lundi 15 octobre 2018

Shelton & Felter, tome 1 : La mort noire de Jacques Lamontagne



Le livre :

Shelton & Felter, tome 1 : La mort noire de Jacques Lamontagne aux éditions Kennes, 60 pages, 14 € 95.
Publié le 23 août 2017


Pourquoi cette lecture :

Le travail de nos libraires est merveilleux et pourtant pas si facile. J’aime les récompenser en fréquentant assez assidument leurs établissements (indépendants) et en y effectuant l’essentiel de mes achats. Découvrir des pépites est un plaisir partagé avec ces professionnels si avenants et qui peut être renouvelé presque sans fin (enfin si celles de votre banquier, sinistre sir).


Le pitch :

Shelton, ancien boxeur devenu journaliste, et Felter, petit libraire hypocondriaque, s'associent afin de faire la lumière sur une série de meurtres insolites. 



Ce que j’en pense :

Au début, je n’avais pas saisi pourquoi ce titre pour ce premier tome, pourquoi cette photo en noir et blanc sur la page de garde… J’ai compris à la fin avec l’explication donnée par l’auteur à la toute fin de cet album. Ainsi donc la réalité se mêle à la fiction et c’est un bel hommage pour les victimes de cette tragédie qui ainsi ne restent pas l’oubli : la tragédie de Boston en 1919 avec la rupture d’une gigantesque cuve de mélasse qui va tout balayer sur son passage.

Un duo de personnages assez caricaturales se met en place et j’aime beaucoup parce que c’est peut-être un peu gros, mais quand c’est bien fait, on adhère.
Sheldon est aussi grand et fort que Felter est petit et maladif. Mais si l’un devient les bras et les jambes de l’autre qui possède d’indéniables qualités d’observation, de déduction, on se retrouve avec une atmosphère sherlockomesque qui me ravit.

Les dessins sont agréables, détaillés (regardez bien durant votre lecture, vous y décèlerez des indices précieux), qui portent l’intrigue classique tout en douceur avec le juste rythme qui convient.
Les couleurs sont de bon ton. Rien à redire sur ces points techniques qui sont pourtant cruciaux.

Il y a de l’humour et de grandes qualités humaines dans ces planches.
On y passe un agréable moment et on sait déjà qu’on pourra relire l’album avec autant de plaisir que lors de sa découverte. C’est un véritable plus.




Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20







lundi 8 octobre 2018

Bonjour, c’est l’infirmière de Charline




Le livre :

Bonjour, c’est l’infirmière de Charline aux éditions Flammarion, 246 pages, 16 €00.
Publié le 20 septembre 2017



Pourquoi cette lecture :

Trouvé dans les rayonnages d’une des médiathèques que je fréquente, j’ai eu envie de découvrir Charline, son métier si familier, si proche de nos vies pour les petits et gros bobos.


Le pitch :

Chaque matin, Charline réveille sa voiture et sa motivation pour se rendre chez ses patients. Elle a ses chouchous, comme ce couple de vieux qui se chamaille avec la tendresse d'un vieux couple, et il y a aussi des patients difficiles, comme cet homme alcoolique et violent face à qui elle s'est sentie si vulnérable. A chacun, elle prodigue ses soins et un peu plus. Un peu plus, c'est un cœur attentif, qui écoute sans compter son temps, même si ce n'est pas remboursé par la sécurité sociale. 
Voilà ce qui rend ce métier si exposé, si dur parfois, et surtout si précieux. Franchissons avec elle les portes de ses maisons habitées par la maladie, la solitude, mais aussi la joie, l'espérance, l'humour (et toutes sortes d'animaux). Tendres, poignantes ou cocasses, ces histoires de patients racontent cette profession à laquelle nous confions ce que nous avons de plus intime, de plus fragile, et de plus cher : nos malades.



Ce que j’en pense :

Je ne savais pas avant de lire ce livre que Charline tenait un blog qui est justement à l’origine de ce titre. C’est maintenant assez courant quand le succès des articles est au rendez-vous. On repasse vers un support plus traditionnel et donc papier.
D’ailleurs si cela vous intéresse d’aller plus loin que le livre, allez donc visiter le blog de Charline : http://cestlinfirmiere.blogspot.com
Je l’ai trouvé encore mieux, sans doute parce qu’on ne le lit pas de la même façon et que ses textes y gardent toute leur force, leur fraîcheur et leur caractère plus spontané.

Infirmière, c’est un beau métier qui demande beaucoup à celles et ceux qui l’exercent. Trop sans aucun doute avec des conditions d’exercices de plus en plus complexes, dégradées. Peu importe que l’on parle en réalité de l’infirmière dans un établissement médicalisé (clinique, hôpitaux, maison médicalisée…) ou de la libérale (à son compte). Les difficultés sont différentes, mais le malaise est le même au fond.
Charline brise le silence, lance des bouées, des bouteilles à la mer avec ses écrits. En plus d’avoir donc un métier magnifique, mais prenant, usant, éreintant, elle témoigne pour que peut-être les choses bougent.
Oh pas de miracles attendus, mais des petits rien déjà qui font que ces hommes et femmes, qui comme Charline donnent presque sans compter, puissent tenir encore.

Dans ce livre, on aborde la formation, les différences entre justement le libéral et le salarié, le quotidien forcément lourd, les contraintes évidemment nombreuses, les conditions assurément très variables et soumises à des aléas qu’on imagine pas toujours, la rémunération scandaleusement indécente… Bref, on voit, on découvre, on prend conscience grâce à la voix de Charline, de ce qu’est la réalité de ces personnes qui viennent nous aider, nous soulager quand cela va très fort pour nous.

C’est un livre à lire, qui fait réfléchir sur comment notre société évolue, comment marche le monde.
Ne le lisez pas d’une traite, cela fait trop.
Lisez-le comme le blog, par épisode, afin que le message envoyé par l’auteur ne perde pas de son intensité et n’hésitez pas à relayer. Il fera encore plus de bruit et on le sait, ce qui fait boom assez fort a aussi des chances de faire de l’audience, d’attirer l’attention de ceux qui peuvent faire changer un tant soit peu les choses.



Et s’il fallait mettre une note : 12 / 20



vendredi 5 octobre 2018

Le rôle de la guêpe de colin Winnette


Rentrée littéraire 2018




Le livre :

Le rôle de la guêpe de colin Winnette aux éditions Denoël, collection Sueurs froides, 208 pages, 20 € 00.
Publié le 13 septembre 2018


Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Denoël et je l’ai choisi dans les nouveautés de leur catalogue de publication.



Le pitch :

Un nouvel élève vient d’arriver à l’orphelinat, un établissement isolé aux mœurs aussi inquiétantes qu’inhabituelles. Il entend des murmures effrayants la nuit, et ses camarades se révèlent violents et hostiles. Quant au directeur, il lui souffle des messages cryptiques et accusateurs. Seul et rejeté par ses pairs, le nouveau tente de survivre à l’intérieur de cette société inhospitalière. 
Une rumeur court parmi les pensionnaires, selon laquelle un fantôme hanterait les lieux et tuerait une personne par an. Tous les ans, les garçons se réunissent, sous l’impulsion de quelques anciens, pour démasquer celui d’entre eux qu’ils pensent être le fantôme… et l’éliminer ! 
Simple mascarade potache ou mise en scène sordide pour justifier les meurtres rituels ? Cette année, le prétendu fantôme a été clairement désigné : c’est le petit nouveau. Pour une simple et bonne raison, on ne l’a jamais vu saigner, et les guêpes, très nombreuses dans cette bâtisse, ne le piquent pas. La chasse aux sorcières peut commencer.



Ce que j’en pense :

Voilà typiquement un ouvrage que j’ai décidé de lire parce que la couverture m’a attiré l’œil et parce que le pitch était bien fichu. Que des arguments que les lecteurs occasionnels ou réguliers comprendront aisément car on le sait bien, une belle jaquette, c’est déjà avoir 50% du lecteur dans sa poche. Celle-ci est particulièrement réussie et cela mérite d’être souligné car je ne compte plus les ratages ces derniers mois…
Idem pour le pitch. Le combo parfait pour piéger la proie (le lecteur), mais c’est de bonne guerre et on est volontaire !

Le début de ma lecture s’est bien déroulée. J’avais vraiment l’impression d’avoir fait un bon choix, de découvrir une pépite. Je découvrais le narrateur dont on ne sait pas grand-chose : orphelin, plutôt rondouillard, observateur. Voilà et on en apprendra guère plus jusqu’à la fin. Le cadre général semblait être excellent, on avait tout pour frissonner. Enfin c’était vrai jusqu’au premier tiers du roman.
Ensuite, j’ai commencé à me lassé un peu. J’ai trouvé que cela s’étirait en longueur malgré des découvertes macabres, des évènements glauques…. Trop de pensées interminables de la part de notre narrateur, trop de suppositions plus ou moins farfelues, tirées par les cheveux, de conjonctions plus ou moins bien advenues… Et je n’insiste pas sur le fait qu’il rabâche pas mal le petiot ou s’arrange avec les variations de situation pour nous en refaire une longue tirade.
Bref, j’ai commencé à m’ennuyer ferme, mais j’étais curieuse de voir si c’était passager.
Hélas non. Il en fut ainsi jusqu’au dénouement.

Heureusement, l’ouvrage n’est pas trop long, cela aurait été indigeste.
Il y a aussi d’autres points plus positifs comme l’idée de la trame générale. Globalement, c’est ingénieux, déjà vus, mais pas si mal. C’est juste que cela ne passe pas à cause de cette écriture qui ne m’a pas convenue. Mais je pense que ce serait une excellente base pour une adaptation pour le cinéma. Il y a de la matière, des idées, des personnages intéressants et qui seraient mieux mise en valeur dans une atmosphère plus visuelle et sonore.




Et s’il fallait mettre une note : 11 / 20