lundi 28 janvier 2013

Atelier d'écriture n°2

Leiloona et son atelier d'écriture, c'est le lundi. 
Elle intitule cela : Une photo, quelques mots sur son blog que je vous invite à visiter également en passant par ce lien.





Dentelles et fanfreluches : 


Ce n'était pas la première fois que je venais à Venise, mais il est vrai que jamais je n'avais pu voir la Sérénissime l'hiver, durant la période de son carnaval si connu. 

Les touristes étaient nombreux comme toujours. Ils prenaient des photos sans arrêt et parlaient bien trop fort pour ne rien dire. Ce mélange des langues, des cultures auraient pu me plaire, mais au contraire, il me hérissait. Derrière mon masque, je ne disais pas un mot. Mon mutisme ne les dissuadait pas, mais au moins je pouvais contrôler cela, mettre une distance entre eux et moi, même s'ils ne la voyaient pas, ne la comprenaient point. 

C'était donc la première fois que je participais à un carnaval de si grande ampleur et en plus, à Venise même. J'avais passé des mois à confectionner mon costume avec l'aide d'une amie bien plus douée que moi dans le maniement des aiguilles. Le résultat final était au-delà de mes espérances les plus folles. 
J'avais fait réaliser mon masque dans la dernière boutique vénitienne qui ne les importait pas de Chine. Je voulais du travail artisanal, je voulais sentir Venise épouser chaque pore de ma peau... Sur ce point également, mes souhaits étaient comblés. 

Mes amis étaient un peu plus loin. Eux aussi étaient assaillis par des hordes de touristes qui étaient bien peu respectueux des bonnes manières. A croire qu'ils les avaient laissé dans une consigne pour ne pas être trop encombrés avec... 

Je regardais l'eau du petit canal et le froid soleil d'hiver avec ses maigres rayons faisait miroiter cette étendue liquide en apparence sous contrôle. 
Je repensais à ce que j'étais venue chercher... 

Au départ, le carnaval de Venise, né il y a presque 1 000 ans avec le début du port du masque dans la citée, était un de ces rares moment de fusion entre les différentes couches de la population. Les nobles et  les roturiers faisaient fit de la condition sociale de chacun. C'était la fête, mais avec l'art et la manière. 
De nos jours, le consumérisme gâchait tout. J'avais l'impression d'être un jouet et ne retrouvait rien de l'ambiance initiale. Dire que j'étais dépitée étaient bien peu...

Vite une photo pour dire qu'on était là ! Oui, tu la diffuses sur les réseaux sociaux pour avoir un maximum de like.

Mais où était donc Casanova ? Qu'il me fasse chavirer l'esprit avec son verbe et ses manières... Je l'attends... Je le désire...

Je me suis perdue dans les dentelles et les fanfreluches d'une époque qui n'est plus, mais heureusement, j'ai pu garder mon âme... 


2 commentaires:

GAROUNOURS GROGNON a dit…

c'est toi qui a écrit cet essai ? quel talent d'écrivain tu as ! mais c'est une histoire vécue , du moins, en ce qui concerne le costume de carnaval ? j'ai lu que tu étais allée plusieurs fois à Venise, donc...
mais encore une fois , bravissimo !

Emeralda a dit…

Oui, c'est de moi, mais ce n'est pas une histoire vécue... Je n'ai jamais fait le carnaval de Venise hélas... Même si la Sérénissime est une destination que j'ai faite à 5 reprises.
Merci !

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