vendredi 25 mars 2011

L'attentat de Yasmina Khadra (découverte commune)

C'est avec un peu d'avance que je publie mon avis sur notre découverte mensuelle car je ne serai pas là ce week-end.
Un grand merci à Pimprenelle pour l'organisation de ce rendez-vous.

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J'aime lire, ce n'est pas un secret, mais parfois, je manque de temps pour assouvir ma passion autant que je le voudrais.
Heureusement, avec les audios-livres, il est possible d'emporter de bons romans avec soi et de les découvrir alors que l'on conduit (pas soporifique si le lecteur est habile), on repasse, on cuisine, on fait du sport. Personnellement, je les écoute surtout en transpirant, dans mon club de sport, sur des machines de tortures (oups, pardon, des engins de remise en forme) et au volant de ma voiture (car oui, je suis assez souvent sur la route).
C'est relativement cher, enfin autant qu'un livre grand format ou à peu près, mais pour ma part, je les emprunte dans l'une des diverses médiathèques où je suis inscrite. Regardez près de chez vous, je suis certaine que la votre en possède également.

Cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur "L'attentat" de Yasmina khadra (lu par Henri Thomas)

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l'écrivain algérien Mohamed Moulessehout. C'est la première fois que je lis ou plutôt écoute, dans ce cas précis, un de ses ouvrages.
Pour en savoir plus sur cet auteur, au passé militaire assez chargé, je vous invite à suivre ce lien, vous renvoyant sur sa page wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra
Vous pouvez aussi aller sur son site officiel : http://www.yasmina-khadra.com/index.php

Henri Thomas (le lecteur) est comédien depuis 1986 et il est également un formateur dans le domaine de la lecture à haute voix.
Il se passionne pour les problématiques de notre monde contemporain et cela explique sans doute pourquoi on le retrouve sur cet audio-livre.


De quoi parle cet ouvrage ?

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients.
A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...


Ce que j'ai pu penser de cette lecture/écoute ?

Comme souvent, pour débuter notre écoute, on peut entendre un peu de musique. Elle est là pour poser une ambiance et sera un leitmotiv, un repère tout au long de la lecture (écoute). C'est un petit plus pour compenser l'absence du livre physique.
Je ne sais pas vous, mais quand je lis, j'aime parfois faire des petites pauses et regarder plus attentivement la couverture de mon livre ou tout autre détail de cet objet qui est synonyme de passage d'émotions, de savoirs… Cela me permet de méditer sur ce que je viens de lire, de prolonger le plaisir ou de ne rien faire…

Cette fois (puisque je n'en suis pas à mon coup d'essai concernant les livres-audios), j'avoue que j'ai été un peu déçue.
Je l'ai écouté via mon iPhone, puisque j'avais transféré sans peine les fichiers sur mon iTunes et que j'avais tout bêtement, enfin, synchronisé mon smartphone pour pouvoir l'avoir sur moi en toutes circonstances : voiture, TGV et salle de sport.
Le rendu sonore est de bonne facture, mais j'attendais mieux de la part d'Henri Thomas qui a pour moi massacrait le texte. Je suis désolée, mais sa lecture était lamentable, sa voix atone et il était presque impossible de distinguer les différents protagonistes dans les scènes de dialogues. Souvent, les comédiens changent un peu leur intonation, modifient quelques peu leur voix, bref, on distingue aisément qui dit quoi, mais là, pas moyen. C'était frustrant !
Après quelques chapitres, je m'y suis faite, mais je suis restée un peu sur ma faim.

L'histoire en boucle est bien maîtrisée et l'on sent bien que Yasmina Khadra est au fait de son sujet pourtant très délicat car qu'y a-t-il de pire que ces histoires d'attentats suicides, que cette guerre que se livrent les Palestiniens et le peuple d'Israël ?
Je l'avoue, je ne comprends pas toujours que l'on puisse se haïr de la sorte sur une terre dite Sainte ! Les religions ne sont-elles pas censées prôner l'amour de son prochain ? La tolérance ? La pitié ? Mais là, je m'éloigne du sujet (encore que…).

Nous allons suivre Amine Jaafari, Israëlien d'origine arabe qui a très bien réussit dans la vie puisqu'il est devenu chirurgien alors qu'il sort d'une famille pauvre. Il mène une vie tranquille ou presque (il en voit des patients touchés par les attentats à Tel Aviv, mais il a fait un mariage heureux, il gagne bien sa vie, il peut voyager partout dans le monde…), quand soudain tout bascule.
Il devient la preuve vivante que personne n'est à l'abri, que l'on ne voit pas toujours ce qui est sous notre nez. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Il va vouloir comprendre comment sa femme, la belle et si douce Sihem a pu devenir une kamikaze. Il va aller jusqu'au bout au mépris de tous les dangers et la vérité l'attendra peut-être au tournant d'un chemin de pierre…
Yasmina Khadra à travers le personnage d'Amine pose les questions que l'on se pose tous : Pourquoi ? Qui a raison ? Est-ce utile à quelqu'un ? Et les proches dans tout cela ? etc…

Amine va se sentir trahit, bafoué, immensément seul. Il a été trompé !
Sihem n'est pas simplement morte, elle a emporté avec elle des victimes innocentes, des enfants. Elle s'est faite exploser, mais elle a exploser également son couple en apparence si solide, si unit. Les certitudes ont volé en éclat.

Un ouvrage grave où la mort est partout, même et surtout parmi les vivants. Ce n'est donc pas vraiment un ouvrage qui va vous dérider, ce serait même plutôt le contraire, mais il offre une vision assez juste de la situation militaire, politique et religieuse de Tel-Aviv, de Jérusalem, et de la Terre Sainte en général.

J'ai apprécié le contenu, mais moins la forme car le lecteur n'était pas à la hauteur de l'ouvrage.
Rendez-vous manqué, mais je vais retenter l'expérience avec d'autres titres car j'ai eu aussi de belles surprises avec d'autres titres.

Ma note pour le contenu : 15 / 20
Ma note pour le support : 11 / 20

Nota bene : Durée totale d'écoute ---- 7 h 15.

Prix littéraires et prochaine adaptation au cinéma :
L'attentat a obtenu entre autre récompense : le Prix Découverte Figaro Magazine-Fouquet's, le Prix des libraires 2006. le Grand Prix des Lycéens, le Prix Tropiques 2006 et le Grand Prix des Lectrices Côté Femmes. Il a également été sélectionné pour le Grand Prix du Roman de l'Académie française, le prix Renaudot 2005 et le prix Goncourt 2005.
Les droits de L'attentat (The attack) achetés pour la réalisation d'un film aux USA par Random House Films et Focus Features.

5 commentaires:

Pimprenelle a dit…

On dirait que le format audio ne lui rend pas vraiment hommage...

Syl. a dit…

Trop dommage ! Il fallait le lire. Tu aurais mis ta musique, ton intonation, ta souffrance. Je suis ravie d'avoir fait cette découverte. J'ai lu le même livre que toi et j'ai été soufflée...
Bon WE

Emeralda a dit…

Je confirme, le format audio ne lui rend pas hommage et c'est dommage, mais bon parfois, cela me dépanne ce format. Et puis j'avoue quand je fais du sport, je me déplace, je peux avancer aussi dans certaines de mes "lectures".

100choses a dit…

C'est également le titre que j'ai lu pour la LC, et si certains petits points m'ont déçue, je garde malgré tout un souvenir fort de ce bouquin.

cricket a dit…

j'aime ta vision tout à fait réaliste du livre en ces termes :
"Elle s'est faite exploser, mais elle a exploser également son couple en apparence si solide, si unit. Les certitudes ont volé en éclat."
très bien dit effectivement !
amicalement,
christelle -cricket sur livraddict

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