vendredi 3 juin 2016

Cancer et boule de gommes de Pascale Leroy




Le livre : 

Cancer et boule de gommes de Pascale Leroy aux éditions Robert Laffont, 174 pages, 14 € 00.
Publié le 10 mars 2016


Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Robert Laffont. 
La thématique n'est pas gaie, mais j'apprécie lire des témoignages. Je trouve que cela aide à appréhender un peu différemment les choses. 



Le pitch : 

"Pourquoi c'est moi" ? m'a demandé ma soeur en apprenant qu'elle avait une tumeur au cerveau. Sa question résonnait comme celle d'une petite fille injustement punie et je n'avais pas de réponse. Mais autour de nous beaucoup de gens savaient. Parce que, d'après eux, la maladie ne frappe jamais au hasard. D'abord personne ne croit plus au hasard, il y a toujours des raisons, des explications à tout, un vaste bric-à-brac de croyances à base de psychosomatique mal digérée. 

Je l'avoue, moi aussi j'ai cherché des réponses faciles, des liens de cause à effet évidents, des fulgurances éclairantes. Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il n'y avait jamais aucune raison raisonnable d'être malade. Et qu'aucune explication ne donnerait jamais de sens à l'insensé. Et finalement j'ai trouvé la réponse au pourquoi de ma soeur. Et la réponse la voilà : "Mystère et boule de gomme" ! L'une des soeurs de Pascale Leroy est atteinte de la même tumeur au cerveau qui a emporté leur mère vingt-cinq ans plus tôt. 
Entretemps, une autre, à la gorge, avait emporté leur père. Les médecins sont formels : pas de cause génétique, pas de transmission héréditaire. Pourquoi moi ? se demande sa soeur. Pourquoi elle, et pas moi ? se demande Pascale. La question est légitime. Tout malade, tout proche de malade se la pose. Mais cette folie de l'époque de trouver des explications à tout ? Comme s'il s'agissait de rendre chacun responsable de sa maladie. 
Alors elle a voulu raconter, témoigner de sa longue relation forcée avec le cancer. Souhaitant déculpabiliser les malades et leur entourage en rappelant cette dimension de l'existence qu'on tente de nier parce qu'elle nous fait peur : celle du mystère. Objectif réussi : dans son récit très personnel, taillé à l'humour noir (le pathos n'est pas le genre de la maison), dans les situations qu'elle décrit - les rendez-vous avec les médecins, les chimios à l'hôpital, les retours à la maison, les fous rires et les larmes, l'accompagnement de sa soeur jusqu'à la fin, comment on tient face à ça, comment on craque, comment la vie continue malgré tout -, nous nous projetons, nous nous retrouvons. 
Et ça fait du bien.



Ce que j'en pense : 

Quand un cas de cancer frappe une famille, c'est déjà un sacré coup à digérer. 
Quand le même type de tumeur revient 25 ans après, touchant une personne du même sexe, même âge que la première victime, c'est la blessure qui s'ouvre de nouveau et qui fait doublement mal. 
Quand c'est un compte à rebours qui s'enclenche avant le passage de la faucheuse, cela ressemble au coup de grâce avant l'heure. 

Ce livre pourrait être trés démoralisant. 
Il l'est forcément un peu (on peut trouver plus gai comme thématique ), mais j'ai surtout ressenti de la vie dans ce texte. La maladie est présente, elle ronge ses victimes, mais la mort est tenue en respect un sacré bout de temps par tout un tas de sentiments divers et variés, mais qui font que l'on est bien encore vivant. 

J'ai trouvé que ce texte rendait un vibrant hommage aux malades, aux accompagnants, aux familles, aux soignants... 
Il y a aussi des dénonciations de pratiques indignes et hélas véritables. La colère était palpable et légitime. On passe presque par toutes les phases. 

Cet écrit est touchant. 
Je ne le recommande peut-être à tous les lecteurs (on ne peut qu'être touché), mais tout de même, ce livre est remarquable. C'est aussi un texte rempli d'amour... 



Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20 



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