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lundi 8 février 2016

Le testament de Marie de Colm Tóibín



Le livre : 

Le testament de Marie de Colm Tóibín aux éditions Robert Laffont, 121 pages, 14 € 00.
Publié le 20 août 2015



Pourquoi cette lecture : 

C'est un ouvrage que j'avais repéré pour la rentrée littéraire de septembre 2015, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de le lire. J'avoue que c'est le point de vue qui m'a attiré après...



Le pitch : 


Ils sont deux à la surveiller, à l'interroger pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu'elle refuse. Seule, à l'écart du monde, dans un lieu où elle ne risque rien, elle tente de s'opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger. Lentement, elle extirpe de sa mémoire le souvenir de cet enfant qu'elle a vu changer. 
En cette époque agitée, prompte aux enthousiasmes comme aux sévères rejets, son fils s'est entouré d'une cour de jeunes gens arrogants, prêts à semer le trouble, infligeant leur morgue et leurs mauvaises manières partout où ils passent. Peu à peu, ils manipulent le plus charismatique d'entre eux, bâtissent autour de lui la fable d'un être exceptionnel, capable de rappeler Lazare du monde des morts et de changer l'eau en vin. 
Et quand, politiquement, le moment est venu d'imposer leur pouvoir, ils abattent leur dernière carte : ils envoient leur jeune chef à la crucifixion et le proclament fils de Dieu. Puis ils traquent ceux qui pourraient s'opposer à leur version de la vérité. Notamment Marie, sa mère. Mais elle, elle a fui devant cette image détestable de son fils, elle n'a pas assisté à son supplice, ne l'a pas recueilli à sa descente de croix. 
A aucun moment elle n'a souscrit à cette vérité qui n'en est pas une. 



Ce que j'en pense : 

Marie, mère de Jésus, on croit la connaître. On en a même une représentation graphique assez précise que l'on soit croyant ou non. Il y a une certaine familiarité avec elle tout en étant forcément un peu intimidé. Marie quoi ! 
Et là, je trouve une femme assez terre à terre, plutôt cartésienne. C'est une mère quasi ordinaire. Elle héberge chez elle ce que l'on suppose être deux apôtres ou des personnes qui veulent écrire sur la destinée de son fils, qu'elle n'aime pas spécialement. Elle est dans une situation peu confortable, mais dont elle s'accommode. Elle me surprend. 

Marie est seule, âgée. Elle est vulnérable et pourtant si forte. 
Elle parle au lecteur via un monologue qui n'ennuie personne. On l'écoute car ses paroles sont universelles. 

L'écriture donne à ce récit pourtant assez court une puissance qu'on ne soupçonne pas de prime abord. Cela déroute un peu. L'attitude de Marie n'est pas celle que l'on s'imaginait. Elle diffère. 
Marie ne comprend pas les agissements de son fils qu'elle aime infiniment. Elle culpabilise de son impuissance face à tout ce qui s'est passé. Elle était largement dépassée. C'est terriblement humain alors que l'on est dans ce qui ne l'est peut-être pas. 

Voilà un livre qui sort de l'ordinaire et qui résonne un long moment en nous. 





Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 




jeudi 10 décembre 2015

La 6ème extinction, comment l'Homme détruit la vie d'Elizabeth Kolbert




Rentrée littéraire 2015



Le livre : 

La 6 ème extinction - Comment l'homme détruit la vie d'Elizabeth Kolbert aux éditions la librairie Vuibert, 352 pages, 21 € 90. 
Sorti le 14 / 08 / 2015



Pourquoi cette lecture : 

J'aime comprendre le monde et ce qui m'entoure. Si parfois, je fais un peu l'autruche pour ne pas voir véritablement ce qu'il advient (sorte d'auto-défense contre les agressions extérieures), le reste du temps, j'aime aller à la pêche aux informations. Cette lecture m'attirait depuis que j'ai connu la date de parution en France de ce livre. Je n'ai pour une fois pas trop attendu pour m'y plonger dedans. 



Le pitch : 

Depuis l'apparition de la vie sur Terre, il y a eu 5 extinctions massives d'espèces. Aujourd'hui, les scientifiques estiment que le monde est en train de vivre la sixième, peut-être la plus dévastatrice de toutes. Cette fois, l'homme en serait la cause. En sera-t-il la victime ? Pour prendre enfin la mesure du moment décisif que l'humanité est en train de traverser, Elizabeth Kolbert signe une vaste enquête sur l 'épopée de la vie terrestre. 
A la croisée du reportage de terrain et de l 'histoire des idées, elle donne à voir la science en train de se faire tout en donnant la parole à de grands savants tels Cuvier, Darwin et d'autres. Loin de tout dogmatisme, elle a arpenté la planète à la rencontre de scientifiques sur leurs lieux de travail, pour raconter le destin d'espèces disparues ou menacées (la grenouille dorée du Panama, le rhinocéros de Sumatra, une ammonite du Crétacé). 
Dans une prose limpide et percutante, aussi rigoureuse qu'accessible, Elizabeth Kolbert réussit à rendre compréhensibles et sensibles des concepts généralement difficiles à appréhender. 


Ce que j'en pense : 

Cette lecture non romanesque déjà couronnée par le prix Pulitzer 2015 dans la catégorie non fiction pourrait sembler de prime abord un tantinet austère, peu récréative, voir carrément ennuyeuse pour ne pas dire mortelle. 
Oui, je ne peux pas dire que j'ai beaucoup ri lors de ma découverte de l'ouvrage et pour cause l'évocation d'une sixième extinction de masse des espèces se prête assez peu à l'euphorie. Reste que l'on ne peut pas toujours faire l'autruche et se regarder le nombril en attendant des jours meilleurs toujours incertains. 
Quoiqu'on en dise ou pense, nous vivons toutes et tous sur cette Terre et les impacts sur la faune et la flore liés à nos activités, on les ressent. En prendre conscience, c'est un premier pas. Les comprendre et en mesurer l'ampleur vient ensuite.
Cet ouvrage nous y aide fort bien car avec des exemples concrets et des notions complexes, mais mises à notre portée, on a sous les yeux un outil parfait. 

J'ai apprécié d'avoir quelques photos ou illustrations bien choisies. Cela ancre d'autant plus le lecteur dans l'aspect bien réel des faits énoncés. Le risque majeur étant de le perdre sous une masse d'informations trop indigestes. Et fort heureusement ce n'est jamais le cas. 
On est au contraire comme l'auteur, prit par ces découvertes pas toujours réjouissantes, mais indéniablement fascinantes. On touche du doigt tout ce que l'on est en train de perdre. 

Voilà une lecture "responsable". 



Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20 



vendredi 4 décembre 2015

Qui je suis de Charlotte Rampling avec Christophe Bataille



Rentrée littéraire 2015


Le livre : 

Qui je suis de Charlotte Rampling avec Christophe Bataille aux éditions Grasset, 120 pages, 15 € 00.
Publié le 30 septembre 2015



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Grasset choisit dans leur catalogue. 
J'ai depuis des années une affection pour l'actrice Charlotte Rampling dont je ne sais rien sur le plan humain si ce n'est qu'elle fut la compagne de Jean-Michel Jarre (autre artiste que j'aime beaucoup) pendant des années. C'est une occasion pour découvrir la femme que je saisis. 





Le pitch : 


Charlotte Rampling raconte pourtant avec simplicité, justesse, en un dénuement poétique. Sa jeunesse, passée entre les garnisons britanniques et la France. Son père, vainqueur des jeux Olympiques de Berlin, puis brisé dans son élan. Sa mère, K héroïne d'un roman de Fitzgerald " . Sa soeur Sarah, disparue trop tôt. Avec la complicité de Christophe Bataille, Charlotte Rampling se livre, se cache, mêle les impressions, les souvenirs, les lieux, composant les multiples facettes d'un visage légendaire, inaccessible, familier.




Ce que j'en pense : 

J'ai envie de vous dire que pour cet ouvrage, son essence se trouve déjà dans le titre qui est excellent. En effet, ce n'est pas une biographie classique qui nous est proposé, mais une découverte par touches ultra subtiles de la personnalité de Charlotte Rampling. Qui je suis ? Qui est-elle ? 

Plus fin encore qu'un jeu de devinettes, on peut lire les bribes que l'actrice a consenti à donner à Christophe Bataille. C'est d'autant plus captivant que l'on ne sait jamais ce que chacune de leurs rencontres va laisser entrevoir. Pour un peu, cette lecture laisse comme une impression de jeu félin, Charlotte excellant dans cette mouvance toute en pattes de velours. 

Seules les jeunes années de la vie de Charlotte sont abordées. C'est assez logique car pour cerner une personnalité, rien ne vaut l'analyse de l'enfance, de sa jeunesse, de sa construction en quelque sorte. Ce début d'existence qui façonne forcément le caractère, qui influence les choix, est unique pour chacun et explique le pourquoi et quelques fois le comment de nos différences avec des expériences assez similaires. 

Jolie surprise que ce livre qui diffère de la multitude de titres disponibles sur nos stars préférées. Le lecteur est bousculé doucement dans ses habitudes par un style littéraire un peu particulier et il se prend au jeu. S'il n'assouvit pas toute sa curiosité, il apprécie que des zones restent sombres (comme quoi). Le mystère, il n'y a pas mieux pour stimuler l'imagination... Charlotte Rampling se nimbe de brouillard tout en se livrant plus qu'elle ne l'aurait jamais cru à mon sens et je trouve que cela sied si bien à l'une des plus françaises des anglaises qui nous fait a fait rêver, frissonner, trembler, rire... Bref qui nous a fait nous sentir vivant à travers ses rôles. 

Avec les magnifiques clichés qui jalonnent cette édition, on plonge encore plus profondément dans l'univers secret et unique de Charlotte Rampling. 

A découvrir.




Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20 







mardi 24 novembre 2015

Boulimie d'objets, l'être et l'avoir dans nos sociétés sous la direction de Valérie Guillard



Rentrée littéraire 2015



Le livre : 

Boulimie d'objets, l'être et l'avoir dans nos sociétés sous la direction de Valérie Guillard aux éditions de Boeck, 213 pages, 24 € 50. 
Publié le 5 septembre 2015



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat obtenu lors d'une opération masse critique organisée par Babelio (communauté de lecteurs). 



Le pitch : 

Pourquoi accumulons-nous autant d'objets ? Pourquoi sommes-nous aussi boulimiques d'objets ? Et d'abord, accumule-t-on encore aujourd'hui à l'heure du digital, de la mobilité, du nomadisme, du mouvement, du contexte de crise économique et du développement durable ? Oui, répondent les auteurs de ce livre, et plus que jamais ! L'accumulation s'observe partout : au domicile, pendant le temps de transport pour se rendre au travail, au supermarché, dans l'art, dans l'entreprise, etc. 
Le besoin d'objets est prégnant, quels que soient les multiples rôles de l'individu : consommateur, héritier, artiste, travailleur ou encore simple personne passionnée par les objets. Ce livre s'intéresse autant au caractère compulsif de la boulimie d'objets de ceux qui gardent "tout", qu'au raisonnement logique du collectionneur. Il analyse les enjeux sociaux, politiques, individuels ou encore économiques de l'accumulation d'objets dans nos sociétés, analyse qui relève tout autant de la sociologie, de l'anthropologie, de la psychologie, de la philosophie que du marketing. 
Après une présentation du portrait type de l'accumulateur, ce livre interroge autant la pratique d'accumuler, ce qui est accumulé, ce qui est fait de l'accumulation, que les dispositifs de l'accumulation, notamment le sac. L'analyse montre que l'accumulation sert à se délimiter un "territoire minimal" à l'intérieur duquel les individus vont se constituer les preuves de leur propre existence : les objets sont alors à la fois un patrimoine personnel, une mémoire collective ou encore une source individuelle de connaissances en perpétuel mouvement, tout cela alimentant le soi des individus. 
Les frontières de ce territoire sont néanmoins poreuses : en dépit de ses vertus, l'accumulation devient une source de tension dès lors que le besoin d'avoir entre en conflit avec, notamment, les injonctions du développement durable et son prolongement la simplicité volontaire, l'économie fonctionnelle, la substitution du bien par l'usage. En somme, l'objet est un entre-deux, lui et son possesseur ; lui et un autre objet ; lui et deux personnes ; lui entre deux mondes : celui de l'avoir et celui de l'expérience, de l'être.



Ce que j'en pense : 

Voici un livre d'étude, de recherche qui s'adresse aux étudiants, chercheurs, mais aussi au grand public. La thématique principale est l'accumulation d'objets, mais cela implique d'autres questionnements et pistes explicatives. 
On peut se reconnaître facilement dans les cas évoqués car dans notre société de consommation, de sur-consommation, avouons-le, on amasse beaucoup aussi. Je suis la première concernée. C'est une occasion de mieux cerner son mode de fonctionnement, de saisir la portée de certaines de nos habitudes. Ce regard extérieur peut faire beaucoup de bien à mon sens. 

Le langage universitaire en guise de style et retranscription de témoignages québécois (expressions traduites en notes, mais perturbantes) va peut-être en rebuter plus d'un. C'est vraiment une lecture pour apprendre et comprendre, pas exactement de détente. 
Encore que, cela dépend des goûts ! 

Un ouvrage intéressant, avec une approche pas si ordinaire que cela (du moins hors des circuits de recherches ou universitaires). A regarder de plus près. 



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 


mercredi 18 novembre 2015

J'ai vu la fin des paysans d'Eric Fottorino



Rentrée littéraire 2015



Le livre :

J'ai vu la fin des paysans d'Eric Fottorino aux éditions Denoël, 224 pages, 15 € 50.
Publié le 15 octobre 2015



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Denoël choisit dans leur catalogue. 
La thématique m'intéressait car si je suis historienne de formation, la géographie et l'économie ne sont jamais bien loin. 


Le pitch : 


L’agriculture fut La première grande rubrique qu’on me confia au Monde au milieu des années 1980. J’y ai appris la France vue du sol, avec ses traditions et ses élans de modernité, ses gestes ancestraux et ses révolutions silencieuses, ses bouleversements profonds alliant l’exode rural à une productivité si performante qu’elle fit craindre pour l’environnement. Au moment de publier ce recueil de textes, je suis saisi d’une sensation particulière face à des événements qui se répètent à l’identique, comme si le monde agricole avait le secret du temps qui ne passe pas. 
Le sociologue Henri Mendras avait fait scandale, en 1967, en annonçant La Fin des paysans. J’ai vu s’accomplir cette prédiction. De crise du lait en crise du porc, c’est un certain visage de la France qui s’évanouit, tandis qu’une agriculture industrielle et financière supplante un ordre éternel des champs désormais révolu. 


Ce que j'en pense : 

Voilà un recueil de textes écrits par Eric Fottorino et publiés pour certains il y a 30 ans, mais qui étrangement gardent un écho contemporain comme si tout changeait pour au final ne pas changer. L'Histoire est un éternel recommencement ? Possible quand on l'observe, mais il y a souvent des nuances. Car oui notre agriculture ne fait ou n'a pas fait pas du surplace pour autant. 
Il y a eu plus d'une révolution technologique, chimique, mais aussi dans les esprits. Ce ne fut pas sans heurts. On a toutes et tous des images de manifestations d'agriculteurs en tête. Aujourd'hui encore, cette filière reste problématique car on ne parvient pas à trouver la voie idéale. 

Les clichés de Depardon sont un plus de ce livre car ils renforcent l'idée que derrière tous ces mots, ces idées, ces mesures, ces politiques, il y a des hommes, des femmes, des familles, des animaux, notre terre, notre France. 

Les problèmes rencontrés aujourd'hui ont des origines plus anciennes qu'on ne veut le croire et donc ces textes nous en donnent la preuve si besoin était et nous aident à y voir un peu plus clair. On peut se perdre si facilement dans les imbroglios politiques et économiques, sans parler des scandales écologiques, de santé publique etc. 
N'oublions pas que l'agriculture représente 54% du territoire français et même jusqu'aux 3/4 si on y ajoute la sylviculture. Ce n'est donc pas un détail. 
Ce livre est un aide mémoire, une piqûre de rappel et en même temps un témoignage sur notre identité française. 

A lire par touche et parfois à feuilleter rien que pour les photos magnifiques. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 



vendredi 13 novembre 2015

Kokoro de Delphine Roux



Rentrée Litteraire 2015 



Le livre : 

Kokoro de Delphine Roux aux éditions Philippe Picquier, 114 pages, 12 € 50.
Sorti le 20 août 2015.



Pourquoi cette lecture : 

Un des nombreux livres de cette rentrée Litteraire 2015 certes, mais qui avec son thème, ses personnages et sa localisation géographique m'invitait au voyage, à l'écoute et à la découverte. Une petite parenthèse ? 



Le pitch : 

Koichi et sa soeur Seki tentent de se reconstruire après la mort de leurs parents dans un accident, lorsqu'ils étaient adolescents. Tandis que Seki se réfugie dans la réussite professionnelle, Koichi, fuyant la réalité, est absent du monde. Mais lorsque ce dernier apprend que sa soeur va mal, il décide d'agir pour que tous deux puissent renouer avec kokoro, le bonheur enfoui de leur enfance. 



Ce que j'en pense : 

Kokoro n'est pas seulement un joli titre qui sonne bien à l'oreille pour ce livre épuré et frais. 
Kokoro, c'est aussi le nom d'une poupée, d'une confidente d'enfant puis d'adulte. J'ai trouvé cela poétique, romantique et si vrai. On a toutes et tous encore des doudous (assumés ou cachés). 
Kokoro est un titre parfait pour ce roman, on s'en rend compte après avoir lu la dernière ligne de celui-ci. 

Livre court à la mise en page un peu originale car chaque "chapitre" ou petite tranche d'existence débute par un mot japonais traduit pour nous. Il donne corps au petit développement qui suit. 

L'écriture est simple, rapide, épurée, mais généreuse à la fois. 
Elle est riche de sens, de vérité, de nostalgie, de simplicité. C'est assez typique du Japon même si là l'auteur est bien de chez nous. Delphine Roux a saisi à merveille ce trait là. Je m'en suis  délectée même si j'ai trouvé que les pages se tournaient si vite. Je me suis laissée bercer par la voix du narrateur qui se livrait de manière pudique et naturelle, avec retenue, mais sans rien occulter non plus. 

Belle histoire à découvrir car si l'existence n'est pas toujours rose, il y a souvent des solutions radicales, mais si simple. 




Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20 



mardi 10 novembre 2015

La ballade de la mer salée d'Hugo Pratt



Rentrée littéraire 2015



Le livre : 

Corto Maltese, La ballade de la mer salée d'Hugo Pratt aux éditions Denoël & ailleurs, 295 pages, 19 € 00
Paru le 10 septembre 2015



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Denoël, choisi dans leur catalogue de publication. 
Je suis toujours dans la découverte du personnage Corto Maltese, mais cette fois, c'est son véritable papa qui va m'y aider : Hugo Pratt. Et pas dans une BD, mais un roman. 



Le pitch : 


De sa célèbre bande dessinée La Ballade de la mer salée, prélude aux vingt-neuf épisodes de la saga de Corto Maltese, Hugo Pratt, peu avant sa mort, avait décidé de faire un roman. Naviguant dans les mers du Sud au milieu des tempêtes, des naufrages et des îles perdues, pirates et aventuriers farouches font souffler un vent de violence extrême tempéré de soudaines bouffées de tendresse. Tous les ingrédients qui ont porté les aventures du Maltais à la dimension d'une légende sont ici réunis pour que le romantique marin nous entraîne une fois encore dans son univers magique, sous la plume d'un auteur dont on découvre que le génie tenait aussi à ses dons d'écrivain.



Ce que j'en pense : 

Restée un tantinet sur ma faim lors de ma première approche avec un autre roman signé Marco Steiner sur Corto Maltese, j'espère beaucoup avec celui-ci. Comme il est signé par le défunt géniteur du héros, je me dis que j'emprunte des sentiers plus balisés, plus sûrs. 
Me voilà donc lancée et c'est un Corto Maltese enfant (10 ans) qui me prend par la main. 
Très vite par la suite, c'est un jeune homme qui prend le relais et je me suis dis : les choses sérieuses commencent. 

Beaucoup de descriptions plantent les décors, les ambiances de chaque scènes. 
De même, les protagonistes nous sont abondamment décris. 
Rien n'est laissé au hasard, tout est sous contrôle. Presque trop encore une fois car je me sens un peu prisonnière de ces ornières. Mon imaginaire est guidé, mais aussi bridé par tant d'informations. Tout ce bien ne m'est pas si bénéfique que cela. Quel dommage ! 

Ceci dit, je découvre comme je l'espérais un peu plus le personnage emblématique qu'est Corto Maltese. Et j'avoue qu'il me plaît assez : beau jeune homme malin et ténébreux, pas mal d'esprit avec une immense capacité d'adaptation à toute situation. 

Le monde de la mer n'est pas le mien. Je suis une terrestre indéniablement. Si j'aime voir la mer, je ne m'y frotte guère ou prudemment. Je ne rentre donc que partiellement dans le récit pourtant loin d'être mauvais. 
Même avec l'univers de piraterie, je ne plonge pas tout à fait. En fait, je crois que même la période historique ne me convient pas vraiment. Je suis plus tournée vers le XVII ème ou le XVIII ème. Oui, je suis difficile car je cherche vraiment la petite bête. Ce roman est bon, intéressant, l'écriture fluide et agréable, mais je ne parviens pas à monter à bord complètement. L'osmose ne se fait pas alors que je pense que ce titre ravira plus d'un lecteur. 




Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20



jeudi 5 novembre 2015

Le crime du comte Neville d'Amélie Nothomb



Rentrée littéraire 2015



Le livre : 

Le crime du comte Neville d'Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 134 pages, 15 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

Depuis plusieurs années, je ne rate jamais le livre qui pour moi marque le lancement de la rentrée Litteraire (la grande) : l'ouvrage annuel d'Amélie Nothomb. 
Pourquoi changer mes habitudes ??? 



Le pitch : 

Le comte Henri Neville est aux prises avec les tourments d'adolescence de Sérieuse, sa fille cadette, la désinvolture de son épouse et ses soucis financiers. Un jour, une voyante lui prédit qu'au cours d'une grande fête il va tuer l'un de ses invités. Cette révélation le bouleverse et il ne cesse de s'interroger sur l'identité de sa future victime.



Ce que j'en pense : 

Je ne m'en cache pas, j'aime la façon dont nous conte les histoires Amélie Nothomb. Elle possède à mon sens le génie de rendre parfaitement crédible l'incroyable alors que l'on sait en même temps que c'est impossible, du moins en l'état. Comme une enfant, je me laisse porter par ses fables plus ou moins alambiquées. 
Pourquoi ? Parce que ces récits sont porteurs de messages plus profonds. 

Certes, on peut les prendre au premier degré. C'est une grille de lecture simpliste, mais possible. 
Personnellement, j'essaie de ne pas dévorer ses courts romans afin de m'imprégner complètement de tous les sens cachés ou non. Après, comme tout lecteur, j'ai mon propre ressenti et mon index de déchiffrage unique. On reçoit, on perçoit un livre, chacun de manière unique. 

Dans le cas de l'opus de cette rentrée 2015, outre la noblesse, le côté tradition, les représentants de l'ordre, de l'Histoire (vieilles familles illustres), de l'élite, du faste, des ors, il y a pour moi une critique de notre société qui ne laisse que trop peu de place à tout ce qui n'est pas mis en scène, en représentation. Le paraitre, l'impression donnée compte plus que tout. La façade ! 
Mais et les fondations alors ? Ce qui est la racine ? Le fondement ? 

Toujours une belle écriture avec des jeux de mots, de situation, de contexte. Un texte signé Amélie Nothomb est multicouche. 

Le final est toujours surprenant même si on le sent arriver. Il est tel qu'il doit être même si on ne pouvait y croire réellement. 

Ce cru est excellent, tout comme la cuvée exceptionnelle servit lors de la garden party. 



Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20



mercredi 4 novembre 2015

Le corbeau de pierre de Marco Steiner


Rentrée littéraire 2015



Le livre : 

Le corbeau de pierre, la jeunesse de Corto Maltese de Marco Steiner aux éditions Denoël & d'ailleurs, 208 pages, 19 € 90. 
Paru le 10/09/2015



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Denoël. 
Comme je ne connais pas du tout l'univers de Corto Maltese (pitié, pas les cailloux, ça fait mal !!!), j'ai eu envie de profiter du fait que les éditions Denoël sortent deux titres avec ce personnage pour le découvrir. Mieux vaut tard que jamais. 



Le pitch : 

Par une nuit noire et pluvieuse sur la côte de la mer d'Ecosse, un groupe d'hommes charge des caisses de whisky et des armes sur un navire à destination des rebelles irlandais. La police arrive, forçant les hommes à s'enfuir dans la nuit. Parmi eux se trouve le père de Corto Maltese, qui décide alors de confier la garde de son fils adolescent à son meilleur ami, le capitaine Kee. Corto va naviguer avec le fils du capitaine et un groupe de solides gaillards : difficile de deviner jusqu'où les mènera leur voyage car à bord de l'embarcation se trouve une mystérieuse statuette de pierre - un corbeau - qui renferme des secrets occultes et ésotériques. 
Au cours de cette incroyable épopée maritime, Steiner parvient à recréer l'atmosphère si singulière qui caractérise l'ouvre d'Hugo Pratt. Truffé de références historiques et littéraires, Le Corbeau de pierre évoque une période fascinante et jusqu'alors inconnue du grand public : la jeunesse de Corto Maltese. 


Ce que j'en pense : 

Corto Maltese est un héros de bande dessinée, mais le retrouver dans un roman n'est pas sacrilège. Cela laisse plus de place à l'imaginaire de chaque lecteur et pour les novices comme moi (je sais qu'il y a toujours des petits nouveaux et c'est tant mieux), c'est un plus car un texte sans support imagé donne plus de temps au lecteur de s'approprier un univers ainsi que de latitude. 
Dans ce livre, on retrouve un Corto Maltese bien plus jeune que celui que l'on connaît ne serait-ce que de loin. C'est donc une nouveauté même pour les connaisseurs. 

On voyage, on navigue, mais c'est autant par la variété des pays, des contrés, que celles des saveurs, des odeurs, des senteurs. Ce roman est une ouverture vers tous nos sens. 
C'est aussi un voyage initiatique, d'apprentissage. Tout n'est certes pas tendre, mais à vaincre sans combattre, on triomphe sans gloire. On n'en ressort donc point grandi. 
Corto Maltese, le plus sage des deux jeunots de cette aventure dans tous les sens du terme, et son ami, plus fougueux, plus tempêtueux, vont vite le comprendre. 

Personnages nombreux et riches, très détaillés dans les descriptions, ils sont tous importants dans cette épopée. Qu'importe qu'on ne les voit que bien peu de temps. Ils nourrissent cet univers si particulier. Ils le servent, le rendent plus palpable, plus vivant. 
Ce texte est visuel, mais pas seulement. Je l'ai dit un peu plus haut, il éveille les sens. 

Cependant j'ai trouvé que l'ensemble manquait un peu de rythme. C'est assez lent, un peu trop. Dommage.  
Mais ce que je regrette le plus, c'est d'avoir pu à peine effleurer le personnage de Corto Maltese. Ce dernier est présent, mais très discret. Trop sans doute surtout que l'intrigue tourne un peu court. J'ai donc le sentiment d'avoir fait un beau voyage, mais le retour au port est un peu abrupt. 




Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20 




jeudi 8 octobre 2015

Moi et le diable de Nick Tosches



Rentrée littéraire 2015 



Le livre :

Moi et le diable de Nick Tosches aux éditions Albin Michel, 418 pages, 22 € 90.



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec Babelio et les éditions Albin Michel. 



Le pitch :


Nick, un écrivain vieillissant, commence à sentir les effets du temps et de la vie qui passe. Comme pour combattre l'inéluctable, il part en quête de jeunes femmes qu'il sait pouvoir impressionner par son raffinement et son érudition. Une nuit, dans un bar de New York, il rencontre l'envoûtante Melissa, avec qui il va vivre une expérience inédite. Mû par une pulsion incontrôlable et quasi animale, il découvre une dimension insoupçonnée d'un plaisir pur et pervers, le goût du sang, et se laisse submerger par une extase spirituelle et sexuelle d'autant plus intense qu'elle est impie. 
Son corps comme son esprit s'en trouvent étrangement revigorés mais bientôt, la soif qu'il cherche à étancher le plonge dans des ténèbres effrayantes. Avec Moi et le Diable, roman dérangeant et virtuose, cru et furieux, qui revisite avec originalité le thème de l'immortalité et du pacte faustien, Nick Tosches s'impose définitivement comme l'un des derniers hors-la-loi de la littérature. 


Ce que j'en pense : 

Voilà une lecture découverte car je ne connaissais pas du tout Nick Tosches, auteur pourtant connu de bien des lecteurs. Il n'est jamais trop tard pour combler une lacune surtout quand on reste assez curieux pour découvrir de nouvelles façons d'écrire. 

Ceci dit, pour apprécier une œuvre ( et ce n'importe laquelle), il faut aussi que celle-ci trouve un écho chez le lecteur. 
Hélas, j'avoue avoir eu du mal à trouver cette résonance et ce dés les premières pages. Je me suis laissée submerger par une prose riche, nerveuse, angoissante, dérangeante. Je n'ai pas pu saisir le sens d'un flot de mots qui m'est littéralement tombé dessus, je m'y suis noyée. C'était le trip de l'auteur, pas le mien. Certaines longueurs m'ont achevé. 

Ce roman n'est pas pour tout le monde, c'est indéniable, mais cela ne signifie pas qu'il n'est pas bon. Il trouvera son public j'en suis certaine. 
C'est un OVNI littéraire, un ouvrage déconcertant, hors norme et cela fait du bien dans le paysage de l'édition. Trop de formatage et on coule. Je regrette juste de n'avoir pas pu, su prendre ce navire sur cette mer de créativité. La prochaine fois peut-être. 



Et s'il fallait mettre une note : 9 / 20