jeudi 20 novembre 2008

Plus efficace qu'une simple prière ! ----- "Le ciel t'aidera" de Sylvie Testud



Ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale, rien de moins ! C’est le meilleur anti-dépresseur que je connaisse. Mais attention, il y a un revers à la médaille : vos voisins vont se méfier de vous, de votre comportement pour le moins surprenant et de vos crises de rire intempestives. Ils vont donc appeler les hommes en blouse blanche qui distribuent des chemises à manches longues qui se nouent dans le dos (pas très seyantes d’ailleurs), car c’est certain, vous êtes devenu complètement dingo, maboul, fêlé du ciboulot pour rire ainsi sans raison, juste en repensant au deuxième roman de Sylvie Testud.

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Quelques informations sur l’auteur, que l’on ne connaît pas toujours sous cet aspect :

Cette jeune femme aux allures tout à fait simples est une Lyonnaise, née d’un père inconnu et d’une mère comptable d’origine italienne. C’est avant tout une comédienne de talent.
Elle a joué dans de nombreux films tels que : « Couples et amants », « Karnaval », « La captive », « Les blessures assassines », « Filles uniques », « Stupeur et tremblements », « La môme »…
Elle sera reconnue par ses pères grâce à l’attribution de deux César. Celui du meilleur espoir féminin en 2001 et celui de la meilleure actrice en 2004.
Elle est très discrète dans la vie, mais aime dévoiler des pans entiers de sa personnalité dans ses livres. Ce n’est donc pas seulement une comédienne, c’est aussi un écrivain plein d’humour.
Son premier livre évoque son quotidien en tant qu’actrice (Cf. « Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir »). Elle se rapproche petit à petit de la fiction tout en s’inspirant beaucoup de ses expériences personnelles dans « Le ciel t’aidera » et enfin « Gamines » publié en 2006.

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Petit résumé :

Sylvie aimerait avoir une petite vie bien tranquille, vivre jusqu’à 100 ans et mourir dans son lit. Oui, mais voilà, quand on a peur de tout, vraiment de tout, même du simple passant dans la rue, qu’on a en prime une imagination débridée, on finit par se retrouver dans des situations folles, farfelues et pires encore ! Heureusement que son homme garde lui un calme olympien ! Enfin presque…
Et n’oublions pas Tiago son chien (si on peut encore appeler cet animal, un chien) qui est d’un flegme plus que britannique.
Oui heureusement, car sinon, la catastrophe ne pourrait plus être évité…

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Mon avis de lectrice :

J’ai tout bonnement dévoré ce livre. J’avais bien aimé le précédent (« Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir »), mais là, ce fut l’apothéose. J’ai encore à cet instant un sourire bête qui illumine mon visage et j’essaie de rester concentrée pour rédiger cette critique car sinon, cela va vraiment partir dans tous les sens. Voyez comme je suis pleine de conscience professionnelle pour vous alors que j’ai le fou rire qui me guette.

Comment et quand ai-je lu ce livre ? J’avais trois bonnes heures à tuer dans le TGV et ce livre qui me tendait les bras dans ma bibliothèque. Il m’avait été recommandé, mais je n’avais pas encore pu trouver un peu de temps pour le lire. J’allais pouvoir combler cette lacune.

Il m’a fallu moins de temps que celui du trajet pour en venir à bout, mais ce fut un vrai délice. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! J’ai même dû étouffer plus d’un éclat de rire tant Sylvie Testud nous livre avec réalisme et autodérision un récit de son angoisse au quotidien, de sa crainte de l’autre, de mourir violemment.
Les situations décrites alors sont à la fois familières et cocasses. Son style est simple, tout se lit aisément et c’est cette simplicité qui fait que l’on visualise pleinement les mésaventures de Sylvie.

Elle est proche de nous, elle est nous ! C’est comme si elle avait un miroir dans ses mains. C’est nous que nous pouvons observer avec toutes nos peurs, nos doutes. Cela est certes édulcoré, mais cela fonctionne à merveille. Sous cet humour décapant, il y a une belle photographie de notre société. Reste que pour une fois, cela ne mine pas le moral, bien au contraire !
Faites juste attention à vos voisins. Pour ma part, j’avoue que les rares fois où j’ai levé les yeux de mon livre, j’ai surpris des regards qui ne m’ont point trompé. Les autres passagers ont très vite commencé à douter de ma santé mentale. Certains avaient même l’air effondrés. Faut dire qu’autant de bonne humeur en ces temps de crise économique et financière, cela ne court pas les rues. Navrée…

Comme je le disais déjà un peu plus haut, le style de l’auteur n’est pas complexe du tout, la lecture est aisée et fluide, les mots tombent juste, aucun temps mort dans le récit percutant d’une jeune femme, avant toute chose humaine, un peu comédienne, un tantinet bizarre voir complètement folle.
Une folle certes, mais une cinglée comme celle-ci, on ne peut que l’aimer.


Note finale : 18/20

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