lundi 2 novembre 2009

Passé simple ---- "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables " de Philipe Delerme - Livre


Chaque semaine, j’essaie de suivre au plus près l’actualité littéraire, mais il est bien évident que cela reste un vœux pieu car tout lire, tout découvrir est impossible. Cependant, j’essaie d’avoir un regard le plus large possible et ne rien laisser de côté volontairement.
Philippe Delerm était l’invité de « La grande Librairie » sur France 5, il y a de cela trois semaines déjà. Je connais l’auteur de nom, de réputation, quelques-uns de ces titres bien qu’aucun ne me soit encore passé entre les mains avant « Dickens, barba à papa et autres nourritures délectables ».
Ce n’est pas son dernier ouvrage car celui-ci est paru en 2005, mais qu’importe pourvu que je découvre cette plume ravie tant de personnes et en agace tout autant. Il me fallait débuter par un texte alors pourquoi pas celui-ci ?

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L’auteur : (Sources EVENE)

Peintre des petits bonheurs du quotidien, Philippe Delerm accède à la notoriété grâce au succès phénoménal de « La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », paru en 1997.
Inspirés par la peinture impressionniste, ses écrits dénotent un goût prononcé du détail, du souvenir et de l'émotion prise sur le vif, un cocktail savoureux qui signe sa marque de fabrique et suscite l'enthousiasme de ses nombreux lecteurs.
Ce fils d'instituteur, diplômé de lettres modernes et lui-même enseignant, envoie ses premiers manuscrits dès 1976 mais se heurte à des refus d'éditeurs, jusqu'à la parution discrète mais remarquée de « La Cinquième Saison ». L'engouement constant qui accompagne la parution de ses recueils de nouvelles, tels que « La Sieste assassinée » en 2001 ou « Enregistrements pirates » en 2004, lui permet d'abandonner l'enseignement et de vivre de sa plume. Il écrit alors des romans catégorie jeunesse comme « L’envol » ou « Elle s'appelait Marine ».
En 2006, Delerm devient directeur de la collection Le Goût des mots pour les éditions Point, tout en poursuivant sa carrière d'écrivain.
Plus attaché à son village de l'Eure qu'aux cercles parisiens, Philippe Delerm est parvenu à s'imposer comme un auteur renommé et populaire, considéré comme le chef de file d'une école littéraire minimaliste et humaniste.

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L’intrigue : (quatrième de couverture)

« Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède. Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer ? »

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Ce que j’en pense :

Des textes courts sur un thème, un objet, un plaisir de la vie… Des souvenirs liés à l’enfance (de l’auteur ?) et alors narrés sous forme de petites fables.
On y aborde par exemple La saveur et la texture si particulière de la purée de pomme de terre. Le fait que cette préparation nous fasse irrémédiablement plonger dans notre enfance, celle qui reste éternelle.

On y fait l’apologie de la simplicité : « Ce n’était pas parce que c’était bon qu’il fallait faire petit. C’est parce qu’il fallait faire petit que c’était bon ». À une nuance près, plus rien n’est pareil !

On y analyse finement les relations des couples célèbres comme Tintin et le capitaine Haddock. On redécouvre certaines subtilités qui nous avaient peut-être échappé consciemment.

On a encore les papilles qui frémissent des sucreries de l’époque, celles qui piquent, qui font tousser, qui émoustille notre convoitise si on avait le mot gagnant inscrit dessus. Quelques mots bien pesés, deux ou trois tournures de phrase et voilà, les décors de notre enfance qui refont surface sans avoir pris une ride ou presque.

On aime encore déroger aux règles de bonne conduite littéraire et l’on apprécie faire des incartades dans des univers qui ne sont pas « respectables » : « Savourer encore quarante pages de Mustang, c’est un meilleur rapport qualité-prix pour tant d’œuvres littéraires qu’on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd’hui comme hier, c’est bon de mépriser la prescription. »

On se souvient de ces verres de menthe à l’eau qui ponctuaient nos baignades l’été. Ces parfums, ces goûts, cette lumière, on croit pouvoir tout retrouver en fermant les yeux et en se berçant de quelques bons mots.

Il y aussi ces images, cette voix qui nous donne l’espoir, qui nous fait rêver à l’issue d’un film en noir et blanc intitulé « Crin-Blanc » de René Guillot : « L’eau chantante du Rhône les berçait doucement. La belle eau les emportait tous deux dans le courant du grand fleuve, jusqu’à une île merveilleuse où les enfants et les chevaux sont toujours des amis. ».
Ces vieux livres, ces collections désuètes, mais qui nous font soupirer tant on a rêvé avec ses héros : Idéal-Biliothèque, Bibliothèque rose, Bibliothèque verte…

On repense aux cours de dessins en classe à l’école primaire. Ces pots de yaourt en verre alors remplis d’eau pour que nos pinceaux les teintent de volutes plus ou moins colorées. Tout devenait très sombre à la fin de la séance, mais il y avait aussi ces petits bruits qui ponctuaient l’heure de détente.

Je pourrais vous en parler durant des heures de ce petit ouvrage qui ne paie pas de mine, qui est disponible en format de poche, que l’on trouve également dans toutes les bonnes bibliothèques. C’est simple, c’est court car point n’est besoin d’en faire trop pour parler de ces petits bonheurs.
Un style ouvert qui pourra être abordé par tous les types de lecteurs.
Une découverte littéraire qui ne vous pousse qu’à une seule chose : rêver, à repenser au passé, à être d’humeur nostalgique…

Une nostalgie fort contagieuse parfois, mais qui peut aussi laisser de glace car il faut avoir connu les mêmes éléments pour pouvoir se sentir concerner.
Ce livre va tout particulièrement toucher les lecteurs de la même génération que l’auteur. Pour les autres, le plaisir procuré par ces instants de lecture sera moins constant, plus chaotique, mais pas forcément absent.

Ma note finale : 13 / 20

1 commentaires:

marieke a dit…

après ton billet, Je vais peut-être l'emprunter à la bibliothèque....de Philippe Delerm, j'ai aimé "enregistrements pirates",et aussi "Paris l'instant",plus pour les photos je pense (nostalgie de Paris...)j'aime bien quand les textes sont très courts en fait. Mais dire que ça m'a transcendé.... c'est un auteur que je n'arrive pas à classer.

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