jeudi 27 août 2026

"la vérité sur le système Epstein" d'Alain Bauer

 

 

 

La quatrième de couverture : 

 

Jeffrey Epstein n'était pas seulement un prédateur sexuel, mais l'organisateur d'un réseau mondial affairiste et pédocriminel. Décryptage par !e criminologue Alain Bauer d'un scandale aux dimensions inédites.


S'appuyant sur l'examen de millions de documents, témoignages, enquêtes sur près de vingt années, Alain Bauer livre une analyse criminologique rigoureuse d'un scandale qui dépasse largement l'individu Jeffrey Epstein.


En recomposant patiemment les pièces du puzzle, il montre comment un prédateur récidiviste a pu exploiter des centaines de mineures, protégé par la richesse, le prestige social et de graves manipulations institutionnelles. Mais aussi comment Jeffrey Epstein a pu créer un formidable outil de renseignement et de trafic d'initiés, entre affairisme, espionnage, chantage...


Banquiers, procureurs, avocats, scientifiques, médecins, artistes, politiciens : toutes et tous ont, à des degrés divers, contribué à l'impunité du système criminel international qu'il avait inventé.


Ce livre en explore aussi le volet français, révélant des mécanismes comparables de protection des élites.

 

 

Mon avis : 

Impossible d’être passé à côté de cette affaire Epstein, car elle a défrayé les médias et continue de le faire, par épisodes plus sporadiques, encore aujourd’hui, alors même que le principal protagoniste, Epstein lui-même, est mort depuis le 10 août 2019.

Alors, j’avoue que je n’ai pas tout suivi de cette affaire et, ensuite, je m’y suis un peu perdue tellement cela m’a semblé tentaculaire. À juste titre, en fait, car il y a rarement eu un système aussi complexe mis en place par un homme et qui n’a pas réellement fini de dévoiler tous ses secrets. Y arrivera-t-on d’ailleurs un jour ?

Ce livre m’a permis de tout reprendre depuis le début.

J’ai volontairement fait comme si je ne savais rien (et je ne savais pas grand-chose dans les faits). Je suis repartie sur des bases saines, simples au départ, car même en voulant simplifier l’explication, le système Epstein est tellement ramifié de partout que cela file le tournis. La toile tissée par cet homme est impressionnante et il a fallu un sacré travail de fourmi pour tout compiler et rendre cela compréhensible assez simplement.

Je note un gros effort sur l’organisation des informations, leur classement par thématiques, la volonté de démentir des rumeurs plus ou moins infondées et de rester sur des faits établis. Sans doute, des aspects ne sont-ils pas encore connus, reconnus, établis, et on fera de nouvelles connexions dans les années à venir. L’ouvrage est factuel, le plus complet possible à ce jour, mais c’est surtout un bilan à l’instant T.

Intéressant pour qui a envie de savoir et de comprendre une des affaires les plus médiatiques et aux retombées les plus dingues de ces dernières années.

  


samedi 8 août 2026

Les chants du Cygne noir d'Alex Alice

Les Chants Du Cygne Noir - Les Chants du Cygne Noir T1 - 1 


Quatrième de couverture :

 

1880, la conquête de l'espace bat son plein : au-delà de Mars, les puissances européennes rivalisent pour le contrôle du Ring, la ceinture d'astéroïdes. Mais les vaisseaux qui s'y risquent s'évanouissent sans laisser de traces... La jeune Benesh, à la recherche du meurtrier de son frère, s'engage à bord d'un paquebot interplanétaire à destination de Jupiter. Alors qu'elle s'apprête à assouvir sa vengeance, des pirates abordent le navire. La rencontre est explosive. Benesh rejoindra-t-elle le capitaine Lohengrin et l'équipage du Cygne Noir dans sa quête d'une relique extra-terrestre aux pouvoirs étranges ? 

 

Après le succès du Château des étoiles, Alex Alice explore de nouveaux territoires et inaugure un chapitre majeur de son œuvre avec "Les Chants du Cygne Noir", une nouvelle série de manga ambitieuse et spectaculaire.

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Cela ressemble à un manga, cela en a les codes, mais celui-ci ne vient pas du pays du Soleil-Levant.

D’emblée, j’ai craqué pour cette série (même si nous n’en sommes qu’au tout début), car elle regorge de références assumées à d’autres œuvres cultes telles que Captain Harlock (Albator) ou Queen Emeraldas, signées par le regretté Leiji Matsumoto. Son esthétique peut également faire penser au Titanic, avec son jeu de classes... L’ambiance rétrofuturiste de cette dystopie est parfaite. Les détails sont soignés, comme toujours avec cet auteur. On reconnaît de nombreux éléments ; simplement, ils sont assemblés de telle manière que rien n’est tout à fait comme dans notre réalité. Pourtant, cela ne dérange pas le moins du monde le lecteur. Au contraire, c’est rassurant : on possède déjà les clés de lecture… et celles de l’aventure également.

Pas besoin d’avoir lu les autres opus d’Alex Alice pour plonger dans Les Chants du cygne noir. C’est une excellente porte d’entrée pour les lecteurs qui n’en auraient pas encore eu l’occasion. Et si l’univers leur plaît, il ne sera jamais trop tard pour découvrir le reste de sa bibliographie.

J’ai aimé le scénario (assez classique, avec ce désir de vengeance que l’on retrouve souvent dans les univers de Matsumoto), le format A5, agréable à prendre en main et qui laisse davantage de place aux dessins, les personnages, bien typés et pleins de promesses, ainsi que l’ambiance générale steampunk.

J’avoue ne rien avoir à regretter après cette lecture… si ce n’est que le tome 2 va se faire attendre et… Pffffff !

lundi 27 juillet 2026

Le dernier sanctuaire de Josiane Balasko

 


Quatrième de couverture : 

 

Au cœur de ces montagnes sauvages se joue le plus important des combats.
On les appelle les Protecteurs. Ils sont onze, sept hommes, trois femmes et un adolescent, les seuls à résister encore contre un monde qui a fait de la nature un terrain de chasse pour milliardaires en quête de trophées.
Cachés dans une ancienne mine au milieu des montagnes, traqués de toutes parts, ils se battent pour sauver les derniers animaux sauvages.
Jusqu’à ce jour d’hiver où deux femmes surgissent dans leur refuge.
Tomassa, une vieille Indienne aveugle, mais d’une lucidité troublante.
Lucie, une jeune héritière fantasque… pas si écervelée qu’elle en a l’air.
Leur arrivée va bouleverser l’équilibre fragile des Protecteurs.
Car sans le savoir, Lucie et Tomassa portent en elles à la fois le danger… et l’espoir.
Un pur roman de résistance et d'espoir, une grande bouffée d’optimisme

 

 

Ce que j’en pense : 

Écouter un livre lu par son auteur est toujours un plus. Il ou elle sait d’autant mieux ce que tel ou tel passage signifie, le rythme de ses phrases… Bref, la mélodie du récit lui est si familière que la restituer est plus aisé que pour une tierce personne. Pour Josiane Balasko, qui est aussi actrice, c’est presque du gâteau.

Pourtant, il m’a fallu un petit temps pour m’y faire. J’ai d’abord eu l’impression qu’elle était trop détachée, à la limite de lire par corvée… Puis je me suis peu à peu détendue (alors que, paradoxalement, l’intrigue, elle, se crispait) et j’ai plongé… Elle incarne tellement bien les personnages un peu bourrus ou différents ! Elle serait parfaite dans le rôle de Tomassa.

On est en Louisiane, dans un futur proche… Mouais, j’aurais plutôt dit dans une autre version de notre Terre, mais tellement proche de la nôtre que, franchement… Et c’est aussi pour cela que l’intrigue fonctionne aussi bien. On reconnaît tout, même ce qui n’est pas encore arrivé. On se projette et on y croit.

Il y a des stéréotypes parfois à la limite du grossier, mais dans la vie d’aujourd’hui aussi. L’actualité nous montre régulièrement que, parfois, plus c’est gros, plus ça passe ? On ne tique donc pas davantage au fil du récit. C’est factuel. Ça existe.

Après, il y a la fiction, mais elle reste crédible dans cette version.

J’ai noté un petit côté Papy fait de la résistance, un autre Hunger Games, et encore d’autres influences… C’est ultra visuel, rythmé, avec des protagonistes forts, tout comme les messages que cette fable dystopique veut nous faire passer.

On n’a jamais été aussi proches de certains points de bascule, et pourtant on peut encore agir. Dans le roman, on pense que tout est fichu, mais une poignée d’hommes et de femmes va nous prouver que l’on peut toujours essayer de changer les choses.

Un roman à découvrir.

vendredi 26 juin 2026

Le banc de Géraldine Smith



Le Banc (Fichier audio 2026), de Géraldine Smith, Bernard Gabay | Audiolib


 La quatrième de couverture : 

 

Dans la résidence « Les merles bleus », en région parisienne, Georges, 95 ans, récemment veuf, est retrouvé mort un matin dans son lit, dans des circonstances suspectes. 

Les bijoux de feu Claudia, la femme de Georges, qui a caché toute sa vie un lourd secret, se sont volatilisés. 

Le policier Mousa Mballo enquête dans l’entourage de Georges. Qui d’Isabelle et Paul, ses enfants, de Mariola, son auxiliaire de vie, de Chantal, qui venait régulièrement lui faire la lecture, mais surtout lui faire les poches, d’Alain, le gardien, ou d’Abdel, qui tient la baraque à frites sur le parking de la résidence et qui a récemment disparu, aurait pu commettre ce crime ?

 

 

Mon avis : 

 

Voilà un titre que j’avais repéré parmi plusieurs recommandations et, lorsque j’ai eu l’opportunité de l’écouter, j’ai vite sauté le pas.

J’adore lire, et les versions audio sont très pratiques, car je peux en profiter tout en conduisant, en cuisinant ou en tricotant… Elles sont de mieux en mieux, et celle-ci ne fait pas exception. Le lecteur possède un timbre de voix très agréable, et les quelques arrangements sonores sont très réussis, bien que fort simples. Ils s’accordent parfaitement avec cette histoire.

En effet, ne vous attendez pas à une enquête criminelle avec moult rebondissements, des courses-poursuites ou des analyses de folie menées par des experts… Non, nous sommes dans un cadre beaucoup plus humain, plus simple, ancré dans le quotidien.

Sur fond de polar, l’autrice nous parle d’amitié, d’amour, de relations intergénérationnelles, de la vieillesse, de la fin de vie et de la perte d’autonomie.

Les personnages sont tous très attachants, bien que très différents les uns des autres. On en vient même à se demander ce qu’ils font tous ensemble. C’est sans doute avec eux que le slogan « le bien vivre ensemble » pourrait trouver une belle illustration.

Le ton est plutôt léger alors que de véritables problèmes du quotidien sont abordés. On y parle de la vieillesse, de la maladie, de la vie, de la mort, des jeunes, de la dépression, des réseaux sociaux, du célibat, de la déchéance sociale, des croyances de chacun, du suicide assisté… La liste est impressionnante, car elle constitue surtout un parfait reflet de notre société, de notre réalité.

Je l’avoue, j’ai versé ma petite larme à la toute fin du livre. C’est simplement parce que c’était bien écrit, bien lu… et qu’on y croit.

mardi 9 juin 2026

L'autre moi de Franck Thilliez

 


Quatrième de couverture : 

 

Ici, le cauchemar commence.

Longepin. Un endroit niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse. Un site sur lequel militaires et civils travaillent à des projets classés secret-défense. Un cadre de vie d'exception, mais ultra-surveillé et régi par des règles étranges.
Sibylle vient d'arriver avec son compagnon, Erwann. Docteur en neurosciences, celui-ci a vu la possibilité d'intégrer cette communauté comme la chance de sa carrière. Comme un espoir, aussi, que là-bas des confrères parviennent à aider celle qu'il aime.
Car Sibylle, depuis l'accident qui a coûté la vie à son enfant et lui a valu une douloureuse reconstruction du visage, n'est plus la même. Elle souffre d'une amnésie post-traumatique et est sujette à des cauchemars aussi intenses que troublants, au point de ne plus toujours savoir distinguer le rêve de la réalité...

 

 

Ce que j’en pense : 

 

En version audio, j’avoue que j’ai apprécié cette découverte car oui, il me semble bien n’avoir encore jamais lu de livre signé Franck Thilliez. Beaucoup sont pourtant dans ma wishlist.

La voix d’Anatole de Bodinat est excellente. J’ai passé des heures d’écoute très agréables en sa compagnie, si l'on met à part les événements relatés dans le roman, évidemment. Les effets d’ambiance étaient également très réussis.

Outre le sujet qui est passionnant — les neurosciences —, outre les crimes tous plus horribles les uns que les autres, et outre, enfin, les personnages bien cabossés par la vie dans tous les pans de l’intrigue (oui, la vie n’épargne vraiment personne), j’ai adoré la localisation de l’histoire. 90 % se passe dans ma région, avec Grenoble comme épicentre. Plus local, je ne pouvais pas ! Et comme je suis originaire de Valence, je situais sans mal même les bleds les plus paumés. J’ai tout visualisé. J’y étais !

Très bien construite, l’intrigue est excellente. J’ai mis un peu plus de temps que d’ordinaire à deviner le dénouement (rien avant les 75 % du livre, ce qui est rare, donc bravo Franck Thilliez). La documentation est solide et l'écriture est belle.

Il y a là de quoi faire un carton plein pour une lecture estivale (ou non) qui va en ravir plus d'un ! 


mardi 24 février 2026

La dernière enquête de Penny et Joséphine De C. J. Wray



C’est très drôle, parce que les deux figures féminines qui sont en couverture de ce livre, ne sont pas de première jeunesse, mais elles respirent l’espièglerie comme deux gamines. Cela crève les yeux et cela attire la sale gosse que je suis restée au fond. Je me dis immédiatement que voilà des copines avec qui j’ai bien envie de passer du bon temps. Je suis certes plus de la tranche d’âge d’Archie, mais voilà, lui aussi les adore ses tantes !!! 

Bref, au premier coup d’oeil, on sent déjà que le roman est prometteur et on ne l’a même pas ouvert.


Le synopsis nous conforte dans cette première impression. On va avoir normalement de quoi faire. Chic alors ! 


Vous n'oublierez jamais Penny et Josephine !
Propriétaire d'une galerie d'art londonienne, Archie Williamson a fort à faire avec ses deux vieilles tantes, Penny et Josephine. Anciennes gloires de la Seconde Guerre mondiale, celles-ci, délicieusement excentriques, ont malgré leur grand âge une vie encore bien remplie, de nombreuses passions, une joie de vivre à toute épreuve et une légère tendance à la kleptomanie.
Toujours prêtes à s'amuser, elles sont ravies de retrouver Paris, où le gouvernement français doit leur décerner la Légion d'honneur. Mais à leur arrivée dans la capitale française, rien ne se passe comme prévu. Pendant une vente aux enchères, Penny reconnaît en effet un bijou de famille dont la réapparition remet en question une partie de son passé. Liée à son séjour à Paris en 1939, cette bague va la pousser à enquêter sur des faits restés jusqu'alors mystérieux et, peut-être, à venger un amour de jeunesse aujourd'hui disparu.


L’intrigue se passe en 2022, mais moi j’avoue que j’ai eu l’impression de me retrouver l’été dernier quand j’étais à Londres, dès les premières lignes du roman. Ambiance so British. J’y étais de nouveau. Parfait ! 


Avec nos deux vétérantes nous allons alterner des sauts de puce entre le passé et le présent. On bougera également puisqu’on se retrouvera aussi bien chez nous, en France, car après tout il n’y a que la manche qui nous sépare avec nos chers cousins. Petit détour par l’Écosse aussi. Bref en plus de nous amuser, nous allons voir du paysage parce que oui Penny et Joséphine applique à la lettre leur mantra entre guillemets « toujours gaies ». La vie est si courte autant y mettre de la joie et de généreuses doses de Vermouth. 


Bien écrit, drôle, personnages attachants et entiers, documentation très correcte, voilà un roman très distrayant qui vous fera passer un agréable moment. Idéal pour un week-end, ou des petites vacances.

mercredi 7 février 2024

L'homme sans sommeil d'Antonio Lanzetta

 


Le pitch : 

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bruno, treize ans, vit dans un orphelinat près de Salerne, et est soumis au harcèlement constant de ses camarades. Seule son amitié avec Nino, le petit nouveau qui prend sa défense, parvient à rendre son séjour dans l’institution supportable. L’été apporte un vent de liberté et Bruno et Nino sont choisis pour travailler chez les Aloia, une riche famille des environs. C’est là que Bruno rencontre Caterina, une étrange petite fille qui vit au dernier étage de la maison et qui lui fait découvrir les recoins de l’imposante bâtisse. Mais le jeu prend vite une tournure sinistre : Bruno commence à être tourmenté par d’inexplicables cauchemars, qui le laissent exténué à son réveil. La mise au jour, dans la propriété d’Aloia, de plusieurs cadavres en état de décomposition avancée jette un voile inquiétant sur la villa et ses habitants. À qui appartiennent ces corps ? Et pourquoi tout le monde semble savoir quelque chose que personne ne veut révéler ? 
Cette histoire est celle d’une amitié, de souvenirs brisés et d’un tueur brutal qui se nourrit de la peur de ses victimes. C’est l’histoire de Bruno, et de l’été où il est devenu l’Homme sans Sommeil.


« Un livre hautement recommandé pour tous les amateurs de thrillers et de romans noirs. » - Milan noir

 

 

 

 

Ce que j’en pense : 

 

 

L’auteur, Antonio Lanzetta, que j’avoue humblement n’avoir jamais lu auparavant et qui m’était totalement inconnu, m’a été présenté comme étant le Stephen King italien. Le moins que je puisse dire, c’est que la comparaison n’est pas anodine. Elle peut être lourde à assumer. D’ailleurs, je ne m’aventurerai pas sur ce terrain car je n’aime pas trop faire des comparaisons entre les auteurs qui doivent avoir chacun leur style, leurs qualités voir quelques défauts même si tout ceci est subjectifs. Et puis, mes lectures de Stephen King remontent à si longtemps que ce serait sans fondement.

En revanche, je puis dire que j’ai pris du plaisir à lire et découvrir ce roman classé dans le registre des thrillers. C’est déjà bien non ?

 

« L’homme sans sommeil » se lit aisément et même si au tout début, on doute un peu de ce que l’on croit comprendre, qu’on se demande si on a bien lu… On est vite conforté ou non dans nos impressions et on plonge dans l’intrigue. 

J’ai pris mon temps pour lire ce roman qui a une longueur parfaite. Ni trop, ni trop peu. J’ai eu envie de m’immerger et de vivre complètement cette histoire. Parfois, on dévore littéralement un livre, mais on est aussi un peu déçu du coup de quitter tout ce que nous happait. 

Les personnages sont en nombre raisonnable et on les identifie très bien. Aucune confusion. Chacun a son importance et amène une pierre à l’intrigue qui elle-même est bien construite. Pour une fois, je n’ai pas tout deviné à l’avance avec des ficelles plus ou moins grosses et sans être non plus totalement surprise, c’était agréable. 

Je n’en dirai pas beaucoup plus car je trouve que ce serai vous gâchez votre lecture. Entrez donc dans cette histoire venue du passé qui n’est peut-être pas terminée. 

 

Une petite remarque sur la belle couverture de ce livre. Beau choix d’illustration, de couleurs, de typologie… Sobre, mais efficace tout en étant élégant. 





lundi 17 juillet 2023

Le bureau d'éclaircissement des destins de Gaëlle Nohant


 Le pitch : 

 

Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand.  
A l'automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. 
Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?
Le bureau d’éclaircissement des destins, c’est le fil qui unit ces trajectoires individuelles à la mémoire collective de l’Europe. Une fresque brillamment composée, d’une grande intensité émotionnelle, où Gaëlle Nohant donne toute la puissance de son talent. 

 

 

 

Ce que j’en pense : 

 

C’est avec une découverte presque faite au hasard que l’auteur trouve l’idée fil rouge de son roman (les archives Arolsen en Allemagne qui depuis l’après-guerre détermine ce qui est arrivé aux victimes de la Shoah et plus globalement de la persécution Nazie). C’est assez fréquent d’avoir ainsi des idées qui fusent au détour d’informations qui nous parviennent, mais pour construire un récit tel que celui qui nous est livré, il a fallu en faire bien d’autres des recherches. Il y a eu tellement de livres écrits sur cette thématique et pourtant on n’en fera jamais vraiment le tour car chaque victime, chaque personne ayant vécu cette période aura sa vision. Et les autres ne pourront qu’imaginer… 

 

Le personnage d’Irène lui aussi arrive dans ces archives un peu par hasard et elle se prendra plus qu’au jeu. Cela va devenir une passion, une vocation. Ce côté « Sherlock Holmes » pour retrouver les descendants des victimes devient une seconde nature. Et évidemment, tout cela va impacter sa vie de manière plus personnelle. 

 

Ce livre est au final une ode à la vie plus qu’un rappel de la mort des toutes ces personnes disparues dans des conditions horribles. Avant d’avoir été des victimes, c’étaient des personnes bien vivantes et la restitution de ces fragments de vie, c’est les maintenir dans notre monde des vivants. On est dans l’entretien de la mémoire car le livre est très contemporain, tourné vers les jeunes générations, porteuses forcément d’espoir et pleine de vie, de promesses pour l’avenir alors que la guerre qui a tant détruit, laissé des traces si profondes, on essaie d’en tirer des leçons de vie. 

 

Tous les personnages du roman sont très forts et si on en préfère toujours certains à d’autres comme dans le monde réel, ils n’en sont pas moins ultra réalistes, bien pensés, si bien incarnés. 



Eloge de la surface de Tilla Relmani et Stella Lory

 


Le pitch : 

 

Yasmina, psychologue de 35 ans, est consommatrice de programmes de télé-réalité. Petite dernière d'une brillante famille d'universitaires, elle décide de leur prouver que la télé-réalité est un sujet de recherche digne d'intérêt et parvient à se faire embaucher sur le tournage d'une émission comme journaliste.
Plutôt que de s'arrêter au constat méprisant que ces émissions sont au mieux mainstream et au pire avilissantes, les autrices interrogent avec intelligence et humour les mécanismes psycho-sociaux qui viennent se nicher dans ce désir addictif de regarder l'intimité d'inconnus à la TV.
Un décryptage entre humour et analyse documentaire, grâce au regard de Tilila Relmani, psychologue passionnée de télé-réalité et nourrie d’échanges avec des journalistes spécialistes du sujet.

 

 


 

 

Ce que j’en pense : 

 

Avec cette bande dessinée, vous allez tout apprendre et comprendre le pourquoi du comment ça marche en fait la téléréalité. Oui en gros, c’est toute la téléréalité pour les nuls ! 

Que vous soyez consommateur ou pas de ce type de programmes, on gagne à mieux cerner la chose et ainsi à ne pas rester sur des idées préconçues. Quoiqu’on en dise, on a en toutes et tous en tête. J’avoue que mes propres connaissances en la matière étaient des plus limitées ou datées et j’ai ainsi pu dépasser certains stades assez primaires de mon raisonnement. 

 

J’ai certainement plus apprécié le fond que la forme car les dessins ne m’ont pas enthousiasmé, même si je leur reconnais très volontiers une efficacité certaine. Et c’est le principal car ils n’ont pas été un frein non plus. 

 

C’est encore une fois un titre qui gagnerait à se trouver mis en valeur dans les CDI des collèges et lycées, ainsi que dans les médiathèques pour toucher un maximum de public. Et un public averti en vaut bien d’autres ! 

mardi 27 juin 2023

Le cycle de Lyoness, tome 1 : Le jardin de Suldrun de Jack Vance


  

Le pitch : 

 

Autrefois, sur des îles aujourd’hui englouties sous les flots de l’océan Atlantique, s’étendait une contrée où les créatures magiques vivaient en harmonie avec les humains. Un monde de magnificence, d’aventure et de sombre magie. De ces Isles Anciennes, jadis, les ancêtres du roi Arthur s’étaient élancés pour atteindre les côtes de l’Angleterre. Là vivait Suldrun, une princesse dont la beauté mélancolique déchaînait toutes les convoitises et pouvait servir l’ambition sans limite de son puissant et malfaisant géniteur, le roi Casmir de Lyonesse. Un jour, la jeune fille découvre sur une plage le corps presque sans vie du prince Aillas de Troicinet...

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Voilà longtemps que je ne m’étais pas lancée dans une lecture (même audio) d’une trilogie fantasy. C’est un genre que je délaisse un peu et j’ai tort. Mon âme d’enfant s’y plait : La magie, les créatures fantastiques, les chevaliers, les rois, les princesses…. Et même un fond de véracité si on cherche un peu profondément… Enfin qu’est-ce qui est vrai en ce bas monde… ? On se le demande… N’est-ce point de la poudre aux yeux ?

 

Le roman est riche, les personnages très nombreux et fort heureusement l’écriture est assez méthodique pour que toutes les pièces se mettent au fur et à mesure en place. Pas d’affolement donc au début où franchement, on se dit : Je n’y comprends plus rien, mais qui est qui et qui fait quoi ? Les jeux de pouvoirs ? Laissez-vous guider. 

 

La version audio doit beaucoup au lecteur qu’est Marvin Schlick. Il sait moduler sa voix, la faire changer suffisamment pour que l’on ne confonde pas les divers protagonistes qui interagissent. Il donne corps et vie au texte.

 

Après oui, on pourra dire que c’est assez caricatural. On y trouve bien des poncifs. Certaines ficelles sont un peu grosses, mais en me glissant dans ce récit un peu chaque jour, j’avais l’impression qu’on me racontait justement un conte long et pas désagréable du tout au final. J’ai même envie de poursuivre avec les deux prochains volets. Je suis restée une grande enfant qui aime les histoires.

GILTLa guilde des temporalistes indépendants d'Alisa Kwitney et Mauricet


 

Le pitch : 

 

GILT, c'est Sex in the City + Absolutely Fabulous + Code Quantum, saupoudrés de Twilight Zone ! C'est surtout un envoutant récit de fantaisie et de SF, signé Alisa Kwitney (The Sandman Presents) et du dessinateur belge Mauricet (Harley Quinn).

Hildy Winters est une survivante, une dure à cuire de l'Upper West Side de New York, une sacrée vieille bonne femme qui possède son propre portail lui permettant de voyager dans le temps. Hildy appartient à La Guilde des Temporalistes Indépendantes, des femmes capables de voyager dans le passé (sans le modifier !), tout en bénéficiant de leur expérience accumulée jusqu'à présent.

 

 


 

Ce que j’en pense : 

 

Le résumé m’a titillé et j’ai sauté le pas. J’ai franchi le vortex… Ou plus simplement, j’ai tourné les pages de cet album. 

 

C’est d’inspiration plutôt comics que BD type Belge déjà. Tout y est plus moderne, un peu plus tranché, net, plus froid sans que ce soit désagréable. Je n’ai néanmoins pas pu vraiment me fondre dans le récit. Et pourtant, j’adore la plupart des références citées dans le pitch… Il m’a manqué un je ne sais quoi de supplément d’âme que je n’ai point déniché. 

 

L’ensemble est bien fait, correctement mis en valeur (couleurs, texte, dynamique de chaque page), mais… Je n’ai pas eu de coup de cœur. 

C’était amusant, parfois agaçant, rarement dérangeant. Cela s’est voulu porteur de références et je ne les ai pas toutes retrouvées au top niveau. 

 

A découvrir, à faire connaître, mais pas certaine que cela restera dans nos annales… 

 

 

lundi 19 juin 2023

Le regard invisible tome 1 de Ferrari Elisa



 Le pitch : 

 

Voilà sept ans, cinq amis, adolescents à l'époque, ont vécu une expérience traumatisante lors d'un séjour en montagne. Aujourd'hui, alors qu'ils vivent chacun leur vie mais gardent ce secret enfoui dans leur mémoire, des lettres leur parviennent qui font explicitement référence à leurs souvenirs. Qui connaît autant de détails ?... 
Ils trouveront des réponses mais qu'ils paieront au prix fort...




 

 

Ce que j’en pense : 

 

Ce n’est guère original le scénario du groupe d’amis qui après une expérience hors norme s’éparpille un peu partout, vit sa vie jusqu’à ce que… Le passé refasse surface. Ce qui est plus intéressant, c’est comment on mène la barque une fois la grenade dégoupillée. Et dans ce cas précis, il y a des petits plus qui renforcent la tension autour de l’intrigue principale. J’ai aimé cela car en prime, cela renforce le côté plausible de la chose même si on sait pertinemment que c’est de la fiction. On a plus envie d’y croire et de frissonner.

 

Dans le cas de ce premier volet aussi, tout est très bien fait pour vous mettre l’eau à la bouche. On en montre tout juste assez pour que votre curiosité soit émoustillée et pas trop, pour ne pas éventer le(s) secret(s). Un bon dosage pas si évident. 

 

J’ai particulièrement apprécié également le coup de crayon qui donne à cette bande dessinée véritablement vie. Il y a du rythme, de la variété, du détail, de belles couleurs. On est happé. 

Les protagonistes sont divers et chacun à sa personnalité. Classique, mais bien vu dans l’équilibre de ce groupe que l’on nous présente sans faire un effet : casting. 

 

On va attendre avec une certaine impatience le second volet pour rentrer encore plus dans le dur. Oui, vraiment on n’attend plus que cela. On piétine même ! 

mardi 13 juin 2023

La chair est triste hélas d'Ovidie


 

Le pitch : 

 

« J’ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m’étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. À toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n’avais pas joui. À tous ces coïts où j’avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d’épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. À tous ces sacrifices pour rester cotée à l’argus sur le grand marché de la baisabilité. À toute cette mascarade destinée à attirer le chaland ou à maintenir le désir après des années de vie commune. Cette servitude volontaire à laquelle se soumettent les femmes hétérosexuelles, pour si peu de plaisir en retour, sans doute par peur d’être abandonnées, une fois fripées comme ces vieilles filles qu’on regarde avec pitié. Un jour, j’ai arrêté le sexe avec les hommes. »

Autrice et documentariste spécialiste de l’intime et du rapport au corps, Ovidie retrace ici la trajectoire qui l’a conduite à quatre années de grève du sexe.

Dirigée par Vanessa Springora, la collection « Fauteuse de trouble » articule intimité et émancipation, érotisme et féminisme, corps et révolte, sexuel et textuel. 


 

 

Ce que j’en pense : 

 

Ovidie a plus d’une casquette et pourtant on la retrouve toujours sur des thématiques assez engagées et parfois un peu sulfureuses pourraient dire certaines personnes un peu coincées. Parce que oui, elle a débuté comme actrice dans la porno. Elle a ensuite réalisé des films toujours classés dans cette catégorie, mais avec une vision plus féministe. Elle se tournera vers les documentaires ensuite et l’on peut découvrir avec elle, les faces peu reluisantes de cette industrie très lucrative qu’est devenue la pornographie, ses films, ses plateformes… Si on ne possède pas ces clefs de départ, il est fort possible que l’on passe à côté de l’ouvrage d’aujourd’hui. 

Pour autant, il serait trop réducteur de ne considérer que ces expériences. Ovidie, c’est aussi une femme très cultivée (elle a un doctorat en lettres), journaliste, écrivaine et interlocutrice de choix dans divers médias comme des podcasts. 

« La chair est triste hélas » n’est donc pas un texte isolé, mais qu’il faut prendre comme une pièce de toute son œuvre bien loin d’être achevée. Une étape. 

 

Qu’une personne ayant vécu semble-t-il la sexualité comme un élément essentiel, devienne ainsi une femme retirée du « Game » (les relations avec des hommes seulement car elle ne se déclare pas asexuelle) peut surprendre et pourtant, c’est certainement plus logique qu’on ne le croit car justement, Ovidie sort de sa zone de contrôle et livre un texte rempli de sentiments forts, avec peu, voir pas de filtres. 

Son écriture est vivante. Ce texte n’est assurément pas un essai bien policé. Et cette spontanéité m’a touché. J’ai pu sentir ses émotions voir en partager certaines. Solidarité féminine ? Possible car on a toutes eu des passages qui se ressemblent. Après, je ne suis pas d’accord sur tout, loin de là même. Elle pousse trop en avant pour moi. Je diverge. 

 

Les hommes peuvent aussi lire ce titre. Ils en prennent pour leur grade, mais ils peuvent en ressortir grandis. On apprend de ses erreurs. Nous ne sommes pas parfaites, nous les femmes, mais nous sortons de notre mutisme. Je ne suis pas une féministe, juste une femme. Ovidie est avant tout une femme aussi. Ce livre est un état des lieux et rien n’est absolument gravé dans le marbre. Les choses peuvent évoluer. On ne revient pas sur le passé plus que nécessaire, autant voir aujourd’hui et demain. Alors même si encore une fois, je trouve qu’elle va trop loin pour moi, que je ne partage pas toutes ses idées, ses réflexions, sa logique, sa colère, c’était intéressant de la lire car elle ne semble pas être isolée. 

 



jeudi 8 juin 2023

Sofia, tome 1 : la plage de la chaise rouge de Davide Tosello


 

Le pitch : 

 

Sofia et Tea (17 et 15 ans) sont deux soeurs qui ont grandi près de la célèbre "plage de la chaise rouge".

Les deux soeurs sont très unies mais vivent selon des points de vue différents.

Surfer, lire des livres, écrire, manger sainement, nourrir l'esprit et le corps sont les principes fondamentaux qui animent le quotidien de Sofia. Téa est accro aux réseaux sociaux et passe le plus clair de ses journées à tchater en ligne avec ses amis.

Après une matinée de surf, Sofia quitte la plage avec son skateboard pour aller travailler sur un nouveau programme informatique. Elle se retrouve subitement propulsée dans un monde étrange, peuplé de créatures du cyberespace. Aurait-elle réussi l'impossible, se projeter elle-même dans le web à la recherche d'une vague mystique qui pourrait bien signer la disparition d'internet... ?

 

 

Ce que j’en pense : 

 

A bien y réfléchir, beaucoup de mots pour évoquer notre activité sur Internet possèdent un rapport avec le monde de l’eau. Notez :

-       On navigue sur le Net

-       On se noie sous les spam et autres mails

-       On s’abreuve de contenus en ligne

-       On surfe sur la Toile

Et je pense que l’on peut en trouver d’autres encore. Mais du coup, je trouve que l’approche dans Sofia, la plage de la chaise rouge est extrêmement bien vu. 

 

La lecture de cet album fut agréable et je vais en plus pouvoir le relire avec la playlist complète que j’ai pu trouver justement sur le net… Une excellente idée pour renforcer le plongeon (tiens encore un terme aquatique ?) dans les méandres de cette intrigue à peine futuriste.

 

Le seul bémol que je pourrais trouver, c’est qu’il est un poil complexe de tout saisir au premier abord avec une lecture type détente et que le public jeune, qui pourrait lire cette bande-dessinée, risque d’avaler la tasse (désolée). Et pourtant, je trouve que tellement d’aspects de ce que l’on trouve sur le Net sont abordés avec une justesse exemplaire, qu’il me parait judicieux de partager cette lecture avec le plus de monde possible. 

 

Les graphismes et les couleurs sont magnifiques. On est littéralement submergé. J’avoue en avoir pris plein les yeux. C’était apaisant et en mouvement. Plein de détails et même temps dans des palettes de couleurs très harmonieuses. 

 

N’hésitez pas, venez prendre la vague !