lundi 6 mai 2013

Messe noire d'Olivier Barde-Cabuçon



Le livre : 

Messe noire d'Olivier Barde-Cabuçon aux éditions Actes Sud (collection Actes noirs), 320 pages, 22€90.


Pourquoi cette lecture : 

Les raisons en sont forts simples :
- J'avais eu un véritable coup de coeur pour la première enquête du commissaire aux morts étranges.
- Olivier Barde-Cabuçon m'a fait l'immense plaisir et honneur de me faire envoyer son nouvel opus. un grand merci à lui et aux éditions Actes Sud.


Le pitch : 

Une nuit de décembre 1759, le corps sans vie d'une jeune fille est retrouvé sur la tombe glaciale d'un cimetière parisien. Pas de suspect, et pour seuls indices : une hostie noire, un crucifix et des empreintes de pas. Un panneau placardé sur la grille d'un autre cimetière donne le ton : "Interdit à Dieu d'entrer dans ce lieu". La tension est à son comble dans la capitale. Sartine, le lieutenant général de police, craint une résurgence des messes noires sous le règne du très contesté Louis XV. 
Volnay, le commissaire aux morts étranges et son non moins étrange compagnon, le moine hérétique, se trouvent rapidement confrontés à des forces obscures et manipulatrices. Toujours aussi mal vu du pouvoir en place, sous la férule d'un Sartine plus méfiant que jamais, le duo d'enquêteurs ne pourra compter que sur lui-même pour démasquer les ordonnateurs du rituel satanique. Dans ce deuxième volet des aventures du chevalier de Volnay, Olivier Barde-Cabuçon reconstitue un Paris pittoresque et inquiétant, où les seaux d'aisance se déversent des fenêtres à toute heure du jour, où les coquins s'emparent des rues à la nuit tombée, et où l'on dit la messe à l'envers sur les tombes. 
A quelques lieues de là, Versailles étale les lignes claires de ses jardins, comme pour mieux dissimuler les troubles pulsions de ses prestigieux locataires. Entre ces deux pôles opposés, Olivier Barde-Cabuçon noue une intrigue diabolique au royaume du détraquement et de l'inversion des règles établies.


Ce que j'en ai pensé :

J'ai mis quelques temps avant de me plonger dans la noirceur de ces pages pour cause de PAL débordante, mais quand ce fut enfin le cas, ce fut avec plaisir et frissons. 
J'ai retrouvé toutes les spécificités de l'écriture si agréable de l'auteur. Je crois même que cette fois le ton était plus aboutit encore. 
Les décors sont finement ciselés. Les ambiances presque oppressantes. On sent le danger qui rôde un peu partout. La misère, l'obscurité, le brouillard et la noirceur de l'âme humaine font le reste. Brrrrrr

Dans ce nouvel opus, je trouve les différents personnages plus intéressants encore. Peut importe qu'ils aient un grand rôle ou non, chacun fourmille de détails. L'auteur nous dresse un tableau des habitants de Paris ou de Versailles en plein XVIII ème avec finesse, mais surtout justesse. 

J'ai eu une tendresse toute particulière pour un petit écureuil de 16 printemps que la bassesse de ce monde n'avait pu encore complètement souiller. D'ailleurs, je pense qu'elle aura su percer un autre cœur déjà meurtri...

J'ai fondu devant le bon cœur de Sophia, la trop jeune victime. Un modèle de droiture et de bons sentiments, mêlé de sagesse précoce. Sa beauté ne laisse personne indifférent et son souvenir ou peut être son âme revient vers les vivants pour les hanter. Ses assassins ne doivent pas rester impunis. Pour cela, on peut faire confiance à Volnay et à son père, même on ne leur facilitera pas vraiment la tâche...

Le fidèle compagnon à quatre pattes de cette enfant était plus vivant que bien des chimères numériques de nos jours. Son intelligence et ses dons pour toujours être là sans bruit, sans haine envers les hommes qui l'ont tellement rejeté m'ont touché. Heureusement que sa route a ensuite croisé celles d'hommes éclairés. 

Le moine égal à lui- même pour ses idéaux nous montre aussi sa face tendre, fragile, on ne peut plus humaine même si j'ai eu envie d'écrire humaniste. Les années passent et il faut croire qu'on regarde plus en arrière et avec l'expérience de l'existence, on prend conscience de nos erreurs, de nos manquements. N'allez tout de même pas croire qu'il se soit ramolli à un point de non retour, mais il est plus touchant, c'est indéniable. Et prenez garde à ne point le qualifier de veux, il vous en cuirait !

Sartine fend lui aussi l'armure par moment (sans jamais se départir de tous ses atouts)comme quoi cette affaire n'est pas anodine. D'ailleurs si elle l'était, nous n'aurions pas eu un tel récit avec le commissaire aux morts étranges. 

Ce dernier n'est pas si aisé à percer au jour, mais sous sa cuirasse bat un cœur sans doute tendre et bon à n'en point douter. Il est tout comme son géniteur en avance sur son temps, possède des idées bien arrêtées et une volonté de fer. Il ne s'en laisse pas facilement compter... Même par la belle Hélène.

Celle-ci est jeune, belle, la tête aussi pleine que bien faite, mais qui s'y frotte s'y pique. Mystérieuse, complexe, mais aussi sensible sous des airs bravaches, je pense que nous recroiserons peut-être sa route lors d'un prochain ouvrage.

J'ai pris un plaisir immense à lire ce livre. Je n'ai pas tout deviné à l'avance et c'est devenu trop rare dans mes lectures ces dernières années. L'auteur a su me captiver, me surprendre et me transporter dans le passé (le XVIII ème étant ma période favorite), j'ai été comblée et je trépigne déjà pour lire les prochaines péripéties de Volnay et de son père. 

Un nouveau coup de cœur pour la plume d'Olivier Barde-Cabuçon. 


Et s'il fallait mettre une note : 19 / 20 


1 commentaires:

Anonyme a dit…

Prix Historia 2013 du roman policier.

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