dimanche 3 juin 2012

Top Linotte tome 2 : Trop Pimpon ! de Catel


Le livre : 

Top linotte tome 2 , Trop pompon de Catel, aux éditions Dupuis, 10€60, 48 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Cette BD a été empruntée par ma grande Pestouille, Océlina, mais de plus en plus, il m'arrive de lui piquer certains de ses livres et vice versa. Elle découvre pas mal de choses et moi aussi, c'est également ça le plaisir de la lecture. Non, ce n'est pas seulement un plaisir solitaire, on peut aussi échanger avec ses proches, ses amis, sa famille et les blogueurs, les internautes. etc La preuve ! 


Le pitch : 

Les chroniques drôles et tendres du quotidien d'une petite fille espiègle et futée, passionnée d'équitation. Avant de découvrir ses aventures en album, on a pu voir Linotte dans Les Petites sorcières, dont elle émaille les pages de facéties pleines d'éclats de rire et de fraîcheur. Créée par Catel, Linotte évolue dans un univers quotidien, entre l'école, les vacances et la maison, où elle retrouve ses parents, ses copains, ses copines et Pimpon, son poney, prêt à toutes les promenades et à toutes les pitreries. 
Curieuse, inventive et rigolote, Linotte ne se laisse jamais démonter, et finit toujours par avoir le dernier mot !


Ce que j'en ai pensé : 

Ma fille est une tête de linotte et comme je ne cesse de lui dire et redire, en voyant le titre de cette BD dans les bacs de notre médiathèque la plus proche, elle a pensé à moi et l'a feuilleté. Cela lui a plu et à peine rentrée à la maison, elle s'est jetée sur son lit (vive les pré-ados) et l'a dévoré. 
C'est cet enthousiasme qui m'a fait tiquer et donc j'ai voulu moi-aussi savoir ce qui l'avait passionné ainsi. C'est une grosse lectrice, mais bon, je reste curieuse.

Nous n'avons ni l'une, ni l'autre lu le premier volet de cette saga, mais cela n'est absolument pas gênant même si nous avons manqué quelques détails. On trouvera bien le moyen de l'emprunter lors d'une de nos prochaines razzias en bibliothèque. 

Linotte est une petite jeune fille très dans son époque, mais qui rêve pas mal. Je ne suis pas étonnée que ma grande se soit un peu retrouvée dans le personnage.
Linotte a un amoureux, Kevin (quelle horreur ce prénom !!!!), mais ce n'est en rien officiel donc cela entraine parfois quelques situations cocasses. Tant mieux pour nous d'ailleurs.
Elle a aussi quelques bonnes copines, certains sont même des pestes qui viennent pimenter un peu son quotidien. Ahhhhh si tous nos problèmes étaient aussi simples.
Pimpon est le poney chéri de Linotte et s'il n'est pas le plus beau, c'est assurément le plus gentil. Il a son caractère et se prête volontiers aux caprices de sa belle cavalière. C'est également un pitre, un gourmand, bref un poney facétieux, mais attendrissant. Attention les demandes de poneys aux parents vont pleuvoir !!!! 

Les gags et/ou les petites histoires se déroulent toujours sur une double page. C'est parfait pour poser une situation et la développer juste ce qu'il faut. 
Les dessins ne sont que moyennement fins, mais cela donne à l'ensemble un coté instantané. Cela amplifie le rythme de la lecture car on s'attarde moins sur les détails que sur l'intrigue et les personnages en piste alors. 
Les dialogues sont actuels, les jeunes et les moins retrouvent leur place. 

Pas mal donc et à découvrir surtout si vous avez une fille qui a entre 8 et 12 ans. 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20 


samedi 2 juin 2012

La vie mode d'emploi de Georges Perec


Le livre : 

La vie mode d'emploi de Georges Perec aux édition Le livre de Poche, 7€60, 641 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Avec un titre pareil, on ne se sait pas trop à quoi s'attendre véritablement : "La vie mode d'emploi". 
Faire plus large, vaste et sans limite, me semble compliqué, voir même impossible. Mais justement, ce qui me plait dans la vie, c'est de repousser les limites. Je ne suis pas du genre très courageuse, ni aventureuse, mais grâce à mes lectures, je fais des découvertes surprenantes, déroutantes, uniques parfois. Et la cerise sur le gâteau, c'est que c'est sans risque sauf peut-être mon déficit chronique de sommeil qui ne cesse de se creuser. 
Prix Médicis en 1978, "La vie mode d'emploi" n'est pas réellement un roman, mais une succession d'histoires qui s'imbriquent plus ou moins bien entre elles et qui tissent alors des romans. C'est le concept du tout en un (sorte de couteau Suisse de la littérature !).

Je n'avais jamais rien lu de cet auteur, Georges Perec auparavant. Je ne connaissais même son existence, c'est dire mon ignorance ! Je suis une grosse lectrice, mais hélas, mes lacunes sont des gouffres que je ne pourrais jamais totalement combler.
Peut-être est-ce parce que je ne suis pas non plus une verbicruciste car oui Georges Perec était un écrivain, mais également verbicruciste français. 
Né en 1936 à Paris, il mourut à Ivry-Sur-Seine en 1982. La consécration viendra justement avec le titre dont je vais vous parler aujourd'hui : "La vie mode d'emploi". C'est sans nul doute parce que dans cette oeuvre, il a atteint le sommet de ce qui caractérisait son style, à savoir qu'il maniait avec délectation les contraintes formelles littéraires ou même mathématiques. Comme quoi les deux ne s'opposent pas toujours. 

Une lecture donc pour moi classée sous le signe de : il est temps que je me "culturationne" un peu de temps en temps.


L'intrigue ? 

Elle n'est pas aisée à résumer car comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas un simple roman avec un seul récit, mais bien une énorme somme de petites histoires qui misent bout à bout en constitue une fresque immense. 
Disons donc que tout se passe dans un immeuble situé au numéro 11 de la rue Simon-Crubellier dans le 17 ème arrondissement de Paris. Il semblerait bien que le nom de la rue soit tout droit sorti de l'imagination de l'auteur. 
Georges Perec va évoquer les habitants de cette bâtisse, tous, mais va aussi s'attacher à décrire les objets que l'on y trouve et raconter les histoires qui relient les uns avec les autres. L'ensemble se déroule sur un laps de temps assez long, pas moins d'un siècle : 1875 - 1975. 


Ce que j'ai pu penser après ma lecture ?

Je trouve tout d'abord que la couverture de l'édition de poche que j'ai eu la chance de lire est fort bien réalisée. Ce n'est pas toujours le cas et cela mérite d'être souligné. Le Livre de Poche a choisi la lithographie de Lavielle sur une composition de Bertail, "Etages du monde parisien". Elle fut publiée pour la première fois chez Hetzel dans "Le Diable à Paris", puis reprise dans l'Illustration du 11 janvier 1845.
On découvre la vie qui règne dans un immeuble qui ressemble à celui que l'on retrouve dans le roman de Georges Perec. Les personnages y sont plus ou moins actifs, on lève le voile sur un pan de leur histoire, les liens qui peuvent unir les différents occupants. Le lecteur de "La vie mode d'emploi" devient un peu un "Super" concierge intemporel de ce microcosme ! Afin d'éclairer mon propos, rien ne vaut mieux que cette citation de la préface du livre signé Bernard Magné : 
"J'imagine un immeuble parisien dont la façade a été enlevée… de telle sorte que, du rez-de-chaussée aux manssardes, toutes les pièces qui se trouvent en façade soient instantanément et simultanément visibles. Le roman… se borne… à a décrire les pièces ainsi dévoilée et les activités qui s'y déroulent…"

Chaque chapitre est réservé à une pièce, une histoire. La longueur en est variable, mais ce procédé d'écriture démontre la rationalité dans laquelle s'est plongé l'auteur. On est bien là en présence d'un esprit logique, qui raisonne tel un mathématicien, qui cloisonne dans un premier temps, puis qui croise ses données pour obtenir un résultat final que je ne dévoilerai pas ! 

Les détails sont omniprésents et concernent aussi bien les protagonistes que les lieux, les objets qui s'y trouvent. On nous plante le décors de façon magistrale, assez unique. Pour un peu, on pourrait respirer les odeurs de chaque mini univers qui se présente à nous. On est dans l'orfèvrerie de la description car c'est soigné, précis et beau (même pour des banalités). C'est tout un art que de décrire sans ennuyer le lecteur et sur ce plan, je puis vous dire que je ne suis guère patiente. J'adore sentir l'espace où évoluent les personnages, mais trop de détails tue parfois (souvent) le récit. Ici, ce n'est pas le cas et la raison qui empêche le lecteur de se noyer dans cette masse d'informations; c'est qu'effectivement chaque détail a ou aura son importance. 

On voyage dans le temps car l'intrigue n'est point linéaire. Rassurez-vous, ce n'est pas perturbant et au contraire, cela aide à la compréhension des liens qui unissent ou non les différents protagonistes.
Même chose pour le rythme même de l'écriture de Georges Perec qui varie au fil des chapitres. Tantôt lent, trainant en longueur, puis tout en accélération plus ou moins brutales pour fournir au lecteur des "révélations". Comme la vie qui effectivement ne suit pas toujours une route toute tracée, mais passe par des chemins de traverses plus chaotiques. 

On peut choisir de tout lire d'un bloc ou de compartimenter ses lectures. On peut donc ainsi suivre ses désirs, s'attacher plus à certaines destinées qu'à d'autres. Ce livre est multiple et offre donc des niveaux de lecture tout aussi nombreux. 
J'ai tout lu à la suite car j'étais un peu prise par le temps, mais je pense que l'on gagne à lire par petite touche "La vie mode d'emploi". L'ensemble est plaisant, mais un siècle "d'histoires", c'est un peu lourd car c'est du condensé. On doit beaucoup plus apprécier de prendre son temps et de découvrir, comme dans la vie réelle, les petites intrigues de chacun, ces petits secrets.  Une sorte de feuilleton avec des épisodes à découvrir chaque jour, mais largement un cran au-dessus de "Plus belle la vie " (désolée pour les fans).

Des outils sont gracieusement mis à notre disposition : 
- un plan de l'immeuble avec les noms des occupants.
- un gros index car les références fourmillent elles-aussi.
- une belle chronologie pour suivre l'histoire plus personnelle des différents protagonistes.
- un rappel de certaines histoires relatées dans cet ouvrage (pour ceux qui choisirai une lecture plus thématique et de faire des choix dans les 99 chapitres de "La vie mode d'emploi".) 

Un véritable petit pavé en format de poche, mais que cela ne vous décourage pas. Cela se savoure, cela se découvre et on y prend vraiment du plaisir (surtout si on le lit calmement, à un rythme lent pour en apprécier tous les détails).
Un petit pavé à ne pas jeter dans la mare donc… 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20. 

vendredi 1 juin 2012

Les petits mythos tome 1 : Foudre à gratter de Cazenove et Larbier


Le livre : 

Les petits Mythos, tome 1 : Foudre à gratter de Cazenove et Larbier, aux éditions Bamboo, 10€60, 46 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Mes filles l'ont emprunté à la médiathèque, elles ont beaucoup rigolé avec et du coup, j'ai voulu moi aussi passer du bon temps avec quelques gags bien trouvés.


Le pitch : 

Il existe un pays où les êtres sont légendaires. Où des gens mi-hommes mi-animaux côtoient des demi-dieux. Où certains ont une force surhumaine et où d’autres transforment en or tout ce qu’ils touchent. C’est ici qu’habitent Atlas, Hercule, le Minotaure, Aphrodite et tous les autres petits Mythos, au pied d’une Olympe dirigée par un Zeus au bord de la dépression. Mieux que Mythique.com pour faire des rencontres, garanti pure Grèce animale, tournez les pages de cet album et entrez vous aussi dans la légende. 
L’anti-mythe est fourni.


Ce que j'en ai pensé : 

Historienne de formation, j'ai aussi un bon sens de l'humour. Et je crois aisément que l'on retient mieux les choses si l'on s'amuse en même temps. 
Avec cette BD, les enfants ont une toute première approche avec l'une des bases de notre culture, la mythologie Grecque. C'est certes vu sous un angle peu orthodoxe, mais pourquoi pas ? Cela les familiarise avec des noms, des mythes que tout le monde connait. C'est un petit pas vers la culture. Après, il faudra bien évidement leur faire découvrir la véritable mythologie Grecque, mais alors sans doute la verront-ils avec un minimum de connaissances, le terrain ayant été très grossièrement débroussaillé. 

La succession de gags s'étalant sur une ou plusieurs pages est rafraîchissante. C'est potache, mais pas vulgaire. On a là de la BD ludique qui remplie bien son office. De l'humour donc avec un peu d'impertinence, on s'amuse bien et les planches défilent vite sous nos yeux. 
Mes deux filles de 9 et demi et 6 ans et demi (les demi sont hyper importants à ces âges-là) se sont bidonnées et j'ai pris leur suite. 
Les dessins sont mignons, les personnages facilement identifiables et les bulles accompagnent admirablement le graphisme. C'est parfois un peu téléphoné, mais je suis une adulte et les enfants prennent beaucoup de plaisir à dévorer l'album.


Et s'il fallait mettre un note : 13 / 20 





jeudi 31 mai 2012

Swap anniversaire 2012, c'est mon tour part 5

Le facteur m'a fait l'immense plaisir de m'apporter le colis de Cacahuète :

La pauvre, elle était déjà toute triste d'être en retard pour l'envoi, mais il ne fallait pas. Franchement, il m'arrive aussi de ne plus où savoir donner de la tête. T'inquiète pas pour si peu et même cela prolonge mon plaisir donc tu vois, c'est que du bonheur.

- Merci pour la jolie carte. Elle possède un côté ancien que j'apprécie grandement, un style légèrement rétro, c'est parfait pour la "mamie" ours que je deviens chaque jour un peu plus. Et si je lançais un swap "spécial ursidé du monde de la blogosphère littéraire" ???????
- "Max n'aime pas lire" de Dominique de Saint Mars et Serge Bloch va ravir Océlina qui dévore tous les titres de cette collection, quitte à les lire et relire. Je ne sais pas pourquoi, elle ne s'en lasse pas et elle est tout le contraire de Max pour le coup.
- "Les petites crapules : Clarisse Caprices" de Tony Garth est parfait pour Athénaïs. Ma pestouille est en effet une sacrée crapule !!!!!
- "La pâtisserie Dukan", c'est pour moi. Je vais en avoir besoin après toutes les gourmandises que j'ai avalé ces derniers jours !!!!
- Le magnifique MP en crochet me laisse pantoise. Punaise vous avez de l'or dans les mains les filles !!!!!
- La boite : Mes Marques ta page  est à mes couleurs : rouge et noir. Le top du top !!!!! Il m'en fallait une justement, je suis comblée. tu as dû y passer du temps dessus !!!!

Merci, merci pour tous ces cadeaux. Encore une fois, 3 heureuses t'embrassent fort !

Gargouilles tome 2 : La clé du temps de D.P Filippi et S. Camboni


Le livre : 

Gargouilles, tome 2 : La clé du temps de D.P Filipp et S Camboni aux éditions les humanoïdes associés, 13€10, 48 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Parce que j'avais apprécié le premier volet des aventures du petit Grégoire et que donc j'ai voulu savoir si la suite était toujours aussi amusante et magique.


Le pitch : 

Il y peu, Grégoire était encore un enfant comme les autres. Bon, d'accord, un peu plus bougon et solitaire que la moyenne, mais rien de bien inhabituel chez un garçon de 12 ans. La tête pleine de rêves, il s'imaginait vivre des aventures extraordinaires. Jusqu'ici, rien d'anormal. Mais devinez sa surprise, lorsque, suite à la découverte d'un étrange médaillon, Grégoire se retrouve projeté en plein XVIIe siècle, parlant couramment le grec et vivant au milieu d'êtres merveilleux et magiques. En voilà une aventure extraordinaire à vivre ! Surtout lorsqu'on incarne celui qui doit sauver tout un monde ignoré des hommes !


Ce que j'en pensé : 

Je sais que cela ne fait pas longtemps que j'ai lu le premier opus de cette saga, mais quand même, j'ai replongé dans ce second tome comme si cela ne faisait que quelques minutes que j'avais terminé la lecture du premier. L'immersion dans la vie tumultueuse du petit Grégoire est instantanée. C'est magique quoi ! (Vive le talent des auteurs en étant plus pragmatique)

Donc j'ai retrouvé presque tous les personnages déjà connus et qui m'avait plu, mais il y a aussi de nouvelles têtes à découvrir cette fois. Je pense par exemple plus particulièrement à Edna qui amène une petite touche de féminité sans être dénuée d'un sacré caractère. J'aime bien cela les filles qui ne manquent pas de cran. Je suis moi-même une tête de mule et j'apprécie les pestes qui savent y faire. 

Les répliques sont toujours aussi drôles et bien amenées. On ne s'ennuie pas, on sourit régulièrement.
On trouve encore des références rigolotes comme celle par exemple avec le cri de Buzz l'Eclair : "Vers l'infini et au-delà !". (Culture Disney / Pixar quand tu viens en plus renforcer celle du monde de la japanim et du manga / jeux vidéo)
Bref, il y a une véritable alchimie entre les dessins aux couleurs chaudes et les bulles qui accentuent la rythmique déjà bien soutenue. nous autres lecteurs n'avons qu'à nous laisser emporter par tout ce petit monde bien agité.

Cette suite ne devrait donc pas décevoir le public jeune ou moins jeune qui se plongera dans la lecture de cette BD car tout ce que l'on pu apprécier dans le premier tome est encore bien présent ici. On sent même que l'on n'est pas au bout de nos surprises et que les prochaines aventures de Grégoire et de ses amis vont être trépidantes. 
Chic alors, je sais ce que mes filles et moi-même allons emprunté de nouveau dans les rayonnages de la médiathèque.


Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20 



mercredi 30 mai 2012

Les lois fondamentales de la stupidité humaine de Carlo M. Cipolla


Le livre : 

Les lois fondamentales de la stupidité humaine de cargo M. Cipolla aux éditions PUF, 7 €, 71 pages.


Pourquoi cette lecture : 

Elle m'a été proposée par mail avec Babelio et les éditions PUF. Merci à eux. 
Comme je suis de nature curieuse, un peu sauvage sur les bords et que je ne comprends pas toujours autrui, cela m'a semblé un bon choix que de saisir cette opportunité de lecture.


Le pitch : 

Comment évaluer l'impact de la stupidité humaine sur nos destins personnels et sur l'ensemble de la société ? Vaste question à laquelle l'historien Carlo Maria Cipolla décida en 1976 de répondre par un bref essai au ton éminemment scientifique. Au ton et seulement au ton : car derrière la rhétorique académique se cache un texte désopilant, qui ressortit au genre " pseudo-scientifique ", comme en son temps le célèbre Cantatrix Sopranica de Georges Perec, ou aujourd'hui les très sérieuses recherches de Jean-Baptiste Botul. 
Diffusé en 1976 aux Etats-Unis sous la forme d'une édition limitée et numérotée, Les lois fondamentales de la stupidité humaine a été publié en italien en 1988 (dans un recueil générique intitulé Allegro ma non troppo), et pour la première fois dans sa langue originale, l'anglais, à l'automne 2011.


Ce que j'en ai pensé : 

Qui n'a jamais pensé qu'autrui était vraiment stupide ? Pas moi. Je l'avoue, je suis régulièrement consternée par l'évolution du monde, les évènements qui s'y déroulent et les décisions qui sont prises. 
Je ne me sens absolument pas supérieure aux autres. Je suis même du genre à manquer de confiance en moi, cependant, je considère qu'à défaut d'une grande intelligence, un peu de bon sens ne serait pas de trop pour l'humanité.

La lecture de ce petit essai (petit par la taille essentiellement parce qu'au niveau du contenu, c'est une petit bombe) n'a pas radicalement changé ma perception du monde extérieur. Je dirai qu'hélas, cela m'a conforté dans mes sombres opinions des autres. 
Ne vous méprenez point, j'aime mon prochain, mais encore faut-il qu'il ne soit pas ravagé par le crétinisme ou la stupidité maladive. Et je ne parle pas seulement d'un point de vu culturel car dans ce domaine, je pense que l'on apprend tous les jours, que notre ignorance est faite pour être comblée petit à petit. Je ne parle pas de diplômes car j'ai beaucoup à apprendre par exemple d'un homme ou d'une femme qui maîtrise un art manuel qui m'est parfaitement inconnu. Non, je parle de la stupidité brute et consort. 

Cet essai ne ménage personne et pour cause, personne n'est à l'abris. 
L'écriture est faite dans un style soutenu qui peut rebuter certains lecteurs, mais qu'ils ne prennent pas peur, on vient rapidement à bout des 71 pages. On a même des shamas pour mieux situé le discours de l'auteur et ensuite tester d'autres actions notées ici ou là. Tout ceci pour nous permettre d'agir au mieux dans toutes les circonstances et ainsi de faire avancer l'humanité toute entière. Oui, rien de moins. Chaque individu intelligent est une source de richesse.

Dire que j'ai pris du plaisir à lire cet ouvrage n'est pas tout à fait exact. Disons que je l'ai trouvé fort intéressant serait plus approprié car il s'agit d'une lecture plus instructive que destinée à me divertir. 
Je vous encourage vous aussi à découvrir les différentes lois fondamentales de la stupidité humaine. Ce n'est pas sot du tout, mais alors, on fait fit de la finesse et du politiquement correct. Si toute vérité n'est pas bonne à dire, celle-ci n'est pas toujours non plus facile à entendre pour tout le monde… 


Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20

mardi 29 mai 2012

Matthieu le fils de Jean-Paul Belly


Le livre : 

Matthieu le fils de Jean-Paul Belly aux éditions Les Joueurs d'Astres, 10€, 129 pages.


Pourquoi cette lecture : 

C'est encore avec un gentil mail que j'ai été contactée pour ce partenariat. Les petites maisons d'édition doivent se faire connaître et je suis toujours ravie de pouvoir leur donner un peu d'audience sur la Toile, surtout quand elles innovent, prennent beaucoup de risques car elles ont tellement peu de marges de manoeuvre. Il faut aussi dire que cela ouvre notre champs littéraire de belle manière et si leur ligne éditoriale me correspond, alors pourquoi refuser de donner un minuscule coup de pouce. 
Je le dis souvent, c'est de la diversité que nait la richesse et en littérature, c'est encore plus vrai ! 


Le pitch : 

"Dans Nardaillac en émoi, un fourgon de la gendarmerie a pénétré. On vient de trouver, au pied des murailles du causse, le corps profané de Blanche. Son assassin, son bourreau – un prédateur, un maniaque, un boucher – a prélevé le cœur de sa victime. Blanche gît, écartelée, la poitrine ouverte, les jambes en croix. Sa peau lumineuse et ensanglantée aveugle ceux qui s’approchent du lieu de son supplice.
Dans Nardaillac incendié, la mère de Blanche court droit devant elle, se cogne aux choses, aux bêtes, aux gens. À la place de son visage il y a un trou, noir, béant, dans lequel, tout au fond, tombent sa beauté, sa jeunesse, ses espoirs, ses rêves.
Dans Nardaillac ravagé l’Autre entre en pétaradant. La fumée que dégage sa pétrolette est noire et oppressante.

Ce que j'en ai pensé : 

Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, j'ai beaucoup aimé ce petit roman. 
D'ailleurs petit, il ne l'est que par sa taille car à l'intérieur tout y est grand, nature, presque sauvage, à peine domestiqué et donc si beau. 

Durant cette lecture, j'ai souvent repensé à mes vacances annuelles en Lozère, à mes visites sur les Causses pas loin, les plateaux de l'Aubrac… J'ai également ressenti une certaine nostalgie. J'ai retrouvé des sensations que j'avais presque oublié et qui remontait à mes lectures des romans de George Sand avec "François le Champi, "La petite Fadette", "La mare au diable".  Et pourtant je ne suis pas très "classique", mais là, les phrases coulent en moi telle une source rafraîchissante. 

Rien n'est précipité, on laisse le temps faire son ouvrage. J'aime cette apparente quiétude car au fond même ce qui parait immuable ne l'est pas. La vie suit son cours, il en est ainsi depuis la nuit des temps.
Nous sommes dans l'entre deux guerres et pourtant, on pourrait presque croire que tout ce l'on découvre est ou serait encore possible de nos jours dans une campagne reculée. La course du temps aurait marqué une pause ou aurait été considérablement ralentie. 
Les croyances, les légendes y possèdent un écho assez incroyable. D'ailleurs dans ce récit qui ne suit pas tout à fait le court logique de l'histoire (on fait des bonds dans le passé pour mieux revenir dans le présent), on ne sait plus très bien où se situe la frontière entre la réalité et la magie. Elle est ténue, c'est bien notre seule certitude.
L'horreur côtoie le merveilleux, le laid, le beau, les contraires s'attirent autant qu'ils se repoussent.

Ce roman n'est pas passéiste, je lui trouve un caractère très moderne dans le sens où beaucoup souhaite retrouver l'authenticité de l'existence. J'en fait parti et donc je vous recommande chaudement la lecture de ce roman apaisant et vivifiant à la fois. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 

Merci pour cette nouvelle découverte via le partenariat dans le catalogue des éditions Les joueurs d'Astres.