mardi 22 octobre 2019

Le roi fol de Laurent Decaux


Rentrée littéraire 2019 




Le livre : 

Le roi fol de Laurent Decaux aux éditions XO, 336 pages, 19 € 90.
Publié le 12 septembre 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat obtenu lors d’une opération masse critique organisée par la communauté de lecteur Babelio.
Mon goût pour l’Histoire à forcément orienter mon choix.


Le pitch : 

Au début de l’année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d’accoucher d’un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l’Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d’adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s’abattent sur le jeune roi.
Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s’agitent en coulisse. À la cour, le vice est l’affaire de tous et l’ambition n’est pas l’apanage des grands. Dans l’incroyable entreprise de démolition d’un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l’Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d’une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.


Ce que j’en pense : 

Dans la famille Decaux, je voudrais le fils !?! 
Non sérieusement, je ne joue pas une partie du jeu des sept familles, mais on pourrait presque. Après est-ce que le talent est héréditaire ? Ce n’est jamais certain, mais il y a toujours des codes qui passent mieux parce qu’on baigne dedans depuis toujours, parce que l’on est imprégné et que les passions des uns peuvent déclencher celles des autres qui apportent leur propre touche… 

« Le roi fol » est le premier ouvrage du fils que je lis, mais je pense que ce ne sera pas le dernier. Je n’ai d’ailleurs pas voulu le mettre en compétition avec son géniteur car cela aurait été déloyale et franchement pas si bienvenu que cela. Chacun ayant sa voix, son écriture, son déroulement. 
Nous sommes bien dans le domaine du roman et non pas du documentaire. Laurent Decaux précise d’ailleurs tout cela à la fin de son livre de manière claire et limpide pour dissiper les doutes, les interrogations. 
Ceci étant dit, son écriture colle au plus proche de la réalité supposée car qui peut bien certifier que tel événement fut bien tel qu’on croit le connaître ? Personne et même les témoins directs sont forcément influencés par le contexte, leurs croyances, leurs pensées, même leurs souvenirs sont recomposés… On reste dans le plus probable, le cohérent et le possible. 
C’est d’ailleurs ce réalisme qui fait l’une des plus grandes qualités de l’ouvrage avec aussi la documentation poussée et sérieuse. Le lecteur est happé par le récit et le vit de l’intérieur avec une rare fluidité. On ne souligne jamais assez combien il est difficile de rendre un texte vivant, qui coule de source, qui se lit avec un naturel désarmant. 

Ce roman nous dévoile une page de notre Histoire. 
Pas de grand suspens, on sent arriver le final sans même connaître particulièrement la période, mais on s’attache aux personnages fictifs ou réels qui sont vivants pour le lecteur. Les uns complétant les autres ou aidant à mieux les cerner. Les quelques liberté prises par l’auteur le sont toujours dans un désir de mieux faire comprendre le contexte politique, sociétale, économique. Et cela fonctionne très bien. 
Laurent Decaux reprend à sa manière le flambeau de son père inoubliable. Il nous raconte une histoire, la nôtre, avec ses mots, son verbe et son savoir-faire.


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20



Petit plus : 




lundi 14 octobre 2019

Derrière la blouse blanche de Stéphanie Fugain



Rentrée littéraire 2019 



Le livre : 

Derrière la blouse blanche de Stéphanie Fugain aux éditions Flammarion, 304 pages, 19 € 00.
Sortie le 25 septembre 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat.
Les ouvrages traitant de santé ou ce qui s’en rapproche m’intéressent particulièrement. 


Le pitch : 

« Si chacun de nous a connu ou connaîtra l’hôpital, son univers reste mystérieux. On pense souvent que les médecins sont à l’intérieur comme ils paraissent extérieurement. Mais qui sont réellement ces femmes et ces hommes derrière la blouse blanche, entre les mains desquels on remet nos existences ? Qui sont celles et ceux dont, durant le temps de la maladie, on guette les mots, les regards, les silences, pour comprendre ce qui nous arrive et ce qu’on peut espérer d’eux ? Comment vit-on la mort d’enfants malades, la souffrance des familles après avoir été si proches ? Comment gère-t-on les échecs ? Comment s’investir autant sans se perdre ?

À travers quatorze témoignages de médecins et de soignants, qui se sont livrés à moi en toute sincérité, en toute intimité, et que j’ai sondés au cœur, on comprendra davantage leur comportement et la pression qui pèse sur eux dans l’exercice de leur profession. Des entretiens bouleversants, riches d’enseignements, avec des héros qui se battent au quotidien pour sauver des vies. »



Ce que j’en pense : 

Quand j’ai reçu ce livre, je l’ai laissé reposer quelques jours sur ma table de chevet. Je n’ai pas voulu le lire immédiatement, j’avais comme besoin de prendre du recul pour accueillir ces témoignages. 
C’est un peu comme lorsqu’un médecin vous annonce votre diagnostic (et qu’il est grave. Je ne parle pas de votre dernier rhume des foins certes génant, mais pas mortel). Il faut digérer la nouvelle pour peu qu’on l’ait bien comprise car il n’est pas rare de ne pas saisir de quoi il retourne tellement l’annonce est mal faite et/ou en langage incompréhensible. De cela, justement, il sera beaucoup question car c’est essentiel dans la relation patient/ corps médical.
Dans ces pages, nous rencontrerons des médecins, mais pas que, car s’ils sont cruciaux dans notre système de soins et de santé, ce ne sont pas les uniques protagonistes. Et il serait tout sauf judicieux de les juger moins importants ces autres soignants. 
Toutes ces personnes sont au contact des malades et de leurs familles plus encore que les médecins. Tous ensemble, ils forment des équipes et les malades sont aussi des membres de ces « team » qui veulent gagner contre la maladie. Parfois, ça marche, parfois non, mais alors comment cela se passe ? Comment cela peut se gérer ? S’appréhender ? L’auteur ose poser ces questions car derrière la blouse, il y a aussi des hommes et des femmes, des êtres vivants ! 
Et d’ailleurs, il y aussi d’autres personnes que des professionnels de la santé. On y retrouve un chanteur-écrivain qui fut très malade il y a quelques années et qui peut lui aussi livrer un témoignage intéressant et instructif. 

Ce livre est là pour montrer que la blouse blanche est un symbole, mais ce n’est pas une frontière qui gomme toute trace d’humanité. On en doute suivant nos rencontres car qui n’a pas connu des « monstres sans cœur » affublés de ce vêtement ? Mais il existe certainement des explications, des raisons à ce type de comportements et puis, il y a aussi tous les autres, les gentils, les anges du quotidien… 
Ces témoignages nous donnent des clefs, des pistes, une occasion de partager le temps d’une lecture un peu de l’envers du décor. 

Un ouvrage qui se lit facilement et nous offre non pas un visage de la médecine, mais quatorze exemples. 
A découvrir.


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20


Pour aller plus loin : 





lundi 23 septembre 2019

Tout quitter d'Anaïs Vanel



Rentrée littéraire 2019


Le livre : 

Tout quitter d’Anaïs Vanel aux éditions Flammarion, 192 pages, 18 € 00.
Publié le 25 septembre 2019



Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat pour cette rentrée littéraire 2019.



Le pitch : 

« Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the Road, de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. »

Au rythme des saisons et des vagues de la Sud, la grande plage près de laquelle elle vient de s’installer, Anaïs retrouve les souvenirs qui habitent en elle. Devant l’étonnante simplicité des choses, tout quitter signifie la réconciliation avec soi.



Ce que j’en pense : 

Trouver un livre qui fait du bien n’est pas si facile. La plupart des romans tournent autour de sujets graves, pesants, terrifiants parce que oui, lire juste une intrigue où rien de méchant ne se déroule, cela peut vite être ennuyeux. Le bonheur, la joie de vivre, le plaisir ne sont pas forcément très vendeurs. 
Pour autant, je pense que trop regarder la noirceur de ce monde ne peut qu’être nocif. Vivre dans un environnement toxique l’est tout autant. Il faut donc trouver la force, le courage de partir, s’en donner les moyens. Anaïs Vanel l’a fait et dans son roman autobiographique (mais pas que), elle nous donne énormément. 

Parce qu’elle n’en pouvait plus, parce que c’était devenu une évidence, presque une question de survie, elle est partie d’un monde trop surfait, trop surestimer pour se reconnecter à ses rêves d’enfants, à une couleur (le bleu), à un monde plus tangible, plus véridique, palpable, plus simple…

Son texte se découpe en quatre parties, en suivant le rythme des saisons. 
Anaïs reconquiert le temps, celui qui passe, mais sans tout écraser sur sa route comme celui qui est lié au stress du toujours plus vite, toujours plus fort. Là, on respire, on sent, on prend la mesure des choses, on les touche, on les vit. Parfois, on replonge dans le passé pour y retrouver des racines qu’on avait oubliées, caché sous des tonnes de devoirs que l’on pensait incontournables. Ces coups d’œil dans le rétroviseur font que l’on s’enracine dans ses choix. Cela fait sens. 

Je me suis forcée à ne pas dévorer ce livre pour mieux le savourer et faire mienne cette expérience qui me parle vraiment et profondément car elle s’inscrit dans un désir commun avec ma moitié. Tout quitter, Anaïs Vanel l’a fait. Nous, on y songe et comme elle, on attend juste le déclic qui viendra car pour aujourd’hui, c’est impossible, mais demain ? On attend la vague et Anaïs est bon professeur, guide et amie. Elle a trouvé ce qu’elle cherchait, notre quête est différente, mais pas si éloignée. 

Un livre qui fait du bien, qui conforte et réconforte. 
Un livre à picorer encore et encore.



Et s’il fallait mettre une note : 17 / 20


Pour aller plus loin : 

lundi 2 septembre 2019

Le temps des orphelins de Laurent Sagalovitsch


Rentrée littéraire 2019 



Le livre : 

Le temps des orphelins de Laurent Sagalovitsch aux éditions Buchet-Chastel, 224 pages, 16 € 00.
Publié le 15 août 2019


Pourquoi cette lecture : 

Il s’agit d’un partenariat.
Le sujet, grave, a été mainte fois traité, mais chaque regard est différent.


Le pitch : 

Avril 1945. Daniel, jeune rabbin venu d’Amérique, s’est engagé auprès des troupes alliées pour libérer l’Europe. En Allemagne, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald et à y découvrir l’horreur absolue. Sa descente aux enfers aurait été sans retour s’il n’avait croisé le regard de cet enfant de quatre ou cinq ans, qui attend, dans un silence obstiné, celui qui l’aidera à retrouver ses parents.

Quand un homme de foi, confronté au vertige du silence de Dieu, est ramené parmi les vivants par un petit être aux yeux trop grands.


Ce que j’en pense : 

L’ouvrage est sorti durant l’été pour débuter cette rentrée littéraire 2019 et force est de constater que ce n’est pas une thématique légère. C’est rarement le cas, vous me direz dans la pléiade de romans qui sortent pour cette occasion, mais tout de même. 
Sujet éculé ? Vu et revu ? On a déjà tant écrit sur la Shoah, c’est vrai, mais pourra-t-on un jour dire que tout aura été dit ? Je ne pense pas. Ce roman est donc le bienvenu avec sa vision, ses personnages, son récit.

Roman assez court, il n’en demeure pas moins fort. 
Certes le sujet ne peut pas être mièvre, il choque encore et c’est tant mieux. 
On croit tout savoir, mais on est vite rattrapé par un détail, une pensée. Et on prend une douche froide là où l’on pensait être presque à l’aise, limite immunisé par justement une connaissance plus ou moins complète de la période historique, le thème particulièrement atroce et globalement bien documenté. 

Le choix du protagoniste principal m’a surprise dans le bon sens. C’est la première fois que je retrouve un jeune rabbin dans cette situation. Daniel savait que la guerre lui donnerait des visions d’horreur, mais à ce point ? Qui aurait pu l’imaginer ? Quasiment personne et certainement pas un jeune homme doué de sensibilité et foi, venu apporté un peu de réconfort dans la barbarie des hommes. 

J’ai vraiment aimé l’abime qui sépare ce que vit et découvre Daniel avec notamment la première lettre de sa jeune épouse Ethel qui débute le roman. Comment passer de la futilité, du gaspillage (un cake au citron jeté à la poubelle) alors que sur le vieux continent, tout est rationné, que les rescapés des camps sont plus morts que vifs ayant subi des privations inhumaines sans parler de tout le reste…. 

Après, on peut reprocher à l’auteur des maladresses (certaines comparaisons m’ont semblé déplacées ou pas forcément adéquates) ou des omissions, mais je n’ai pas envie de m’y attarder trop car cette lecture possède plus de qualités que de défauts. Même ces derniers nous ramène vers le côté dérisoire de nos mots pour tenter de raconter l’indicible. 


Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20




lundi 8 juillet 2019

La fabuleuse histoire de Guirec et Monique. Le carnet de bord de Soudée Guirec



Le livre :

La fabuleuse histoire de Guirec et Monique. Le carnet de bord de Soudée Guirec aux éditions Arthaud, 208 pages, 21 € 90.
Publié le 10 avril 2019.



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat obtenu lors d’une opération Masse Critique organisée par la communauté de lecteurs Babelio.


Le pitch :

Parcourir les mers du monde avec une poule rousse comme membre d’équipage, voici la fabuleuse histoire de Guirec !
En 2013, à seulement 21 ans à bord d’un petit voilier en acier acheté avec ses économies durement gagnées en Australie, ce Breton entame la traversée de l’Atlantique. Première étape d’une épopée très médiatisée qui ne cesse de faire le buzz sur les réseaux sociaux. Après un hivernage de cent trente jours dans les glaces du Groenland, il devient à 24 ans le plus jeune navigateur à franchir le passage du Nord-Ouest dans l’océan Arctique. Guirec qui a arrêté l’école avant le bac est désormais un marin chevronné qui a traversé le Pacifique du nord au sud, affronté les soixantièmes stridents du mythique cap Horn et frôlé la mort face aux icebergs d’Antarctique ! De galère en victoire, cet aventurier ne se départit jamais de sa bonne humeur et retranscrit dans ce journal de bord tous ses souvenirs, ses joies et ses doutes. Avec sa soif d’aventure inépuisable et assez d’énergie pour déplacer les océans, Guirec et Monique – qui est loin d’être une poule mouillée – forment un duo détonant et attachant.




Ce que j’en pense :

N’ayant absolument pas le pied marin et ne suivant pas particulièrement les émissions de TV ou les réseaux qui relaient ce type d’aventures, je suis passée complètement à côté de Guirec et Monique jusqu’à la sortie de leurs ouvrages.
J’ai eu la chance de pouvoir lire et admirer celui qui est en quelque sorte un carnet de bord, un journal merveilleusement illustré de photos splendides, de belles qualités et bien agencées par une édition souple, mais qui reste très qualitative. En prime, il y a de belles cartes que l’on peut mettre sous cadre ou punaiser où bon nous semble.

Lecture très facile, nos yeux passent sans cesse du texte aux images qui nous font vivre par procuration cet aventure humaine, mais aussi gallinacée.
Franchement, je n’aurais pas aimé vivre ce que ce duo très improbable a traversé, mais j’admire leur parcours. Ils ont eu de la chance de s’en sortir sans bobo car ce voyage qui s’étire sur presque 2 ans était des plus périlleux. Ils ont fait de belles rencontres qui donne foi en l’humanité et en la force de la Nature.

Même si vous n’êtes pas attiré par les histoires de marins, de bateaux, d’océan, ce livre peut vous plaire. C’est parce que cela va au-delà.
Guirec est un jeune homme charmant, certainement un brin ours solitaire avec un caractère pas facile, mais c’est ce qui a fait sa force aussi. Il est inexpérimenté et son école va être celle de la mer. Il est courageux, pas feignant et débrouillard. Avec trois fois rien, il fait des tas de choses et vit son rêve.
Monique est une poule qui s’ennuierait à mourir dans une basse-cour classique. Elle ne manque pas de caractère et sera le moussaillon indéfectible de Guirec.

Je suis certaine qu’ils n’en resteront pas là ces deux-là !!!!


Et s’il fallait mettre une note : 16 / 20



mercredi 3 juillet 2019

Petits meurtres au Caire : Une enquête du commissaire aux morts étranges d’Olivier Barde-Cabuçon



Le livre : 

Petits meurtres au Caire : Une enquête du commissaire aux morts étranges d’Olivier Barde-Cabuçon aux éditions Actes Sud, 365 pages, 22 € 50.
Publié le 5 juin 2019


Pourquoi cette lecture : 

Depuis le premier tome des enquêtes du commissaire aux morts étranges, je n’ai point rater un volet. Je n’allais pas commencer maintenant.
De plus ce livre m’a été gracieusement envoyé par l’auteur et sa maison d’édition en tant que partenariat.


Le pitch : 

Coursés par un navire barbaresque alors qu'ils quittent Venise, le commissaire aux morts étranges et son père, le moine hérétique, font naufrage et sont séparés. Le moine se retrouve prisonnier de l'île de la mystérieuse Calypso, et le chevalier de Volnay est emmené comme esclave au Caire ! Il y est retenu dans l'étrange demeure d'une princesse mamelouke adepte des dieux anciens, et de ses trois suivantes orientales au comportement singulier. 
Tandis que son père fait tout pour se précipiter à son secours, on découvre dans la maison de la princesse les corps de deux amants, visiblement morts au milieu de leurs ébats. Meurtre ou suicide ? Les deux hommes se voient confier l'enquête avec, pour enjeu, l'affranchissement de Volnay. Dans l'Egypte colorée du Coran et sensuelle des Mille et Une Nuits se présente à eux une affaire des plus retorses. 
Au Caire, où les rapports de force et d'autorité sont inversés, maîtres et esclaves ne sont pas forcément ce qu'ils paraissent... A travers la rencontre, toujours actuelle, de l'Orient et de l'Occident, Olivier Barde-Cabuçon nous offre la plus inattendue et la plus dépaysante des enquêtes du commissaire aux morts étranges.



Ce que j’en pense : 

C’est encore bien loin de Paris, de Versailles que nous débutons ce nouveau volet des aventures / enquêtes du commissaire aux morts étranges et de son illustre père, le moine hérétique. 
Comme toujours, chaque tome peut se lire de manière indépendante, mais il manquera au lecteur bien des clefs pour apprécier pleinement ce moment passé en la compagnie de personnages riches et complexes. 
Ce nouveau chapitre de l’existence tout sauf calme de nos deux principaux protagonistes débute juste après leur fuite de la Sérénissime, en pleine mer, et d’emblée, on se retrouve propulsé au cœur de l’action. 

Le titre de ce nouvel opus fait immédiatement pensé à un hommage à la reine du crime : Agatha Christie, celle qui fut tant prolixe et novatrice du genre policier. Le huis clos choisit pour cadre n’est pas neutre non plus car elle affectionnait assez ce type de situation dans ses intrigues. Et que dire aussi de cette (Ancienne) Egypte si présente et plus globalement du Moyen-Orient ? Ce fut un de ses cadres de vie et d’inspiration. 
Vraiment dans cet épisode, il y a une petite touche toute britannique qui n’est pas pour me déplaire, mais elle ne sera pas la seule.
En effet, un autre hommage, à un des textes les plus connus qui soit, est récurent : L’Odyssée d’Homère. On y retrouve des protagonistes et des situations à double lecture. Le moine devenant Ulysse, une prêtresse donnant ses traits à une Calypso plus vraie que nature etc… 
Enfin, jamais deux sans trois avec Les mille et une nuits que l’on retrouvera aussi dans ce récit aux saveurs épicés, douces et piquantes à la fois. 

Je ne souhaite rien vous révéler de l’intrigue si ce n’est que nous avons là deux morts bien étranges dans une maison de femmes vivants plutôt en retrait de la vie politique, économique et même mondaine. Ces dernières se passant fort bien de la présence des hommes en tous points. 
Tout est sensualité, mélange des cultures, des origines, finesse intellectuelle, manœuvres habiles, tromperies, mais aussi jeux de pouvoirs là où l’on ne pense pas en trouver.

Olivier Barde-Cabuçon a choisi cette fois de faire alterner les voix de Volnay et du moine. Parfois, ils sont réunis, mais ce n’est pas si souvent. 
J’ai trouvé que Guillaume était encore une fois mis en valeur, ses tourments, son expérience apportent plus de profondeur au récit, mais relègue peut-être un peu trop son fils. Déjà que je n’ai pas trop aimé sa « passivité » face à sa nouvelle condition. J’ai eu envie de le secouer pour lui faire retrouver un peu plus de combativité, de virilité, d’allant. Heureusement, j’ai été entendue même si je le trouve un peu trop sensible, mais cela fait son charme également. Ahhhh jamais satisfaite ! 

Les autres personnages importants de ce volet sont majoritairement féminins. Forcément de quoi faire tourner la tête au moine ! Comme en prime, ce ne sont pas que des beautés sans cervelle, cela ajoute du piment à un huis clos qui aurait pu être simplement liquoreux. 

Dépaysement garanti avec une plongée dans une autre époque pas si lointaine.
Prédiction de l’avenir offerte par le moine en bonus. 
Et suite des aventures de nos amis l’an prochain, on y tient !!!!



Et s’il fallait mettre une note : 17 / 20

lundi 24 juin 2019

Rituels d’Ellison Cooper



Le livre :

Rituels d’Ellison Cooper aux éditions Le cherche Midi, 430, 21 € 00.
Publié le 4 octobre 2018
Existe en audiolib et c’est d’ailleurs cette version que j’ai obtenue en partenariat.
1 CD MP3, publié le 17 avril 2019. 23 € 90.


Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat obtenu lors d’une Opération Masse Critique organisée par Babelio (communauté de lecteurs).



Le pitch :

Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d'une jeune fille à qui l'on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d'Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l'on découvre d'étranges symboles mayas sur les lieux, l'enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu'insaisissable. 
Docteur en archéologie, Ellison Cooper ouvre avec Rituels une série consacrée à Sayer Altair, qui mêle meurtres, neurologie et superstitions. Un univers aussi inédit que fascinant, des intrigues captivantes, un personnage inoubliable...



Ce que j’en pense :

Passant énormément de temps en cuisine, écouter un audiolib est un excellent moyen de joindre l’utile et l’agréable bien qu’en fait ce soit deux de mes passions (mitonner des petits plats maison et lire).
Il faut néanmoins pouvoir rentrer dans l’intrigue par d’autres biais et le lecteur est alors primordial. J’ai assez vite accroché avec Audrey D’Hulstère qui parvient à attirer mon attention en quelques instants.

L’intrigue m’a semblé assez classique. De bonne facture, mais pas extraordinaire. Cela ne m’a pas empêcher d’aimer et d’accrocher.
En effet, j’ai trouvé que l’ensemble n’était pas novateur dans le sens où l’on retrouve bien des éléments attendu dans ce type de récit : des personnages à forts caractères, avec des fêlures plus ou moins profondes, des politiciens, des jeux de pouvoirs, des prouesses techniques, des personnages secondaires qui valorisent les principaux, de la noirceur, de l’égo, du hors norme, des twists pour garder le suspens… Il y a un petit côté les « Experts » même si c’est un peu plus lent car on respecte plus les temps réels des analyses, mais en gros vous saisissez vite le genre. Pas désagréable, mais déjà vu.

Le rythme est soutenu malgré tout et pour cause, il y a une véritable course contre la montre qui est engagée pour tenter de sauver une des victimes du tueur à la cage. Enfin je dis une, mais qui sait… Je ne vais pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Une série en devenir qui promet d’être pas mal, mais qui devra conserver un bon niveau pour nous maintenir en haleine. Reste que j’ai aimé Sayer, sa chef impossible Janice Holt, son partenaire Vik, son équipe de techniciens, sa grand-mère, son voisin, son neveu… J’ai envie de les retrouver. On va dire que l’épisode pilot a fait le job.



Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20