mardi 3 janvier 2012

Veuf de Jean-Louis Fournier


Le livre :

Veuf de Jean-Louis Fournier chez Stock, 15 € 50, 156 pages

Pourquoi ce livre :

J'ai eu envie de lire ce livre pour deux raisons majeurs :
- J'avais vu Jean-Louis Fournier dans "La Grande Librairie", mon émission littéraire de chaque jeudi sur France 5. J'y trouve toujours beaucoup d'idées de lectures futures.
- J'ai déjà lu 2 ou 3 ouvrages de Jean-Louis Fournier et j'adore son style d'écriture.
Voilà qui était amplement suffisant, mais si on rajoute à cela le fait que j'ai pu dénicher sans peine l'ouvrage en question au rayon des nouveautés de la médiathèque que je fréquente régulièrement, je ne pouvais guère résister à la tentation.


Le pitch :

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble.
Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement. J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire.
C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »
Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu.
Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.

Ce que j'en ai pensé :

Ce livre me parle pour tout un tas de bonnes et de mauvaises raisons car rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Je persiste à penser que l'existence est un vaste nuancier de gris allant du plus clair au plus foncé.
Je me retrouve également à penser comme ces "bons amis" qui pensent que ce drame peut leur arriver demain sauf que je ne fonce pas prendre un rendez-vous chez ma généraliste pour autant de manière précipitée. Mais oui, la vie est là et puis l'instant d'après, elle a déserté le corps de l'être aimé sans crier gare.

Dans cet ouvrage, Jean-Louis Fournier nous parle de son vécu, de ce qu'il a malheureusement expérimenté. Je dirai même encore une fois… Car oui, dans ses écrits, il y a toujours beaucoup de lui-même, ils possèdent une très large part autobiographique. J'apprécie cela car au moins j'ai l'impression de toucher à quelque chose de plus authentique. Ce n'est jamais la vérité absolue car où s'arrête cette dernière et où commence la fiction, les éléments édulcorés, je n'en sais rien. Cependant, je pense que même en mêlant le vrai et le factice, on s'approche réellement  du véridique.

Ce texte n'est pas aussi amusant que d'autres écrit auparavant. Ce n'est même pas le thème qui en est responsable car, pour les habitués de la plume de Jean-Louis Fournier, on sait bien qu'il peut faire de l'humour avec tout et surtout l'improbable. Il est ainsi, il ne s'en cache pas.
Non ce livre ne vous fera pas rire aux éclats, mais il n'est pas exclu non plus que vous esquissiez quelques sourires. Ces derniers seront tantôt amusés, tantôt attendris.
Il transparait dans cette suite de très courts chapitres beaucoup d'amour. C'est dit avec les mot de l'auteur, cela détonne parfois, mais même avec une certaine maladresse, c'est bien de l'amour que l'on sent partout.
Enfin sauf la pique envers son ex-épouse et là, peut-être que Jean-Louis Fournier aurait pu s'abstenir. Mais les sentiments sont rarement lisses donc…

La vie est joueuse, mais pour une fois Jean-Louis Fournier a envie d'arrêter de jouer avant de repartir de l'avant.
Il utilise la méthode Coué :
"Tous les jours, et à tout point de vue, je vais mieux, de mieux en mieux."
Phrase qu'il se répète en boucle et nous distille dans certains passages. Cela me rappelle un peu Danny Boon qui chantonnait :
"Tout va bien, je vais bien !"
Oui, enfin presque, faut du temps…

Voilà un ouvrage à lire lentement, je crois que je l'ai fait trop vite.
Les chapitres extrêmement courts nous incitent à lire toujours plus, mais en fait, je pense qu'il serrait bon de ralentir le rythme, de lire chaque passage en effectuant une pause pour mieux visualiser les souvenirs que nous offre l'auteur, mieux ressentir sa peine, son manque de l'être aimé.
Un livre à siroter, je vous assure que ce n'est pas larmoyant, c'est au contraire une ultime, mais belle déclaration d'amour remplie de bons souvenirs, ceux qui restent…
Et on en ressort plutôt grandi, ce qui n'est pas si banal.


Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20



Les bonus :

Une interview de Jean-Louis Fournier pour la sortie du livre : http://www.dailymotion.com/video/xn5y0w_litterature-veuf-de-jean-louis-fournier_creation

Critique littéraire du figaro en vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xm0pfp_veuf-le-chagrin-et-l-humour_news

La griffe noire y met son grain de sel (2 fois, mais chroniqueurs différents) : http://www.youtube.com/watch?v=hHuikSckHQU et http://www.youtube.com/watch?v=_va8GWIt4G8

1 commentaires:

Frankie a dit…

J'entends beaucoup de bien sur ce livre et ça fait longtemps que j'ai envie de découvrir Fournier. Faudra que je me l'achète.

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