lundi 8 mai 2023

La sage-femme du roi d'Adeline Laffite et Hervé Duphot


 

Le pitch : 

 

Au siècle des lumières, Angélique du Coudray, sage-femme à plus d'un titre, écrit un Abrégé de l'Art de l'accouchement et conçoit une « machine » aussi efficace qu'inattendue pour transmettre ses précieuses connaissances...

Sage-femme au XVIIIe siècle, Angélique du Coudray a révolutionné l'enseignement de son Art. Jusqu'à cette époque, les morts en couche étaient monnaie courante. Afin de résoudre ce problème de santé publique, elle mit au point une méthode pédagogique innovante qui lui permit de former nombre de sages-femmes mais aussi des chirurgiens, aussi peu experts en obstétrique que les matrones, aux pratiques superstitieuses...

 


 

Ce que j’en pense : 

 

Aujourd’hui accoucher n’est plus synonyme de gros risques à quelques exceptions médicales prés en générale bien identifiées et gérées par nos praticiens. Mais longtemps, mettre au monde un enfant était presque jouer sa vie à la roulette russe. 

Madame de Coudray fait partie de ces femmes qui ont aidé à ce que de nos jours c’est une formalité si j’ose dire au point que l’on critique régulièrement que ce soit devenu trop médicalisé parfois. Mais ceci est un autre débat. 

 

Dans cette bande dessinée de très belle facture, nous suivons la vie de Madame de Coudray. 

Le scénario est sans grande fioritures, mais le propos ne s’y prêtait guère je trouve donc tant mieux. Le choix de la narration fut classique et linéaire, mais au moins, on y gagne en clarté à défaut de fantaisie. 

 

Une belle documentation a dû être faite en amont. On a un beau tableau de la situation à Paris et en province. On saisit aussi toutes les idées préconçues par les différentes couches de la population et les corps de métiers, les penseurs d’alors. 

 

Une lecture agréable, instructive et fort bien illustrée.

A lire et faire lire. 





SHerlock Holmes et les mystères de Londres, tome 1 de Jean-Pierre Pécau, Michel Suro et Scarlett

 



Le pitch : 

Une nouvelle série constituée de récits apocryphes qui, pour la première fois, reflètent la véritable personnalité de Holmes qui fut un véritable anarchiste, ne respectant rien ni personne. Le premier Holmes politique !

Une jeune fille est retrouvée morte, noyée dans la Tamise. Elle porte un masque étrange sur le visage. Aussitôt, les autorités pensent à la communauté jamaïcaine de l'East End, mais le célèbre détective n'est pas d'accord. Pour étayer ses dires, il va faire appel à Felix Fénéon, spécialiste des masques anciens, mais qui est poursuivi pour avoir posé une bombe dans un restaurant parisien !





Ce que j'en pense : 

Une nouvelle bande dessinée avec pour protagonistes principaux Sherlock Holmes et son compagnon d’enquêtes, le Docteur Watson. A priori rien de très novateur et pourtant, ce premier tome devrait ravir les amateurs du genre. 


Outre un graphisme soigné, au tracé précis, au rythme parfois nerveux, l’intrigue est intéressante, inédite et sordide à souhait avec une ribambelle de guest de l’époque. 


Belle recherche historique pour intégrer en sus des faits, des affaires du moment.


On ne connaitra pas le dénouement de cette affaire dans ce premier tome donc vivement la suite que j’espère dans la même veine car j’ai été conquise. 






mardi 18 avril 2023

Le testament des abeilles de Natacha Calestrémé


 


Le pitch : 

 

Paris. Des personnes meurent brutalement, comme frappées par un mal invisible. Pourquoi ne trouve-t-on pas de mobile, ni d’ADN suspect, encore moins d’arme de crime ? Aucun lien apparent entre ces drames, si ce n’est un étrange symbole retrouvé à proximité des différentes affaires. Secte, bioterrorisme ou œuvre d’un psychopathe ? Toutes les pistes sont étudiées par le major Yoann Clivel, jusqu’à la découverte d’un testament. Ce document énigmatique servirait-il de fil conducteur à un assassin ?

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Une nouvelle découverte et un petit coup de cœur pour ce titre « lu » en version audio. 

Florian Wormser m’a vraiment fait vivre cette intrigue et la réalisation générale est de très bonne facture. J’ai très envie de découvrir maintenant d’autres ouvrages de l’auteur. 

 

Pour en revenir à ce polar, il est bien documenté et rondement mené. 

L’intrigue se déroule en 2008, mais à quelques détails près cela pourrait se passer aujourd’hui. Elle est assez classique et ce n’est pas vraiment un défaut. L’efficacité est là. 

Les protagonistes sont bien dépeints et on les aime ou pas, mais globalement, il ne nous laisse pas de marbre. Ils sont assez réalistes et crédibles. On peut s’identifier à eux, à leur travers, leurs manies, leur qualités…

Il y a un petit côté ésotérique qui ne fut pas pour me déplaire. 

 

A noter que le roman est furieusement d’actualité plus que jamais. A lire, à écouter. 




vendredi 7 avril 2023

Chasse royale à Sandringhamcde S. J Bennett


 

Le pitch :

 

Sa Majesté n’est plus, mais grâce à S. J. Bennett, elle mène toujours l’enquête !
Décembre 2016. Sur une plage du Norfolk, une jeune femme pousse un hurlement : elle vient de voir une main coupée sur le sable. Non loin de là, Elizabeth II prend ses quartiers d’hiver au palais de Sandringham. Grâce à une photo de la macabre découverte, elle a vite fait d’identifier la victime. Il s’agit de Ned St Cyr, une vieille connaissance.
Quand on trouve de la drogue sur la scène de crime et que les fausses pistes se multiplient, Sa Majesté décide qu’il est grand temps de se remettre en chasse. Une nouvelle enquête se profile pour notre fin limier, épaulé par Rozie, son audacieuse secrétaire particulière adjointe. Sera-t-elle couronnée de succès ? 

 

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Un classique depuis des années dans certaines séries de polar est de faire mener l’enquête à des personnages ayant réellement vécus, souvent très connus du public ou proches d’un autre personnage lui très connu (Léonard le coiffeur de la reine Marie-Antoinette, Voltaire…). Prendre sa majesté la reine Elizabeth II était à mon sens osé car elle était encore vivante lors de la sortie des deux premiers volumes que je n’ai pas lus d’ailleurs. Mais pourquoi pas ? 

 

Que les lecteurs potentiels étant dans la même situation que moi (ne pas avoir lu les tomes 1 et 2) se rassurent. Ce n’est pas une obligation pour rentrer dans l’intrigue. 

 

Sinon pour le reste, je dirais que c’est assez classique. On prend des éléments bien tangibles et réels. Une intrigue policière factice est ensuite greffée dessus et l’auteur y faire interagir des personnages fictifs et ses héros. 

Dans ce cas, il s’agit ni plus ni moins de la famille royale britannique que l’on connaît forcément un peu. On se mêle encore plus facilement à leur quotidien d’autant plus qu’ils font plus ou moins parti du notre. Sans les suivre, on voit chaque semaine chez le marchand de presse des gros titres. Et la reine Elizabeth était un roc que tous connaissaient. Elle est particulièrement attachante car l’auteur lui prête des pensées et actions qu’on s’imagine proche de ce qui se passait réellement (sauf l’enquête). 

 

Divertissant et vraiment bien fait. 

 


jeudi 23 mars 2023

Genèse, le grand récit des origines de Guido Tonelli



 Le pitch :

 

La curiosité et l'émerveillement face à l'origine de l'univers sont au cœur de notre expérience du monde. Depuis le Chaos décrit par Hésiode dans son poème sur la naissance des dieux grecs, Théogonie, jusqu'aux théories les plus actuelles sur le multivers, les humains ont poursuivi une quête incessante pour trouver une réponse à cette question essentielle : Que s'est-il passé exactement pendant les tous premiers instants ?
Dans ce best-seller international, le physicien Guido Tonelli, figure centrale de la découverte du boson de Higgs (la "particule de Dieu"), fait le court récit des sept moments décisifs de l'histoire extraordinaire de notre genèse : des origines de l'univers à la naissance de la vie et l'émergence du langage humain. S'appuyant sur les dernières découvertes, il nous révèle les incroyables défis auxquels les scientifiques sont confrontés pour éclairer ses mystères.
"Des trous noirs à la matière noire et à la particule de Higgs, (...), ces pages accompagnent le lecteur passionné et curieux dans un voyage fascinant, toujours en cours." Extrait de la préface de Carlo Rovelli, Physicien, Auteur des Sept brèves leçons de physique.

 

 

Ce que j’en pense : 

 

J’ai toujours été fascinée par les grandes questions scientifiques sans jamais avoir eu le potentiel ou le bagage de connaissances suffisant pour tout saisir. Aussi suis-je très contente de trouver des documentaires, des articles, des expositions, des conférences ou des ouvrages me permettant d’approcher un peu ces savoirs. 

 

La version audio bénéficie d’un lecteur (Philippe Sollier) que j’apprécie grandement car j’aime beaucoup son timbre de voix, sa diction et son implication. 

Là où c’est peut-être un peu moins bien par rapport à la version classique, c’est qu’une seconde d’inattention et hop, on peut se retrouver perdu dans des détails qui deviennent vite ardus par moment. La physique quantique ne s’approche pas avec un esprit qui vagabonde qu’on se le dise, même quand l’auteur a voulu être limpide pour les néophytes. 

Mais que cela ne vous décourage pas car voilà…

6 h 55 de savoirs à écouter et réécouter. Cela ne se refuse pas quand c’est extrêmement bien fait (lecture et écriture).

 

Aujourd’hui à la pointe, les énoncés seront peut-être à remettre en question dans quelques temps en fonction des prochaines découvertes, mais qu’importe. L’auteur le sait lui que dans ces domaines, rien n’est vraiment acquis et qu’il faut accepter de changer les angles de vue pour progresser. La vie est ainsi faite qu’elle le soit au niveau micro ou macro. 




jeudi 16 mars 2023

Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon


 

Le pitch : 

 

Le 18 août 2021, j'ai passé la nuit au Musée Anne Frank, dans l'Annexe. Anne Frank, que tout le monde connaît tellement qu'il n'en sait pas grand-chose. Comment l'appeler, son célèbre journal, que tous les écoliers ont lu et dont aucun adulte ne se souvient vraiment ? Est-ce un témoignage, un testament, une œuvre ?
Celle d'une jeune fille, qui n'aura pour tout voyage qu'un escalier à monter et à descendre, moins d'une quarantaine de mètres carrés à arpenter, sept cent soixante jours durant. La nuit, je l'imaginais semblable à un recueillement, à un silence. J'imaginais la nuit propice à accueillir l'absence d'Anne Frank. Mais je me suis trompée. La nuit s'est habitée, éclairée de reflets ; au cœur de l'Annexe, une urgence se tenait tapie encore, à retrouver.
Prix Décembre 2022

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Anne Frank, tout le monde la connaît et on la relit forcément à son journal dont nous avons tous lu au moins quelques passages dans notre adolescence soit en cours de français, soit d’Histoire. A ce patronyme, on associe également les termes de guerre, juifs, persécution, cachette, déportation, mort… 

D’Anne Frank, on a tous aussi un vague souvenir d’une ou deux photos d’une adolescente pour l’éternité. 

En bref, Anne Frank est devenue un symbole, voir une icône, mais qu’on connaît assez peu en réalité. Parce qu’on a oublié, parce que le message fut parfois tronqué, dénaturé…

Mais Anne Frank voulait vivre, devenir écrivain, pas devenir un porte-drapeau ou presque une marque. 

C’est l’un des points de départ de la démarche de Lola Lafon pour l’écriture de ce livre. Elle va explorer la personnalité d’Anne Frank, mais aussi d’autres membres de sa famille par ricochet. Elle demandera à passer une nuit entière dans le musée consacré à l’Annexe (en Hollande) qui servit de cache pour la famille Frank et d’autres personnes qui sont venues les rejoindre.

Une nuit pour être au plus près de ce que l’on peut ressentir aujourd’hui de l’expérience de ces clandestins que l’horreur nazie à tout de même rattrapée. Une nuit pour tenter de comprendre Anne Frank et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. 

 

L’histoire des Frank fait écho à l’histoire de la famille de Lola Lafon. Elle débordera du cadre strict qu’elle s’était peut-être fixé au départ, même si justement, elle ne savait pas trop comment elle allait écrire sur cette thématique qui était pourtant devenue un besoin. Pas après pas, les morceaux des puzzles de ces existences brisées, marquées, vont se compléter. 

Une écrivaine actuelle va rencontrer une écrivaine en devenir qui traverse les époques d’une manière qu’elle n’aurait peut-être pas souhaité. 

Puis le souvenir d’un autre personnage va prendre le pas sur tout cela car l’Histoire semble être un éternel recommencement. Un autre destin plein d’avenir fut brisé par les Khmers rouges cette fois, mais qu’importe les bourreaux. Le résultat est là. Des gens manquent à l’appel et pourtant, ils sont encore là car ils vivent à travers les autres et ont laissé des traces indélébiles.



mardi 14 mars 2023

Le crime d'Orcival d'Emile Gaboriau


 

Le pitch : 

 

Un meurtre a été commis au château d'Orcival, propriété du comte de Trémorel. Alors que la police est persuadée d'avoir trouvé les coupables et réglé cette sanglante affaire, l'agent de sûreté Lecoq arrive de Paris et remet tout en question. Ce dénouement rapide lui paraît en effet bien illusoire. Il redémarre l'enquête avec ses méthodes d'investigation très personnelles, examine soigneusement les circonstances du crime, rassemble des détails, découvre des mobiles, relie d'improbables protagonistes et fait éclater la vérité à la surprise générale. 
Après Dossier 113, Monsieur Lecoq et L'affaire Lerouge, Gaboriau nous emmène une fois de plus à la suite de son agent de sûreté Lecoq, le premier policier professionnel de la littérature.

 

 

Ce que j’en pense : 

 

Je n’ai pas lu, ni écouté les précédents romans où Monsieur Lecoq nous fait part de tout son talent pour démêler les intrigues. Je l’ai donc découvert à travers le crime d’Orcival et je ne le regrette pas. 

La version audio que j’ai eu le loisir d’écouter était de très bonne facture. Le lecteur avait une voix très agréable et qui collait bien au récit. Pas de fioritures, mais c’était très bien ainsi, le texte regorgeant lui de multiples détails propres à une écriture un peu désuète, typique de l’époque (1867), mais non dénuée de charme. Un vrai classique qui est certes un peu long (toujours énormément de détails cités), mais qui est un régal à écouter. Et si le diable est dans les détails, il est partout dans ce roman.

 

Comme un bon film d’époque, c’est un ravissement que de découvrir comment Monsieur Lecoq, qui inspirera tant d’autres personnages de la littérature policière à venir, va nous expliquer comment toute l’affaire s’est déroulée. 

C’est méthodique, carré, mais avec aussi un brin de romantisme là encore parfaitement désuet, mais qui est agréable à retrouver là. 

C’est théâtral avec un art consommé de la mise en scène. 

 

Ne boudez pas votre plaisir, vous pourriez être fort surpris.