vendredi 21 septembre 2018

T’as de beaux os tu sais de Mélanie Veyrond




Le livre :

T’as de beaux os tu sais de Mélanie Veyrond aux éditions Fayard, 220 pages, 18 € 00.
Publié le 2 mai 2018



Pourquoi cette lecture :

Quand la douleur est ton quotidien, que c’est autant osseux que viscérales, tu cherches à te documenter, à comprendre, à partir en quête éventuellement d’astuces pour améliorer ta vie en général.
La curiosité aussi plus globale te pousse à ne pas dénigrer sans avoir lu un ouvrage qui se veut plutôt vulgarisateur. C’est toujours un bon point de départ la vulgarisation des connaissances, on peut aller plus loin ensuite avec déjà quelques bases.


Le pitch :

Vous savez que, sous votre peau, se cachent des muscles, des tendons, des ligaments et, encore en dessous, votre squelette, vos os. Vous savez que vous pouvez souffrir d’arthrose, d’ostéoporose, de fractures, mais aussi de lombalgies, de sciatiques, de tendinites… Mais ce que vous ne savez pas forcément, c’est de quoi est fait votre squelette, qui rend le mouvement possible, et comment faire pour le préserver et l’entretenir afin de ne plus avoir mal.
Les questions récurrentes de ses patients ont poussé Mélanie Veyrond, kinésithérapeute et professeur de yoga, à écrire ce livre. Accompagnés de Léon, sympathique squelette qui nous guide au fil des pages, nous y faisons la connaissance de nos os, nos articulations, nos muscles… Nous y apprenons comment déjouer les blocages et éviter les blessures.
La bonne nouvelle ? Ce corps qui ne se fait jamais oublier est beaucoup plus ingénieux que nous ne le croyons ! Car en chacun de nous réside un incroyable potentiel qui ne demande qu’à être activé. N’oublions pas que notre corps est aussi son propre médecin.
 
Mélanie Veyrond, kinésithérapeute, est passionnée par le mouvement, le corps et ses ressources insoupçonnées. Ses spécialités (méthode des chaînes physiologiques de Busquet et le yoga) se complètent et apportent à ses patients les outils indispensables pour devenir les acteurs de leur santé


Ce que j’en pense :

Je me suis penchée sur ce livre essentiellement pour des raisons personnelles et par curiosité. Je pars aussi du principe qu’être renseigné, avoir accès aux informations essentielles est une chance aussi je ne la laisse que rarement passer.

J’ai tout de suite accroché à la présentation de ce livre qui se veut vulgarisateur, mais assez complet tout de même.
Pour rendre ses propos ludiques, accessibles à tous, l’auteur recourt à une mascotte (Léon le squelette) qui est des plus sympathiques, mais qui illustre aussi très bien les points abordés tout en les éclairant. Ceci est particulièrement vrai lorsque Mélanie Veyrond nous propose, par exemple, quelques exercices pour soulager nos tensions, nos douleurs du quotidien. Le visuel, ça fonctionne.
L’humour est aussi un atout. Mélanie Veyrond ne s’en prive pas dans son écriture et elle a bien raison. Le sujet pourrait être ennuyeux voir carrément rasoir même s’il nous intéresse. Quand on manque de pédagogie, n’importe quel thème, matière ou point devient indigeste. Là non plus, rien à redire, c’est bien fait. On apprend, on comprend, on peut mettre en application à notre niveau et/ou demander de l’aide aux bonnes personnes.

A conseiller sans modération.


Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20





lundi 17 septembre 2018

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb



Rentrée littéraire 2018


Le livre :

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 162 pages, 17 € 50.
Publié le 22 août 2018.



Pourquoi cette lecture :

Pas de rentrée littéraire sans un opus d’Amélie Nothomb. Depuis que je suis devenue une de ses lectrices régulières (il y a 12 ans environ), je ne rate jamais la sortie de son livre annuel. C’est un rituel, un rendez-vous incontournable, une habitude qui rassure aussi sans doute.



Le pitch :

 « La personne qui aime est toujours la plus forte »



Ce que j’en pense :

Chaque nouvel opus signé Amélie Nothomb est attendu à la maison car je n’en suis pas la seule et unique lectrice régulière. Mon mari s’est pris au jeu et il m’a même encore une fois devancé pour celui-ci. Heureusement, il ne m’avait rien dévoilé sinon il y aurait eu de sacrés représailles. Bref, là n’est pas le sujet qui nous préoccupe.
Est-il bon alors ce cru 2018 ?

Déjà, il repart sur une thématique déjà vu dans l’univers Nothomb : la famille. Ce sera pour servir une autre cause plus dévorante encore : la vengeance, la haine aussi.
On avait eu à ce propos la haine avec le côté maternel l’an dernier, la voici côté paternel. Question de parité sans doute lol !

Plus qu’un simple roman, on est de nouveau dans la fable, le conte car dans le monde réel, les choses se passent différemment même si on n’est jamais au bout de nos surprises tant la nature humaine est fantasque. Il faut donc recevoir cet écrit pour ce qu’il est et pas pour ce qu’il n’est donc pas.  

Le style est toujours ultra fluide, les mots, les phrases, pourtant très travaillés, recherchés, coulent comme l’eau vive d’une rivière rafraichissante. On s’y abreuve et jamais notre soif n’est étanchée car aucune lassitude.
On a notre lot de trouvailles surprenantes, cocasses, amusantes. C’est du Nothomb pur jus.

Mais j’avoue être restée sur ma faim en revanche et contrairement à mon mari qui l’a trouvé tout simplement brillant.
Je crois y avoir trouver trop de clins d’œil aux marottes d’Amélie, un sentiment de déjà lu même si, comme toujours, je n’ai pu m’arrêter de lire le texte offert. On ne se lasse pas des bons petits plats, c’est le cas aussi pour les écrits signés Nothomb.
Reste que je n’ai pas été assez surprise par l’intrigue (le point faible à mon sens, même si c’est très ingénieux) pour que ce cru 2018 reste dans mes favoris. Celui de l’an dernier était autrement plus fort.



Et s’il fallait mettre une note : 13 / 20




mardi 11 septembre 2018

En guerre de François Bégaudeau




Rentrée littéraire 2018


Le livre :

En guerre de François Bégaudeau aux éditions Verticales, 304 pages, 20 € 00.
Publié le 16 août 2018



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Verticales obtenu par le biais de la communauté de lecteurs Babelio avec une opération Masse Critique spéciale.
J’ai aussi eu envie de découvrir un des nombreux titres de la rentrée littéraire de cette année.



Le pitch :

"A supposer qu'ils habitent la même ville, Louisa Makhloufi et Romain Praisse y resteraient-ils encore cent ans que la probabilité qu'ils se croisent, s'avisent et s'entreprennent resterait à peu près nulle. En sorte que si l'une des 87 caméras de surveillance installées en 2004 par les techniciens d'un prestataire privé de la mairie les voit se croiser, s'aviser, s'entreprendre, ce ne sera qu'à la faveur d'un dérèglement des trajectoires lié à une conjonction hasardeuse de faits nécessaires". 
Dans une France contemporaine fracturée, François Bégaudeau met en regard violence économique et drame personnel, imaginant une exception romanesque comme pour mieux confirmer les règles implicites de la reproduction sociale.




Ce que j’en pense :

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un titre signé François Bégaudeau alors que j’ai souvent vu des articles sur ses romans. Je l’ai vu aussi à « La Grande Librairie » de mémoire, mais point de passage à l’acte, il y a toujours tant à lire. Donc quand j’ai vu passer cette opportunité pour la rentrée littéraire de 2018, j’ai un peu sauté dessus.
J’ai cru me casser les dents lors des premières pages. C’était assez lourd et j’ai eu quelques craintes. L’écriture m’a paru très ambitieuse, trop même. J’étais prête pour de la littérature, mais pas comme cela. Désagréable sensation de douche froide qui heureusement n’a pas duré.

Petit à petit, je suis rentrée dans l’histoire que l’auteur voulait me narrer. J’ai reconnu des faits, une sérieuse impression de déjà vu est née, mais impossible de remettre les véritables noms en place. Légèrement frustrant, mais cela n’est guère important. C’est mon côté légèrement (complètement) maniaque.
J’ai pris mes marques avec les divers protagonistes. Certains ne m’ont pas intéressé plus que cela, enfin disons que je n’étais pas attirée vers eux. C’est comme dans la vie réelle. Vous êtes assez naturellement tourné vers des personnalités, des genres qui vous plaisent, fascinent, intriguent, aimantent… et d’autres au contraire ne vous correspondent pas. Certes, en faisant un pas en avant plutôt qu’en arrière, possible que les choses changent, évoluent, mais soyons honnête, on le fait rarement pour de bonnes et aussi de mauvaises raisons.
Sinon pour en revenir aux protagonistes de « En guerre », certains m’ont aussi plu (Romain, Louisa et Cristiano, les principaux en fait). J’ai apprécié les découvrir et pas seulement pour leurs qualités. Leurs défauts étaient souvent encore plus intéressants. Forcément cela nous renvoie un peu à nous et tout n’est pas joli-joli. Là encore, comme dans la vie bien réelle car l’écriture de François Bégaudeau est très réaliste, parfois presque trop. C’est presque plus un documentaire qu’une fiction.

Notre société, ses codes, son fonctionnement même absurde, tout y est avec des incursions dans le jeu des politiques, le monde économique, sa réalité qui broie tant de personnes car tout est forcément lié. Cela forme un tout où personne ne peut en sortir vraiment vainqueur. On y laisse obligatoirement des plumes, voir la vie.
Vraiment beaucoup de thématiques au final sont abordées et cette foison donne le tournis. Le style aussi de l’auteur ne facilite pas toujours les choses. C’est dense, cela ne s’arrête jamais encore et toujours comme l’existence. Même si on meurt, la Terre ne s’arrête pas de tourner pour autant.

Assurément ce roman n’est pas une comédie ou plutôt si, mais bien grinçante. L’existence n’est que comédie, jeu de dupes, d’influences, de pouvoir, d’ascendants jusqu’à ce que l’on quitte la partie, mais il y a toujours de nouveaux joueurs donc point encore de Game Over.




Et s’il fallait mettre une note : 14 / 20