jeudi 7 janvier 2010

Sous l'oeil du dragon --- "Les ombres de Wielstadt" de Pierre Pevel


Depuis que j’ai découvert par le plus grand des hasards la plume de Pierre Pevel, je regarde toujours autour de moi (en librairie ou à la bibliothèque) si je ne trouve les autres ouvrages qu’il a écrit avant de débuter la saga des « Lames du Cardinal ».

Certains titres sont introuvables car épuisés, mais je ne manque jamais de ressources et je n’hésite pas à écumer mon réseau de médiathèques assez étendu, je dois bien l’avouer. J’assume pleinement ma condition de lectrice magniaco-compulsive !

C’est ainsi que j’ai pu mettre la main sur un exemplaire que je cherchais depuis un moment déjà (ah oui, je suis du genre opiniâtre également) : « Les ombres de Wielstadt ».

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L’auteur :

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français.
Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2002 pour « Les Ombres de Wielstadt » et le prix Imaginales 2005 pour « L’élixir d’oubli ».

Avec une verve et un talent dignes des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

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L’intrigue :

Hiver 1620. Une guerre qui va durer trente ans ravage le Saint Empire romain germanique. Mais le chevalier Krantz, après une mission au service des Templiers est de retour dans la cité de Wielstadt, protégée par un mystérieux dragon volant qui, depuis quelque temps, ne suffit plus à la tâche.
Les Catholiques se méfient des Protestants, lesquels se méfient des juifs, qui se méfient de tout le monde. La nuit, les ombres se multiplient : des goules pillent et assassinent, répandant la terreur dans la ville.
Contre ces créatures du Mal, Krantz mène une chasse frénétique, riche de sa seule rapière, de la magie cabalistique et de quelques alliés de marque : la cour des miracles, les centaures, les faunes et surtout la minuscule fée Chandelle. Krantz est un croisé, un exorciste en armes ; il aura fort à faire avec les ordres militaires, les sociétés secrètes (la Sainte Vehme !) et plus simplement les traîtres de tout poil qui complotent contre son monde et ne songent qu'à d'obscures vengeances.

Wilestadt, c'est le croisement improbable de Disneyland et du château du comte Dracula. Pour tout dire, un classique de la génération de Tim Burton.

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Ce que j’en pense :

L’Histoire, la vraie est une passion, mais j’apprécie aussi de me divertir avec un bon roman même du genre Fantasy (je découvre petit à petit toutes les richesses de cet univers littéraire). Dans le cas de l’ouvrage qui nous intéresse, « Les ombres de Wielstadt » le plaisir vient surtout de l'univers assez original créé par Pierre Pevel, mêlant l'Histoire authentique (guerre de Trente ans, déchirements religieux...) au merveilleux (les centaures, les fées, les dragons, les nains…etc. cohabitent avec les humains comme si cela avait toujours était le cas).
J’admire la minutie des détails. Elle est impressionnante, tant au niveau des moeurs, de l'habillement que de la situation géo-politico-religieuse. L’historienne que je suis ne peut vraiment rien y redire.

À la fois polar et roman de fantasy dans un cadre historique très bien documenté (une de ses marques de fabrique car c’était déjà le cas dans Les lames du Cardinal et l’alchimiste des Ombres certes écrits bien plus tardivement), « Les Ombres de Wielstadt » est étonnant et détonnant. L’intrigue est tout simplement captivante. J’avais toutes les peines du monde à reprendre mes activités normales du quotidien tant je voulais en savoir plus. Non seulement Pevel a su doser parfaitement l’action et l’enquête, mais en plus ses personnages sont attachants.
En parlant de Kantz, l’auteur nous dira : « Avec eux, le masque sévère qu’il se composait d’ordinaire s’effritait. Il parvenait à oublier l’Ombre, ses horreurs et le combat qu’il menait contre elles, au péril de son âme et de sa vie. »
Bref, voilà un livre qui se dévore de bout en bout car il n’y manque rien.

Beaucoup de teintes différentes, donc, mêlée avec habileté par la vigueur d'un style simple, direct et efficace que Pierre Pevel maîtrise à la perfection et qui tient en haleine le lecteur. Le suspense est maintenu par une série de retournements et de révélations surprenantes dont seul cet auteur a le secret. L’écriture est dynamique, on ne s’ennuie jamais. L’écrivain, qui ne se refuse pas quelques descriptions délicieusement sanglantes, a le souci de les contrebalancer par des anecdotes drôles et des dialogues savoureux.
« Un misérable bong retentit quand la petite fée rencontra le bronze centenaire. Aussitôt assommée, bras et jambes en croix, elle glissa en bas de la cloche, rebondit mollement contre le plancher vermoulu, et bascula dans le vide par une planche manquante. » Voilà une description très visuelle et qui frise les stéréotypes du cartoon.
« Son fromage achevé, la fée leur adressa un sourire ravi, repu et un peu gras. Puis elle se laissa tomber sur le dos, les bras en croix, exhibant un petit ventre fort arrondi. Ils ne l’entendirent pas, mais ils purent jurer qu’elle rota. » Ahhh voilà le mythe de la petite fée mignonne et quasiment parfaite qui est éborgné avec panache et humour.
On ne s’en lasse pas et c’est là, la griffe de cet auteur que je commence non pas à bien connaître, mais à apprécier plus que tout.
La comparaison avec Dumas n'est pas imméritée et je dirai que le maître est largement égalé par l’élève. Ce n’est certes qu’un avis personnel.

Il faut passer outre les cinquante premières pages qui peuvent sembler confuses, un peu trop denses, mais qui en réalité campent la trame de l’intrigue et nous donne presque tous les éléments nécessaires pour savourer la suite. J’avoue qu’ayant lu déjà deux ouvrages de Pierre Pevel, je commence à connaître sa façon de nous mener au cœur de l’intrigue parfois avec quelques chemins détournés, mais ces méandres sont toujours utiles en temps et en heure.

Vous l’aurez compris, je suis totalement conquise par cet opus et je ne puis que vous le recommander chaudement !

Ma note finale : 18 / 20



dimanche 3 janvier 2010

Bonne année 2010

Je vous présente tous mes voeux pour cette année 2010.

Je vous souhaite tout ce qu'il est possible de vouloir pour votre bonheur, la réussite et la santé.

Je vous souhaite de bonnes lectures en 2010, qui vous ravissent et vous fassent découvrir encore plus de nouveaux univers que d'ordinaire...

Bienvenue dans un nouveau livre qu'il va nous falloir rédiger, celui de nos souvenirs de 2010 qui commence à peine...

vendredi 18 décembre 2009

Si on parle de testament, c'est qu'il y a un héritage ? ----- "Le testament des siècles" d'Henri Loevenbruck

Les romans de styles ésotériques ont le vent en poupe depuis quelques années. En fait depuis l’immense succès du « Da Vinci Code ». Ils ont toujours existé, mais ont renoué avec les ventes grâce à ce phénomène. Je ne vais pas m’en plaindre, je ne boude pas mon plaisir même s’il est parfois de bon ton d’émettre des réserves qu’à cette mode (qui perdure toutefois).
Les ventes dans ce registre littéraire ne doivent pas être trop mauvaises si l’on s’en réfert aux nombres de titres sortis chaque année.

Il est clair que tous ne se valent pas et pour un bon cru, on en dénombre souvent une bonne dizaine de moyennement bons, mais qu’importe pourvu qu’on est l’ivresse, l’aventure, les frissons d’angoisse, les mystères et le suspens.
On lit pour le plaisir et c’est dans cette optique que j’ai débuté la lecture de ce livre d’Henri Loevenbruck, « Le testament des siècles ».

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L’auteur :

Il a son propre site sur la toile.
Une vraie mine d’information pour qui cherche à en savoir un peu plus sur cet auteur français qui s’est taillé une part du lion sur le marché international des livres, plusieurs genres confondus. (Thriller et Fantasy)

Voici l’URL : http://www.henriloevenbruck.com

Je vous laisse y aller pour découvrir ou redécouvrir l’homme, l’écrivain.

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L’intrigue :

Un jeune scénariste et une séduisante journaliste tentent de percer le mystère de la « pierre de Iorden », la clé du dernier message du Christ.
Meurtres, sociétés secrètes, sombres complots et énigmes historiques sur la piste des francs-maçons, des Templiers, de Léonard de Vinci ou de Napoléon…

Cet incontournable best-seller remarquablement bien écrit (et publié pour la première fois avant la déferlante du Da Vinci Code!) impose ce jeune auteur déjà virtuose dans la Fantasy comme un des maîtres d’un thriller ésotérique français qui n’a rien à envier à ses équivalents américains.
Au contraire....

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Ce que j’en pense :

Si la grande Histoire est souvent plus qu’intime avec la petite (histoire), elles ne font pas toujours bon ménage. Il faut pour cimenter cette union parfois tout le talent narratif des bons conteurs, des écrivains qui savent nous mener par le bout du nez pour que nous nous sentions happés par leurs intrigues.
Henri Loevenbruck n’en est pas à son premier coup d’essai, même si ce titre date déjà de 2005. Il a bien tout d’un grand maître des thrillers, de la Fantasy et de l’ésotérisme romanesque. Il connaît les bonnes ficelles, même celles que l’on devine à force de lire des ouvrages qui traitent plus ou moins du même sujet. On se laisse prendre car c’est bien amené, on ne s’ennuie pas. On est captivé quoiqu’il en coûte.

On sent ce qui va arriver, mais on veut être surpris. Il y parvient parfois, c’est un régal.
Et même quand il n’y arrive pas, on reste indulgent car il y a peu de temps morts, peu d’instants où l’on peut souffler. C’est comme pour les protagonistes, ils courent tout le temps. Le découpage même du texte amplifie cette sensation. Pour un peu, on en serait essouffler.

L’auteur prend le temps de bien nous expliquer le cheminement logique lié à la résolution de l’énigme proposée. Cela en devient limpide. On se demande même comment démêler le vrai du faux, où est la vérité dans tout ceci.
Heureusement que nous ne sommes pas naïve à ce point.

Un vrai coup de cœur de ce début d’hiver que j’avais de la peine à lâcher même pour quelques minutes.
Des personnages tourmentés ou au contraire bien installés dans leur petite vie, le tout se mêle avec le plus grand naturel. Tout coule de source, c’est certain et cela révèle le talent de l’auteur car il n’est pas si évident que cela de faire plonger les lecteurs dans cet univers réel et pourtant fictif.

C’est le second ouvrage que je lis d’Henri Loevenbruck, un second thriller et j’avoue que ce ne sera pas le dernier. Il maîtrise le genre et sa plume sait bien me faire vibrer.
Je replonge dans le bain de l’aventure quand il veut !

Ma note finale : 17 / 20

mercredi 16 décembre 2009

Sa majesté ne manque pas de courage ! -- "La reine Celte, tome 1 : Le rêve de l’aigle" de Manda Scott


L’Histoire et le romanesque font aussi parfois bon ménage. Je les apprécie autant l’un que l’autre et encourage même ce mariage qui m’entraîne dans des contrées inconnues au fil des pages. Certains auteurs ont véritablement un don pour cela, mais ces ouvrages demandent alors une énorme énergie car ils aiment coller aux évènements véridiques et simplement combler les « trous » des chronologies avec leur imaginaire. Ils redonnent vie à des personnages oubliés, à ceux que l’on ne perçoit même plus en tant qu’être humain à part entière. Les écrivains peuvent alors leur rendre leur humanité, celle que nous portons tous en nous.

Un nouveau partenariat entre Le Livre de Poche et Livraddict me permet de découvrir « La reine celte, tome 1 : Le rêve de l’aigle ». Je m’en réjouis d’avance.
Vous me suivez ?

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L’auteur : (sources Wikipédia)

Manda Scott est médecin vétérinaire et auteure. Née et éduquée en Écosse, elle a suivi ses études à l'école vétérinaire de l'Université de Glasgow. Elle est principalement connue en tant qu'auteure de romans policiers.

Son premier roman, Hen's Teeth (les dents de la poule), a été retenu pour le Orange Prize en 1997. Son troisième roman, Stronger than Death (plus fort que la mort), a reçu le prix d'Angleterre pour la littérature et son quatrième, No Good Deed (aucun bon contrat), a été nommé dans la catégorie du meilleur roman du prestigieux Edgard Awards en 2003.

Les romans de la reine celte sont ses premiers romans historiques. Ils sont, dit-elle, les livres qu'elle est née pour écrire. Elle réside actuellement en Angleterre, dans le Shropshire.

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L’intrigue :

C'était au temps où l'on appelait les druides " rêveurs ", où les dieux luttaient avec les hommes contre les peines du monde, où les femmes exerçaient le pouvoir dans les tribus, où les guerriers brandissaient leur glaive contre Rome et ses légions.

Ban et Breaca sont frère et sueur, enfants de la reine des lcènes. Breaca venge sa mère et fait un songe : des aigles vont s'abattre sur son peuple... Ban est enlevé, puis vendu comme esclave aux Romains. Sans le savoir, il affrontera sa propre sueur dans de sanglantes batailles. Un grand destin attend celle-ci : elle sera Boudicca, la reine qui apportera la victoire à son peuple.

Récit au souffle épique, Le Rêve de l'aigle décrit les origines du conflit légendaire de la Bretagne tribale contre l'envahisseur romain : un monde empreint de magie, où les animaux, les paysages deviennent des personnages à part entière, un monde héroïque où les guerriers se battent pour l'honneur autant que pour la victoire.

Le site de l’auteur : http://www.mandascott.co.uk/index.php

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Ce que j’en pense :

Comme tout roman historique qui se respecte, il ne faut pas appréhender « La reine celte, Tome 1 : Le Rêve de l’aigle » comme un document véridique mais comme un divertissement qui peut donner une image plus concrète de nos amis les Celtes. On les connaît au final assez mal. J’avoue que c’était mon cas. Mais je note que la partie romaine du récit est toute aussi intéressante que la partie celte. À ce moment-là, j’étais plus à mon aise grâce au fait d’avoir lu déjà pas mal d’ouvrages spécialisés sur cette période lors de mes études.

Alors oui, tout ce qui concerne les peuplades de Bretagne et leurs modes de vie relèvent de la fiction dans cet opus. Je le sais bien, cependant, Manda Scott s’est attachée à faire évoluer ses personnages dans un cadre plausible du point de vue archéologique. C’est sans doute le plus important en fin de compte. Cela apporte une certaine crédibilité au récit. On ne s’y attache que d’autant plus.

Le choix même de la couverture n’est pas anodin. « Walkyrie » de Peter Nicolai assoit encore un peu plus le côté authentique du récit, sauvage de l’époque et donne presque un visage plus palpable à Breaca. Il m’est arrivée de passer quelques longues minutes à détailler ce tableau admirable. Un très bon choix de la part de l’éditeur qui va attirer presque à coup sûr le regard des passionnés du genre roman historique.

Dans ce livre, Manda Scott a réussi un petit miracle que je tenais à saluer : du plaisir et encore du plaisir… Celui qui donne envie de lire encore et encore sans jamais s'arrêter. C’est important de le signaler quand on sait que la version des éditions du Livre de Poche ne compte pas moins de 821 pages. Cela pourrait en rebuter plus d’un ou une, mais surtout n’ayez pas peur. Une fois commencé, on ne veut plus lâcher l’ouvrage. On avale les pages aussi vite que cela nous est possible. Un régal !

Les personnages se mettent en place progressivement et l’on apprend à les connaître. Cela nous les rend plus sympathiques, plus proches de nous, même si un peu moins de 2 000 ans nous séparent. La nature humaine n’a point tant changé que cela.
Encore une fois, je me retrouve confronté au caractère intemporel des certaines situations. Les éléments extérieurs changent, les aspects techniques également, mais pas les sentiments.

Le style de l’auteur est parfois un peu rude, mais la période historique concernée ne l’est-elle pas aussi ? N’est-ce pas une manière de nous transporter encore au plus près des protagonistes ? Je l’ai ressenti ainsi, mais certains lecteurs pourraient en être gênés ce qui serait fort dommage quand on a la chance de tomber sur une aussi belle « fresque » littéraire. Les mots sont les couleurs, des touches discrètes qui forment des images de ce passé lointain et si proche.

Ma note finale : 16 / 20

jeudi 10 décembre 2009

Il n'est jamais trop tard... - "Le drôle de Noël de Scrooge" de C. Dickens


Il y a des classiques de la littérature que l’on lit plus jeune et qui bien des années plus tard se représentent devant vous. C’est comme une invitation personnelle pour replonger dans ces écrits qui vous ont transporté alors.

Ces mêmes classiques ont été adaptés maintes fois au cinéma ou à la télévision (avec plus de 75 adaptations dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, parfois non-officielles, on frise le record absolu), mais une nouvelle version est toujours un événement. Quand Disney est derrière le projet, c’est encore plus « magique ».
Cela donne l’occasion de faire découvrir aux plus jeunes que cette histoire était à l’origine un livre, écrit par un auteur de talent et dont ils connaissent peut-être certains titres de nom à défaut de les avoir déjà lus.

« Le drôle de Noël de Scrooge » de Charles Dickens sort dans toutes les bonnes salles de cinéma, mais aussi dans vos librairies. C’est un « produit » de saison en plus, mais il ne faut pas que cela vous empêche de le lire ou de le voir en plein mois d’août !
C’est quand même dans l’optique de faire une lecture commune dans le ton du mois de décembre, que ce titre (qui possède plusieurs traductions en français comme « Un chant de Noël ») est devenu celui du Book Club en décembre 2009, sur le site de Livraddict.
Une nouvelle occasion d’échanger, de discuter et partager ma passion pour la littérature.

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L’auteur : (Source http://clpav.fr/dickens.htm)


Né le 7 février à Portsmouth en Angleterre en 1812, Charles Dickens est l’un des conteurs et écrivains des plus fameux. Il passa une enfance heureuse à Chatham au sein d’une famille modeste.
Malheureusement, alors qu’il rejoint son père, muté à Londres, il doit arrêter ses études pour des raisons financières. Les difficultés sont telles que la famille se retrouve en grande misère et que son père est emprisonné pour dettes. À tout juste douze ans, Charles Dickens se retrouve employé dans une simple fabrique de cirage. Cette nostalgie de l'enfance heureuse et pure, cette obsession de la faim et de la pauvreté sont des thématiques et de réels sentiments qui se retrouveront dans son œuvre.

Quelques temps après, Charles Dickens entreprend tout de même trois années d'études et entre ainsi dans un cabinet juridique au service d’un avoué. Friand et passionné de littérature et de lectures en tout genre, il trouve une place en tant que sténographe dans une revue. En 1833, il fait ses débuts d’écrivain dans divers journaux et magazines de contes dans les quartiers populaires de Londres. C’est en 1836, que son premier livre de contes et autres pièces intitulées Les Esquisses de Boz (Boz étant son pseudonyme) paraît. Dès 1837, il commence à révéler son talent avec Les Aventures de M. Pickwick, son succès est immédiat. Entre écriture et grands voyages, Charles Dickens est prolifique et inspiré. C’est à cette même époque qu’il se marie avec une certaine Catherine Hogarth. Pratiquement tous les romans de Charles Dickens seront publiés de façon mensuelles ou hebdomadaires.

On lui connaît aujourd’hui une grande qualité et quantité d’ouvrages, on citera, entre autres bien sûr : La Maison d'Âpre-vent ; Le Conte de Deux Cités ; Oliver Twist (1837-1839) ; Les Mémoires de Joseph Grimaldi (1838) ; Le Pendule de Maître Humphrey (1840-1841) ; Le Magasin d’Antiquités (1841) ; Le Célèbre Conte de Noël ; Notes Américaines (1842) ; Un Chant de Noël (1843) ; Les Carillons (1844) ; Le Grillon du Foyer (1845) ; La Bataille de la Vie (1846) ; David Copperfield (1849-1850) ; Le Pauvre Voyageur (1858) ; Message Venu de la Mer (1860) ; Les Grandes Espérances (1851) ; Notre Ami Commun (1864-1865) ; L’Abîme (1867), etc.

En pleine gloire, il se sépare de sa femme et devient à ce qu’on dit « le baladin national et international de l'Angleterre » car il fait alors des lectures à travers le monde : en Angleterre, en France et même aux Etats-Unis. Surmené et très nerveux, Charles Dickens ne se ménage pas et sa santé en pâtit. Le 9 juin 1865, il a un terrible et grave accident de chemin de fer qui le diminue physiquement. Le même jour, cinq ans plus tard, il meurt à Gadshill, un 9 juin 1870 exactement. Il est inhumé avec les honneurs à l’abbaye de Westminster. Son roman, Le mystère d'Edwin Drood ne sera jamais achevé…

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L’intrigue :

Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul.
Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L'entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s'il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

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Ce que j’en pense :

La jolie couverture de cette édition « Le Livre de Poche Jeunesse » est fidèle à l’affiche du film de Disney qui va être prochainement dans tous les cinémas. Ce livre fait partie des « produits dérivés » alors qu’en réalité, c’est le film qui en est réellement un.
Qu’importe, le texte lui est bien le même que durant mon enfance !

Grâce à la performance-capture(1), Jim Carrey interprète non pas un mais huit rôles dans « Le Drôle de Noël de Scrooge ». Le travail des graphistes, des animateurs du film est également a souligné car si l’on reconnaît les traits du visage de l’acteur sous toutes ces transformations, ils ont aussi été à la hauteur du Scrooge que la plume de Charles Dickens nous dépeint : « Dur et tranchant comme une pierre à fusil dont jamais l’acier n’a fait jaillir une étincelle généreuse, secret, renfermé en lui-même et solitaire comme une huître. Le froid qui était au-dedans de lui geler son vieux visage pinçait son nez pointu, ridait sa joue, rendait sa démarche raide et ses yeux rouges, bleuissaient ses lèvres minces et se manifestait au de-dehors par le son aigre de sa voix. Une gelée blanche recouvrait constamment sa tête, ses sourcils et son menton fin et nerveux. Il portait toujours et partout avec lui sa température au-dessous de zéro ; il glaçait son bureau les jours caniculaires et ne dégelait pas d’un degré à Noël.
La chaleur et le froid extérieurs avaient peu d’influence sur Scrooge. Les ardeurs de l’été ne pouvaient le réchauffer, et l’hiver le plus rigoureux ne parvenait pas à le refroidir. Aucun souffle de vent n’était plus âpre que lui. Jamais neige en tombant n’alla plus droit à son but, jamais pluie battante ne fut plus inexorable. Le mauvais temps ne savait par où trouver prise sur lui ; les plus fortes averses, la neige, la grêle, les giboulées ne pouvaient se vanter d’avoir sur lui qu’un avantage : elles tombaient souvent « avec profusion ». Scrooge ne connut jamais ce mot. »

Le décor est parfaitement posé. (L'histoire du Drôle de Noël de Scrooge se déroule en pleine période victorienne (1837 à 1901), âge d'or de l'Empire britannique qui voit Londres s'imposer comme la ville la plus peuplée du monde (1 860 000 habitants en 1845) jusqu'en 1925.). Les descriptions sont précises, mais ne se perdent pas dans des détails infimes. Les images, les comparaisons sont habiles.
Le style est si fluide que nous parvenons à construire avec de simples mots, la toile de fond de cette histoire avec une grande facilité. Nous ne lisons pas seulement ce récit, nous le vivons de l’intérieur.
J’avais des frissons en lisant, comme si je me retrouvais aux côtés de Scrooge lui-même. D’ailleurs le narrateur nous le suggère même. Il nous informe également agir pareillement avec nous.

On s’aperçoit avec certaines descriptions de situations que le bonheur est presque toujours fort simple. Il faut arrêter de courir après des chimères. Ce n’est ni bon pour le monde en général et encore moins pour nous.
Dans notre économie et notre monde d’aujourd’hui, Les miroirs aux alouettes ne manquent pas et donc il est encore plus facile de se fourvoyer de chemin. Le texte de C. Dickens est donc plus que jamais d’actualité.
« Ce n’était pas une belle famille ; ils n’étaient pas bien vêtus ni les uns ni les autres ; leurs souliers étaient loin d’être imperméables ; leurs habits n’étaient pas cossus ; … Cependant, ils étaient heureux, reconnaissants, satisfaits les uns des autres et contents de leur sort ; et au moment où Scrooge les quitta, ils semblaient plus heureux encore à la lueur des étincelles que la torche de l’Esprit répandait sur eux ; »

Je regrette juste que Scrooge change aussi vite. À la limite je trouve qu’il précipite un peu trop les évènements.
« - Guidez-moi ! dit Scrooge, guidez-moi ! La nuit avance rapidement ; c’est un temps précieux pour moi, je le sais. Esprit, guidez-moi. »
Ce qu’il doit voir est des plus troublants, mais j’ai trouvé que tout allait peut-être un peu trop vite. Lui pourtant si froid, si impénétrable voit son armure se fendre presque aux premiers coups portés par les esprits.

Enfin qu’importe, ce petit classique ne se démode pas et il est toujours bon de le relire de temps en temps. N’est-ce pas l’une des qualités premières des classiques justement, l’intemporalité ?

Ma note finale : 14 / 20

1- Une technologie dérivée de la motion-capture, qui ne se contente plus de capturer les mouvements mais aussi les performances des comédiens, afin de les réinjecter dans des personnages virtuels au sein d'un environnement numérique. Tournés sur des plateaux quasi-vides, à 360°, les plans sont ensuite retravaillés en post-production, offrant aux réalisateurs une totale liberté de mise en scène.


Nota Bene :

Petite information amusante et pour montrer que l’œuvre de Dickens a inspiré à toutes les époques, sachez que le personnage de Scrooge a servi d'inspiration à Carl Barks pour créer Picsou en 1947, nommé Uncle Scrooge en anglais. Drôle de coïncidence !