village de l'Eure qu'aux cercles parisiens, Philippe Delerm est parvenu à s'imposer comme un auteur renommé et populaire, considéré comme le chef de file d'une école littéraire minimaliste et humaniste.

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L’intrigue : (quatrième de couverture)

« Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède. Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer ? »

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Ce que j’en pense :

Des textes courts sur un thème, un objet, un plaisir de la vie… Des souvenirs liés à l’enfance (de l’auteur ?) et alors narrés sous forme de petites fables.
On y aborde par exemple La saveur et la texture si particulière de la purée de pomme de terre. Le fait que cette préparation nous fasse irrémédiablement plonger dans notre enfance, celle qui reste éternelle.

On y fait l’apologie de la simplicité : « Ce n’était pas parce que c’était bon qu’il fallait faire petit. C’est parce qu’il fallait faire petit que c’était bon ». À une nuance près, plus rien n’est pareil !

On y analyse finement les relations des couples célèbres comme Tintin et le capitaine Haddock. On redécouvre certaines subtilités qui nous avaient peut-être échappé consciemment.

On a encore les papilles qui frémissent des sucreries de l’époque, celles qui piquent, qui font tousser, qui émoustille notre convoitise si on avait le mot gagnant inscrit dessus. Quelques mots bien pesés, deux ou trois tournures de phrase et voilà, les décors de notre enfance qui refont surface sans avoir pris une ride ou presque.

On aime encore déroger aux règles de bonne conduite littéraire et l’on apprécie faire des incartades dans des univers qui ne sont pas « respectables » : « Savourer encore quarante pages de Mustang, c’est un meilleur rapport qualité-prix pour tant d’œuvres littéraires qu’on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd’hui comme hier, c’est bon de mépriser la prescription. »

On se souvient de ces verres de menthe à l’eau qui ponctuaient nos baignades l’été. Ces parfums, ces goûts, cette lumière, on croit pouvoir tout retrouver en fermant les yeux et en se berçant de quelques bons mots.

Il y aussi ces images, cette voix qui nous donne l’espoir, qui nous fait rêver à l’issue d’un film en noir et blanc intitulé « Crin-Blanc » de René Guillot : « L’eau chantante du Rhône les berçait doucement. La belle eau les emportait tous deux dans le courant du grand fleuve, jusqu’à une île merveilleuse où les enfants et les chevaux sont toujours des amis. ».
Ces vieux livres, ces collections désuètes, mais qui nous font soupirer tant on a rêvé avec ses héros : Idéal-Biliothèque, Bibliothèque rose, Bibliothèque verte…

On repense aux cours de dessins en classe à l’école primaire. Ces pots de yaourt en verre alors remplis d’eau pour que nos pinceaux les teintent de volutes plus ou moins colorées. Tout devenait très sombre à la fin de la séance, mais il y avait aussi ces petits bruits qui ponctuaient l’heure de détente.

Je pourrais vous en parler durant des heures de ce petit ouvrage qui ne paie pas de mine, qui est disponible en format de poche, que l’on trouve également dans toutes les bonnes bibliothèques. C’est simple, c’est court car point n’est besoin d’en faire trop pour parler de ces petits bonheurs.
Un style ouvert qui pourra être abordé par tous les types de lecteurs.
Une découverte littéraire qui ne vous pousse qu’à une seule chose : rêver, à repenser au passé, à être d’humeur nostalgique…

Une nostalgie fort contagieuse parfois, mais qui peut aussi laisser de glace car il faut avoir connu les mêmes éléments pour pouvoir se sentir concerner.
Ce livre va tout particulièrement toucher les lecteurs de la même génération que l’auteur. Pour les autres, le plaisir procuré par ces instants de lecture sera moins constant, plus chaotique, mais pas forcément absent.

Ma note finale : 13 / 20

mercredi 21 octobre 2009

La musique des mots ---- "Et si on dansait" d'Erick Orsenna - Livre


L’écriture me passionne, mais je l’avoue bien humblement, malgré mes lectures aussi multiples que variées, récurrentes depuis mon enfance, j’ai toujours des faiblesses dans mon orthographe. Les mots se jouent de moi bien plus que je ne suis capable de jouer avec eux.
Quant à la ponctuation, je ne la connais pas si bien que cela. Erik Orsenna décrit d’ailleurs merveilleusement mes rapports avec elle qui sont courtois, mais assez distants :
« La ponctuation ? Jusqu’alors, je saupoudrais mes textes de virgules et de points. Un peu au hasard, il faut l’avouer. »

N’ayant aucune envie de m’endormir sur un ouvrage particulièrement rébarbatif sur les tenants et aboutissants de ce formidable instrument de mesure qu’est la ponctuation, j’ai préféré découvrir un auteur que l’on connaît au moins de nom dans notre jungle littéraire : Erik Orsenna.
Il nous livre dans « Et si on dansait ? » des clefs essentielles pour jouer ces partitions avec ce récit poétique dont je vais vous parler et je l’espère, vous donner envie de le découvrir.

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L’auteur :

Pourquoi ne pas citer cette source d’information où vous allez trouver tout ce que vous voulez savoir sur Erik Orsenna sans jamais oser le demander ? Suivez l’URL et voilà votre souhait exaucé en un clic. La magie des nouvelles technologies…
http://www.erik-orsenna.com/plan.php

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L’intrigue : (4 ème de couverture)

Après « La grammaire est une chanson douce », après « Les Chevaliers du Subjonctif », après « La révolte des accents », Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l’art de ponctuer leur vie…

Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s’est enhardie. Elle est aujourd’hui à la tête d’un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l’île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C’est à cette occasion, l’élargissement de sa clientèle au monde politique, que l’importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l’aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu’elle écrit. Car qu’est-ce qu’un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ?
Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n’a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du cœur, noter les nuances affectives ?
Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?

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Ce que j’en pense :

J’ai entendu parler de ce nouvel ouvrage d’Erik Orsenna en visionnant l’une de mes émissions favorites sur France 5, « La grande librairie ». Je ne connaissais pas du tout l’écriture de cet auteur qui a plus d’une corde à son arc. Il est en effet des écrivains que l’on n’a pas encore eut le temps de « rencontrer » soit par manque de temps, soit parce qu’on appréhende d’aborder leur prose. On ne se sent pas à la hauteur.
Il faut pourtant franchir ce premier pas qui coûte tant car de belles surprises nous y attendent.

La couverture a un aspect désuet, pastel, mais dont le charme est presque magique. On est attiré par elle, on a envie d’ouvrir ce livre et d’aller à la rencontre de cette écriture venue d’un autre âge.
Qu’on ne s’y trompe pas, Erik Orsenna est un auteur bien de son temps et certaines références que l’on retrouve dans « Et si on dansait ? » en sont les meilleures preuves. Il y a juste un parfum de classicisme qui flotte, mais c’est plus un air de famille, de nos racines qui flotte ainsi librement et qui nous sert de boussole.

Les personnages de cette intrigue seront reconnus par les fidèles lecteurs d’Orsenna. Il y a Jeanne qui a maintenant 16 ans et sait trouver bien des formes de revenus grâce à son talent pour jongler avec les mots. Il y a aussi Tom, son frère, dont Jeanne s’occupe seule puisque leurs parents, à nouveau amoureux, ont bien d’autres choses à penser qu’à subvenir aux besoins de leurs rejetons. Ahhh l’amour !

Les mots sont donc importants, mais pour qu’ils puissent avoir du sens, une profondeur, il faut aussi que les phrases construites aient une dynamique. Cette dernière dépend essentiellement de la ponctuation, souvent délaissée ou méconnue.
Il y a les signes que l’on utilise à tort et à travers. Ceux que l’on aime plus que tout comme :
« Chères parenthèses qui permettent d’intercaler dans la phrase des précisions, des explications, des remarques personnelles.
Mes professeurs m’ont dit, et répété, qu’elles ne sont pas essentielles au sens, qu’elles ralentissent le rythme, qu’elles alourdissent le texte…
Je suis une fille intelligente. Je comprends ces arguments. Alors pourquoi m’obstiné-je dans ma maladie ? Vais-je continuer longtemps à truffer mes écrits de parenthèses ? »
Il y a aussi ceux que l’on néglige car on ne sait plus très bien à quoi ils correspondent. Je pense alors au point-virgule.
Il existe des signes qui peuvent faire mal comme le point final, mais il en existe d’autre qui ont le pouvoir de redonner le sourire : « Il suffit à un point d’en ajouter deux autres pour que le final devienne suspensif. Et que l’espoir renaisse. »

Des illustrations parsemées dans l’ouvrage en font vraiment un livre d’exception. On est dans le conte qui relate des faits, à la fois fantastiques, mais aussi tellement terre à terre. Cela tient à la fois de la conversation, de l’invention afin de nous détromper…
Un livre qui en plus d’être instructif reste beau. On a envie de s’y plonger, voir de s’y replonger. On part à la pêche aux mots, aux signes de ponctuation… On est dans l’épave (voir le récit complet), on est sur la rive, on est partout.

Un conte que l’on peut lire aux enfants alors en plein apprentissage de notre belle langue parfois un peu retorse. Voilà qui peut les aider à mieux comprendre certaines règles de grammaire, à l’appréhender d’une manière totalement nouvelle et tellement plus ludique.
Ce livre est pour moi un petit bijou de cette rentrée littéraire 2009 et me conforte dans mon choix de me plonger dans le début de cette saga au pays des mots.
Les rêves ont un sens et les contes ne sont pas que de simples histoires pour se distraire. On oublie trop souvent la racine du mot conter : de l’ancien français conter, même mot que compter (graphie savante apparue au XIIIe siècle spécialisée au sens de « calculer »), du latin computare « calculer, compter, prendre en compte » et « énumérer », d’où, par glissement de sens, « conter, raconter », en latin populaire…

Ma note finale : 17 / 20

jeudi 15 octobre 2009

Une fine lame de la fantasy à découvrir ---- "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel - Livre

L’amour que j’ai pour les vieilles pierres et pour l’Histoire de manière plus globale, me vient sans doute de mes lectures passées, mais aussi du fait que j’ai toujours eu un penchant pour les films de capes et d’épées. Alors je vous l’accorde, le passé n’est pas seulement romanesque, mais il est plus propice à stimuler mon imagination débordante.
On peut tout créer avec ces vestiges d’une autre époque, même un avenir différent.

L’univers de la Fantasy française (ou étrangère) ne m’est pas particulièrement familier, mais parfois j’y découvre quelques perles qui me laissent presque sans voix.
La couverture de cet ouvrage de Pierre Pevel : « Les lames du Cardinal » m’a tout de suite attirée. La lecture de la quatrième de couverture m’a stimulée et enfin, la découverte de l’œuvre m’a enchanté.

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L’auteur :

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français.
Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2002 pour « Les Ombres de Wielstadt » et le prix Imaginales 2005 pour « L’élixir d’oubli ».
Avec une verve et un talent dignes des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

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L’intrigue :

Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et son éminence Armand Jean du Plessis de Richelieu gouverne avec lui. L’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, le cardinal doit se garder de tous ceux qui jalousent l’influence qu’il exerce sur le roi, et se prémunir contre les attentats ourdis par les ennemis de la France, au premier rang duquel l’Espagne et sa Cour des Dragons sont plus qu’une simple menace.
Dans cet univers hybride de Fantasy et de roman de capes et d’épées, des intrigues alliant espionnage, politique et sorcellerie menacent de faire vaciller le trône !
Or, en cette nuit de printemps 1633, Richelieu décide de jouer une carte maîtresse et reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un fidèle parmi les fidèles dont le dévouement lui a autrefois valu d’être trahi et déshonoré : le capitaine La Fargue, chef des Lames du cardinal. L’heure est venue de reformer cette élite, secrète autrefois, dissoute ensuite sur l’autel de la raison d’Etat.

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Ce que j’en pense :

« Les Lames du Cardinal » est un formidable roman d’aventures où action et magie se mélangent magistralement. Les amateurs de récits de capes et d’épées du 19 ème seront ravis ainsi que ceux de Fantasy. J’avoue que la plume de Dumas doit en vibrer de colère tant le genre est à la fois novateur et respectueux de la tradition. Pierre Pevel réalise là un grand écart entre les genres et le tour de force réside dans le fait de parvenir à marier les deux sans provoquer autre chose que des vagues de plaisir aux lecteurs !
Les intrigues et les dénouements (à plusieurs niveaux) présents dans « Les Lames du Cardinal » seront totalement imprévisibles et interminables. L’auteur sait susciter notre curiosité et provoquer la surprise grâce à une multitude de changements de rapport entre les diverses accointances politiques des parties s’affrontant avec fougue. Nous serons toujours sur la brèche.
L’action sera omniprésente et fort bien retranscrite. On imagine sans peine les batailles, les duels et autres combats armés ou non.

La profusion de personnages ne m’a pas le moins du monde gêné alors que je la redoute d’ordinaire. Elle se justifie et la narration est si bien menée que la confusion n’a pas lieu d’être. Tout le monde a sa place, ses caractéristiques… Encore que les points de vue peuvent, comme dans la vie réelle, évoluer dans le temps.

Les lieux sont aussi fidèlement décrits que cela est possible. Rien ne manque pour nous plonger dans une époque où les complots étaient légion et conservaient néanmoins ce côté aventureux que l’on ne retrouvent plus toujours dans les romans actuels.

L’écriture de Pierre Pevel est très agréable. Les différents éléments du récit s’emboîtent à la perfection. On est toujours tenté de lire encore un paragraphe de plus car le texte est très découpé sur la forme, mais point sur le fond. C’est bien là l’essentiel.

J’ai pris un immense plaisir à lire ce premier volet de ce que j’espère sera sans nul doute le début d’une longue saga. Un second tome vient de paraître sous le titre de « L’alchimiste des ombres » et je compte bien m’y plonger sans plus attendre !

Ma note finale : 18 / 20