mardi 22 février 2011

Le troubadour du châtelet de Marie Visconti

"Le troubadour du châtelet" de Marie Visconti est un ouvrage que j'ai pu avoir grâce à l'opération Masse critique organisée par Babélio. Il s'agit en fait de partenariat et ce que j'adore dans ces échanges, c'est que l'on peut découvrir de nouveaux auteurs, des genres novateurs et le plus souvent de belles perles littéraires.
Peut-être ai-je eu de la chance car je n'ai pour l'instant jamais été déçue. Je suis certainement "bon public", mais quand même.
Dans le cas de ce policier historique signé Marie Visconti, je puis déjà vous dire que c'est un petit coup de coeur de ce début d'année. L'auteur est connu comme étant une spécialiste des mythes dans les littératures antique et médiévale et cette réputation n'est pas usurpée. Ce professeur agrégé de lettres à certainement un bel avenir comme écrivain. Mais plutôt que de discourir longuement, présentons plutôt le titre qui nous intéresse aujourd'hui.


Ce que l'on lire en quatrième de couverture et qui peut déjà vous donner envie de lire cet ouvrage :

C’est un crime bien médiéval qui embarrasse les dirigeants du royaume de France, en cet automne 1226 : un libelle, recopié par une main anonyme et déposé jusqu’au palais royal traîne dans la boue la bien-aimée reine Blanche de Castille.
Pour désamorcer la crise politique, il faut confier l’enquête à un personnage non officiel, un solitaire dévoué à la reine. Josserand, dit le « Grammairien » sera l’homme de la situation. Sauf que Josserand, au lieu de trouver des libelles, commence à découvrir des cadavres. Et dans ce Paris des bords de Seine, les suspects ne manquent pas : une ténébreuse femme-enfant, des marchands trop prospères, des chevaliers au sang bouillant ou ce mystérieux troubadour du Châtelet, qui répond à tout par une chanson.
Or, le temps presse : les menaces contre le royaume s’accumulent… et des nouvelles alarmantes arrivent sur la santé du roi. Une enquête policière touffue, rythmée et tendue qui maintient le suspens jusqu’aux dernières pages. Marie Visconti situe ce nouveau roman policier à l’époque de Louis VIII, fils de Philippe Auguste, époux de Blanche de Castille et père du futur saint Louis. Loin des images d’Épinal, voici un Paris médiéval plein de vie, de secrets et de fantasmagorie.


Ce que j'ai pu en penser après la lecture complète :

"Le troubadour du Châtelet" est en fait un policier médiéval et comme j'apprécie les romans historiques et les polars, ce titre combinant les deux genres, il partait avec une longueur d'avance côté plaisir à venir.

Au cours de ma découverte, les éléments positifs se sont accumulés :

- J'ai apprécié le choix de la période historique (cela se passe en 1226).
On en sait à la fois beaucoup et peu sur cette époque et les intrigues policières ne sont pas légions dans un tel cadre. Le moyen-Age est en tout cas la période historique où mes connaissances sont les plus réduites.

- J'ai apprécié le respect de la vérité historique autant que faire ce peut car oui, je connais assez peu la période, mais quand même, je suis une historienne de formation et j'ai quelques bases disons assez solide.
Le respect du contexte historique n'est pas toujours de mise dans les intrigues policière, mais là, non seulement Marie Visconti a tenu à écrire une belle fiction, crédible tant dans le domaine de l'enquête à mener que dans l'environnement dans lequel évoluent les protagonistes.

- J'ai apprécié les nombreux rebondissements, toujours crédibles. Pas de longueurs, le juste milieu entre les temps forts (action) et les temps d'enquête propre, de réflexion. Le premier meurtre n'arrive pas avant la page 92, mais peu importe, il y a d'autres éléments à chercher. Le fait que les cadavres ne s'accumulent pas dés les premières pages ne me gênent absolument pas. C'est même plutôt un point fort de ce récit. Les victimes prouvent que la recherche effectuée par la Grammarien était justifiée et surtout que l'arbre cachait la forêt. L'intrigue s'en retrouve renforcée.
"L'armateur gisait sur le ventre. Le Grammarien se pencha : la base du crâne portait une large plaie. Sur le sol, s'étalaient des registres épars et le reliquaire de bronze, ensanglanté.
- Messire Panfile a été occis, déclara-t-il. C'est un meurtre ! Courez prévenir Hucheloup, au Châtelet."
Point de détails trop morbides, juste ce qu'il faut pour que le lecteur visualise la scène et prenne conscience que là, on bascule dans une affaire plus complexe, plus importante, plus dangereuse !

- J'ai apprécié que le choix du titre soit clairement explicité dans le livre lui-même.
Combien de fois je me suis demandé pourquoi un titre pareil pour tel ou tel ouvrage ? Aucun lien possible entre les deux si ce n'est le côté "vendeur". Car oui, la littérature est aussi soumise aux lois de la rentabilité et du marché.
Ici, tout est clairement énoncé page 40 :
"- Le Châtelet est prison horrible, Marceau.
- Girard, il y est souvent. Mon père l'appelle "le troubadour du Châtelet"."
Un bon titre, c'est aussi important. Cela ancre le récit lui-même. Enfin, ce n'est que mon avis...

- J'ai apprécié la diversité des personnages, issus de divers milieux, mais qui se complètent à merveille.
On a toutes les tranches d'âge, les milieux d'origine, les vécus, les expériences, les professions et aussi les ambitions ! C'est un élément des plus importants dans ce type de récit car il peut être un excellent mobile…
J'ai eu un petit faible pour le jeune Marceau. C'est peut-être un cancre, mais il a oublié d'être dénué de toute intelligence et bon nombres d'indices précieux seront livrés volontairement ou non par le jeune garçon.
Le grammarien est mystérieux et c'est lui pourtant qui mène l'enquête. Sa personnalité se dévoilera un peu au fil des pages, mais que saurons nous vraiment de lui au final ? Assez peu de choses et cela lui confère une aura que j'ai beaucoup aimé.
La Cathie m'a horripilée. J'avais envie de la remettre à sa place et comme Messire Panfile de lui donner une bonne gifle. C'est pas très gentil, mais c'est ainsi. Marie Visconti a su la rendre agaçante au possible et c'est une qualité d'auteur que de donner un rayonnement positif ou non à ses personnages.

- J'ai apprécié la fluidité de l'écriture, la richesse de l'ensemble.
Certes, on n'est pas dans "Au nom de la Rose" d'Umberto Ecco, mais quand même, "Le troubadour du Châtelet" n'a pas à rougir.

Je n'ai rien de particulier à reprocher à ce livre. il n'est pas parfait, mais aucun des minis défauts que je pourrais citer ne vaut vraiment la peine de noircir plus une page d'écran d'ordinateur. Ce ne sont que des détails que l'on passera donc sous silence pour ne pas leur donner plus d'importance qu'ils n'en ont en réalité.

Un ouvrage complet qui respecte les codes du genre, mais qui sait aussi se démarquer un peu afin qu'on ne l'oublie pas à peine refermé.

Ma note finale : 17 / 20

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