jeudi 22 septembre 2011

Le syndrôme Copernic d'Henri Loevenbruck


Le livre :

Le syndrome Copernic d'Henri Loevenbruck aux éditions Flammarion, 441 pages, 19€90
Disponible également en version de poche, aux éditions J'ai lu pour 8 €.


Pourquoi ce livre ?

J'apprécie de lire de temps en temps un bon thriller, histoire de me faire peur, mais sans réelles conséquences.
Je suis comme les enfants qui aiment jouer à se faire peur, mais pour de faux !

Henri Loevenbruck est un auteur que j'aime beaucoup. En tout cas, j'ai souvent pris pas mal de plaisir à lire ses romans (même si je n'ai pas encore dévoré tous ses écrits).
Cet écrivain français né en 1972 baigne depuis sa plus tendre enfance dans une atmosphère très anglo-saxonne. Point étonnant alors qu'il écrive aussi bien que les auteurs d'outre-atlantique et qu'il maîtrise autant les codes du genre (thriller). Et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller visiter son site pour avoir une présentation, de sa personne et de ses oeuvres, plus complète : http://www.henriloevenbruck.com/


Le pitch :

Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense.
Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine.
Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.



Et alors, qu'est-ce que j'en ai pensé après avoir lu l'intégralité de ce thriller "made in France" :

Riche en émotions, on passe par un panel étonnant de sensations, de sentiments.
Je ne vais pas tous les lister ici, mais en vrac, notons : peur, froid, chaleur de l'été, douleur, oppression dans la foule, solitude,  confiance, logique, tangible, raison, folie… etc. 
La liste serait très, très longue à dresser, mais n'a de sens que si on la relie au récit lui-même.

Vigo Ravel, 36 ans, schizophrène pour autant qu'il le sache va nous accompagner d'un bout à l'autre de ce livre. C'est le principal protagoniste et notre narrateur.
Il a beau être un peu étrange (il entend les pensée des gens), on fera comme Agnès, on se laissera attendrir ou au moins intriguer par cet homme maladroit, peu banal, qui pourrait faire peur car il est dans "la catégorie lourde" côté folie ! Ce qu'il avance parfois n'est pas si évident que cela à croire et pourtant soyons logique :  S'il n'est pas fou ou pas tout à fait autant qu'on pourrait bien le croire alors pourquoi tout ceci ? Ces voix dans sa tête, ces hommes qui le poursuivent, ce psy et ce cabinet médical fantôme, son employeur qui déménage toute son entreprise, ce protocole 88…etc.

88 chapitres d'ailleurs, ce n'est pas un hasard ça.  Ce chiffre sera important dans le récit et récurent. Cependant, ne comptez pas trop sur moi pour vous en dire beaucoup plus dessus, sinon votre lecture sera gâchée.
Reste que les chapitres sont relativement courts et un bon découpage du récit entraine forcément une découverte rythmée et donc plus haletante pour le lecteur. C'est le moteur principal (avec une bonne intrigue) pour ce type de livre. Il faut que l'on ait envie d'en savoir plus, de tourner les pages. Et le moins que je puisse dire, c'est que globalement, cela fonctionne très bien avec ce titre.

Le rythme est saccadé, un peu à l'image de l'esprit de Vigo. On est parfois un peu perdu, mais Vigo l'est encore plus. Ne nous plaignons pas que diable, nous, on a notre réalité pas toujours folichonne certes, mais plus tangible et rassurante en général.
Ce n'est pas un super héros, c'est un homme qui ne sait plus qui il est, qui ne se souvient de rien sauf de ces 10 dernières années et encore, il semble avoir été manipulé par tout le monde, même ses pseudos parents, les Ravel !
Vive les conspirations !!!!

L'ensemble est crédible et on se dit que cela pourrait nous arriver à nous aussi (dans la théorie, dans la pratique, j'espère bien que non !!!!!), même si nous ne sommes pas schizophrènes (encore que ?). On est toutes et tous un peu fou car qu'est-ce que la normalité au fond ?
Vigo va se chercher (il a perdu tous ses repères, son identité, sa vie, tout !), va partir en quête de la vérité (pourquoi, comment, qui). Il sera aidé, épaulé et il trouvera. Reste que la vérité est souvent brutale, on ne la découvre pas forcément, mais quand c'est le cas, ce n'est presque jamais sans conséquences. Toute vérité est-elle bonne à divulguer ?
Attention livre complot ? Possible…. Probable même !
L'avenir de l'humanité va-t-il en être bouleversé ? C'est moins sûr, mais on peut toujours vibrer...

Je regrette juste un final un peu trop rapide et c'est je crois que c'était déjà un reproche que j'avais fait pour un autre livre d'Henri Loevenbruck (lu il y a pas mal de temps déjà).
C'est vraiment dommage car il sait fort bien nous maintenir en haleine pendant des centaines de pages (écriture fluide, qui glisse, qui nous fait palpiter) et paf, hip, hop, emballé, c'est pesé. Hein quoi ? Comment ? C'est déjà terminé ?

C'est roman est à lire, à dévorer, mais il ne faut pas en attendre de miracle. Cela reste un simple bouquin avec une bonne intrigue.
Pas certain que l'on s'en souvienne encore dans 2 ans, dans 5 ans ou pire dans 10 ans, mais le plaisir de la lecture, c'est aussi parfois dans l'éphémère. Ces titres clefs en mains, prêts à consommer ne sont pas pour autant mauvais, ils sont dans l'air du temps.


Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20

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