lundi 4 novembre 2013

Immortelle randonnée - Compostelle malgré moi de Jean-Christophe Rufin



Le livre : 

Immortelle randonnée - Compostelle malgré moi de Jean-Christophe Rufin, lu par Vincent Schmitt, aux éditions Audiolib, format MP3 (6 h 00 découpées en 32 plages),  20 € 90.


Pourquoi cette écoute : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Audiolib et mis en place lors de l'opération Masse Critique organisée par la communauté de lecteurs Babelio.

C'est aussi une envie de découvrir cet auteur qui m'a souvent attiré, mais dont je n'ai pas encore trouvé le temps de lire un seul ouvrage.
Son témoignage sur cette expérience particulière, un peu anachronique avec nos vies modernes m'intéressait à plusieurs titres. Je croise chaque année lors de mes vacances en Lozère des pèlerins et j'avais envie de mieux les comprendre. J'avais trouvé aussi l'intervention de Jean-Christophe Rufin passionnante lors d'un de ses passages dans "La grande Librairie" lors de la sortie de son ouvrage.


Le pitch : 

Jean-Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice. "Chaque fois que l'on m'a posé la question : "Pourquoi êtes-vous allé à Santiago ?", j'ai été bien en peine de répondre. 
Comment expliquer à ceux qui ne l'ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s'y engager ? On est parti, voilà tout." Galerie de portraits savoureux, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d'autodérision plein d'humour et d'émerveillement, Immortelle randonnée se classe parmi les grands récits de voyage littéraires.


Ce que j'en ai pensé :

Dans un livre audio, il y a un paramètre à prendre en compte en plus par rapport à la lecture classique d'un livre : le talent du lecteur. C'est en effet lui qui va nous livrer le texte et lui donner vie. Il faut donc que son timbre de voix, sa technique de lecture et le ton qu'il va employer nous conviennent.
Ce n'est pas toujours aussi évident que cela. Même des personnes pourtant connues et reconnues n'arrivent pas à vous transmettre l'émotion qu'un texte peut comporter tout simplement parce que vous n'êtes pas sensibles à sa façon de vous la donner.
C'est une expérience malheureuse qu'il m'a déjà été donné de vivre et l'on se sent très frustré, mais cette fois, j'ai complètement pu vivre et ressentir le texte de Jean-Christophe Rufin à travers la voix de Vincent Schmitt.

Jean-christophe Rufin nous parle à coeur ouvert de sa première expérience sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle en temps que pèlerin. Il se livre à nous et nous donne aussi les bases dans les premiers chapitres pour bien comprendre comment il en est arrivé là car oui, il comprend parfaitement que se lancer dans une telle aventure peut susciter l'incrédulité. Il était lui-même auparavant assez sceptique. Rationnellement, c'est une histoire de fou ! Et pourtant...

On le suit pas à pas avec la voix de Vincent Schmitt qui faire vivre ce texte un peu comme si l'auteur était à côté de nous et nous narrait lui-même tout ce pèlerinage. On se sent happer, prit nous aussi par ce chemin qui n'est pas qu'un simple trajet, c'est un vaste tout qui fait oublier l'ensemble du monde pour ensuite n'en retenir que l'essentiel.

Le titre est fort bien trouvé et rend bien ce que l'on va trouver dans le livre.
Cette randonnée qui ne fait pas moins de plusieurs centaines de km, voir quelques milliers pour certains est bien immortelle car depuis que ce pèlerinage existe, il y a toujours eu des personnes pour l'entreprendre, même aujourd'hui où faire le tour du monde est plus une formalité administrative qu'une aventure proprement dite.
Compostelle c'est un but, un lieu, mais pas seulement. C'est beaucoup plus vaste, mais on ne l'apprend qu'en cheminant sur les routes qui mènent là-bas. C'est une expérience qui se vit, qui se raconte aussi, mais chacun aura sa version.
Malgré moi ? Jean-Christophe Rufin n'est pas un idiot. Tout dans son histoire personnelle ou / et professionnelle montre qu'il sait rationaliser les choses et même des éléments plus que complexes qui peuvent nous dépasser, mais pour une fois, il a pris conscience qu'il reste encore des pans entiers de notre vie qui échappent à notre contrôle. On croit choisir, mais il n'en n'est rien.

Un récit où l'on ne s'ennuit jamais. Il se passe toujours quelque chose et même ordinaire, tout prend son sens très vite.
Immobile chez soi ou dans les transports en commun (tout dépend où l'on écoute ce titre), on touche du doigt l'essentiel tout en sentant bien que l'on a encore bien du chemin à parcourir pour en prendre la mesure réelle.

Durant ce pèlerinage, on oublie en quelques heures, au plus quelques jours toutes les distinctions d'ordre sociale pour ne plus être qu'un Jacquet (un pèlerin pour Saint Jacques de Compostelle). On se clochardise vitesse grand V et nos manières, nos codes si policés tombent aux oubliettes pour ne conserver que des fondamentaux. Tout devient simple ou presque.

On souffre dans sa chair et ce n'est vraiment pas seulement une expression cette fois. L'organisme est mis à rude épreuve même si l'on se croyait préparé ou en bonne condition physique. Le chemin est toujours plus rude et surprenant.

 Il y a la solitude, mais aussi les rencontres et la promiscuité durant ce pèlerinage. Ce sont des étapes, des transformations plus profondes qu'on ne veut bien le croire de prime abord.

Voilà un texte enrichissant à plus d'un titre que je vous conseille de découvrir si ce n'est pas déjà fait. Vous pouvez le faire comme moi à travers la voix de Vincent Schmitt ou plus traditionnellement en lisant l'ouvrage de Jean-Christophe Rufin. Peu importe, l'important est de prendre le chemin...


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 


1 commentaires:

zazy a dit…

Il faudra que je le lise, beaucoup de bonnes chroniques qui me tentent

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