mardi 3 avril 2012

Funambules de Julia Germillon


Le livre :

Funambules de Julia Germillon aux éditions Lunatique, 24 €,  352 pages.


Pourquoi cette lecture :

Ce livre m'a été proposé en partenariat par les Agents littéraires qui ont pour philosophie d'essayer de faire connaître des auteurs, des maisons d'édition ou des titres qui ne sont pas mis en avant parce qu'il est tout d'abord très compliqué d'avoir sa place au soleil, mais aussi parce que dans leur ensemble, ces entités sont en général un peu différentes.
Hors moi, j'aime ce qui est nouveau, ce qui change un peu de l'ordinaire et tout ce qui peut éveiller en moi de la curiosité. Les sentiers battus, c'est sympa, mais j'aime aussi beaucoup les chemins de traverses où les surprises sont souvent là (bonnes ou mauvaises d'ailleurs).

De plus, en 1991, j'ai soufflé mes 16 printemps, je me souviens très bien de la chute du mur de Berlin puisque c'est cette même année que je suis allée en Allemagne pour un séjour linguistique (jumelage) et j'ai pu vivre un peu cet évènement majeur et ses répercutions sur place ou presque.
La disparition de Serge Gainsbourg m'avait dans une moindre mesure touchée, mais en vieillissant ses textes me sont devenus moins obscurs et plus riches de sens. Ma vision sur cet artiste a évolué.
Et puis Paris est une ville que j'aime. Certes, il y a forcément des arrondissements que je préfère, mais notre capitale possède une énergie que je n'ai encore ressenti nul part ailleurs. Comme avec une personne, parfois je me prends à l'adorer et à d'autres, à la détester. De cette ambivalence nait cet amour, cet attachement assez inexplicable pour cette ville.
Et comme tous ces éléments se retrouvent imbriqués dans ce premier roman, j'étais très curieuse de voir ce qu'il allait en ressortir.


Le pitch :

Paris, 1991. La voix de Serge Gainsbourg vient de s'éteindre à jamais tandis que celle de Nirvana se répand sur les ondes, la chute du mur de Berlin fête tout juste ses deux ans, et trois jeunes errent dans les quartiers du nord-est de la capitale. Révolté autant qu'effacé, Ben vivote de squat en squat, en marge de la société. Après la chute du Mur, Sara, jeune Allemande volontaire, plaque tout pour faire sa vie à Paris. Jane, quant à elle, remet en question sa vie rêvée par un grand-père aimant et fantasque. Il y a aussi Baba, le joueur de saxo de la station Blanche, Bonaventure, le peintre ivoirien au charisme intimidant, Pépé, qui prépare les meilleures tartines aux rillettes au monde ; et puis, il y a Mimi... Existe-t-il un mode d'emploi pour se construire quand autour de soi tout semble illusoire et incertain ? Toute une kyrielle de personnages attachants se croisent et se lient pour tisser un roman exaltant et rythmé qui transportera le lecteur dans le Paris des années 90 minutieusement reconstitué.


Ce que j'en ai pensé :

On débute avec le personnage de Mimi. (et on terminera avec elle aussi. La boucle sera bouclée pour ce roman dont pourtant une suite est en préparation)
Elle se détache des autres par l'écriture qui la décrit elle et ce qu'elle vit : c'est écrit à la première personne du singulier (je), mais aussi par la typographie : tout est en italique, comme pour une confession faite à un journal intime ou une lettre…
Ambiance feutrée...

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce livre. Des éléments disparates m'avaient attiré, mais est-ce que l'ensemble allait me plaire ?
Comme presque toujours, j'essaie d'en savoir le moins possible sur le livre avant de le lire. Je souhaite conserver une certaine neutralité et puis à quoi bon lire un livre dont vous savez déjà presque tout ?
C'est donc avec fraîcheur que j'ai vu l'entrée en scène des autres personnages principaux dont chacun voit son histoire narrée dans des chapitres distincts, mais qui au fil des jours, des semaines et des mois voit cette dernière se croiser à celle des autres. Oui, même dans une aussi grande ville que Paris, cela est tout à fait possible car notre capitale n'est en réalité (pour moi) qu'une grande juxtaposition de petits villages avec ses ambiances toutes différentes, mais qui forment un vaste tout.

Au fil des pages, on apprendre à découvrir celles et ceux qui vont partager avec nous le temps qui passe : Ben, Sara, Jane, Sandy, Bonaventure, Baba, Pépé et les autres… Ils vont devenir amis et pour certains ce sera la toute première fois qu'ils tisseront de tels liens.
On ne va pas tous les aimer, du moins avec certains, on pourra conserver une réserve. Ce n'est pas de l'antipathie, c'est juste que l'on a peut-être du mal à les cerner malgré la belle écriture de Julia Germillon. Cette dernière nous donne une foule de détails sur eux, mais non, on reste de temps en temps en retrait. Après, ce sentiment vient peut-être juste de moi et chaque lecteur pourra avoir sa propre réaction.
Ce sont des jeunes pour l'essentiel, du moins pour les deux jeunes filles, après on a plus de mal à leur donne un âge sauf pour Pépé.
Ils apprennent, se forgent des armes, se testent, doutent, expérimentent, connaissent des moments de grande joie ou au contraire, ils vivent !

Je me suis donc replonger un peu dans mes souvenirs de ces années 90 et plus particulièrement donc dans celle de 1991. J'étais un peu plus jeune qu'eux, mais avec des attentes assez similaires. J'y ai mêlé ce que j'ai appris depuis et cette "maturité" m'a aidé à mieux comprendre et cerner les protagonistes. J'ai sans doute aussi plus apprécier que ce récit nous soit livré découpé en tranches. J'espère découvrir la suite même si l'on peut également s'arrêter là.

Un ouvrage à découvrir sur fond musical (La BO nous est indiquée dans les ultimes pages).


Et s'il fallait mettre une note : 14 /20



Les bonus :

Julia Germillon est née en 1982. Elle est l'auteur d'une pièce de théâtre, Abgrund, mise en scène et produite à Paris en 2008.
Funambules est son premier roman. Elle prépare actuellement la suite.

1 commentaires:

herisson08 a dit…

Un thème qui me parle, je pense que ce livre pourrait me plaire, bien que je sois un peu jeune pour me souvenir de ces évènements...

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