lundi 18 janvier 2010

The English Touch ---- "Petite Anglaise" de Catherine Sanderson


Un partenariat avec une maison d’édition, c’est la possibilité de découvrir un nouveau talent, un style novateur, un genre différent et de se faire plaisir. Avec Livraddict, on est toujours certain de faire une bonne « pioche » car tout se fait avec bonne humeur et une convivialité unique. Étudions donc l’ouvrage du jour :
« Petite Anglaise » de Catherine Sanderson est publiée aux éditions Calmann-Lévy et ce titre surfe sur la vague des blogueuses qui passe le cap de l’écriture « pour de vrai » ! Forcément, cela en a fait rêver plus d’une sur le forum outre une sacrée curiosité de découvrir comment cette Petite Anglaise allait s’acclimater sous nos latitudes parfois un peu retorses, il faut bien l’avouer…

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L’auteur et là où tout commence : (Lu dans la presse – Libération le 20/02/2007)

Son blog justement : http://www.petiteanglaise.com/

Licenciée pour «blogage illicite»

Une jeune Anglaise vivant à Paris a été licenciée à cause de son blog et pour «utilisation abusive d'internet» • Son histoire a retenu l'attention d'une maison d'édition •

Catherine Sanderson est Anglaise. Elle vit à Paris depuis 11 ans. Employée comme secrétaire de direction dans un cabinet d’experts-comptables franco-anglais, Dixon-Wilson. Jusque-là, rien d’anormal. Sa vie bascule en avril 2006 lorsqu’elle se fait licencier. Catherine doit alors quitter les lieux au plus vite et sa mise à pied à titre conservatoire est immédiate. Choquée, la désormais ex-secrétaire cherche à comprendre pourquoi elle a été virée. Elle apprend la raison: son blog, petite anglaise. Un journal sur Internet qu’elle tient depuis deux ans. Elle y parle de «sa vie de jeune mère, sa fille de trois ans, ses relations, ses anecdotes, ses histoires d’amour, mais très peu de son travail» explique la jeune femme. «Sur les 300 billets que j’ai écrit, une vingtaine seulement parlent de mon travail. Mais, je n’ai jamais écrit le nom de l’entreprise pour laquelle je travaillais, même mes amis qui lisaient mon blog ne le savaient pas, ils croyaient que je travaillais pour un cabinet d’avocats.»

Elle décrit toutefois succinctement son entreprise, apprenant à ses lecteurs la présence d’«un portrait de la reine dans un cadre, du chocolat Cadbury’s, du thé Tetley», ce qui rend impossible de distinguer son entreprise d’une autre boîte anglaise.

«C'était de l'humour.» Le cabinet d’experts comptable lui reproche en fait certains écrits de son blog, sans toutefois les préciser. «Ils ont pris des extraits de mon blog pour les utiliser contre moi après mon licenciement. Par exemple, dans un billet, sur le ton de l’humour, j’écris que je profite de mon travail pour alimenter mon blog, mais je le répète, c’était de l’humour.»

Le cabinet lui rétorquera: «utilisation abusive d’Internet». «Pourtant, j’étais anonyme. Je ne nommais jamais mes collègues. J’avais juste mis en ligne une ou deux photos anciennes, mais c’était très dur de me reconnaître.» Elle propose alors de retirer de son blog les billets qui parlent de son travail. Le cabinet refuse. Elle est finalement licenciée pour «cause réelle et sérieuse» et non pour faute lourde, comme envisagé dans un premier temps, ce qui lui évite des sanctions financières. Contestant son licenciement, elle poursuit son ancienne boîte aux Prud’hommes.

La jeune mère se retrouve alors «à la rue», avec deux mois de préavis payés par le cabinet. Elle attend la fin de ce délai avant d’annoncer son licenciement dans un billet sur Internet. La presse se saisit alors de l’affaire. Le nom du cabinet Dixon-Wilson est alors dévoilé.

«Inespérée». Une maison d’édition, Penguin, s’intéresse de près aux écrits de Catherine et décide d’acheter ses mémoires en ligne. La blogueuse signe en septembre un contrat à six chiffres pour deux livres. Katy Follain, éditrice chez Penguin explique ce choix: «Que ce soit un blog devrait être secondaire pour un éditeur. Ce qu’il faut regarder, c’est l’écriture et la sienne est tellement puissante que nous avons signé un contrat pour deux livres.»

Catherine Sanderson vit toujours à Paris avec sa fille. Elle travaille sur le premier livre qu’elle doit finir pour juillet et dont la sortie est prévue en janvier 2008 dans de nombreux pays, sauf en France. «Le livre ne traite pas de mon licenciement. J’écris plutôt une comédie romantique» à la Bridget Jones «sur la vie d’une Anglaise à Paris. En ce moment je ne fais que ça.»

Devant les prud’hommes lundi, son avocat a obtenu un report de l’audience au 21 mars. «Mon ancien employeur s’appuie d’ailleurs sur le fait que tout se finit bien pour moi pour minimiser le préjudice que j’ai subit. mais jusqu’en septembre, j’étais vraiment stressée car j’étais en train d’acquérir un appartement et la signature de ce contrat était vraiment inespérée.»

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L’intrigue : (quatrième de couverture)

« La France ! C’était si séduisant, si exotique, si intrigant par sa proximité… »
Cette Petite Anglaise, comme elle se surnomme elle-même, rêve de vivre en France depuis son premier cours de langue, au collège. Embauchée comme lectrice à la Sorbonne, elle entame avec ravissement sa nouvelle vie de Parisienne, mais a vite le sentiment de vivre en touriste, à côté des Français, et non avec eux. Jusqu’au jour où elle rencontre celui qu’elle appellera « Mr. Frog », un Français tendre et drôle qui lui ouvre son cœur et les portes de son pays.
Sept ans plus tard, Petite Anglaise se débat dans une routine qui l’épuise, entre un compagnon peu compréhensif et une petite fille qui réclame une attention constante. Ayant découvert par hasard l’existence des blogs, ces journaux intimes sur Internet, elle décide de se lancer. D’abord désireuse de raconter les anecdotes de sa vie parisienne à ses compatriotes, elle partage bientôt ses états d’âme avec ses lecteurs. Son blog devient un refuge, une seconde peau, dont le succès inattendu va déplacer les frontières de l’intime et bouleverser son existence.

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Ce que j’en pense :

Partir à l’étranger, on y pense souvent quand on est jeune, mais on ne franchit pas forcément le pas. S’expatrier n’est pas une chose aisée et même si, de nos jours, les frontières sont plus perméables, les distances amoindries grâce aux moyens de communication modernes et aux transports toujours plus rapides, c’est une aventure, parfois celle de toute une vie.
« Petite Anglaise » nous offre la possibilité de suivre les tribulations d’une jeune Britannique qui est tombée amoureuse de notre hexagone, mais aussi d’un Français bien de chez nous et de bien d’autres choses encore.

Le ton est vite donné et j’ai presque regretté que son parcours fut aussi linéaire. C’est assez ordinaire. Ne vous attendez pas à découvrir monts et merveilles, même si parfois, il y a quelques petites pépites à saisir.
« J’avais reporté mon regard sur l’écran et les photos de la maternelle bilingue, sise dans un parc arboré, sur lesquelles je salivais depuis une demi-heure : du porno pour maman. »
Une lecture agréable, mais qui ne m’a pas transporté (le sujet n’est pas si original que cela). Une expérience sympathique, mais pas unique. Une découverte qui demande à être confirmée par les prochains écrits puisque maintenant Catherine Sanderson se consacre entièrement à l’écriture.
Cependant, je peux bien l’avouer, si j’ai été assez dubitative durant les 50 premières pages, j’ai ensuite bien eu du mal à lâcher le livre. Une intrigue somme toute assez banale, mais tellement humaine que voilà, j’avais les yeux rivés sur les pages de l’ouvrage.
Tant de bouquins ne peuvent pas se vanter de me captiver autant donc, c’est un excellent point. Le meilleur d’entre tous certainement dans le registre de la lecture.

Un tel changement de support pour ce qui est de l’écriture n’est pas anodin et il lui faut trouver son style, sa griffe car on n’écrit pas tout à fait de la même manière sur un blog que dans un livre. Les frontières sont de plus en plus ténues, mais quand même.
Cependant, l’écriture tout au long de ce premier ouvrage est agréable et l’on ne se force pas pour tourner les pages. C’est une tranche de vie et j’attends la suite. J’ai toujours eu un naturel curieux alors forcément, si l’on me met l’eau à la bouche, j’en redemande ! Je suis de plus certaine que cela n’en sera que meilleur car ce premier livre essuie les plâtres et c’est bien normal. Il ne démérite pas pour autant !

Une édition de bonne facture. Il n’est pas question de faire un livre au rabais sous prétexte que l’écrivain est une blogueuse, non, on est bien dans la cour des grands !
La couverture est jolie et joue sur le côté « fleur bleue » de nos petits cœurs qui ont tant battu la chamade en suivant les péripéties des héroïnes de « Sex and the City ». On est dans la même veine, même si notre Carrie se prénomme en fait Catherine.

Jeune femme d’aujourd’hui, plus européenne que beaucoup d’Anglais, notre Petite Anglaise est comme nous toutes. Elle conjugue nos envies, nos réticences, notre attitude de mère indigne, de petite femme qui a le blues et qui enfin se découvre une nouvelle passion… Dévorante ! C’est moi, c’est aussi peut-être vous…
Pas besoin de tenir un blog pour se sentir proche d’elle, même si cela peut aider. L’écriture est une thérapie, la lecture peut en être une autre. Les deux conjugué et voilà que tout s’enchaîne.

Voilà un livre bien dans son temps, un livre contemporain qui trouvera bien des échos dans nos petites histoires quotidiennes.

Ma note finale : 16 / 20

3 commentaires:

latite06 a dit…

Il est dans ma LAL. Je vais essayer de le trouver à la bibliothèque cet apres midi :-)
En tout cas, c'est vraiment dégoutant ce que cette société a fait, tout ca a cause d'un blog ...

Jess a dit…

Ravie que tu aies aimé malgré le côté "histoire banale".

J'attends son prochain roman avec impatience ;)

lasardine (la ronde des post-it) a dit…

je ne l'ai pas apprécié autant que toi malheureusement :S mais contente qu'il t'ait plu!!
là où je te rejoins, c'est pour la jolie couverture :)

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