samedi 14 décembre 2019

Grace Kelly, portrait d’une princesse en artiste de Stéphane Loisy



Le livre : 

Grace Kelly, portrait d’une princesse en artiste de Stéphane Loisy aux éditions Gründ, 200 pages, 34 € 95.
Publié le 31 octobre 2019.


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Gründ.


Le pitch : 

Le 13 septembre 1982, sa disparition brutale à l'âge de 52 ans parachève l'entrée définitive dans la légende de Grace Patricia Kelly, brillante actrice Hollywoodienne devenue Princesse de Monaco. "Ecrire sur elle, c'est essayer d'envelopper de la fumée dans du papier", écrivit, en 1954, un journaliste du Saturday Evening Post. Lorsque l'on demandait à Grace Kelly "Que pensez-vous de l'expression "conte de fées" qui vient irrémédiablement aux lèvres lorsque l'on parle de vous ? ", cette dernière répondait, avec une élégante exaspération : "Les contes de fées racontent des histoires imaginaires ; moi je suis un personnage vivant. 
J'existe. Si l'on racontait un jour ma vie de femme réelle, on découvrirait enfin l'être véritable que je suis." Actrice, princesse, interprète au sens large du terme, muse et créatrice, la carrière et l'œuvre de Grace Kelly (évoqués et analysés ici en détail) attestent de son immense talent créatif d'artiste authentique autant que d'un "talent de vie" dont l'Art n'est, en définitive, que le prolongement direct et l'aboutissement inspiré. 
Stéphane Loisy retrace ici le parcours artistique de Grace Kelly, star hollywoodienne et princesse de Monaco dans un ouvrage richement illustré dévoilant les contours d'une existence qui, pour paraphraser Oscar Wilde, "éveilla à tel point l'imagination de son siècle qu'il créa autour d'elle un mythe et une légende".




Ce que j’en pense : 

Si vous êtes en panne d’idée pour un cadeau pour Noël prochain et que vous pensiez à ce présent très passe partout, mais assez casse-figure qu’est le livre, je peux vous suggérer ce livre de Stéphane Loisy qui pourra parfaitement convenir à une personne : 
- qui aime le 7èmeart, 
- qui aime en savoir plus sur les icônes encore indéboulonnables du siècle dernier car tellement intemporelles, 
- qui souhaite découvrir comment certaines personnes forgent leur destin, 
- qui apprécie les beaux livres,
- qui n’a rien contre le glamour, les strass et la paillettes… Mais sans oublier la vie, la vrai ! 
Etc.… 
Car oui, ce livre est déjà un très bel objet : présentation soignée, tirages photo de belle facture, mais c’est aussi un ouvrage qui peut vous en apprendre pas mal sur l’artiste, puis sur la princesse et enfin sur la femme que fut Grâce Kelly.

J’ai personnellement apprécié cette lecture car on y découvre des clichés que je n’avais pas vus auparavant, des facettes de la personnalité de Grâce Kelly peu mis en exergue d’ordinaire car on se confine trop à la face émergée de cette figure devenue mythique, 
Très belle réalisation et douceur de l’écriture, ce livre fera un excellent présent, mais ne devrait pas se cantonner à prendre la poussière tant on prend plaisir à le feuilleter encore et encore. 


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20



mercredi 4 décembre 2019

Cléopâtre d’Alberto Angela



Rentrée littéraire 2019 



Le livre : 

Cléopâtre d’Alberto Angela aux éditions Harper Collins, 528 pages, 22 € 00.
Publié le 2 octobre 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Happer Collins.


Le pitch : 

Revivre l’Histoire, sur les traces de Cléopâtre

Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire. Si, après deux mille ans, elle continue de nous fasciner et de nous inspirer, c’est peut-être parce qu’au-delà des images et du fantasme, elle est le visage de la modernité.

Alberto Angela est connu pour mettre l’Histoire à portée de tous grâce à ses émissions culturelles à succès. Son secret ? Faire revivre l’Histoire à travers les yeux de ceux qui en furent les acteurs. Il est l’auteur de nombreux best-sellers, comme Les Trois Jours de Pompéi (Payot, 2014). 


Ce que j’en pense : 

L’Histoire est une passion depuis l’enfance, mais l’Antiquité n’est pas une période que je maîtrise même si lors de ma formation d’historienne j’ai pu l’aborder de manière plus ou moins approfondie. On se concentre toujours sur des périodes trop restreintes et hélas, je suis passée à côté de celle qu’Alberto Angela se propose de nous faire revivre dans son livre sur Cléopâtre. Une chance pour moi et bien d’autres lecteurs curieux. 

L’ouvrage est résolument grand public et accessible à tous. J’apprécie et en même temps j’avais un peu peur que ce soit trop généraliste. 
Pas du tout, c’est poussé dans les détails et le travail fournis fut important. On a accès aux sources qui sont bien citées, l’étude a été rigoureuse. Très bon point. 

Alberto Angela est un passeur de savoir. Il nous raconte le règne de Cléopâtre comme si on était des contemporains. On vit l’Histoire tant ses descriptions sont précises. Evidemment, il brode comme on dit car les sources ne sont pas toujours aussi précises, ni crédibles totalement, ni même contemporaines des faits cités. Mais il s’attache à rester dans le cadre du plus plausible. Il reconstitue et essaie de combler les vides par ce qui est vraisemblable. L’erreur est donc toujours possible, mais dans une moindre mesure. On a là une biographie romancée, mais solide. 

L’écriture est fluide. On lit une histoire qui nous livre un pan de l’Histoire du monde.
Le style est agréable. Il joue beaucoup sur nos sens qui sont sollicités par des descriptions qui entrainent nos esprits loin, très loin de notre époque. C’est très visuel et l’auteur nous plonge dans ce monde antique familier et surprenant aussi. 
L’approche à visée vulgarisatrice reste riche. Les lecteurs les plus exigeants apprécieront la longue bibliographie, les cartes disponibles en fin d’ouvrage.

Mon bémol est que j’ai eu le sentiment de ne pas être assez avec Cléopâtre. Pour poser les bases du décors politique notamment, Alberto Angela est obligé de revenir très longuement sur la dernière journée et la mort de César que nous pouvons suivre minute après minute. Idem pour la suite car on ne peut comprendre l’attitude de la reine qu’en saisissant toutes les subtilités, les jeux de pouvoir qui surviennent, les batailles et les destins de figures parfois moins connus que Cléopâtre. Encore une fois, l’auteur se soucis de tous les détails car ces derniers sont en réalité plus cruciaux qu’on ne le pense. Un rien aurait pu changer la face du monde.

Avec cette lecture j’ai beaucoup appris et que j’ai pu ainsi compléter ma vision de cette période. Ce livre ravira bien d’autres lecteurs, j’en suis certaine et on peut l’offrir aux amoureux de l’Histoire. 


Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20


Bonus :


vendredi 15 novembre 2019

Le corbeau d’Oxford de Faith Martin



Le livre : 

Le corbeau d’Oxford de Faith Martin aux éditions Harper Collins, collection Noir, 306 pages, 
Publié le 13 novembre 2019 


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Harper Collins.


Le pitch : 

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.  
Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.  
La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clément Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford… 


Ce que j’en pense : 

Il y a des lectures qui ne nous surprennent pas vraiment et pour autant, on les apprécie fortement car justement, elles possèdent les qualités que l’on recherche dans tel ou tel genre de romans, elles rassurent, elles ont un pouvoir qui s’apparente à celui du « Doudou ». 
« Le corbeau d’Oxford » appartient à cette catégorie. 
Je n’ai pas été bousculée, j’ai retrouvé bien des codes vus et revus, des constructions qui ont fait leurs preuves, des personnages aux caractéristiques pas si extraordinaires, mais qui nous restent éminemment sympathiques. Bref, rien de très neuf, mais bien agréable tout de même car l’ensemble est qualitatif, fonctionne et les gros écueils ont été évités. C’est un bon Cosy mystery. 

Facile d’accès, c’est un roman que l’on aura plaisir à lire d’une traite ou presque. Parfait pour se détendre sans se prendre la tête, mais sans être idiot. 
Un duo qui se forme et que l’on retrouvera dans de prochaines aventures peut-être plus mordantes. Je lirai d’ailleurs celles-ci avec plaisir pour voir l’évolution qui en général donne plus de corps à ce type de roman. 


Et s’il fallait mettre une note : 14 / 20



mardi 22 octobre 2019

Le roi fol de Laurent Decaux


Rentrée littéraire 2019 




Le livre : 

Le roi fol de Laurent Decaux aux éditions XO, 336 pages, 19 € 90.
Publié le 12 septembre 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat obtenu lors d’une opération masse critique organisée par la communauté de lecteur Babelio.
Mon goût pour l’Histoire à forcément orienter mon choix.


Le pitch : 

Au début de l’année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d’accoucher d’un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l’Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d’adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s’abattent sur le jeune roi.
Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s’agitent en coulisse. À la cour, le vice est l’affaire de tous et l’ambition n’est pas l’apanage des grands. Dans l’incroyable entreprise de démolition d’un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l’Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d’une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.


Ce que j’en pense : 

Dans la famille Decaux, je voudrais le fils !?! 
Non sérieusement, je ne joue pas une partie du jeu des sept familles, mais on pourrait presque. Après est-ce que le talent est héréditaire ? Ce n’est jamais certain, mais il y a toujours des codes qui passent mieux parce qu’on baigne dedans depuis toujours, parce que l’on est imprégné et que les passions des uns peuvent déclencher celles des autres qui apportent leur propre touche… 

« Le roi fol » est le premier ouvrage du fils que je lis, mais je pense que ce ne sera pas le dernier. Je n’ai d’ailleurs pas voulu le mettre en compétition avec son géniteur car cela aurait été déloyale et franchement pas si bienvenu que cela. Chacun ayant sa voix, son écriture, son déroulement. 
Nous sommes bien dans le domaine du roman et non pas du documentaire. Laurent Decaux précise d’ailleurs tout cela à la fin de son livre de manière claire et limpide pour dissiper les doutes, les interrogations. 
Ceci étant dit, son écriture colle au plus proche de la réalité supposée car qui peut bien certifier que tel événement fut bien tel qu’on croit le connaître ? Personne et même les témoins directs sont forcément influencés par le contexte, leurs croyances, leurs pensées, même leurs souvenirs sont recomposés… On reste dans le plus probable, le cohérent et le possible. 
C’est d’ailleurs ce réalisme qui fait l’une des plus grandes qualités de l’ouvrage avec aussi la documentation poussée et sérieuse. Le lecteur est happé par le récit et le vit de l’intérieur avec une rare fluidité. On ne souligne jamais assez combien il est difficile de rendre un texte vivant, qui coule de source, qui se lit avec un naturel désarmant. 

Ce roman nous dévoile une page de notre Histoire. 
Pas de grand suspens, on sent arriver le final sans même connaître particulièrement la période, mais on s’attache aux personnages fictifs ou réels qui sont vivants pour le lecteur. Les uns complétant les autres ou aidant à mieux les cerner. Les quelques liberté prises par l’auteur le sont toujours dans un désir de mieux faire comprendre le contexte politique, sociétale, économique. Et cela fonctionne très bien. 
Laurent Decaux reprend à sa manière le flambeau de son père inoubliable. Il nous raconte une histoire, la nôtre, avec ses mots, son verbe et son savoir-faire.


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20



Petit plus : 




lundi 14 octobre 2019

Derrière la blouse blanche de Stéphanie Fugain



Rentrée littéraire 2019 



Le livre : 

Derrière la blouse blanche de Stéphanie Fugain aux éditions Flammarion, 304 pages, 19 € 00.
Sortie le 25 septembre 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat.
Les ouvrages traitant de santé ou ce qui s’en rapproche m’intéressent particulièrement. 


Le pitch : 

« Si chacun de nous a connu ou connaîtra l’hôpital, son univers reste mystérieux. On pense souvent que les médecins sont à l’intérieur comme ils paraissent extérieurement. Mais qui sont réellement ces femmes et ces hommes derrière la blouse blanche, entre les mains desquels on remet nos existences ? Qui sont celles et ceux dont, durant le temps de la maladie, on guette les mots, les regards, les silences, pour comprendre ce qui nous arrive et ce qu’on peut espérer d’eux ? Comment vit-on la mort d’enfants malades, la souffrance des familles après avoir été si proches ? Comment gère-t-on les échecs ? Comment s’investir autant sans se perdre ?

À travers quatorze témoignages de médecins et de soignants, qui se sont livrés à moi en toute sincérité, en toute intimité, et que j’ai sondés au cœur, on comprendra davantage leur comportement et la pression qui pèse sur eux dans l’exercice de leur profession. Des entretiens bouleversants, riches d’enseignements, avec des héros qui se battent au quotidien pour sauver des vies. »



Ce que j’en pense : 

Quand j’ai reçu ce livre, je l’ai laissé reposer quelques jours sur ma table de chevet. Je n’ai pas voulu le lire immédiatement, j’avais comme besoin de prendre du recul pour accueillir ces témoignages. 
C’est un peu comme lorsqu’un médecin vous annonce votre diagnostic (et qu’il est grave. Je ne parle pas de votre dernier rhume des foins certes génant, mais pas mortel). Il faut digérer la nouvelle pour peu qu’on l’ait bien comprise car il n’est pas rare de ne pas saisir de quoi il retourne tellement l’annonce est mal faite et/ou en langage incompréhensible. De cela, justement, il sera beaucoup question car c’est essentiel dans la relation patient/ corps médical.
Dans ces pages, nous rencontrerons des médecins, mais pas que, car s’ils sont cruciaux dans notre système de soins et de santé, ce ne sont pas les uniques protagonistes. Et il serait tout sauf judicieux de les juger moins importants ces autres soignants. 
Toutes ces personnes sont au contact des malades et de leurs familles plus encore que les médecins. Tous ensemble, ils forment des équipes et les malades sont aussi des membres de ces « team » qui veulent gagner contre la maladie. Parfois, ça marche, parfois non, mais alors comment cela se passe ? Comment cela peut se gérer ? S’appréhender ? L’auteur ose poser ces questions car derrière la blouse, il y a aussi des hommes et des femmes, des êtres vivants ! 
Et d’ailleurs, il y aussi d’autres personnes que des professionnels de la santé. On y retrouve un chanteur-écrivain qui fut très malade il y a quelques années et qui peut lui aussi livrer un témoignage intéressant et instructif. 

Ce livre est là pour montrer que la blouse blanche est un symbole, mais ce n’est pas une frontière qui gomme toute trace d’humanité. On en doute suivant nos rencontres car qui n’a pas connu des « monstres sans cœur » affublés de ce vêtement ? Mais il existe certainement des explications, des raisons à ce type de comportements et puis, il y a aussi tous les autres, les gentils, les anges du quotidien… 
Ces témoignages nous donnent des clefs, des pistes, une occasion de partager le temps d’une lecture un peu de l’envers du décor. 

Un ouvrage qui se lit facilement et nous offre non pas un visage de la médecine, mais quatorze exemples. 
A découvrir.


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20


Pour aller plus loin : 





lundi 23 septembre 2019

Tout quitter d'Anaïs Vanel



Rentrée littéraire 2019


Le livre : 

Tout quitter d’Anaïs Vanel aux éditions Flammarion, 192 pages, 18 € 00.
Publié le 25 septembre 2019



Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat pour cette rentrée littéraire 2019.



Le pitch : 

« Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the Road, de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. »

Au rythme des saisons et des vagues de la Sud, la grande plage près de laquelle elle vient de s’installer, Anaïs retrouve les souvenirs qui habitent en elle. Devant l’étonnante simplicité des choses, tout quitter signifie la réconciliation avec soi.



Ce que j’en pense : 

Trouver un livre qui fait du bien n’est pas si facile. La plupart des romans tournent autour de sujets graves, pesants, terrifiants parce que oui, lire juste une intrigue où rien de méchant ne se déroule, cela peut vite être ennuyeux. Le bonheur, la joie de vivre, le plaisir ne sont pas forcément très vendeurs. 
Pour autant, je pense que trop regarder la noirceur de ce monde ne peut qu’être nocif. Vivre dans un environnement toxique l’est tout autant. Il faut donc trouver la force, le courage de partir, s’en donner les moyens. Anaïs Vanel l’a fait et dans son roman autobiographique (mais pas que), elle nous donne énormément. 

Parce qu’elle n’en pouvait plus, parce que c’était devenu une évidence, presque une question de survie, elle est partie d’un monde trop surfait, trop surestimer pour se reconnecter à ses rêves d’enfants, à une couleur (le bleu), à un monde plus tangible, plus véridique, palpable, plus simple…

Son texte se découpe en quatre parties, en suivant le rythme des saisons. 
Anaïs reconquiert le temps, celui qui passe, mais sans tout écraser sur sa route comme celui qui est lié au stress du toujours plus vite, toujours plus fort. Là, on respire, on sent, on prend la mesure des choses, on les touche, on les vit. Parfois, on replonge dans le passé pour y retrouver des racines qu’on avait oubliées, caché sous des tonnes de devoirs que l’on pensait incontournables. Ces coups d’œil dans le rétroviseur font que l’on s’enracine dans ses choix. Cela fait sens. 

Je me suis forcée à ne pas dévorer ce livre pour mieux le savourer et faire mienne cette expérience qui me parle vraiment et profondément car elle s’inscrit dans un désir commun avec ma moitié. Tout quitter, Anaïs Vanel l’a fait. Nous, on y songe et comme elle, on attend juste le déclic qui viendra car pour aujourd’hui, c’est impossible, mais demain ? On attend la vague et Anaïs est bon professeur, guide et amie. Elle a trouvé ce qu’elle cherchait, notre quête est différente, mais pas si éloignée. 

Un livre qui fait du bien, qui conforte et réconforte. 
Un livre à picorer encore et encore.



Et s’il fallait mettre une note : 17 / 20


Pour aller plus loin : 

lundi 2 septembre 2019

Le temps des orphelins de Laurent Sagalovitsch


Rentrée littéraire 2019 



Le livre : 

Le temps des orphelins de Laurent Sagalovitsch aux éditions Buchet-Chastel, 224 pages, 16 € 00.
Publié le 15 août 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat.
Le sujet, grave, a été mainte fois traité, mais chaque regard est différent.


Le pitch : 

Avril 1945. Daniel, jeune rabbin venu d’Amérique, s’est engagé auprès des troupes alliées pour libérer l’Europe. En Allemagne, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald et à y découvrir l’horreur absolue. Sa descente aux enfers aurait été sans retour s’il n’avait croisé le regard de cet enfant de quatre ou cinq ans, qui attend, dans un silence obstiné, celui qui l’aidera à retrouver ses parents.

Quand un homme de foi, confronté au vertige du silence de Dieu, est ramené parmi les vivants par un petit être aux yeux trop grands.


Ce que j’en pense : 

L’ouvrage est sorti durant l’été pour débuter cette rentrée littéraire 2019 et force est de constater que ce n’est pas une thématique légère. C’est rarement le cas, vous me direz dans la pléiade de romans qui sortent pour cette occasion, mais tout de même. 
Sujet éculé ? Vu et revu ? On a déjà tant écrit sur la Shoah, c’est vrai, mais pourra-t-on un jour dire que tout aura été dit ? Je ne pense pas. Ce roman est donc le bienvenu avec sa vision, ses personnages, son récit.

Roman assez court, il n’en demeure pas moins fort. 
Certes le sujet ne peut pas être mièvre, il choque encore et c’est tant mieux. 
On croit tout savoir, mais on est vite rattrapé par un détail, une pensée. Et on prend une douche froide là où l’on pensait être presque à l’aise, limite immunisé par justement une connaissance plus ou moins complète de la période historique, le thème particulièrement atroce et globalement bien documenté. 

Le choix du protagoniste principal m’a surprise dans le bon sens. C’est la première fois que je retrouve un jeune rabbin dans cette situation. Daniel savait que la guerre lui donnerait des visions d’horreur, mais à ce point ? Qui aurait pu l’imaginer ? Quasiment personne et certainement pas un jeune homme doué de sensibilité et foi, venu apporté un peu de réconfort dans la barbarie des hommes. 

J’ai vraiment aimé l’abime qui sépare ce que vit et découvre Daniel avec notamment la première lettre de sa jeune épouse Ethel qui débute le roman. Comment passer de la futilité, du gaspillage (un cake au citron jeté à la poubelle) alors que sur le vieux continent, tout est rationné, que les rescapés des camps sont plus morts que vifs ayant subi des privations inhumaines sans parler de tout le reste…. 

Après, on peut reprocher à l’auteur des maladresses (certaines comparaisons m’ont semblé déplacées ou pas forcément adéquates) ou des omissions, mais je n’ai pas envie de m’y attarder trop car cette lecture possède plus de qualités que de défauts. Même ces derniers nous ramène vers le côté dérisoire de nos mots pour tenter de raconter l’indicible. 


Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20