jeudi 27 novembre 2014

La traque de Roderick Thorp



Le livre : 

La traque de Roderick Thorp aux éditions Sonatine, 615 pages, 22 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Sonatine.
J'aime les histoires qui font frémir, comme les enfants en somme. J'aime aussi comprendre la nature humaine même si le plus souvent sa logique me dépasse et me déprime un peu. Ce roman offre la possibilité à ces lecteurs de revivre un passage sombre de l'histoire des Etats-Unis dans les années 80 car les faits relatés sont inspirés d'agissements réels. 
La fiction dépassera-t-elle la vérité ? 



Le pitch :

Août 1982. Phil Boudreau, détective de la brigade des moeurs de Seattle, est appelé en urgence dans une des banlieues de la ville. On vient de retrouver le corps d'une jeune femme dans la Green River. Les services de police présents sur les lieux ne lui demandent qu'une chose : identifier la victime, qui semble être une de ces jeunes prostituées que son travail l'amène à fréquenter. Boudreau la reconnaît et pense immédiatement à un suspect possible, Garrett Richard Lockman. 
Mais le rapport qu'il envoie à sa hiérarchie, dans lequel il fait état de ses soupçons, est enterré sans qu'il en connaisse la raison. Bientôt, les victimes se multiplient dans la Green River, presque toutes de jeunes prostituées de la ville. Mis à l'écart des investigations, Boudreau décide de mener seul une enquête clandestine qui va durer près de dix ans, au rythme de surprises et de rebondissements spectaculaires, jusqu'à une conclusion totalement inattendue. 
Face à lui, un tueur aussi manipulateur qu'insaisissable, le pire cauchemar d'une ville aux abois. Inspiré par le tueur de la Green River, qui a fait près de cinquante victimes dans les années 1980, Roderick Thorp nous offre dans ce thriller aussi captivant qu'ambitieux l'une des figures du mal les plus fascinantes depuis Hannibal Lecter. Aussi sommes-nous très heureux, après Au-delà du mal de Shane Stevens et Il de Derek Van Arman, de vous faire découvrir ce chef-d'oeuvre, publié en 1997 aux Etats-Unis, et inexplicablement inédit en France jusqu'aujourd'hui.



Ce que j'en pense :

Même si les années 80 sont loin, c'est une part de mon enfance qui remonte à la surface. Évidemment en 82, j'avais 7 ans et donc j'étais bien loin d'avoir conscience de toutes les horreurs qui se déroulaient dans le monde. Je n'étais pas complètement innocente, mais encore assez naïve. 
Aujourd'hui j'ai grandi et perdu un peu de ma foi en l'Homme. Les premières lignes de ce thriller ne vont pas me la rendre...

Roman, les faits restent inspirés de la réalité. C'est sans doute encore plus troublants, plus inquiétant également. 
Le style de l'auteur est simple, facile à lire et surtout pas trop saccadé, bien linéaire. Tout se déroule dans un ordre donné et il prend tout son temps pour laisser s'installer justement l'angoisse, la tension qui monte. Plus le temps passe, plus on en sait et on se tend encore un peu plus. L'effet est parfaitement dosé. Lenteur calculée. 

Les protagonistes sont nombreux, mais on reste assez resserré autour de quelques uns. On les découvre petit à petit. Cela prend du temps comme dans la vie. 
Tous ne sont pas très engageants. Et de manière générale tous possèdent un côté sombre. Assez logique car personne n'est blanc comme neige et puis leur milieu professionnel pour beaucoup les contraint à fréquenter des franges de population dont l'existence est pour le moins trouble...

Beaucoup de détails ou d'informations nous sont donnés, mais rarement d'un bloc. On a largement le temps de les digérer. Cela complète un tableau déjà bien noir. 
Tout se passe de manière chronologique et même parfois, l'écriture semble clinique. C'est propre, c'est précis, c'est net. Je ne peux pas dire que cela nous rassure, mais en même temps, c'est ce que l'on recherche dans ce genre de livre. Du frisson ! On n'en manquera pas. On sentira même comme un arrière goût amer au fond de la gorge tant ça ne passe pas. 

Excellent ouvrage qui m'a fait pensé pendant un long moment à "Zodiac" (le livre de Robert Graysmith, pas le film que je n'ai jamais eu le temps de voir). Et puis, il s'est un peu détaché de lui pour aller sans doute plus loin encore. 
Voilà un livre qu'on ne referme pas vraiment sereinement. Il vous brasse et bouscule. Il laisse des traces qui vont s'amenuiser avec le temps, mais qui ne s'effaceront pas tout à fait. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20



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