lundi 16 octobre 2017

Cath et son chat tome 2 d’Yrgane, Ramon, Christophe Cazenove, Hervé Richez



Le livre :

Cath et son chat tome 2 d’Yrgane Ramon, Christophe Cazenove, Hervé Richez aux éditions Bamboo, 48 pages, 10 € 60.
Publié le 16 janvier 2013



Pourquoi cette lecture :

J’ai emprunté ce second volet des aventures de la jeune Cath et de son chat Sushi en médiathèque car le premier tome avait été une bonne expérience de lecture pour toute la famille.



Le pitch :

Sushi le chat a pris ses marques dans la maison. Il a visité toutes les pièces, laissé son odeur sur le moindre recoin, a repéré le placard à croquettes et à friandises. Côté confort, il n’a que l’embarras du choix, le moelleux du canapé, la chaleur du fauteuil, la douceur des gros coussins. Aucun doute, Sushi est ici chez lui ! Ce que se demandent Cath et son père, c’est s’ils sont encore chez eux ou si désormais ils habitent chez leur chat !



Ce que j’en pense :

Qui a un chat dans son foyer, sait très bien qui est le véritable maître à la maison. Nos fauves de salon savent indéniablement nous domestiquer…

Ce second tome, complètement dans la même veine que le premier, confirme mes impressions d’alors. C’est frais, drôle, non dénué de dérision (pour les « maîtres » de chats, c’est carrément de l’autodérision) et il y a aussi de l’amour pour ces boules de poils qui nous en font voir de toutes les couleurs.

Cela se lit vite, mais on peut très bien y revenir dans quelques temps avec le même plaisir. C’est également une BD tout public qui ravira les petits, mais aussi les grands. Elle donnera le sourire à chacun et rappellera des souvenirs cuisants à certains pourquoi pas…  

Format assez classique, succession de gags qui finissent par former un tout, on ne s’ennuie pas un seul instant.
Couleurs toujours pimpantes, actions quasi permanentes, personnages caricaturaux (encore que…), gags assez réalistes (pour qui connaît les chats), on a tout, vraiment tout pour un bon album BD du genre.

Une lecture à conseiller aux amoureux des chats, mais pas que…



Et s’il fallait mettre une note : 14 / 20


lundi 9 octobre 2017

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb


Rentrée littéraire 2017




Le livre :

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel, 180 pages, 16 € 90.
Publié le 23 aout 2017



Pourquoi cette lecture :

Pas de rentrée littéraire sans son Amélie Nothomb, c’est bien cela ? Pour moi, c’est complètement cela depuis une bonne dizaine d’années. C’est comme une friandise qui se déguste presque toujours au même moment dans l’année.



Le pitch :

"Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie", Alfred de Musset.



Ce que j’en pense :

Le thème abordé dans l’opus de cette année ne me semblait pas évident. J’avais des craintes purement personnelles, mais au final, j’ai lu d’une seule traite ce roman relativement court.
En effet, une fois que je me suis lancée dans ces pages, je n’ai pu le lâcher avant d’arriver à son terme.

Le style inimitable d’Amélie Nothomb y est évidemment pour quelque chose. Je l’apprécie et je replonge chaque année dans sa verve avec un plaisir toujours renouvellé. Reste que chaque titre possède ses particularités. Comme ses « petits » frères, il partage des cellules souches, mais possède son propre ADN unique. J’ai donc aussi naturellement mes préférences et pour le petit dernier, on frôle le coup de cœur même si l’expression ne me paraît pas complètement adéquate dans ce cas précis.

Diane aurait pu être moi car je suis aussi née dans les années 70. Mais que les plus jeunes lecteurs se rassurent, l’époque importe peu finalement. Le fond de l’histoire est tellement plus global et intemporel (hélas).

L’amour parents/enfants est censé être naturel. Ce n’est pas toujours le cas pour de multiples raisons que l’on comprend ou pas d’ailleurs.
Dans notre époque plus que jamais individualiste, ce récit trouve un écho particulier, mais on le sait bien, de tout temps, il y a eu des individus qui étaient nombrilistes, qui avaient besoin du regard des autres pour exister, quitte à en faire souffrir d’autres qui leur servaient juste d’alibis, de supports, de valorisateurs… Le paraître, l’image que l’on renvoit étant au centre de tout avec l’ambition. C’est le règne du MOI et de toutes les dérives aussi diverses et variées qui puissent exister. Et cela contamine toutes les autres relations que l’on peut avoir avec autrui. L’équilibre étant rompu, rien ne se passe plus comme il se doit.

Cette histoire que nous raconte Amélie Nothomb se poursuit dans le temps. On traversera donc les années 70, 80, 90… Le poids de chaque acte ainsi que sa répétition, encore et encore est aggravé. Les limites de la compréhension, de la résistance sont poussées à leur extrêmes limites jusqu’à ce que… Comment pourrait-il en être autrement ?

Cette lecture ne peut pas laisser insensible (que l’on l’apprécie ou pas). L’auteur jette une pierre dans la marre et j’espère que certains vont réagir, avoir un sursaut et pourquoi pas avoir assez de recul pour se rendre compte que chacun peut basculer dans le gouffre.




Et s’il fallait mettre une note :  18 / 20



lundi 2 octobre 2017

Mes pensées sont des papillons d’Eveleen Valadon avec Jacqueline Remy


Rentrée littéraire 2017




Le livre :

Mes pensées sont des papillons d’Eveleen Valadon avec Jacqueline Remy aux éditions Kero, 198 pages, 16 € 50.
Publié le 6 septembre 2017



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Kero.
J’avais très envie de lire ce livre repéré dans les listing des publications de cette rentrée littéraire. Pour une fois que c’était la personne malade qui prenait la parole (fait exceptionnel au vu de la pathologie).



Le pitch :

"Cette maladie est quelque chose d'impalpable. Une pensée qu'on oublie, ça ne se raconte pas, ça ne se rattrape pas, comme les papillons ! Il n'y a pas de symptômes physiques. Cela ne se voit pas. C'est comme un déraillement, mais on en est conscient. On se voit flotter. On est soi et on est une autre. Cela ressemble à un dédoublement de personnalité. Et cet autre, il faut le rencontrer, l'apprivoiser. 
C'est un enfant adopté. Tantôt, on l'accepte, tantôt on ne l'accepte pas. J'essaie de bien le recevoir, de ne pas me mettre trop en colère. Mais c'est un grand bouleversement". Eveleen Valadon a été diagnostiquée malade d'Alzheimer voici quatre ans. Elle se souvient très bien du passé, mais sa mémoire immédiate lui fait parfois défaut. Aidée deux heures par jour, elle vit encore seule et autonome. 
Ce livre raconte son combat contre une pathologie qu'elle se refuse à nommer. Elle a voulu nous dire, en son nom et en celui de tous les autres, qu'elle n'est ni démente ni agressive, et tordre le cou aux stéréotypes dont cette maladie est porteuse. Eveleen lutte pour retrouver la femme qu'elle n'a pas cessée d'être. Ce livre est son défi, pour montrer à cet ennemi de l'intérieur qu'elle ne va pas se laisser effacer.



Ce que j’en pense :

La maladie peut frapper n’importe qui et chacun réagira différemment. Eveleen Valadon souhaite mener jusqu’au bout un combat qui sera difficile et pas seulement contre le mal. Il y a le regard des autres, les préjugés, les idées toutes faites, l’ignorance… Elle continue le plus souvent à faire comme si, mais au prix de tant d’efforts. C’est touchant.

Du fait de l’inexpérience d’Eveleen pour l’écriture (d’un livre) même si elle a par le passé rédigé plusieurs manuscrits, ainsi surtout que de sa pathologie, cet ouvrage a été écrit avec l’aide d’une journaliste, Jacqueline Remy.
Elles se sont rencontrées de nombreuses fois et de ces échanges est donc né ce témoignage qui peut être lu par tout le monde. Point n’est besoin d’avoir un proche touché par Alzheimer pour s’intéressé au sujet. Il suffit juste d’avoir envie d’écouter la parole d’une femme qui lutte chaque jour contre la perte de sa mémoire (immédiate et à courte échelle), un brouillard toujours plus épais qui voudrait bien l’engloutir.
Jacqueline Rémy partage avec le lecteur aussi ses impressions, son ressenti à chaque nouvelle rencontre car cette expérience n’est pas banale. C’est véritablement une rencontre humaine avant toute chose. La maladie est une invitée indésirable avec qui il faut faire. Et malgré la combativité d’Eveleen, c’est elle qui impose le rythme. On en prend toute la mesure avec cette double voix retranscrite pour un livre écrit à quatre mains.

On sait bien que les choses ne vont pas aller en s’arrangeant pour Eveleen, en tout en cas avec les traitements actuels qui ne font que retarder l’évolution du mal, mais on a envie de la soutenir cette mamie qui utilise ses armes. Ce livre est instructif, mais aussi émouvant.

La postface est particulièrement bien faite et dresse une sorte de synthèse de la pathologie. Elle informe et remet le lecteur dans un contexte plus médical (l’auteur est un médecin spécialisé). Cela pourrait paraître un peu brusque après avoir passé plusieurs mois avec Eveleen et Jacqueline (la durée sur laquelle se sont déroulés les entretiens et donc la retranscription), mais je trouve que c’est un mal nécessaire afin que chacun comprenne ce que c’est que de basculer du côté d’Alois sur le plan médical. Chaque cas est unique.

Une lecture unique qui donne la parole à ceux qui n’osent plus la prendre.




Et s’il fallait mettre une note : 14 / 20