vendredi 21 novembre 2014

Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère



Le livre : 

Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère aux éditions du Livre de poche, 158 pages, 4 € 90.



Pourquoi cette lecture : 

J'ai découvert ce titre dans une liste de lecture proposée dans le cadre d'un challenge littéraire. Je me suis noté le titre et puis voilà les mois et les années même ont filé. C'est par hasard que je suis tombé sur ce livre dans un rayonnage de bibliothèque.
L'auteur était pour moi une parfaite inconnue, mais après quelques recherches...

Valérie Valère nous a quitté alors qu'elle n'avait que 21 ans. 
C'était une jeune femme, française, qui souffrait d'anorexie et qui avait une sensibilité à fleur de peau. Elle ne semblait trouver sa place nul part et se sentait incapable d'être heureuse un jour. 
Son enfance ne fut pas très heureuse, mais c'est surtout à l'adolescence que tout dérape. Elle sombre véritablement dans l'anorexie et sera internée durant quatre longs mois dans un hôpital psychiatrique parisien. Elle n'en sortira que lorsque ses jours ne sont plus en danger immédiatement. 
Elle sera comédienne après avoir essayer la danse et le cirque, mais là encore, elle ne trouvera pas sa place.
Elle se lance alors dans l'écriture corps et âme. Le succès fut souvent au rendez-vous, mais il y eu aussi des incompréhensions entre les lecteurs et l'auteur. 
Fragile, Valérie Valère décèdera d'une crise cardiaque provoquée par une overdose médicamenteuse.



Le pitch : 

A treize ans, Valérie Valère a été internée au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien.
A quinze ans, elle écrit le récit de ce séjour. Son livre n'est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d'une adolescente de treize ans qui, un jour, a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l'ont amenée au comportement suicidaire qu'est l'anorexie. Et son récit est avant tout l'histoire d'une guérison.



Ce que j'en pense : 

Ouvrage disponible en poche et à tout petit prix (moins de 4€90), c'est un achat qui ne vous ruinera pas le porte-monnaie, mais qui peut vous bouleverser tout de même. Cela me rappelle le slogan des bonbons, les petits pimousses : "Petits mais costauds !!!"

Lecture qui peut se faire d'une traite car le récit est court : 158 pages en version de poche. 
Cependant, vous devriez mettre un peu plus longtemps à le digérer. 
Oui j'emploie beaucoup de temps liés à la nourriture, mais elle sera très présente puisque Valérie refuse de s'alimenter. Elle est anorexique et même si les faits qu'elle relate remonte aux années 70, c'est hélas un thème toujours d'actualité. Certes, on en parle un peu plus librement, mais combien de drames ont-ils été nécessaires pour que cela se fasse ? 

J'ai été très sensible à cette vision que nous propose l'auteur, si jeune et pourtant si mature dans son raisonnement, même si parfois, son style tient plus du cri que de la prose recherchée. 
Il faut pour le comprendre savoir que Valérie Valère s'est mise un jour derrière sa machine à écrire et a tapé d'une traite ce témoignage. Il parait même qu'elle a refusé de le relire dans un premier temps, tant cette expérience fut douloureuse, même si elle n'a écrit tout ceci que quelques années après les faits. Elle s'était replongée totalement dans cette atmosphère et ses sensations de l'époque. Un retour vers son enfer. 
Les corrections qu'elle y a apporté ensuite furent de pure forme car elle a souhaité que volontairement y reste les répétions de termes et certaines maladresses de style. C'est un témoignage fort et peu importe en fait alors l'enrobage. 

On se rend vite compte qu'elle est dans un environnement qui ne peut pas vraiment l'aider. Il y a le décalage des époques, mais quand même. L'anorexie est une maladie, cependant devait-on la traiter de la sorte ? Certes non. Vous verrez, vous ne resterez pas indifférent à ces portes qui claquent, ces paroles de personnels dit soignants… Cela vous glacera le dos.

On tourne en rond comme Valérie dans cet univers si peu fait pour elle. On se transforme en bête sauvage enfermée qui attend la première occasion pour s'échapper. Seulement voilà, on n'abandonne pas l'anorexie comme cela. Faute de soins, de suivis adaptés, c'est trop souvent le drame qui nous rattrape. 

A lire pour ce qu'il est, ce petit livre est surtout un cri, une histoire humaine triste, mais qu'on ne peut passer sous silence. 




Et s'il fallait mettre une note :  14 / 20



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