mardi 31 janvier 2012
La valse des gueules cassées de Guillaume Prévost
Le livre :
La valse des gueules cassées de Guillaume Prévost, chez 10/18 (collection Grands détectives), 7€50, 278 pages.
Pourquoi cette lecture ?
Il y a des auteurs que vous découvrez un jour, complètement par hasard et qui vous marque. A priori, ils ne sont pas tellement différents des autres écrivains, leurs thèmes sont plutôt courants, mais il y a un petit je ne sais quoi qui vous y fait revenir encore et encore.
Guillaume Prévost est de ceux-là avec en prime le fait que c'est mon mari qui avait lu avant moi son premier roman et qui me l'avait chaudement recommandé parce que justement pour une fois, il n'y avait pas d'âneries historiques dedans et que l'intrigue se tenait fort bien.
Ensuite, le hasard à bien fait les choses puisque j'ai eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprise Guillaume Prévost et de passer d'agréables moments en sa compagnie. Le courant passait bien et pas seulement à travers son écriture, c'est forcément un plus.
J'ai acheté "La valse des gueules cassées" lors de ma dernière visite au salon du livre de Paris en mars 2011 et revu par la même occasion son auteur. Il m'a reconnu alors que cela faisait 2 ans que nous ne nous étions pas vu, que j'avais coupé mes cheveux courts (je les avais alors fort longs avant) et minci de près de 25 kg. Pas mal quand même ?! Il s'est également souvenu que je devais lui écrire par mail, ce que je n'avais pas osé faire. Je ne vous dis pas comment je me suis faite houspillée (avec délicatesse tout de même). Et là, je suis carrément honteuse de lire son ouvrage si tardivement, mais que voulez-vous, je suis toujours avec un livre entre les mains, mais pas toujours le bon hélas…
Le pitch :
Printemps 1919. Exsangues, la France et ses cinq millions de soldats tout juste démobilisés n'en finissent pas de panser leurs plaies. Alors que Clemenceau négocie le traité de paix et que Landru se fait arrêter, un cadavre est découvert au sous-sol d'un hangar abandonné de la gare Montparnasse, le visage atrocement mutilé.
Cornaqué par l'inspecteur principal Robineau, héros de la Grande Guerre, François-Claudius Simon, jeune enquêteur à la brigade criminelle, lui-même rescapé des tranchées, se voit confier là sa première affaire. Bientôt, les meurtres se succèdent, suivant le même rituel macabre : non content d'exécuter ses victimes, l'assassin les transforme en «gueules cassées», ainsi qu'on nomme les poilus revenus du front défigurés. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi l'horreur après l'horreur, comme si le meurtrier voulait infliger aux autres ce que la guerre lui a fait subir ?
Derrière cette valse des gueules cassées, c'est un autre genre de danse, tout aussi macabre, que François-Claudius va découvrir, apprenant au passage qu'en matière de crime il ne faut jamais se fier aux apparences...
Ce que j'en ai pensé :
C'est déjà avec plaisir non dissimulé que j'ai ouvert ce livre. Je connaissais déjà l'écriture de Guillaume Prévost pour avoir lu deux de ses ouvrages auparavant et à chaque fois j'avais été ravie. Je suis partie très confiante et avec plein d'excellents souvenirs concernant notre dernière rencontre (la troisième déjà) au salon du livre de Paris en mars 2011.
Dès les premières pages de ce roman, "La valse des gueules cassées", j'ai pensé à une vieille série télévisée que je regardais avec entrain quand j'étais enfant : "Les brigades du tigre". Il existe également un film sorti plus récemment (2006) avec comme acteurs Clovis Cornillac, Diane Kruger…
Et oui, nous avons quoi ? 11 ans d'écart, nous sommes historien de formation tous les deux et donc forcément, il se peut que nous ayons pas mal de références culturelles en commun.
La série donc je vous parlais juste un peu avant étant connue pour sa rigueur historique (autant que cela était possible). Et si je me permets d'être un peu légère et d'affirmer nos points communs, c'est qu'à chacune de nos rencontres au salon du livre à Paris, j'ai senti l'ouverture d'esprit de Guillaume Prévost et sa facilité à plaisanter. Et si j'osai une dernière (ou pas) affirmation, je dirai que c'est un formidable touche à tout (il a abordé des périodes historiques très différentes dans ses précédents romans), mais là, avec cette saga qui débute avec ce premier volet des aventure de François-Claudius, j'ai senti qu'il avait peut-être trouvé son saint Graal, "son précieux" (ref au "Seigneur des Anneaux") dixit Guillaume Prévost himself lors de notre ultime entrevue.
Après lecture complète de cet ouvrage, je pense qu'il a parfaitement raison… Mais cela n'engage que moi (pour le moment).
Guillaume Prévost décrit admirablement bien l'ambiance qui règne en 1919 dans les rues de Paris.
La guerre est finie ou presque. Tous les hommes ne sont pas encore revenus chez eux et il va falloir faire face à la difficile période de l'après-guerre. Rien n'est véritablement simple sauf peut-être pour quelques nantis, mais pour tous les autres… Il y a la pénurie, les blessés (les gueules cassées), les morts et donc tous ces bras qui sont perdus à jamais, les négociations pour le traité de paix (le fameux traité de Versailles)… Et en même temps, la France entre dans une nouvelle ère, celle de l'industrialisation et du progrès dans cette sortie de guerre. Tout est à faire, à refaire et les conditions ne sont pas les meilleures… Cependant, on innove pour soigner les blessés, les gueules cassées entre autre avec des prothèses inédites, mais pas seulement.
On voit par exemple l'importance que peut déjà prendre la police scientifique dans ce roman. On n'est pas encore dans les "Experts de Paris de 1919", mais quand même, c'est assez bluffant pour celles et ceux qui connaissent les séries. Encore un clin d'oeil de la part de Guillaume Prévost ? Possible, mais c'est aussi tout simplement une réalité historique. La science avance sans cesse et même si les moyens ne sont pas encore ceux que l'on connait, force est de constater que quand même, c'était déjà une énorme avancée.
Vers la fin de l'ouvrage, vous trouverez encore d'autres allusions à des héros connus de nous tous via une série de films, mais je n'en dirai pas plus, lisez pour savoir de qui il s'agit !!!! (Je suis au moins aussi machiavélique que lui ou presque).
Dans "La valse des gueules cassées", on trouve une belle galerie de portraits et l'un de ceux qui va le plus nous intéresser, c'est celui de François-Claudius (le héros récurent de cette saga naissante).
C'est un jeune homme qui est revenu des tranchées un peu plus tôt que d'autres car il a été blessé. Il garde des séquelles de ce passé militaire pour défendre la mère patrie : des migraines affreuses. Mais il a, hélas, d'autres cicatrices qui sont plus anciennes et néanmoins encore vives. Je préfère ne pas trop en dire et vous laissez le soin de découvrir tout cela durant votre propre lecture car oui, je vous recommande vivement ce roman qui mêle habillement la réalité historique d'une époque donnée et des intrigues policières.
Un style d'écriture qui devrait convenir à un large public car même si l'ouvrage est écrit par un authentique historien (professeur de son état), ce n'est pas un cours que l'on vous propose ici (bien que chaque élément s'intègre avec précision et pédagogie même), mais bel et bien un divertissement qui se veut instructif en même temps. Oui, on peut apprendre pas mal de chose tout en prenant du bon temps et c'est même ainsi que l'on les mémorise le mieux donc ne vous privez pas.
Comment cela vous n'êtes pas encore chez votre libraire ? Oust et plus vite que cela !!!!!!
Et s'il fallait mettre une note : 17/ 20
Les bonus :
Un portrait de Guillaume Prevost par lui-même, c'est encore mieux et c'est en vidéo ici : http://www.versailles.fr/outils/versailles-tv/video/guillaume-prevost/
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
0
commentaires
Libellés :
Auteurs en P,
littérature,
livre,
Polar
vendredi 27 janvier 2012
Une histoire inédite de Nightshade : Les jours fantômes d'Andréa Cremer
Le livre :
Une histoire inédite de Nightshade, tome 0 : Les Jours fantômes de Andrea Cremer, chez Gallimard (jeunesse) 423 KO (format pub)
Une version gratuite est disponible sur la Toile (voir les bonus)
Pourquoi ce livre ? :
Je ne suis pas une très grosse lectrice de littérature jeunesse. Certes, je ne me refuse jamais une lecture simplement parce qu'elle est cataloguée dans tel registre ou un autre, mais le fait est que je n'en lis pas plus que cela. Suis-je devenue si vieille ? Possible, mais j'espère sincèrement bien que non.
Si j'ai choisi de lire ce tome 0, ce préquel (Emprunt de l'anglais prequel, lui même un néologisme des années 1970, formé du préfixe pre- (avant) et contraction du mot sequel (suite), du latin sequere, (suivre) ; ce serait donc une « pré-suite ». Par exemple : Par rapport à Star Wars épisode 4, les épisodes 5 et 6 sont des suites, et les Épisodes 1, 2 et 3 sont des prequels.), c'est tout simplement parce qu'il m'était offert comme contenu gratuit dans ma liseuse (mon KOBO) lors de son achat. Je n'ai pas choisi, mais on refuse rarement ce qui est offert. Au pire, on y oublie dans un coin.
Seulement voilà, je suis d'une nature plutôt curieuse et comme il parait que la saga "Nightshade" a fait couler bien de l'encre ou user quelques claviers, je souhaitais savoir de quoi il retournait vraiment. J'aurai été chagrinée de savoir que je passais à côté d'excellentes lectures.
Le pitch :
Shay vient d'emménager chez son oncle Bosque, dans une immense maison familiale, à Vail, mais il ne connaît pour l’instant pas encore l'existence de Calla, ni des loups (que l'on retrouve dans les tomes suivants de la saga). Il est donc seul...
Cette solitude forcée n'est guère agréable au milieu des étranges collections que renferme la demeure où il s'est installé et ce d'autant plus qu'il est réveillé tous les jours à l'aube par un bruit fracassant qu'il ne parvient pas à identifier. Heureusement, il peut compter sur l'aide à distance de ses amis fidèles grâce à Internet, Facebook et son blog pour résoudre les mystères que renferme la maison et notamment ceux enfermés dans la bibliothèque.
Mais est-il vraiment prêt à découvrir ce qui s’y cache ? Rien n'est moins sûr…
Ce que j'en ai pensé :
Ce préquel n'est disponible qu'en version numérique, inutile de chercher à l'obtenir en version papier sauf si vous décidez de l'imprimer vous-même (83 pages quand même) à partir de la version PDF.
Je l'ai eu comme je vous l'ai dit en format epub, en cadeau lors de l'achat de ma liseuse (modèle KOBO) en décembre dernier. Je l'ai donc lu sur ce support et non pas sur mon ordinateur. Ce fut d'ailleurs bien plus reposant pour mes pauvres yeux !
Pour en revenir véritablement au contenu de cette histoire, j'avoue que cela se lit très vite. C'est un peu normal, cela s'adresse à des adolescents donc pour moi, l'adulte (en théorie), c'est un peu simpliste, mais pas foncièrement déplaisant non plus. J'ai lu pire que cela, je vous assure !
Comme je ne connais rien de la saga, j'y entre toute en douceur et certainement que je suis moins déçue que celles et ceux qui connaissent déjà la suite. Je trouve que certes, il y a des blancs, des manques, mais je peux imaginer qu'ils seront comblés par la suite justement. C'est l'avantage ou l'inconvénient de débuter ma découverte par le préquel.
Au niveau du style, ce n'est pas trop mauvais, même si je pense que la traduction laisse parfois un peu à désirer. Est-ce la même que pour les versions papier des tomes 1 et 2 ? Je ne saurai vous répondre.
C'est assez frais, très léger et fluide. Il est clair que cette lecture ne m'a pas trop fatigué, mais parfois, cela fait du bien.
Dans ma version epub, j'ai même eu quelques petits soucis de présentations (minimes), des fautes de frappes (des espaces manquants par exemple). Rien de bien dramatique, mais c'est un peu dommage de trouver de telles coquilles pour une si grande maison d'édition. Je sais également qu'il s'agit d'une version offerte gracieusement, mais cela ne donne pas forcément une bonne image de Gallimard quand on note le manque de soins apportés à cette version. Enfin, je dis cela, je ne dis rien…
L'action est peu présente, l'ensemble du récit est très linéaire et ce n'est qu'à la toute fin de ce préquel que l'on rentre enfin dans le coeur du sujet. Tout ce qui précède est donc une simple mise en bouche, un décors que l'on dresse. C'est bien, mais du coup, on est un peu frustré. Est-ce pour mieux nous faire craquer et investir dans le tome 1 ? C'est certainement le cas, mais pour ma part, je n'achèterai pas cet ouvrage. Je crois que je n'aime pas assez cet univers pour vouloir y mettre une partie de mon budget "achat de livres". Si je le trouve à emprunter en médiathèque, pourquoi pas, mais ce n'est pas certain.
En effet, je n'ai pas senti que cette saga allait révolutionner son genre littéraire. J'ai eu plus la sensation de lire une histoire vue et revue. Ceci dit, je me trompe peut-être puisque je ne me base que sur ce préquel.
De plus, par instant, j'ai trouvé que l'auteur allait un peu vite en besogne et sautait des étapes. J'aime bien quand on simplifie les choses, mais point trop n'en faut non plus ! Dommage…
Je ne sais pas trop si je dois vous recommander cette lecture ou non. Après tout, vous ne risquez pas grand chose, elle est disponible gratuitement et vous pourrez ainsi vous forger votre propre avis.
Alors lancez vous si le coeur vous en dit…
Et s'il fallait mettre une note : 12 / 20
Les bonus :
Version gratuite et lisible en ligne ou enregistrable en version PDF sur votre disque dur : http://www.edenlivres.fr/p/3260050690669
Vidéo de présentation de la saga, pour son lancement :
YaBooksBuzz - Nightshade by Andrea Cremer - Book Trailer Vidéo cinetvbuzz sélectionnée dans Arts & Talents
Vidéo d'une série qui reprend 'intrigue de la saga littéraire :
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
2
commentaires
Libellés :
Auteurs en C,
Ebook,
Jeunesse
lundi 23 janvier 2012
Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas
Le livre :
Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas, disponible aux éditions de l'Olivier, 19 €, 269 pages.
Existe aussi en version de poche, chez Points, 6 € 50, 238 pages.
Disponible aussi en version électronique. C'est celle-ci que j'ai lu.
Pourquoi cette lecture ?
Lectrice depuis le mois de décembre sur une liseuse (je n'en ai pas pour autant complètement abandonné le format papier car je l'apprécie aussi, mais disons que je fais également évoluer ma façon de lire, je m'adapte à mon époque car le progrès n'est bien que si on l'accepte pour justement faire disparaitre ses défauts par de nouvelles innovations), je recherchais de quoi alimenter celle-ci quand on m'a fait connaître le club des lecteurs numériques.
Un partenariat et hop, me voilà donc en train de lire la version numérique de l'ouvrage de Florence Aubenas.
Je tiens tout de même à préciser que ce livre, je l'avais déjà repérer depuis sa toute première sortie et qu'il était bien présent dans ma wish-list (liste de livres que je souhaite lire un jour). C'est donc avec plaisir que j'ai saisi cette opportunité de lecture contre une critique.
Le pitch :
Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire.
Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas. Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise.
Ce que j'en ai pensé :
J'ai pu faire deux bonds dans le passé de ma vie personnelle avec cette lecture qui n'est absolument pas un roman, mais bel et bien un compte rendu journalistique d'une immersion en situation réelle. Un travail d'investigation à grande échelle et qui implique fortement la journaliste puisqu'elle "mouille" vraiment sa chemise comme on dit par chez moi. Elle va payer de sa personne et le résultat final est à la hauteur.
Oui, j'ai eu l'impression de revivre très clairement des souvenirs très vivaces de mon histoire personnelle grâce à ce livre (ebook en l'occurrence puisque je l'ai lu sur mon KOBO - ma liseuse). Cette expérience vécue par Florence Aubenas est assez récente puisqu'elle remonte à 2010, mais ce qui touche à mon expérience est plus ancien : entre 1999 et 2005. Cela signifie hélas que la situation ne s'est donc pas amélioré puisque l'on évoque des situations de fortes précarités. D'ailleurs, l'actualité dans les différents médias n'est que trop rarement porteuse de bonnes nouvelles dans ce domaine.
Je tiens à vous rassurer, je n'ai jamais connu une telle précarité, mais je l'ai vu, je l'ai connu et je l'ai hélas côtoyé pour des raisons professionnelles.
Entre 1999 et 2001, j'ai vécu dans les Ardennes. Je puis vous assurer que la fermeture des industries dans le département déjà assez pauvre n'avait fait qu'aggraver une situation économique préoccupante. J'y ai vu des familles dignes, mais dans une réelle détresse. J'y ai vu aussi des comportements surprenants, éloigné de toute logique, mais découlant juste de ce manque de stabilité financière des ménages. La misère pousse à tout, même parfois à l'impensable !
Entre 2001 et 2005, j'ai vécu dans les Bouches du Rhône. Autre lieu, autre région, autre problématique de l'emploi à peine différente, mais j'étais employée alors à l'ANPE (l'une des deux administrations qui ont fusionné - avec les ASSEDIC- pour donner naissance à l'actuel Pôle Emploi) : le chômage, c'était mon gagne pain ! Hélas.
Les expériences, les situations, les inquiétudes que Florence Aubenas va raconter dans son ouvrage me sont donc familières à plus d'un titre.
Vous aussi, vous verrez, cela vous sera familier car c'est du vu et revu dans pas mal de reportages ou tout bêtement autour de soi avec des proches. Le passage à l'écrit fait que cela marque peut-être plus les esprits car on s'y attarde un peu plus longuement. On est galamment moins passif, on est plus acteur puisque nous devons fournir déjà l'effort de lire.
Parfois, quand même, on se dit qu'elle exagère, que les gens que Florence Aubenas a côtoyé n'ont pas pu dire ou faire cela ou ne pas se révolter contre telle ou telle injustice. Mais pourtant, je puis vous assurer qu'hélas, c'est bien ainsi que cela se passe dans la réalité. C'est sans doute ce qui fait que l'on sort de cette lecture, non pas résigné, mais encore plus indigné que jamais.
Mon expérience remonte au plus tôt en 2005, celle de Florence Aubenas à 2010. Nous sommes en 2012 et rien n'a changé, c'est même pire. Mes anciens collègues me le disent bien et voilà aussi l'une des raisons qui a fait que je n'ai jamais repris mon poste ou un similaire. Faire du social ok, mais du chiffre et de l'abattement, non merci. Je veux pouvoir me regarder en face dans un miroir, donc j'assume mon choix de n'avoir pas replongé (j'ai aussi eu l'opportunité de me le permettre même si les fins de mois ne sont pas glorieuses).
L'indignation, c'est très bien, c'est à la mode (voir "Indignez-vous" de Stéphane Hessel). On se demande à quoi elle peut servir… Elle n'apporte pas grand chose, parfois même que des ennuis, mais se taire serait quand même pire encore, donc pour ma part, je vais le dire haut et fort : il est indigne de notre pays, de n'importe quelle nation d'ailleurs de traiter des personnes, des familles entières de la sorte ! Des solutions sont toujours possibles, envisageables, même si elles peuvent être longues et difficiles à mettre en place. On ne peut pas laisser des êtres humains dans une telle détresse, une situation de pauvreté économique qui conduit à une pauvreté plus générale : celle de l'âme ensuite.
Je ne puis que vous recommander de lire ce livre qui ne vous apprendra peut-être pas grand chose, car justement on sait fort bien que cela ne va pas bien dans notre pays au niveau de l'emploi, mais faire comme si cela n'existait pas, ou faire comme si cela était presque normal, non !
Lire n'a jamais eu autant de sens.
Lire, c'est s'informer. Florence Aubenas a tenter cette expérience pour justement nous donner des informations depuis l'intérieur, depuis le front de la survie des précaires. A nous de les digérer et de faire en sorte que les choses bougent. Nous entrons bien en période électorale ? Notre pouvoir est dans notre bulletin de vote par exemple. Ne dîtes pas que l'on ne peut rien faire. Ne dîtes pas que vous ne saviez pas !
L'écriture est journalistique, cela se lit aisément, ce n'est pas de la grande littérature, mais justement, c'est peut-être une qualité plutôt qu'un défaut dans ce cas précis. C'est comme un immense reportage. Même ceux qui ne lisent pas de livres d'ordinaire peuvent très bien se lancer.
La réalité dépasse hélas de loin la fiction.
N'oublions pas qu'il ne s'agit pas de personnages fictifs cette fois, ces hommes et ces femmes existent bel et bien. Rendons leur hommage et leur dignité en parlant de leur quotidien.
L'enfer est peut-être, même surement déjà sur Terre.
Et s'il fallait mettre une note : 15 /20
Bonus :
La fiche Wikipédia de Florence Aubenas, l'auteur de ce récit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Aubenas
Une interview de Florence Aubenas de 35 minutes qui présente son livre, mais aussi explique sa démarche journalistique et surtout humaine :
Interview de Florence Aubenas : l'intégrale par rue89
La fiche Wikipédia de l'ouvrage : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Quai_de_Ouistreham
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
0
commentaires
Libellés :
Auteurs en A,
Ebook,
Partenariat,
Témoignage
mercredi 18 janvier 2012
Touriste de julien Blanc-Gras
Le livre :
Touriste de Julien Blanc-Gras aux édition Au Diable Vauvert, 17 €, 259 pages.
Pourquoi cette lecture :
Pour une fois, ce n'est pas un partenariat, ni même un ouvrage découvert par le biais de "La grande librairie" (émission littéraire du jeudi soir sur France 5).
Non, c'est tout bêtement un titre que j'ai repéré dans ma sélection Vigilibris (sélection de nouveautés littéraires qui arrive chaque semaine dans votre boite mail par le biais des librairies Decitre. Parfait pour se tenir au courant de ce qui sort justement dans les rayonnages.). Un livre que j'avais ensuite noté dans ma longue wish-list (un petit cahier plein, mais que je n'avais pas encore acheté car oui, j'essaie de tenir mon budget quand même).
J'ai sans doute bien fait puisque c'est sur les étagères de la médiathèque d'en bas de chez moi que je l'ai déniché.
Le pitch :
Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe.
Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.
Ce que j'en ai pensé :
Celles et ceux qui me connaissent doivent se dire que j'avais bu le jour où j'ai choisi ce livre. Avec un titre pareil et vu les horde de touristes qui envahissent ma ville chaque jour (365 jours par an), j'ai en effet développé une certaine hargne envers les touristes. Ils sont un mal nécessaire parfois et on est forcément un jour ou l'autre, le touriste pour les autres, mais trop, c'est trop quand même.
J'espérais trouver autre chose dans ce livre et je crois bien que je l'ai effectivement débusqué. J'ai fait confiance à cette maison d'édition : Au Diable Vauvert, qui en général possède un catalogue qui se démarque un peu du reste qui nous proposé. Le contenu de cet ouvrage est lui aussi un peu part et presque je pourrais dire que le titre est mal choisi ou ne représente pas vraiment ce récit qui nous est offert.
"Touriste" n'est pas véritablement un roman, mais plus un témoignage. Il en a la saveur en tout cas.
Amoureux des cartes et des atlas depuis son enfance, les voyages sont devenus nécessaires, vitaux presque. On le devine au chapitre assez court, mais très explicite intitulé : Interlude parisien, où l'on atterrit dans la vie normale. L'auteur/narrateur ne tient pas en place, il a la bougeotte et souhaite visité chaque pays que comprend notre Terre. Plus qu'une passion, c'est un style de vie car Julien ne voyage pas vraiment comme un touriste, du moins pas comme ceux que l'on peut se représenter facilement et mentalement. Son look tiendrait plus du baroudeur et ses habitudes de l'aventurier soft (car il reste proche de nous, il n'a pas vraiment les instincts d'Indiana Jones, ni même ses réflexes : il est mort de trouille quand il rencontre par inadvertance un babouin dans la forêt).
Ne cherchez surtout pas Julien dans un club de vacances ou sur une place paradisiaque d'une destination de rêve. Non, ce qui le passionne, c'est découvrir les nations et leurs habitants dans leur jus. Cela entraine des situations cocasses ou tragiques parfois et c'est ce qui donne toute sa saveur à cette lecture. Sa raison d'être également.
Un chapitre égale une destination, une expérience, un voyage, une découverte.
Pour les non-voyageurs du lointain comme moi, c'est une sacré occasion de voir du pays et pas seulement à travers un prisme déformant ou réducteur. Là, on parle de la pauvreté, de la véritable, de la misère, de la réalité de la vie pour une grande majorité de l'espèce humaine.
On y découvre aussi les richesses de ces populations qui ne sont sans doute pas les nôtres, mais qui n'en sont pas moins valides et sans aucun doute plus authentiques. On aurait tant à apprendre des autres…
On imagine toute la beauté de ces paysages si différents et si semblables parfois. On envie quelques fois Julien, mais je sais que non, je ne pourrai pas vivre ou voyager comme lui. Ce n'est pas fait pour moi, mais son livre oui. Son mode de pensé me convient parfaitement, on réfléchit de manière assez proche, lui ayant certes une expérience du terrain que je ne possède pas.
Je disais un peu plus haut que le titre : "Touriste" ne convenait pas tout à fait à ce récit. Je maintiens mes propos car un homme qui part, qui bosse sur place, qui s'intègre dans la population pour vivre pleinement son voyage, je n'appelle pas cela un touriste. Il n'est pas collé à son appareil photo, il hésitera à s'en séparé même et puis un jour… Il visite les monuments, mais pas les plus populaires, pas les incontournables, il est plus sélectif, déjà différent et ça j'aime beaucoup.
Je pense que "Le voyageur ou le découvreur du monde" aurait été un meilleur titre, mais ce n'était peut-être pas le plus vendeur non plus.
Côté style, c'est une lecture vraiment agréable car le ton est familier, amical. On a l'impression d'être avec un copain que l'on n'a pas vu depuis des lustres et qui enfin nous raconte toutes ses aventures. Cela se lit tout seul et on apprend beaucoup.
On s'amuse aussi, un peu comme pour la couverture du livre qui se veut un brin loufoque. J'aime bien cet esprit.
C'est simple, sans grandes fioritures, véritablement à l'image de ses périples. On est loin du standardisé, du luxe (sauf une fois, mais c'est justement encore plus amusant à lire ensuite), du stéréotypé… On sort des sentiers battus.
Une lecture qui dépayse, qui fait du bien car elle aère un peu nos esprit trop englués dans notre routine.
Et pourtant, on ne fait que passer dans ce monde alors… Regardons-le !!!!! Regardons-le vraiment !!!!!
Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20
Les bonus :
La fiche Wikipédia de Julien Blanc-Gras : http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Blanc-Gras
La page Facebook de l'ouvrage : https://www.facebook.com/pages/TOURISTE-de-Julien-Blanc-Gras/181621098555798
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
2
commentaires
Libellés :
Auteurs en B,
livre,
Témoignage
vendredi 13 janvier 2012
El ferrocarril de Santa Fives de Robert Rapilly
Le livre :
El Ferrocarril de Santa Fives de Robert Rapilly aux éditions La Contre Allée, 18€50, 212 pages.
Pourquoi ce livre :
Ce livre fait parti de ceux que j'ai pu recevoir dans le cadre de l'opération "Un éditeur se livre" organisé par Libfly. C'est le dernier de la liste.
Ce n'est donc pas un choix, mais une opportunité de lecture, de découvrir encore une fois la diversité des titres disponibles dans le catalogue de cette maison d'édition qui joue le jeu des partenariats.
Le pitch :
1888 – El Ferrocarril de Santa Fives, ou le voyage de Manuel Mauraens pour Santa Fe au départ de Lille.
Manuel Mauraens, ouvrier promu contremaître, s’ apprête à gagner l’ Argentine. Il y supervisera les travaux du chemin de fer ralliant Santa Fe à Tucumán. On le suit à l’ affût des auteurs de son temps, des comptes-rendus industriels, de la presse, des articles encyclopédiques, de tout ce qui annonce la nouveauté de demain. Le récit alterne épisodes en France et visions d’ une Argentine promise, celle où l’ on a redécouvert cent vingt ans plus tard une station ferroviaire baptisée Fives-Lille.
À l’ ombre tutélaire des maîtres oulipiens, l’ auteur s’ est attaché à ajuster la précision des formes poétiques aux techniques de la révolution industrielle.
Ce que j'en pense :
Ce livre n'est-il donc pas un pont tracé entre deux époques peut-être pas si dissemblable que cela ?
Il m'est arrivé de me poser la question car même si entre 1888 et 2012, le fossé est grand dans bien des domaines, il en reste encore des similitudes au niveau humain.
C'est ainsi que j'ai voulu le découvrir ce titre car j'avais été mise en garde par Jacques Jouet, auteur de la préface, cet ouvrage ne se laisserai pas aisément parcourir.
Je me suis donc mise en condition...
Hélas, il avait bien raison.
Le pari lancé par l'auteur était des plus audacieux car il avait pris le parti de mélanger les genres et les styles durant son écriture. Il faut donc au lecteur avoir les yeux et la cervelle bien accrochés pour tout suivre sinon la locomotive partira sans vous.
Je l'avoue sans honte, le livre était plus qu'ambitieux et je l'étais beaucoup moins. J'ai fais des haltes ici ou là, essayant de m'arrêter dans certaines gares pour reprendre mon souffle, mais il y eu des moments où je suis restée devant un mur de mots qui étaient presque inintelligibles (du moins pour mes neurones et ma sensibilité littéraire). A d'autres moments, j'ai pu percevoir des informations pas inintéressantes du tout et j'ai même apprécié quelques passages et autres fantaisies de vocabulaire (je pense par exemple au calligramme intitulé : Où est l'hacienda ?).
Cependant, je suis trop souvent restée à quai pour vous dire que j'ai pleinement apprécié tout cet ouvrage.
Reste toutefois le plaisir d'avoir lu un livre qu'assurément je n'aurai pas ouvert en d'autres circonstances. On apprend tous les jours et même si ce n'est toujours pas ma tasse de thé, cela reste un ouvrage à mettre en avant pour qu'il puisse trouver son public.
Je salue au passage la maison d'édition qui n'a pas choisi la facilité avec ce titre, mais qui au moins change un peu dans le paysage littéraire. On a besoin de ces titres pour ne pas oublier que la littérature est riche et que rien n'est jamais complètement standard, surtout pas l'écriture !
Et s'il fallait mettre une note : 10 / 20
Bonus :
Robert Rapilly écrit de la poésie depuis l'enfance. Il anime des ateliers d'écriture avec l'association Zazie Mode d'Emploi, et dirige dans la Manche un festival oulipien : Pirouésie. Il écrit sans relâche et imprime parfois lui-même ses poésies aux Éditions du Camembert ou chez LaProPo, Laboratoire de Procrastination Potentielle.
Deux extraits de ce livre lu par l'auteur lui-même :
La fiche Wikipédia de Jacques Jouet, l'auteur de la préface : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Jouet
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
1 commentaires
Libellés :
Auteurs en R,
littérature,
livre,
Partenariat
jeudi 12 janvier 2012
Mort à la Fenice de Donna Leon
Le livre :
La mort à la Fenice de Donna Leon aux éditions Pointsdeux, 11 €, 493 pages.
Pourquoi ce livre :
C'est encore un partenariat que j'ai eu avec Libfly qui avait organisé une nouvelle opération pour les dévoreurs de livres dont je fais parti : "Un poche, un(e) mordu(e), une critique".
Mon choix s'est porté plus particulièrement sur ce titre car j'aime bien lire des romans policiers, Venise est une ville que j'adore même si voilà fort longtemps que je n'y suis pas allée (3 séjours à mon actif dans la Sérénissime) et Donna Leon est un auteur que je souhaitais découvrir depuis un long moment déjà. Cela fait déjà pas mal, non ?
Mais il y avait une raison supplémentaire, je voulais également découvrir la collection Point2 des éditions Point. Et plutôt que de tout vous expliquer de manière maladroite de quoi il retourne, je pense que rien ne vaut mieux qu'une petite vidéo explicative :
Vous verrez, il y a une pointe d'humour que les inconditionnels de la firme Apple ne pourront pas louper ! lol
A voir aussi le site spécialement dédié à ces éditions :
Vous saurez tout alors sur ce nouveau format de lecture.
Le pitch :
Les amateurs d'opéra sont réunis à la Fenice de Venise.
Une sonnerie annonçant la fin de l'entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place et le brouhaha s’estompe. Les minutes passent, le silence devient pesant : le maestro se fait attendre… Il gît dans sa loge, mort. Le commissaire Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure. Dans les coulisses de l’opéra, Brunetti découvre, horrifié, l’envers du décor.
Ce que j'en ai pensé :
Beaucoup de découverte en même temps à faire avec ce titre.
Tout d'abord, il y a eu le format de lecture qui n'est pas conventionnel pour une édition papier, mais qui au final est assez agréable.
Le livre tient bien en main et lire de façon verticale comme cela peut être montré dans la vidéo (voir le lien dans la rubrique pourquoi ce livre) n'est absolument pas ennuyeux. On s'y fait très vite.
Le poids du livre est également une excellente surprise car c'est réellement un poids plume, plus qu'un livre de poche dit classique en tout cas.
Le papier est très fin, mais reste solide et ne se déchire pas facilement. J'avoue que j'avais un peu peur de cela de prime abord.
En résumé, la vidéo de présentation des éditions Point n'est pas mensongère, je regrette juste le prix un peu élevé pour ce format d'édition. Comptez 11 € pour le titre que j'ai lu : "La mort à la Fenice". C'est plus qu'un ouvrage de poche, mais moins qu'un grand format. Comment cela s'explique ? Des coûts liés au mode de production sans doute pour un format atypique qui va devoir trouver son public, à mon sens essentiellement urbain.
Seconde découverte, la saga dans laquelle s'inscrit ce titre "Mort à la Fenice".
C'est en réalité le tout premier donc pour moi cela tombe très bien. Je fais donc connaissance par le début avec celui qui sera le héros régulier de cette série : le commissaire Brunetti.
J'avoue que voilà un homme qui me plait bien. Il n'est pas particulièrement bel homme, ni même doté de qualités extraordinaires, mais il n'est pas sot, aime sa femme et ses enfants, mais a quelques griefs contre sa belle-famille, reste un Vénitien pure souche et se débat avec ses armes contre le crime et la stupidité de ses supérieurs. Voilà, je crois que j'en ai suffisamment dit sur lui sinon je vous gâcherai le plaisir de le découvrir par votre propre lecture.
Venise n'est pas seulement un cadre, un décors de belle facture. C'est aussi la ville où à élu domicile l'auteur (dès 1980), Donna Leon, et c'est aussi un personnage à part entière de cette saga. Du moins, c'est ainsi que je l'ai ressenti. il faut bien dire également que je suis une amoureuse de la Sérénissime, ville qu'il faut absolument découvrir et surtout en dehors des sentiers battus. Donna Leon la décrit fort bien, je m'y serai cru, je revoyais parfaitement les ruelles, les canaux, les vaporetto, le brouillard, les places…
Troisième découverte et non des moindres, le style de cette saga policière à travers ce titre.
Il est très agréable, même si j'ai pu noter ici ou là quelques petites incohérences qui me semblent plus être le fruit d'une traduction un peu limite que de véritables maladresses de la part de Donna Leon. Ce sont des détails infimes, mais comme je suis une lectrice assez lente (comprendre que je lis vraiment tout, mot à mot sans utiliser de technique de lecture rapide comme je le faisais dans le cadre professionnel dans lequel j'étais, il y a quelques années), je remarque ces défauts.
Dans l'ensemble, j'ai vraiment apprécié cette première enquête avec le commissaire Brunetti.
Il ne faut pas s'attendre à des moyens colossaux, à des rebondissements à chaque pages et des explosions avec des courses poursuites partout. Non, c'est une enquête linéaire avec un fonctionnaire de police qui mène de front sa vie professionnelle, mais également sa vie personnelle, de père de famille et de mari. Cela ressemble donc plus à un Simenon qu'à un Grangé.
Il n'est pas déplaisant parfois de prendre plus son temps, d'avoir une enquête humaine avant tout. C'est également plus réaliste. On ne fait pas un étalage de toutes les techniques scientifiques que l'on peut mettre en oeuvre pour résoudre une affaire. Je sais bien que dans ce cas précis, on n'est pas dans les "Experts" et puis la technologie était plus limitée aussi à cette époque (1992). On utilise donc surtout le téléphone, le train, les bateaux forcément (nous sommes à Venise)…
Et puis, le cadre même de l'enquête fait que l'on est un peu hors du temps. Venise n'est absolument pas une ville comme les autres. Son passé, sa richesse présente ou passée est partout.
Avoir également choisi la Fenice pour situer la première scène de crime était assez fort. La musique, les opéras voilà aussi tout ce qui contribue à l'image véhiculée par la Sérénissime. La victime, forcément étrangère, possédant un lourd passé, c'était bien pensé aussi.
Je me suis prise au jeu et même si j'ai découvert la vérité juste un peu avant Brunetti, c'est tout simplement parce que je n'étais pas perturbée comme lui par une belle archéologue…
Je vous engage vraiment à découvrir ce premier titre, "La mort à la Fenice", vous aurez alors un guide particulier pour vous faire découvrir ce que je considère comme étant la plus belle citée au monde, Venise et en plus, vous pourrez vous distraire avec une bonne enquête à l'ancienne…
Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20
Bonus :
Le site officiel de l'écrivain : http://www.donnaleon.fr/
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
3
commentaires
Libellés :
Auteurs en L,
livre,
Partenariat,
Polar
lundi 9 janvier 2012
Un petit air de printemps... de jérôme Fagnoni
Le livre :
Un petit air de printemps… De Jérôme Fagnoni, aux éditions LU, 10€, 213 pages.
Pourquoi ce livre :
Comme toujours, c'est par curiosité que j'ai voulu découvrir cet ouvrage, mais cette fois-ci, j'avais en plus un tout autre motif : je connaissais l'auteur personnellement. Il s'agit d'un ami d'adolescence que j'avais perdu de vue pendant quelques années et que j'ai retrouvé via la magie (un moteur de recherche) de la Toile (merci Facebook pour une fois).
"Un petit air de printemps…" est la suite du premier roman (c'est un tome 3 en fait) que j'ai lu de Jérôme Fagnoni et commenté il y a quelques semaines déjà, mais ce ne sera assurément pas le dernier car j'ai eu un cadeau d'avant Noël un peu spécial : l'intégrale des oeuvres littéraires de l'auteur ! Pour moi, il n'y a pas de plus beau cadeau que des livres et si cela peut aider à faire connaître un ami alors, je saute à pied joint sur l'occasion ! Et même maintenant que nous sommes en 2012, je me dis que c'est un régal de pouvoir prolonger le plaisir de découvrir ces présents.
Cependant, mon avis sera aussi objectif que possible car je ne veux pas juste faire plaisir à mon ami. Ce ne serait d'ailleurs pas lui rendre un véritable service, si le roman était mauvais, que de lui dire à toute force le contraire. Donc à partir de maintenant, ce n'est plus l'amie qui va s'adresser à vous, mais plutôt la lectrice assidue, rodée en partie aux lectures critiques grâce à de multiples partenariats et quelques jury littéraires de lecteurs. Je vais essayer d'être aussi professionnelle que possible dans mon amateurisme.
Le pitch :
"Mais qu'est-ce qu'il fait chaud et qu'est-ce que la lumière est claire ici, presque aveuglante !"
Katy venait, sans s'en rendre compte, de pousser la lourde porte d'un bar et de s'avancer vers le comptoir. elle s'adressait à présent à un homme habillé tout de blanc qui nettoyait minutieusement un verre déjà bien propre. Droit comme un I, celui-ci lui souriait depuis son irruption.
"Ma petite dame, il faudra vous y faire. Mais en contrepartie, la température est agréable toute l'année ! "
Une question la titilla cependant en regardant autour d'elle.
Pourquoi était-elle venue dans ce bar ?
Ce que j'en pense :
Voilà une lecture qui va être un peu complexe à vous présenter et à commenter car il faut absolument que je garde intact le suspens de ce texte qui fait suite aux deux premiers romans de Jérôme Fagnoni.
"Un petit air de printemps…" clôt cette trilogie de manière brillante pour ne pas dire lumineuse. Mais quelle galère donc pour en parler sans rien dévoiler. Pour un peu, je vais avoir le trac de la page blanche. Ahhhh Merci les copains !!!!!!
Alors je vais essayer d'être méthodique, voir un peu scolaire pour parler de ce qui peut être révéler et me censurer pour le reste. Ahhhh, aimez la lecture qu'ils disaient !!!!!
D'un point de vu purement stylistique, je dirai que ce troisième volet est sans doute le meilleur.
On trouve beaucoup moins de maladresses (le métier rentre à force d'écrire sans aucun doute et Jérôme a pris également plus confiance en lui, ça je le ressens durant toute la lecture), l'auteur se relâche un peu plus pour être moins guindé, plus en phase avec ce qui lui traverse l'esprit. Il n'est jamais évident de retranscrire une idée sur le papier, mais j'ai l'impression que cette fois, ce fut plus aisé pour lui. Si ce ne fut pas le cas alors bravo parce que l'effort ne se sent pas durant la lecture et ça, c'est très bien pour nous qui sommes de l'autre côté de la page.
Il y a plus de recherches également.
Je trouve les citations bien trouvées et surtout elles s'insèrent parfaitement dans ce texte contemporain qui se veut également spirituel. Non, ne fuyez pas, ce n'est pas non plus un écrit avec une vision sectaire, c'est assez large comme ouverture, même si l'ensemble repose essentiellement sur les croyances judo-chrétiennes de notre société.
C'est une belle leçon de choses (d'amour aussi et qu'est-ce qui est plus important que l'amour, hein ?) qui nous est offerte avec en prime des petites pointes d'humour qui font que l'on ne s'ennuie point. On peut nous aussi prendre le temps de réfléchir à ce l'on fait dans notre propre existence. Les personnages ne sont pas que des prétextes, mais il est aisé de se substituer à certains (pour d'autres, je n'aurai point cette prétention).
Hélas, parce que oui, fallait bien que je critique un peu aussi, dès les premières pages, j'ai su où Jérome voulait nous conduire. Je n'ai pas été surprise du tout, mais cela ne m'a pas empêché de lire son roman d'une traite. Ce n'est pas parce que l'on devine la fin que l'ouvrage est mauvais ! Il y a l'art et la manière d'amener les choses et j'ai été contentée. On aurait pu craindre les discussions de comptoir, mais non, l'écueil a été évité avec brio.
Je crois vraiment que connaître l'auteur de manière personnelle (même si nous sommes restés de nombreuses années sans aucun contact) m'a défavorisé. Que voulez-vous, quand vous connaissez le mode de penser d'une personne, vous ne sautez plus en l'air à chacune de ses réflexions, vous les anticipez parfois. Et bien, c'est ce qui s'est passé pour moi dans le cas de cette lecture.
Cependant, ce n'est pas parce que moi, j'ai tout deviné que pour vous il en sera de même ! Et puis, je le dis et je le répète, même en sachant où j'allais, je me suis laissée portée par la magie. On a beau connaître le truc, on veut y croire parce que c'est beau, parce que cela fait réfléchir en douceur, parce que cela nous remet aussi un peu en question.
Non, je ne vous parlerai pas des personnages que l'on voit dans ce récit, cela fait parti de la surprise. Motus et bouche cousue !
Le cadre et l'ambiance ? Parfaitement conforme, mais là aussi, je ne puis rien vous dire sans déjà lever une partie du voile, donc non je dirai rien de plus.
Lisez la trilogie, cela vaut le détour et si vous êtes de la même génération que nous (des trentenaires se dirigeant doucement vers la quarantaine sans se presser), vous trouvez alors plein de références qui vous feront sourire, vous rappellerons sans doute de bons souvenirs et feront aussi que pour un jeune d'aujourd'hui comme Kev Adams, vous êtes un vieux (au-delà de 35 ans, vous avez largement dépassé la date de consommation pour lui, arg, c'est dur parfois à entendre ça !!!!).
La plume de Jérôme progresse et j'en redemande encore des romans comme ceux-là. Je ne sais pas si dans 150 ans, on en parlera encore, mais dans les grands tirages qui encombrent les rayonnages de nos librairies, il y a bien pire donc n'hésitez pas à soutenir un auteur qui peine à se faire connaître. Sortir des sentiers battus n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui avec les médias que nous avons à disposition donc laissez-vous tenter et forgez-vous votre propre opinion.
Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20
Les bonus :
Le blog de l'auteur pour mieux le découvrir car oui, il n'a pas sa langue dans sa poche et il y exprime ses idées. Venez vous aussi enrichir le débat : http://www.jerome.fagnoni.fr/
C'est également là que vous pouvez contacter l'auteur pour lui commander les ouvrages (les tomes 1,2 et 3) de cette intrigue ainsi que ses essais.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur Facebook
Rédigé et publié par
Emeralda
1 commentaires
Libellés :
Auteurs en F,
littérature,
livre,
Partenariat,
Roman contemporain
Inscription à :
Messages (Atom)












