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mardi 16 décembre 2014

Le cercle des femmes de Sophie Brocas


Rentrée littéraire 2014




Le livre : 

Le cercle des femmes de Sophie Brocas aux éditions Julliard, 194 pages, 18 € 50. 



Pourquoi cette lecture : 

C'est une lecture réalisée dans le cadres des Matchs littéraires de la rentrée organisés par Priceminister. 



Le pitch : 

Lia vient d’avoir vingt ans. A la mort de son arrière-grand-mère, elle se retrouve dans sa maison de famille, dans les Landes, avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de la défunte. Durant ces quelques jours de funérailles, de deuil et d’intimité partagée, vient le moment d’échanger ses souvenirs, mais aussi de mettre de l’ordre dans les affaires de l’aïeule. Lia découvre à cette occasion des carnets de notes et des lettres soigneusement consignés dans une boîte à chaussures. 
A sa grande surprise, ces écrits relatent une version bien différente de la disparition du mari de son arrière-grand-mère que celle racontée depuis toujours dans le cercle familial. Poignantes, ces lettres révèlent surtout un destin brisé par la honte et le chagrin. Lia doit-elle garder pour elle un secret jalousement protégé pendant soixante ans par son arrière-grand-mère ? Ces révélations ne risquent-elles pas de déclencher un cataclysme parmi ces quatre générations de femmes ? Et que faire de l’image si lisse, et en vérité si faussée, qu’elle avait de cette très vieille dame ? Comment lui pardonner son mensonge ? Les conséquences de cette falsification de l’histoire familiale s’éclairent peu à peu dans l’esprit de la jeune fille et bousculent son propre rapport à la famille, aux hommes, à l’amour. 
Car c’est toute une lignée de femmes qui semble en avoir été victime, en porter les stigmates. Roman initiatique, "Le Cercle des femmes" démontre qu’un secret de famille marque, radicalement parfois, toute une descendance. Telle cette tribu très attachante qui a laissé peu de place à l’élément masculin dans le huis clos familial, sans jamais en saisir la raison. Lia saura-t-elle transformer ce sentiment de trahison en pardon ? Sa colère en bienveillance ? Saura-t-elle rompre la fatalité du "cercle des femmes" pour s’ouvrir aux hommes et à l’amour ? Servi par une écriture originale, pleine de fraîcheur, "Le Cercle des femmes" est porté par une petite musique qui nous entraîne d’une page à l’autre dans une galerie de personnages féminins aussi touchants que fantasques.


Ce que j'en pense : 

Une lecture de ce genre de temps en temps me fait un bien fou. 
C'est calme, presque reposant sans être jamais ennuyeux. On retrouve des racines, nos racines. On opère un retour vers l'essentiel, des valeurs un peu oubliés, des choses sans fioritures. 

Un décès, c'est le départ d'une personne aimée, parfois un peu incomprise, souvent qui a conservé une part d'inconnu, de mystère même. On peut en découvrir des bribes, c'est un relais qui se passe, l'imagination faisant le reste. Et puis la vérité éclate. C'est brutal, violent pour les personnes concernées, ça vous bouffe, vous lamine... Après on digère, on essaie, on interprète, on suppose, on se questionne, on comprend mieux ou moins bien...

Écriture agréable, qui apaise même si la douleur, le questionnement restent très présent. Voyage dans le temps, l'espace, les esprits, on est transporté par les mots, des mots quotidiens, familiers, mais riches. 
Thématique presque aussi vieille que le monde et c'est sans doute pour cette raison que cela ne peut que nous toucher. 

Situation que j'avais prévu, mais cela ne m'a pas ennuyé au final car justement c'est bien traité, on se prend au jeu, on le vit, on le (re)découvre, on devine, on est avec ce cercle de femmes.
Et enfin, on s'en émancipe... Lentement... Car reprendre le contrôle n'est jamais infaisable. 



Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20 



lundi 17 novembre 2014

Le poison d'amour d'Eric-Emmanuel Schmitt



Rentrée littéraire 2014




Le livre : 

Le poison d'amour d'Eric Emmanuel Schmitt aux éditions Albin Michel, 156 pages , 15 € 00.


Pourquoi cette lecture : 

C'est un partenariat avec Gilles Paris. 
Suite sans l'être vraiment d'Elixir d'amour, j'ai encore envie de lire Eric-Emmanuel Schmitt qui me fait du bien sans que je sache comment il s'y prend. 


Le pitch : 

Quatre adolescentes veulent découvrir l'amour, autant par goût que par pression sociale... Tous les soirs, malgré la journée passée ensemble au lycée, elles échangent des messages délivrant leurs désirs, leurs intrigues, leurs réussites ou leur impatience. Jusqu'au jour où le drame a lieu... Y a-t-il une intoxication par l'amour ? Les idées toutes faites sur l'amour ne forment-elles pas un poison qui empêche de vivre ? Si ces jeunes filles n'avaient pas la tête farcies d'histoires sentimentales, elles auraient abordé différemment ce moment ou, pour les autres comme pour elles-mêmes, elles deviennent des femmes.


Ce que j'en pense : 

Exploration de ce sentiment qui nous obsède tant : l'amour. 
Suite de celle-ci déjà abordé dans "L'élixir d'amour" avec ce nouveau roman, autre facette de l'amour... 

L'idée de nous donner à lire des passages de journaux intimes de jeunes filles n'est pas mauvaise, mais peu novatrice. On se doute déjà un peu de ce que l'on va y trouver car un jour, nous aussi nous avons été des adolescentes. Je parle pour les lectrices. Les lecteurs découvriront eux la visions de cet âge de tous les chamboulements par une vision de l'autre sexe. 

Cela ne loupe pas, on n'est pas surpris par les réflexions... Juste je trouve le ton et le style trop parfait, trop lisse pour être celui de ces jeunes personnes. Cela n'est pas crédible à mes yeux. Dommage la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt est trop belle, un comble non ?
De plus, je n'ai pas eu de réel déclic avec un des personnages. Je suis restée comme bloquée, impossible d'éprouver une véritable empathie. Frustration maximum pour moi. J'avais envie de vibrer, mais pas moyen. Grrrrrrrr 
Et pourtant comme dans "Les feux de l'amour", le soap par excellence, il y en a des rebondissements ! C'est logique, rappelons-nous de cette époque. Pas forcément glorieuse d'ailleurs... 

Belle écriture comme toujours, mais bien que l'histoire reste belle et cruelle aussi, je n'ai pas "marché" cette fois. Ceci étant dit, beaucoup devrait trouver dans ce livre un récit qui les transportera dans une tragédie humaine, presque aussi vieille que le monde. Il y a de quoi ravir plus d'un lecteur. 




Et s'il fallait mettre une note : 11 / 20 




mercredi 5 novembre 2014

Loin de Paris de Jean-Marie Périer



Rentrée littéraire 2014




Le livre : 

Loin de Paris de Jean-Marie Périer aux éditions Kéro, 428 pages, 18 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

C'est dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par la communauté de lecture Babelio et des maisons d'édition partenaires que j'ai reçu cet ouvrage pour en faire une chronique.
Le choix de ce titre s'est fait par le thème (aimer l'existence loin du monde et de l'agitation), par l'envie de découvrir la personne de Jean-Marie Périer que je connais fort mal, voir pas du tout hormis par son géniteur biologique, affaire qui fit les choux gras d'une certaine presse à sensation. Bref...



Le pitch : 

« Mais tu ne t’ennuies pas là-bas ? Cette phrase-là, mes amis parisiens me l’ont tous sortie au moins une fois. D’abord, à part à l’école, je n’ai jamais connu l’ennui, ensuite malgré ma tronche de ludion métissé, il semblerait que j’aie contre toute attente une vie intérieure m’aidant à surmonter les longues soirées d’hiver. Et puis ici à Villeneuve, contrairement à la capitale, on ne gémit pas. On est gentil avec les chiens et même avec les étrangers. 
On ne se lève pas le matin pour être “contre”, pour dire “NON”, pressé de se plier ainsi à l’hégémonie du ricanement systématique de l’intelligentsia dominante, ou au cynisme des petits-bourgeois déguisés en prolos arborant Che Guevara sur des tee-shirts Prada. Ici, quand on est branché, c’est sur la tondeuse. »  De l’Aveyron à New-York, de Françoise Hardy à Jean Batut, boucher à Villefranche-de-Rouergue, Jean-Marie Périer nous entraîne à la rencontre de ses amis, célèbres ou anonymes, en 100 portraits dans un livre humain, riche en anecdotes et empreint d’humour.



Ce que j'en pense : 

Je peux dire que j'ai sauté à pieds joints dans cette lecture. Je m'y suis sentie très à l'aise dés l'introduction de l'auteur qui même si je ne le connais que fort mal m'a fait une excellente impression. Est-ce parce que je trouve aussi que la recherche perpétuelle de la gloire, de la fortune, des honneurs et j'en passe, me semble aussi vaine que dérisoire par rapport à ce que la vie peut véritablement nous offrir ? Est-ce parce que je trouve que les relations avec autrui  sont le plus souvent biaisées dés que l'on ne représente plus rien pour cet autre ? Cela est fort probable. Il y a aussi certainement un amour commun pour l'Aveyron et la Lozère voisine, les vrais gens qui ont la seule richesse qui vaille : l'authenticité. 

Recueil de ses articles publiés depuis 10 ans dans le journal local, le Villefranchois, cela se lit par petits bouts. Des portraits de personnes connues ou non qui touchent notre fibre humaniste, même quand on vire limite sociopathe de haut niveau depuis quelques temps. 
Jean-Marie Périer ne fait que des portraits élogieux, mais il le dit lui-même : pourquoi écrire sur des personnes que l'on n'aime pas ? Imparable ! 
Il souhaite rendre hommage, souligner des qualités qui passeraient inaperçues au premier regard. Il trouve pour cela les mots justes, simples parfois, mais si difficiles à placer car on les trouve trop pauvres pour exprimer ce que l'on a véritablement au fond de notre cœur. 

A noter que Jean-Marie Périer étant photographe au départ, et qu'il continue de l'être, il fait débuter chacun de ses portraits écrits par un cliché s'y rapportant. La boucle est bouclée toujours en simplicité par celui qui reste un homme expérimenté, mais pas trop aigri par la vie. 

C'est gai, respire la France de nos campagnes et qu'on aimerait retrouver plus souvent, simple comme du bon pain et pourtant Dieu que cela semble loin. Un paradis perdu ? Lisez donc ces pages et déjà vous l'aurez en partie retrouvé. 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20


jeudi 16 octobre 2014

Barbarie 2.0 d'Andréa H. Japp



Rentrée littéraire 2014



Le livre : 

Barbarie 2.0 d'Andréa H. Japp aux éditions Flammarion , 436 pages, 21 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec Gilles Paris. 
Un titre qui m'intriguait car je connaissais fort bien les talents d'Andréa H. Japp en tant que traductrice des romans de Patricia Cornwell, mais aussi un peu son propre don pour les intrigues assez diverses (historiques, comiques, thriller...). Il m'en faut peu en somme, mais je suis d'une nature très curieuse donc... Je laisse rarement passer une occasion. Et oui, je suis faible également car je ne sais pas résister. 



Le pitch : 

Un avocat général retraité, Thomas Delebarre, est retrouvé sauvagement poignardé dans sa villa de Mougins. On découvre des fichiers pédophiles sur son ordinateur. Son frère ainé, Charles, et sa nièce, femme d'un milliardaire assez mystérieux, exigent que la vérité soit faite. 
Aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Belgique, des gens bien sous tous rapports décèdent dans des circonstances ultra-violentes.
Yann Lemadec, diplômé de psychologie et de chimie, devenu analyste au ministère de l'Intérieur, est chargé par Henri de Salvindon, ponte de la DCRI, d'enquêter sur le Pr Alexandra Beaujeu, une ancienne neurologue dont le fils, Colin, âgé de 16 ans a été massacré quinze ans plus tôt par trois délinquants. Tous trois sont morts dans des circonstances troublantes après leur sortie de prison. Or, Thomas Delebarre avait été l'avocat général au procès en appel. On lui avait reproché un réquisitoire que d'aucuns trouvaient trop clément. Cependant, Yann juge la culpabilité du Pr Beaujeu peu probable. En dépit de sa pugnacité, il s'agit d'une femme cassée par le meurtre de son fils. Elle a adopté un petit garçon du Cap-Vert : Grégoire, aujourd'hui 24 ans. Son ex-mari, Terence Osborne, père de Colin, n'a pas pu se remettre de la mort de son fils et a disparu de la circulation. 
Artémis une Française et Apollo un Canadien, rythment le roman de leurs échanges via internet : réflexions sur l'actualité ou les changements de civilisation, retranscriptions des conférences d'un neurobiologiste américain mondialement réputé, le Dr Ariel Goldberg. 
Yann se fait aider, en cachette, par Lucy Dormois, une analyste informaticienne de l'Intérieur. Il s'interroge sur l'intérêt véritable d'Henri de Salvindon pour cette affaire.
Entre fascination et répulsion, Yann s'approche d'un monde en guerre souterraine, une guerre implacable, où la détermination, l'intelligence et le profit font rage. 
Thriller haletant, le roman dresse aussi un tableau inquiétant des dangers auxquels fait face, sans le savoir, une humanité déboussolée. Une humanité que de puissants intérêts souhaitent désinformée et obéissante, fascinée par ses nouveaux jeux. Du moins tant qu'elle peut payer.



Ce que j'en pense : 

Je sais par expérience qu'Andréa H. Japp ne laisse que rarement se glisser dans ses écrits des éléments liés au hasard. Elle cherche, se documente en amont de la phase d'écriture. 
J'ai appris via l'éditeur qu'en effet, pour ce titre aussi, elle avait beaucoup travaillé (note de l'éditeur ci-après) : 

"Durant deux années, l'auteur a réuni de nombreuses affaires criminelles qui illustrent l'inquiétante progression de la violence "gratuite". Surtout, elle s'est intéressée aux récentes études en neurosciences – citées dans le roman – consacrées aux dysfonctionnements comportementaux, aux addictions et à la sur-agressivité. Elle retrouve ici sa formation de docteur en biochimie, toxicologue de recherche, en revenant au roman contemporain avec ce thriller pré-apocalyptique à la pointe des dernières découvertes scientifiques. Les racines de la barbarie 2.0 sont abordées sous un angle neurobiochimique mais également économique. Car la violence est aussi un juteux marché."

Cela pose un roman aussi "fictionnel" soit-il. Et justement, si on est dans un récit aussi bien construit, c'est qu'il repose sur des faits réels légèrement transformés. 
Crédible, l'intrigue se tient bien, mais c'est aussi glaçant pour nos sangs car ce n'est pas seulement le fruit de l'imaginaire d'une auteure prolifique. Les chiffres, les données statistiques  me donnent véritablement l'impression que nous vivons dans un monde fou. La barbarie est partout même là où on ne l'attend pas. Pour un peu, on deviendrait largement aussi méfiant que certains protagonistes. 

Roman résolument tourné également sur les nouvelles technologies qui peuvent dérouter quelques lecteurs de la vieille école. Il est possible qu'ils se sentent d'autant plus perdus et vulnérables. N'est pas un NERD qui veut. 
Et puis, il y a l'aspect scientifique axé sur le fonctionnement de notre cerveau. Il est un brin stimulé par l'évocation des publications dans ce domaine et surtout si tout ceci est bien vrai, on se dit que beaucoup de problèmes neurobiologiques pourraient être évités, diminués, voir éradiqués avec peu de moyens. Mais effectivement comme le dit le personnage nommé Ariel Goldberg, je dois avoir un mauvais esprit car ce n'est peut-être pas assez cher (ça ne rapporte pas assez quoi). 

Personnages marqués et quelques fois marquants donc pour ce roman. 
On a assez vite nos petits préfèrés, protégés. Lucie Dormois par exemple. Pas une jeune première, mais une femme qui sait faire mouliner ses neurones et qui adore les douceurs. Je n'oublie pas non plus la jeune Artémis. Attachante, courageuse et si aimante aussi envers Jeanne.  Et d'autres encore que je vous laisse découvrir. 
Ça foisonne et les liens se resserrent. Bel imbroglio. 

Écriture soignée et factuelle. 
C'est efficace, bien rythmé, cadré et maitrisé. Limite scientifique, mais à la vue du thème, c'est plutôt un plus. 
Une trame bien menée de bout en bout même si le final m'a laissé un brin sur ma faim. 




Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20.



mercredi 8 octobre 2014

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt



Rentrée littéraire 2014



Le livre : 

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt aux éditions JC Lattès, 363 pages, 19 € 00. 



Pourquoi cette lecture : 

Je n'ai lu qu'un autre titre de Grégoire Delacourt et peut-être pas le plus connu des trois romans qui précèdent celui-ci : La première chose qu'on regarde. 
J'en ai gardé un bon souvenir, sans plus. Une lecture pas si mal, mais avec l'impression que l'auteur pouvait faire mieux encore. 
On ne voyait que le bonheur sort pour cette rentrée littéraire et j'en ai entendu parler dés le mois de juillet. Il m'a attiré tout de suite. Il me semblait que j'allais peut-être trouver justement l'ouvrage où l'auteur allait nous donner le meilleur de lui-même. 



Le pitch : 

"Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde. 
Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ?". A force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. 
Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.



Ce que j'en pense : 

J'ai toujours trouvé sordide le fait de voir quantifier en monnaie sonnante et trébuchante une existence par nos assurances. Comme si un vie se résumait à une valeur monétaire. Comme si on gommait tout ce qui fait et caractérise un individu. 
Rien que d'y penser cela me fait froid dans le dos et pourtant si je reste un tant soit peu rationnelle, je me rends bien compte qu'il fallait bien faire quelque chose. Un chèque cela ne peut pas combler l'absence d'un être cher, mais il faut bien essayer de vivre avec ce manque. L'argent est juste un moyen, un outil comme tant d'autre pour y parvenir avec un minimum de dignité. 

Chaque chapitre de ce livre est une petite histoire, une destinée de cette famille qui bascule, une prise de conscience et c'est toujours relié à une somme d'argent, une donnée chiffrée. Cette somme peut être modique car elle indique surtout un espace temps qui marque le basculement, une activité quotidienne et hop, on est de l'autre côté. 
On suit les personnages de cette famille au grès de ces moments, de ces instants. On remarque l'évolution de leur existence. On apprend à les connaître, on s'habitue, ils deviennent des familiers. 

Antoine notre narrateur ne nous fait pas rêver. J'oserai presque dire au contraire qu'il pourrait sans peine nous plomber pour de bon le moral. Cette réalité, sa réalité est proche de la notre et donc on s'identifie forcément un peu. Ceci dit ce sont des cumulards des ennuis et de l'ennui. 
Pas de grands héros, juste du quotidien et des gens ordinaires. Glaçant ! 

Quand viendra le drame ce sera pire encore ! 

J'ai aimé les deux tiers de la première partie (l'ouvrage en compte trois), puis je me suis lassée. Trop répétitif. Trop de malheurs. Envie de lire autre chose que cette liste de catastrophes. 
Ensuite, j'ai décroché un moment avant de tenter une nouvelle immersion dans ce roman, mais il est bien compliqué de raccrocher les wagons par la suite. 

Le chapitrage qui au début donnait une impression de rythme devient presque agaçant. Comme quoi des qualités peuvent devenir des défauts en quelques dizaines de pages. 
Dommage car cela renforce une impression de gâchis. 
Le sujet et l'angle d'attaque était fort intéressants. 

Heureusement les miracles arrivent de temps en temps et après un moment de galère, j'ai repris goût à ma lecture. Un gros passage à vide qui marque tout de même mon impression globale mitigée. 
Dommage. 


Et s'il fallait mettre une note : 11 / 20 




jeudi 2 octobre 2014

Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler



Rentrée littéraire 2014 



Le livre : 

Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler aux éditions Les Arènes, 316 pages, 20 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

C'est le livre événement de cette rentrée et pas seulement littéraire. 
On a tout dit, tout entendu sur cet ouvrage et ce même avant sa parution. 
Je ne suis pas du tout portée sur les ragots, le voyeurisme ne m'intéresse pas plus. 
J'ai voulu lire ce livre pour mieux comprendre ce qui cloche dans notre société actuelle au sens large car ce qui se passe chez nous ou dans la classe politique, c'est bien bonnet blanc et blanc bonnet. Tout est lié. 
Je ne vais pas tout prendre pour argent comptant, mais je pense y trouver un son de cloche qui s'il n'est pas neutre (et pour cause), saura néanmoins ne pas sonner totalement faux. C'est de l'histoire immédiate et les sources valent ce qu'elles valent. Prendre du recul après la lecture sera indispensable, mais je pense en être capable car je n'ai pas tout oublié de la méthodologie universitaire, de l'analyse et de l'interprétation des sources en tant qu'historienne. 



Le pitch : 

Un jour, un amour violent a incendié ma vie. Il avait quatre enfants. J'en avais trois. Nous avons décidé de vivre ensemble. Mais la politique est une passion dévorante. Parti de très loin, François Hollande a été élu président de la République. J'ai été aspirée dans son sillage. Le pouvoir est une épreuve pour celui qui l'exerce, mais aussi pour les siens. A l'Elysée, je me sentais souvent illégitime. La petite fille de la ZUP en première dame : il y avait quelque chose qui clochait. J'ai appris l'infidélité du Président par la presse, comme chacun. Les photos ont fait le tour du monde alors que j'étais à l'hôpital, sous tranquillisants. Et l'homme que j'aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu'il a dicté lui-même à l'AFP, comme s'il traitait une affaire d'Etat. Tout ce que j'écris dans ce livre est vrai. Journaliste, je me sentais parfois à l'Elysée comme en reportage. Et j'ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour.



Ce que j'en pense : 

Valérie Trierweiler ne compte pas semble-t-il vouloir tout déballer de sa vie privée après avoir assez farouchement tout verrouillé, mais donner juste ce qu'il faut pour faire taire les rumeurs, les allégations les plus folles etc. Pourquoi pas, mais l'exercice est passez-moi l'expression "casse gueule". On l'attend au tournant et vu les réactions avant même la sortie de son livre, puis lors de sa diffusion, j'avoue que je reste un peu perplexe devant autant de haine et propos réducteurs. Encore une fois, on juge sans connaître, on se barricade d'idées préconçues. C'est tellement plus commode. 

J'ai décidé de lire sans prendre parti. 
Je lis, mais surtout j'écoute une femme qui témoigne.  C'est une femme comme les autres.  À un détail prés, c'est notre ancienne première dame de France, mal aimée pour diverses raisons dont surtout celle-ci : elle n'était pas dans le moule. Sa vie, on la voulait en place publique, alors après avoir pris elle-même quelques temps de recul, elle déballe pour remettre les pendules à l'heure. 
Cela reste bien formulé néanmoins. On sent que sa formation de journaliste n'y est pas pour rien. Ouf, on échappe au pire (?). 

Il est évident que Valérie Trierweiler ne va pas noircir à dessein sa narration des faits la concernant. On se tire rarement une balle dans le pied volontairement. Elle reste la "victime", mais garde une certaine lucidité car elle admet avoir fait des erreurs également. 
Ses propos sur notre actuel président sont assez cliniques, propres, mais l'effet sur son image déjà fortement dégradée sont dévastateurs. Quand un navire prend l'eau et coule, c'est juste une question de temps après tout. Cependant dans ce cas précis, des dégâts collatéraux sont possibles. 

Déjà à l'époque des faits, j'avais trouvé que l'on avait traité le cas Trierweiler comme un simple dossier. Une déshumanisation que l'on retrouve de plus en plus dans notre administration. Celle de l'Elysée bien que supérieure ne fait pas mieux. 
Je trouve donc le ton de Valérie Trierweiler assez posé, bien loin de ceux d'une femme ivre de colère. Alors oui, il y a de l'amertume, des regrets, de l'aigreur aussi et même un peu de colère, mais n'importe quel individu passant par un tel parcours en ressentirait. Ce qui choque, c'est vraiment la manière de faire même si certains points mériterait d'être vérifiés, d'autres sont des faits attestés. 
Même si elle connaît bien les rouages de la vie politique, on n'est pas forcément fait pour cela. Elle est armée, mais les vagues sont énormes et les écueils sans doute trop nombreux. Et puis, il faut être épaulé, aidé, soutenu... Sinon on ne peut pas lutter éternellement. On s'épuise. 

Valérie Trierweiler possède un caractère bien trempé et j'apprécie cela. Après... On n'est pas obligé d'être en accord sur tout. 
Elle ne se lamente pas. Elle raconte une épreuve. Elle dira elle-même que ce n'était point un drame, que d'autres ont souffert bien plus encore. 
Sa maîtrise du monde politique, de ses codes et de ses manières l'aideront indéniablement comme je l'ai déjà souligné. Dans cet univers, les règlements de compte sont courants et avec plus ou moins de classe. Les hommes sont lâches et les présidents ne sont pas plus courageux en matière d'histoire d'amour et de fins de relation. 
Le ton est dur envers les ennemis, mais chaleureux pour les autres. Les mots ne sont pas mâchés. Ça pique, ça tranche, ça dégomme. 

Reste qu'elle aura aussi des propos tendres envers François. Elle lui reconnaît des qualités, mais aussi des failles. 
Je la trouve même encore douce envers celui qui l'a tant fait souffrir. Je n'ai pas eu le sentiment qu'elle était injuste, ni hystérique, ni calculatrice. Au contraire ! On est loin de l'assassinat politique d'un homme de pouvoir comme on le martèle dans les médias. C'est pour moi un procès d'intention qui n'a pas lieu d'être. On critique, on fait du bruit parce que c'est plus vendeur. 

J'ai noté que le style général est bon. Sans trop de fioritures, on y reconnaît la griffe journalistique, mais aussi l'amoureuse des livres. Valérie Trierweiler  a depuis des années troqué la rubrique politique contre celle moins polémique (encore que la preuve) des pages littéraires. 
C'est un livre témoignage comme on en trouve tant d'autres dans les rayonnages de nos librairies. Ce n'est pas du déballage gratuit. Valérie nous donne des informations afin de mieux comprendre ce qui s'est passé, mais rien de impudique, juste l'essentiel. 

À lire au calme...


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20



mercredi 24 septembre 2014

Constellation d'Adrien Bosc



Rentrée littéraire 2014




Le livre :

Constellation d'Adrien Bosc aux éditions Stock, 192 pages, 18 € 00.



Pourquoi cette lecture : 

Avant même de voir ce livre un peu partout, c'est un passage de l'auteur sur les ondes de France Inter fin août 2014 qui m'a décidé à me plonger dans sa prose. 



Le pitch : 

Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d'Air France, le Constellation, lancé par l'extravagant Mr Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. 
Le 28 octobre, l'avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l'île Santa Maria, dans l'archipel des Açores. Aucun survivant. 
La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n'est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l'enchaînement d'infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l'avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend "nécessaire" ce tombeau d'acier ? Et qui sont les passagers ? Si l'on connaît Marcel Cerdan, l'amant boxeur d'Édith Piaf, si l'on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l'auteur lie les destins entre eux. 
Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit.



Ce que j'en pense : 

On se plonge immédiatement dans ce récit de destinées déjà connues ou non. Pas besoin de tour de chauffe, c'est prenant, on est happé. 
Oui, même par quelques détails techniques sur l'histoire des Constellation. Par le pourquoi aussi et le comment telle ou telle personne se trouvait sur ce vol et pas un autre. 
N'oublions pas qu'à cette époque on ne voyage pas comme aujourd'hui. Prendre un transatlantique ne se fait jamais à la légère. Il faut de l'argent, beaucoup d'argent et un but bien précis, un objectif. L'auteur nous expliquera cela fort bien. 

L'écriture est fluide et réaliste au point de recréer fidèlement (je le crois) l'ambiance de ce vol. Mais plus loin, la machinerie s'enraille un peu. Il y a de plus en plus de va et vient, de digressions, d'apartés plus ou moins bien reliées au sujet de départ. La lecture reste agréable, mais on ne sait plus trop l'on va. Comme le pilote du Constellation, on n'est plus sur la bonne route. Heureusement point de crash pour nous. 

Sujet audacieux et approche sympathique, fouillée, mais parfois confuse. C'est un bon premier roman qui laisse présager d'autres ouvrages plus aboutis.  
Un auteur à suivre. 



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 




vendredi 19 septembre 2014

Journal d'un foetus de Benjamin Taïeb



Rentrée littéraire 2014




Le livre : 

Le journal d'un fœtus de Benjamin Taïeb aux éditions Lunatique, 52 pages, 6 €.



Pourquoi cette lecture : 

Lecture faite lors d'un partenariat avec le site Libfly et une kyrielle de maisons d'édition indépendantes de tailles très diverses. Oui parce que la rentrée littéraire n'est pas réservée qu'aux plus grands noms !  
Vive la diversité et notre richesse éditoriale ! 



Le pitch : 

Même la bouche pleine de liquide amniotique, ce fœtus ne peut s’empêcher de l’ouvrir. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, dépourvu encore de sa première dent, il ne manque pas de mordant. Monologue intérieur — et pour cause —, ce court roman dresse un portrait sans complaisance d’une société de consommation où le bonheur s’achète à crédit sur 20 ans, pourvu qu’on fasse illusion. De sa « caverne » utérine, le fœtus semble bien être le seul à porter un regard lucide sur ce monde où il n’est pas encore né.
Vivifiant et méchamment drôle, Journal d’un fœtus apporte une bouffée d’oxygène quand il se lit d’une traite.



Ce que j'en pense : 

Lecture faite dans le cadre de l'opération La voie des Indés de Libfly. 
Je suis très contente d'avoir eu ce texte certes court à lire car c'était sans doute celui que je voulais le plus découvrir dans la liste des titres proposés.Ce n'est d'ailleurs pas ma première expérience avec le catalogue des éditions Lunatique qui propose justement des titres intéressants et parfois assez différents.

Je ne suis pas déçue par le ton donné par l'auteur à son livre. Ah ça dépote comme on dit et c'est même pas politiquement correct de faire parler ainsi un fœtus de ses parents, du monde qu'il ne connaît pas encore, mais qu'il cerne pourtant si bien. 
Ah la quatrième de couverture ne mentait pas ! 

Côté mise en page, j'aurai apprécié avoir un texte plus ajouré. C'est plus agréable à l'œil et oui, je ne suis pas fan des gros pâtés de caractères sans retour à la ligne ou saut de ligne de temps en temps. 

Pas de temps mort néanmoins, on lit d'une traite ce livre court, mais qui en dit long sans langue de bois. 
A ne pas forcément glisser comme présent dans une liste de naissance si la future maman n'a pas beaucoup d'humour et de recul face à notre monde moderne. Pensez donc, les hormones, ça vous chamboule une femme. Mais par la suite, pourquoi pas. 


Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 



mercredi 17 septembre 2014

Louise de Julie Gouazé



Rentrée Littéraire 2014



le livre : 

Louise de Julie Gouazé aux éditions Léo Scheer, 159 pages, 18 € 00.



Pourquoi cette lecture :

C'est un partenariat avec Gilles Paris. 
Une occasion de découvrir d'autres titres de la rentrée littéraire 2014 et des premiers romans. J'adore ça. 



Le pitch : 

" Louise va bien. C'est un principe de base. Une loi fondamentale. Alice est enfermée, Jean est perdu, Marie et Roger ont pris quinze ans dans la figure. Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour entamer Louise ! Elle est forte. C'est un soleil et le soleil ne s'éteint pas. Même la fée Clochette se remet à briller quand on recommence à croire en elle. " 
La soeur de Louise, Alice, se noie dans l'alcool. 
Roger et Marie, leurs parents, les noient dans un trop-plein d'amour. Louise, elle, va tout faire pour garder la tête hors de l'eau. 
Roman à l'écriture affûtée, Louise plante son scalpel au coeur des relations familiales. Autopsie d'un bonheur obligé, d'un débordement d'affection qui provoque l'asphyxie, il est un lumineux récit d'apprentissage et une formidable leçon de vie.


Ce que j'en pense : 

C'est un premier roman et je le trouve très abouti. Cela promet vraiment pour les suivants. 
Je me suis plongée dans ses pages très aisément. J'ai vite compris l'état dans lequel Louise allait se retrouver après que sa grande sœur Marie, si centrale dans son existence, va plonger dans un enfer éthylique. 
Compliqué à expliquer, simplement avec des mots, mais que l'on ressent fort bien au fil des pages. 

Louise va être en même temps actrice et ultra passive durant les années du drame. Car oui, c'est une situation qui évolue, qui s'aggrave... 
Louise va se démener. 
Louise va lâcher prise. 
Louise va vivre sa vie, essayer du moins, trouver des buts, des causes à défendre...
Louise va pourtant se perdre...
Louise est restée comme en panne sur le bord de la route à la veille des épreuves du bac. Elle va ensuite traverser un tunnel dont l'issue est lointaine et plus qu'incertaine. 
On va vivre tout cela avec elle. C'est fort, c'est intense, c'est épuisant aussi, mais nous on peut refermer le livre et reprendre le court de notre existence. Pas Louise. 

A noter donc pour ce livre : 
Une écriture  bien rythmée par un chapitrage dynamique. 
Des mots bien choisis et effets garantis pour le lecteur, sinon on a un cœur de pierre. 
Des lieux évoqués qui me sont plus ou moins familiers donc forcément ça me parle davantage. 
Un drame familial hélas presque trop banal de nos jours, mais des protagonistes qui puisent dans l'amour et leur volonté un courage plus rare. 

A découvrir car c'est un des très bons romans pas toujours très gais de cette rentrée littéraire, mais il vaut le détour. 



Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20



mercredi 10 septembre 2014

Pétronille d'Amélie Nothomb



Rentrée littéraire 2014



Le livre : 

Pétronille d'Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 169 pages, 16 € 50.



Pourquoi cette lecture : 

Une rentrée littéraire n'est pas une rentrée littéraire sans un opus d'Amelie Nothomb. Je suis une inconditionnelle, j'assume et m'y plonge chaque année avec l'envie d'être surprise. 



Le pitch : 

"Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans".



Ce que j'en pense : 

On ne sait jamais comment va être le Nothomb de l'année et j'adore cela. 
Elle a beau publier comme un métronome, le contenu de ses ouvrages est à chaque fois une nouvelle cuvée différente tantôt sage, tantôt un peu autobiographique, tantôt enfantin en apparence, voir complètement barré ! 
Avec Pétronille, on a un nom déjà qui sonne et résonne dans l'esprit. C'est doux et chatouilleux en même temps. Un peu comme le champagne du début du livre, mais aussi pour toutes les autres bouteilles qui suivront. Ça vous réveille, ça vous titille, ça vous enivre un peu, beaucoup, ça vous emporte...

Un Nothomb, cela peut s'avaler d'un trait, très vite, sans presque respirer. 
Personnellement, je savoure chaque phrase. Je prends mon temps, je flâne dans ces intrigues ordinaires pas banales. Contresens ? Même pas, c'est tout l'écriture d'Amelie ça. 

Écriture toujours pure et musicale, qui fait mouche grâce à un choix des termes évident, mais qui souligne aussi le travail de l'auteur, sa folie et / ou son génie. 

Cet opus m'a beaucoup plu et il a le mérite aussi de pouvoir redonner le sourire, bien que l'atmosphère devienne lourde, pesante, voir glauque...  

Une cuvée 2014 pétillante, rafraîchissante (même si les températures au moment de ma lecture auraient pu être un poil plus haute sans que cela m'ennuie), drôle, légère comme les bulles d'un excellent champagne. 
Et puis, un final bien différend qui confirme que les comiques sont aussi les meilleurs dramaturges. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20




lundi 8 septembre 2014

Avis à mon exécuteur de Romain Slocombe




Rentrée littéraire 2014




Le livre : 

Avis à mon exécuteur de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont, 504 pages, 21 € 00.  



Pourquoi cette lecture : 

J'ai lu cet ouvrage bien avant sa sortie en librairie lors de l'édition de l'opération : "On vous lit tout" de Libfly, Le furet du Nord, etc... En version numérique et épreuves non corrigées. 



Le pitch : (rédigé "maison")

Le "général Krebnitsky" est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel aux États-Unis où il résidait déjà depuis quelques années. 
Les forces de l'ordre tirent hâtivement les conclusions de cette disparition : un suicide. 
Certains comme sa veuve ou son avocat ne peuvent croire en cette possibilité et vont tout faire pour démontrer que cette mort prématurée n'est pas celle que l'on veut bien leur faire croire jusqu'à ce qu'ils se rétractent. 
Pourquoi ? Il semble que le gibier soit de taille. L'ombre du petit père du peuple plane... Staline, voilà un nom qui en fait trembler plus d'un... 


Ce que j'en pense : 

Cette lecture étant faite presque en aveugle (pas d'informations sur la trame, le sujet du livre puisque nous sommes plusieurs semaines avant sa sortie officielle en librairie...), je découvre tout au fur et à mesure. J'apprécie cela car ma lecture n'est pas polluée par un trop plein d'impressions ou d'éléments informatifs sur le contenu de ces pages. 

J'ai plongé avec plaisir dans cette ambiance sombre propre aux intrigues des milieux de l'espionnage. 
Il y a des sigles partout, des missions secrètes, des agents à éliminer... Oui, sauf que cela touche toute une partie de la population civile. C'est un peu plus cruel qu'un bon James Bond et aussi moins sophistiqué. C'est aussi plus tristement réaliste. L'Histoire n'est pas si souvent grandiose, ni même aussi glorieuse qu'on veut nous le faire croire. 

On a l'impression d'y être grâce au style "confession" du narrateur. Il nous expose ses souvenirs, son passé, ses rencontres, ses expériences... 
On ne s'y perd pas trop parce qu'il garde une certaine logique et qu'il nous donne les clefs élémentaires pour une bonne compréhension de cet imbroglio politique et historique. À noter que le nombre des protagonistes est plus qu'important, mais aussi on parvient à s'y retrouver malgré tout. 
Cela reste un récit qui plaira tout particulièrement à celles et ceux qui apprécient les histoires de guerre. Nous sommes dans les années qui précèdent le second conflit mondial et ensuite qui le jalonnent.  

A la lumière de toutes ces intrigues internes et jeux d'alliances, je trouve qu'il n'est plus possible de ne plus voir l'actualité avec le même œil. Sans virer à la paranoïa, on se dit que le monde n'est qu'un vaste jeu d'échec et que les histoires d'influence des courtisans dans les cours royales d'antan ne sont pas si démodées que cela. Les affaires de poisons ont également pignon sur rue. 

Fiction et réalité se mêlent pour donner une histoire pas plus folle que bien d'autres sorties de l'esprit d'écrivains. Difficile pour les profanes de tout démêler, mais de très bons documents finaux nous y aident. 
Un ouvrage pas tellement exigeant en lui-même, mais qui devrait trouver un public d'amateurs pour le coup exigeant, lui ! 



Et s'il fallait mettre un note : 13 / 20