C'est un blog, mon blog Littéraire pendant de longues années, mais aussi un espace de détente et d'éveil à la culture en général donc j'y aborderai d'autres thématiques et supports comme les films, séries, podcast, applications, jeux vidéo et que sais-je encore !!!! Soyons curieux de tout.
jeudi 25 septembre 2014
Comme un chant d'espérance de Jean d'Ormesson
Le livre :
Comme un chant d'espérance de Jean d'Ormesson aux éditions Héloïse d'Ormesson, 121 pages, 16 € 00.
Pourquoi cette lecture :
Jean d'Ormesson, j'avoue l'aimer et l'apprécier de plus en plus au fils des années. J'ai longtemps cru que je ne pourrai pas le lire et au final sa plume est si agréable que c'est à chaque fois un ravissement. J'avais peur de rien y comprendre, de ne pas être à la hauteur et pourtant, ce n'était que des craintes infondées.
Ce nouveau livre m'attirait depuis sa sortie. Mon homme aussi voulait le lire. On a craqué dans une librairie avant d'aller se poser sur une plage de la côté atlantique. On n'aime pas bronzer idiot... (Juillet 2014)
Le pitch :
Dans la lignée de "Un jour je m'en irai sans", Jean d'Ormesson poursuit ses interrogations sur l'espace, le temps, l'amour, Dieu.
Ce que j'en pense :
Il y a des livres où vous plonger dans leur écriture sans même prendre une goulée d'air d'avance. Vous êtes presque en apnée durant toute votre lecture et vous en ressortez forcément le souffle un peu court, voir coupé.
C'est du haut vol et en même temps si logique, si simple au fond.
Comme un chant d'espérance, c'est tout à fait ça.
Dans ce roman-essai sur rien, on trouve tout.
Logique car du rien est né notre tout.
Jean d'Ormesson nous conte tout ceci fort bien, avec une écriture déliée, fluide, délicate, précise, mais limpide. On est vite remis à notre juste place.
Ayant lu ce livre sur une plage, face à la montée de la marée de l'océan Atlantique, j'étais encore plus en phase avec ce texte qui replace les éléments de notre univers. On n'est vraiment peu de choses et pourtant...
Lisez donc ce court roman. La grandeur d'un texte ne se mesure pas à sa longueur.
C'est la sagesse et l'expérience qui parle.
Jean d'Ormesson remplit à merveille sa fonction d'intellectuel et d'académicien en planchant sur des problèmes de fond qui nous dépassent un peu, mais qu'on éprouve chaque jour. Notre seul effort à fournir, c'est de le lire et d'intégrer, de comprendre ce labeur.
Une perle.
Et s'il fallait mettre une note : 18 / 20
mercredi 24 septembre 2014
Constellation d'Adrien Bosc
Rentrée littéraire 2014
Le livre :
Constellation d'Adrien Bosc aux éditions Stock, 192 pages, 18 € 00.
Pourquoi cette lecture :
Avant même de voir ce livre un peu partout, c'est un passage de l'auteur sur les ondes de France Inter fin août 2014 qui m'a décidé à me plonger dans sa prose.
Le pitch :
Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d'Air France, le Constellation, lancé par l'extravagant Mr Howard Hughes, accueille trente-sept passagers.
Le 28 octobre, l'avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l'île Santa Maria, dans l'archipel des Açores. Aucun survivant.
La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n'est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l'enchaînement d'infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l'avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend "nécessaire" ce tombeau d'acier ? Et qui sont les passagers ? Si l'on connaît Marcel Cerdan, l'amant boxeur d'Édith Piaf, si l'on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l'auteur lie les destins entre eux.
Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit.
Ce que j'en pense :
On se plonge immédiatement dans ce récit de destinées déjà connues ou non. Pas besoin de tour de chauffe, c'est prenant, on est happé.
Oui, même par quelques détails techniques sur l'histoire des Constellation. Par le pourquoi aussi et le comment telle ou telle personne se trouvait sur ce vol et pas un autre.
N'oublions pas qu'à cette époque on ne voyage pas comme aujourd'hui. Prendre un transatlantique ne se fait jamais à la légère. Il faut de l'argent, beaucoup d'argent et un but bien précis, un objectif. L'auteur nous expliquera cela fort bien.
L'écriture est fluide et réaliste au point de recréer fidèlement (je le crois) l'ambiance de ce vol. Mais plus loin, la machinerie s'enraille un peu. Il y a de plus en plus de va et vient, de digressions, d'apartés plus ou moins bien reliées au sujet de départ. La lecture reste agréable, mais on ne sait plus trop l'on va. Comme le pilote du Constellation, on n'est plus sur la bonne route. Heureusement point de crash pour nous.
Sujet audacieux et approche sympathique, fouillée, mais parfois confuse. C'est un bon premier roman qui laisse présager d'autres ouvrages plus aboutis.
Un auteur à suivre.
Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20
Libellés :
Auteurs en B,
livre,
Rentrée littéraire 2014,
Roman
mardi 23 septembre 2014
Médecin malgré moi de Patrick de Funès
Le livre :
Médecin malgré moi de Patrick de Funès aux éditions J'ai Lu, 182 pages, 5 € 60.
Pourquoi cette lecture :
Cet ouvrage était dans ma PAL (Pile À Lire) depuis des lustres. Je pense même que l'on peut parler en années. N'ayons pas peur des mots.
Je l'ai ressorti de là parce que de temps en temps quand même j'en exhume un titre pour dire que cette masse qui grossit sans cesse doit bien connaître quelques menues pertes. Et puis, je l'ai extirpé parce que j'ai eu en partenariat le second livre de Patrick de Funès et j'aime bien dans la mesure du possible avoir lu le premier aussi.
Deux raisons valent toujours mieux qu'une donc je me lance !!
Le pitch :
La médecine a-t-elle tellement changé depuis qu'elle-même se nomme "moderne"? Patrick de Funès nous dévoile les coulisses d'un monde clos, hiérarchisé, borné, utilisant la noble tâche de guérir au profit d'une gloire personnelle. Son regard ironique et sa plume impertinente épinglent les bizarreries des médecins, les chirurgiens tyranniques, les mandarins avides de décoration, les cancérologues transformés en gourous. À la manière d'un Jules Romains, l'auteur fustige les Knock de notre temps.
Ce que j'en pense :
Porter le nom de Funès ne doit pas être si facile quoique l'on veuille faire dans la vie. On vous attend soit au tournant, soit on vous observe comme une bête curieuse parce que vous êtes le rejeton de Louis ! Pourtant vous êtes vous et vous seul justement savez qui était celui qui a fait rire la France populaire. D'ailleurs vous êtes riche de ses enseignements qui lui ont également servis à bâtir sa carrière d'acteur.
Dés le prologue Patrick reprend la main et de quelle manière ! C'est bien cinglant et si l'on doit rire, on ne sait pas encore comment et au dépend de qui... Enfin si, des imbéciles, les calculateurs, les fourbes, les tricheurs, les profiteurs...
L'auteur ne va pas prendre ses exemples n'importe où et purement au hasard. Non, il va s'appuyer sur son savoir, son expérience personnelle, son propre parcours, son vécus, son entourage personnel et professionnel, etc.
Il ne se sent que rarement supérieur à autrui. Il doute, il se trompe, mais sait aussi de temps en temps rendre les coups.
Il recherche des personnes entières, qui parlent vrai, qui ne jouent pas, qui ne se cachent pas derrière des masques ou qui ne courent pas après la gloire.
Il recherche de l'intelligence, du bon sens, le respect, bref des valeurs en grande perte de vitesse.
Après la lecture de cet ouvrage, vous ne verrez plus vos médecins et autres spécialistes du même œil. Pour certains, j'avoue que cela ne fait que confirmer mes doutes.
Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20
lundi 22 septembre 2014
Sakamoto pour vous servir ! de Nami Sano
Le livre :
Sakamoto pour vous servir de Nami Sano aux éditions komikku, 176 pages,
Pourquoi cette lecture :
Elle s'est fait dans le cadre d'une opération Masse Critique organisée par la communauté littéraire Babelio et les éditions Komikku en ce qui concerne ce titre.
Une nouvelle occasion de lire une nouveauté.
Le pitch :
Sakamoto est le lycéen le plus cool que vous n'ayez jamais rencontré ! Agissant avec panache, il provoque autant l'admiration que la jalousie parmi ses camarades. D'une nature calme, il devra au quotidien affronter les défis proposés par ceux qui le jalousent, ou aider ceux qui sont en difficulté. Bien évidemment avec classe et style ! Très second degré, chaque intervention quasi divine de Sakamoto déclenchera chez vous un rire irrépressible !
Ce que j'en pense :
Il s'agit du premier volet d'une série qui comportera plusieurs volumes, mais à ce jour j'ignore combien.
Classique de part ses dessins, son intrigue de départ (rivalité entre lycéens), sa mise en page, ses protagonistes (le héros, les filles amoureuses du héros, les jaloux, les méchants plus bêtes qu'autre chose...), ses petites histoires courtes qui forment un premier opus qui présente le tout, mais qui laissent en suspens bien des questions. Normal, il faut bien accrocher le lecteur pour les prochains tomes à paraître. C'est du convenu qui ne dépaysera pas les amateurs de manga.
Pour le reste, j'avoue que je n'ai que moyennement accroché.
Cela se lit bien, c'est rythmé, mais Sakamoto me laisse de marbre pour ainsi dire. Limite j'aurai aussi envie de lui coller une paire de gifles. Il est trop parfait et énigmatique à mon goût. Mais c'est aussi ce qui pourra attirer d'autres lecteurs vers ce titre.
Les manga sont si divers que chacun peut y trouver ses personnages favoris donc ce n'est pas parce que celui-ci ne m'a pas convaincu que le genre est mauvais. C'est juste que l'attirance n'a pas été au rendez-vous cette fois.
Et s'il fallait mettre une note : 11 / 20
vendredi 19 septembre 2014
Journal d'un foetus de Benjamin Taïeb
Rentrée littéraire 2014
Le livre :
Le journal d'un fœtus de Benjamin Taïeb aux éditions Lunatique, 52 pages, 6 €.
Pourquoi cette lecture :
Lecture faite lors d'un partenariat avec le site Libfly et une kyrielle de maisons d'édition indépendantes de tailles très diverses. Oui parce que la rentrée littéraire n'est pas réservée qu'aux plus grands noms !
Vive la diversité et notre richesse éditoriale !
Le pitch :
Même la bouche pleine de liquide amniotique, ce fœtus ne peut s’empêcher de l’ouvrir. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, dépourvu encore de sa première dent, il ne manque pas de mordant. Monologue intérieur — et pour cause —, ce court roman dresse un portrait sans complaisance d’une société de consommation où le bonheur s’achète à crédit sur 20 ans, pourvu qu’on fasse illusion. De sa « caverne » utérine, le fœtus semble bien être le seul à porter un regard lucide sur ce monde où il n’est pas encore né.
Vivifiant et méchamment drôle, Journal d’un fœtus apporte une bouffée d’oxygène quand il se lit d’une traite.
Ce que j'en pense :
Lecture faite dans le cadre de l'opération La voie des Indés de Libfly.
Je suis très contente d'avoir eu ce texte certes court à lire car c'était sans doute celui que je voulais le plus découvrir dans la liste des titres proposés.Ce n'est d'ailleurs pas ma première expérience avec le catalogue des éditions Lunatique qui propose justement des titres intéressants et parfois assez différents.
Je ne suis pas déçue par le ton donné par l'auteur à son livre. Ah ça dépote comme on dit et c'est même pas politiquement correct de faire parler ainsi un fœtus de ses parents, du monde qu'il ne connaît pas encore, mais qu'il cerne pourtant si bien.
Ah la quatrième de couverture ne mentait pas !
Côté mise en page, j'aurai apprécié avoir un texte plus ajouré. C'est plus agréable à l'œil et oui, je ne suis pas fan des gros pâtés de caractères sans retour à la ligne ou saut de ligne de temps en temps.
Pas de temps mort néanmoins, on lit d'une traite ce livre court, mais qui en dit long sans langue de bois.
A ne pas forcément glisser comme présent dans une liste de naissance si la future maman n'a pas beaucoup d'humour et de recul face à notre monde moderne. Pensez donc, les hormones, ça vous chamboule une femme. Mais par la suite, pourquoi pas.
Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20
jeudi 18 septembre 2014
Mortel smartphone de Didier Daeninckk
Le livre :
Morte smartphone de Didier Daeninckx aux éditions Osaka, 57 pages, 7 €.
Pourquoi cette lecture :
C'est un partenariat avec la maison d'édition Osaka.
Cela s'est passé par mail et franchement un catalogue peu courant, ça m'attire forcément. C'est une mine d'or pour trouver de nouveaux écrits et des auteurs peu connus, mais qui ont souvent du potentiel.
Le pitch :
Cherald, adolescent vivant au Congo, est kidnappé avec ses camarades de classe par les Stones, un gang armé. Il est transformé en esclave et enfermé dans un camp de travail, une mine d'où l'on extrait le coltan, minerai indispensable à la fabrication des smartphones. Sa vie devient un enfer. Dans cet univers de combats entre bandes rivales et de tortures, Cherald entreprend de s'enfuir vers l'Europe, en remontant la filière d'utilisation du coltan.
Ce que j'en pense :
La technologie, j'adore. Je suis la première à vivre avec mon smartphone toujours près de moi, à me servir plusieurs fois par jour de ma tablette, à surfer sur mon ordinateur, etc.
J'ai toujours su que ces appareils pouvaient représenter un grave danger pour notre planète si on ne prenait pas la peine de recycler leurs composants, mais j'ignorais que les plus rares de ces derniers étaient imbibés de sang.
La littérature informe, dénonce, fait prendre conscience, elle est engagée.
Des maisons d'édition osent.
J'apprécie grandement. J'aime lire pour me détendre, mais aussi pour apprendre.
Texte très court qui tient plus de la nouvelle que du roman, il n'en n'est pas moins fort.
Ça percute, ça fait mal, c'est cash.
Excellent aussi après le récit lui-même, la partie question réponse entre la maison d'édition et l'auteur. Un complément d'information appréciable et bien fait.
A lire pour tous ceux et celles qui veulent comprendre comment tourne notre monde et ainsi agir à leur niveau : commencer par ne plus changer de smartphone tous les ans et faire comme moi, par exemple qui n'en prend un que tous les 3 ou 4 ans ou qui prolonge son matériel en lui trouvant d'autres utilisations (lecteurs, console de jeux...).
Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20
Libellés :
Auteurs en D,
livre,
Partenariat,
Roman contemporain
mercredi 17 septembre 2014
Louise de Julie Gouazé
Rentrée Littéraire 2014
le livre :
Louise de Julie Gouazé aux éditions Léo Scheer, 159 pages, 18 € 00.
Pourquoi cette lecture :
C'est un partenariat avec Gilles Paris.
Une occasion de découvrir d'autres titres de la rentrée littéraire 2014 et des premiers romans. J'adore ça.
Le pitch :
" Louise va bien. C'est un principe de base. Une loi fondamentale. Alice est enfermée, Jean est perdu, Marie et Roger ont pris quinze ans dans la figure. Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour entamer Louise ! Elle est forte. C'est un soleil et le soleil ne s'éteint pas. Même la fée Clochette se remet à briller quand on recommence à croire en elle. "
La soeur de Louise, Alice, se noie dans l'alcool.
Roger et Marie, leurs parents, les noient dans un trop-plein d'amour. Louise, elle, va tout faire pour garder la tête hors de l'eau.
Roman à l'écriture affûtée, Louise plante son scalpel au coeur des relations familiales. Autopsie d'un bonheur obligé, d'un débordement d'affection qui provoque l'asphyxie, il est un lumineux récit d'apprentissage et une formidable leçon de vie.
Ce que j'en pense :
C'est un premier roman et je le trouve très abouti. Cela promet vraiment pour les suivants.
Je me suis plongée dans ses pages très aisément. J'ai vite compris l'état dans lequel Louise allait se retrouver après que sa grande sœur Marie, si centrale dans son existence, va plonger dans un enfer éthylique.
Compliqué à expliquer, simplement avec des mots, mais que l'on ressent fort bien au fil des pages.
Louise va être en même temps actrice et ultra passive durant les années du drame. Car oui, c'est une situation qui évolue, qui s'aggrave...
Louise va se démener.
Louise va lâcher prise.
Louise va vivre sa vie, essayer du moins, trouver des buts, des causes à défendre...
Louise va pourtant se perdre...
Louise est restée comme en panne sur le bord de la route à la veille des épreuves du bac. Elle va ensuite traverser un tunnel dont l'issue est lointaine et plus qu'incertaine.
On va vivre tout cela avec elle. C'est fort, c'est intense, c'est épuisant aussi, mais nous on peut refermer le livre et reprendre le court de notre existence. Pas Louise.
A noter donc pour ce livre :
Une écriture bien rythmée par un chapitrage dynamique.
Des mots bien choisis et effets garantis pour le lecteur, sinon on a un cœur de pierre.
Des lieux évoqués qui me sont plus ou moins familiers donc forcément ça me parle davantage.
Un drame familial hélas presque trop banal de nos jours, mais des protagonistes qui puisent dans l'amour et leur volonté un courage plus rare.
A découvrir car c'est un des très bons romans pas toujours très gais de cette rentrée littéraire, mais il vaut le détour.
Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20
Libellés :
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Partenariat,
Rentrée littéraire 2014,
Roman
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