samedi 12 février 2011

Les Chouans d'Honoré de Balzac


Les classiques en littérature, je peux bien l'avouer, je ne les apprécie que très moyennement. Peut-être parce que lorsque je devais les lire, c'était de manière plus ou moins forcée, c'était dans le cadre scolaire essentiellement et la notion de plaisir était gommée. J'ai toujours détesté décortiquer jusqu'à plus soif un texte. Je trouve que la beauté de l'écriture réside dans un tout et que l'on perd toute la magie à vouloir découvrir le "truc".
Il y a quand même quelques exceptions, mais je ne peux point dire que Balzac en faisait parti. Bien au contraire, voilà un auteur que je détestais avec d'autant plus de force que son style m'endormait en quelques pages à peine. Je me noyais dans sa prose, je coulais à pic, je sombrais sans espoir de retour.
Et pourtant, comme le dit si bien le proverbe : "Ne dit jamais, Fontaine, je ne boirai pas de ton eau" car l'âge adulte est venu. J'ai changé et j'ai eu envie d'essayer à nouveau. Peut-être qu'aujourd'hui j'y prendrai du plaisir, que cette lecture choisie me ferait découvrir des trésors (littéraires). C'est donc avec une certaine confiance que je me suis jetée à l'eau dans une des oeuvres de Balzac : "Les Chouans".

Ce que vous pourrez découvrir en quatrième de couverture :

Passion, trahison, vengeance : Marie de Verneuil et le marquis de Montauran qui, sous le pseudonyme du Gars, dirige la chouannerie sont pris dans la tourmente révolutionnaire du côté d'un bocage à feu et à sang. La première oeuvre de la maturité littéraire de Balzac, annonciatrice de la "Comédie Humaine".

Ce que j'en ai pensé après lecture complète :

Même choisie, la lecture ne fut pas si aisée que cela.

J'ai bien cru abandonner lors des 30 premières pages. C'était comme dans mon souvenir. Je n'arrivais pas à lire ces pages au style lourd, trop descriptif et où aucune action ne semblait jamais vouloir venir poindre. Je m'ennuyais ferme, mais je me suis fait violence parce que dans l'édition dont je disposais, j'ai quand quand même pu admirer des reproductions de gravures, de littographies de manière assez régulière (toutes les 7 pages environ). C'était un peu comme une distribution de bons points.
Il y avait aussi une abondance de notes en bas de chaque page qui me donnait une foule d'informations sur les intentions de l'auteur lors de l'écriture de son ouvrage, Les variantes entres les éditions, le contexte historique, des précisions sur le vocabulaire employé… J'ai choisi de les lire ou au contraire de parfois les sauter volontairement pour rester plus concentrer sur le récit initial. Sans doute que ma formation d'historienne m'a beaucoup aidée car je n'étais point si perdue dans le jargon alors employé.

Je ne sais pas si je me suis habituée ou si véritablement, il y a eu plus d'actions, de mouvements dans le récit, mais passé les 50 pages d'une lecture assez laborieuse, je suis rentrée dans l'intrigue. Je vous le dis tout net, je n'étais pas captivée comme on peut l'être dans un bon polar, ou transie avec un thriller à vous glacer les sangs, mais les phrases coulaient avec plus de naturel, de fluidité. Les éléments paraissaient moins figés. Je notais une certaine mobilité dans l'ensemble comme si enfin les tableaux prenaient vie !
J'ai pu accélérer le rythme sans devoir lutter contre le sommeil. Les constructions, la syntaxe était plaisante. Je n'en faisais pas d'analyse pure, mais je pouvais remarquer l'habileté des figures de style, la volonté de trouver les mots justes.

Les personnages sont flamboyants, rarement ternes car sinon pourquoi les faire apparaitre dans un roman qui se veut passionné avant tout. Ils n'y avaient point leur place.
Je ne me suis pas vraiment attachée à eux comme je peux le faire parfois. Cependant, ils étaient parfaits dans les tableaux que voulait bien nous dépeindre Balzac.

Je suis allée au bout et sans dire que je suis tombée "amoureuse" de l'écriture de Balzac, on va dire que j'ai enfin pu terminer un de ses livres. Pour moi, c'est une petite victoire et un véritable plaisir.

Ma note finale : 12 / 20

Nota Bene : Disponible en format de poche (plusieurs maisons d'édition sont possibles), il fait dans les 500 pages environ (toujours suivant les éditions choisies) et coûte moins de 5 € en moyenne.

10 commentaires:

George a dit…

j'ai lu ce roman alors que je trouvais en Vendée, une envie irrépressible m'a prise et je l'ai acheté sur place et lu de même. J'en garde un très bon souvenir !

Emeralda a dit…

Je l'avoue, je n'ai pas été aussi passionnée que toi, mais c'est quand même un beau classique.

Zou a dit…

J'ai découvert votre critique des Chouans sur Babelio.

L'ayant lu moi-même pour les cours, je rejoins tout àa fait votre avis !

Si je peux me permettre, si l'époque vous a intéressée il y a aussi Quatrevingt-treize de Victor Hugo qui est un beau roman historique (plus facile à lire que les Chouans à mon avis).

Emeralda a dit…

Merci Zou pour cette suggestion de lecture. Pourquoi pas en effet et j'ai toujours eu moins de mal avec ce cher Victor. ;-)

Zou a dit…

Oui, les descriptions sont moins longues !

Emeralda a dit…

Oui et puis, c'est un ensemble côté stylistique.

Frankie a dit…

J'avais beaucoup aimé ce livre qui m'avait paru être un des romans de Balzac les plus accessibles. Un bon souvenir pour moi alors que généralement ce genre de classiques n'est pas ma tasse de thé.

Emeralda a dit…

Comme il y a un minimum d'action, il doit passer mieux que d'autres écrits de Balzac.
Est-ce pour cela que j'ai pu le terminer ????

Frankie a dit…

Je pense aussi que c'est l'action qui me l'a fait apprécier mais il faudrait que je le relise car ça remonte à loin ! :)

Emeralda a dit…

Le côté passionnel aussi.

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