mardi 31 janvier 2012

La valse des gueules cassées de Guillaume Prévost


Le livre :

La valse des gueules cassées de Guillaume Prévost, chez 10/18 (collection Grands détectives), 7€50, 278 pages.



Pourquoi cette lecture ?

Il y a des auteurs que vous découvrez un jour, complètement par hasard et qui vous marque. A priori, ils ne sont pas tellement différents des autres écrivains, leurs thèmes sont plutôt courants, mais il y a un petit je ne sais quoi qui vous y fait revenir encore et encore.
Guillaume Prévost est de ceux-là avec en prime le fait que c'est mon mari qui avait lu avant moi son premier roman et qui me l'avait chaudement recommandé parce que justement pour une fois, il n'y avait pas d'âneries historiques dedans et que l'intrigue se tenait fort bien.

Ensuite, le hasard à bien fait les choses puisque j'ai eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprise Guillaume Prévost et de passer d'agréables moments en sa compagnie. Le courant passait bien et pas seulement à travers son écriture, c'est forcément un plus.
J'ai acheté "La valse des gueules cassées" lors de ma dernière visite au salon du livre de Paris en mars 2011 et revu par la même occasion son auteur. Il m'a reconnu alors que cela faisait 2 ans que nous ne nous étions pas vu, que j'avais coupé mes cheveux courts (je les avais alors fort longs avant) et minci de près de 25 kg. Pas mal quand même ?! Il s'est également souvenu que je devais lui écrire par mail, ce que je n'avais pas osé faire. Je ne vous dis pas comment je me suis faite houspillée (avec délicatesse tout de même). Et là, je suis carrément honteuse de lire son ouvrage si tardivement, mais que voulez-vous, je suis toujours avec un livre entre les mains, mais pas toujours le bon hélas…



Le pitch :

Printemps 1919. Exsangues, la France et ses cinq millions de soldats tout juste démobilisés n'en finissent pas de panser leurs plaies. Alors que Clemenceau négocie le traité de paix et que Landru se fait arrêter, un cadavre est découvert au sous-sol d'un hangar abandonné de la gare Montparnasse, le visage atrocement mutilé.
Cornaqué par l'inspecteur principal Robineau, héros de la Grande Guerre, François-Claudius Simon, jeune enquêteur à la brigade criminelle, lui-même rescapé des tranchées, se voit confier là sa première affaire. Bientôt, les meurtres se succèdent, suivant le même rituel macabre : non content d'exécuter ses victimes, l'assassin les transforme en «gueules cassées», ainsi qu'on nomme les poilus revenus du front défigurés. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi l'horreur après l'horreur, comme si le meurtrier voulait infliger aux autres ce que la guerre lui a fait subir ?
Derrière cette valse des gueules cassées, c'est un autre genre de danse, tout aussi macabre, que François-Claudius va découvrir, apprenant au passage qu'en matière de crime il ne faut jamais se fier aux apparences...



Ce que j'en ai pensé :

C'est déjà avec plaisir non dissimulé que j'ai ouvert ce livre. Je connaissais déjà l'écriture de Guillaume Prévost pour avoir lu deux de ses ouvrages auparavant et à chaque fois j'avais été ravie. Je suis partie très confiante et avec plein d'excellents souvenirs concernant notre dernière rencontre (la troisième déjà) au salon du livre de Paris en mars 2011.

Dès les premières pages de ce roman, "La valse des gueules cassées", j'ai pensé à une vieille série télévisée que je regardais avec entrain quand j'étais enfant : "Les brigades du tigre". Il existe également un film sorti plus récemment (2006) avec comme acteurs Clovis Cornillac, Diane Kruger…
Et oui, nous avons quoi ? 11 ans d'écart, nous sommes historien de formation tous les deux et donc forcément, il se peut que nous ayons pas mal de références culturelles en commun. 



La série donc je vous parlais juste un peu avant étant connue pour sa rigueur historique (autant que cela était possible). Et si je me permets d'être un peu légère et d'affirmer nos points communs, c'est qu'à chacune de nos rencontres au salon du livre à Paris, j'ai senti l'ouverture d'esprit de Guillaume Prévost et sa facilité à plaisanter. Et si j'osai une dernière (ou pas) affirmation, je dirai que c'est un formidable touche à tout (il a abordé des périodes historiques très différentes dans ses précédents romans), mais là, avec cette saga qui débute avec ce premier volet des aventure de François-Claudius, j'ai senti qu'il avait peut-être trouvé son saint Graal, "son précieux" (ref au "Seigneur des Anneaux") dixit Guillaume Prévost himself lors de notre ultime entrevue.
Après lecture complète de cet ouvrage, je pense qu'il a parfaitement raison… Mais cela n'engage que moi (pour le moment).

Guillaume Prévost décrit admirablement bien l'ambiance qui règne en 1919 dans les rues de Paris.
La guerre est finie ou presque. Tous les hommes ne sont pas encore revenus chez eux et il va falloir faire face à la difficile période de l'après-guerre. Rien n'est véritablement simple sauf peut-être pour quelques nantis, mais pour tous les autres… Il y a la pénurie, les blessés (les gueules cassées), les morts et donc tous ces bras qui sont perdus à jamais, les négociations pour le traité de paix (le fameux traité de Versailles)… Et en même temps, la France entre dans une nouvelle ère, celle de l'industrialisation et du progrès dans cette sortie de guerre. Tout est à faire, à refaire et les conditions ne sont pas les meilleures… Cependant, on innove pour soigner les blessés, les gueules cassées entre autre avec des prothèses inédites, mais pas seulement.
On voit par exemple l'importance que peut déjà prendre la police scientifique dans ce roman. On n'est pas encore dans les "Experts de Paris de 1919", mais quand même, c'est assez bluffant pour celles et ceux qui connaissent les séries. Encore un clin d'oeil de la part de Guillaume Prévost ? Possible, mais c'est aussi tout simplement une réalité historique. La science avance sans cesse et même si les moyens ne sont pas encore ceux que l'on connait, force est de constater que quand même, c'était déjà une énorme avancée.
Vers la fin de l'ouvrage, vous trouverez encore d'autres allusions à des héros connus de nous tous via une série de films, mais je n'en dirai pas plus, lisez pour savoir de qui il s'agit !!!! (Je suis au moins aussi machiavélique que lui ou presque).

Dans "La valse des gueules cassées", on trouve une belle galerie de portraits et l'un de ceux qui va le plus nous intéresser, c'est celui de François-Claudius (le héros récurent de cette saga naissante).
C'est un jeune homme qui est revenu des tranchées un peu plus tôt que d'autres car il a été blessé. Il garde des séquelles de ce passé militaire pour défendre la  mère patrie : des migraines affreuses. Mais il a, hélas, d'autres cicatrices qui sont plus anciennes et néanmoins encore vives. Je préfère ne pas trop en dire et vous laissez le soin de découvrir tout cela durant votre propre lecture car oui, je vous recommande vivement ce roman qui mêle habillement la réalité historique d'une époque donnée et des intrigues policières.

Un style d'écriture qui devrait convenir à un large public car même si l'ouvrage est écrit par un authentique historien (professeur de son état), ce n'est pas un cours que l'on vous propose ici (bien que chaque élément s'intègre avec précision et pédagogie même), mais bel et bien un divertissement qui se veut instructif en même temps. Oui, on peut apprendre pas mal de chose tout en prenant du bon temps et c'est même ainsi que l'on les mémorise le mieux donc ne vous privez pas.

Comment cela vous n'êtes pas encore chez votre libraire ? Oust et plus vite que cela !!!!!!


Et s'il fallait mettre une note : 17/ 20



Les bonus :

Un portrait de Guillaume Prevost par lui-même, c'est encore mieux et c'est en vidéo ici : http://www.versailles.fr/outils/versailles-tv/video/guillaume-prevost/

1 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est un très bon live, et merci pour ton analyse

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