mardi 25 mai 2010

Mémoires du Chevalier de Saint George de Claude Ribbe


En tant qu’historienne de formation, j’apprécie de lire régulièrement des bons livres nous parlant de notre passé. On comprend ainsi toujours un peu mieux la situation de notre monde actuel. Et si l’Homme n’apprend pas de son passé ou si peu, ces petites avancées ne sont pas toujours anecdotiques.
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un ouvrage que j’ai beaucoup apprécié. Il s’agit d’un écrit de Claude Ribbe, « Mémoires du Chevalier de Saint George ». Un personnage historique dont le patronyme est relativement connu, mais dont l’histoire personnelle nous échappe trop souvent. Elle gagne à être connue car elle nous renvoie hélas à des notions que nous connaissons un peu trop bien encore aujourd’hui. Je veux parler du racisme…

*********************************

L’auteur : (Sources Wikipédia)

Claude Ribbe (Paris, 13 octobre 1954) est un écrivain, historien, philosophe et réalisateur français.

Ancien élève de l'École normale supérieure (Ulm), agrégé de philosophie, originaire de la Guadeloupe par son père et de la Creuse par sa mère, Claude Ribbe s'est illustré en revisitant, d'un point de vue antiraciste et anticommunautariste, le passé esclavagiste français et en tirant de l'oubli de grandes figures issues de ce passé : notamment le général Dumas et le chevalier de Saint George.

En février 2004, Claude Ribbe a protesté contre le départ du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, exilé après plusieurs mois de manifestations populaires par un coup d'État américain appuyé par Dominique de Villepin.

Le spectacle que Claude Ribbe a écrit et qui a été mis en scène par Bartabas à Versailles en 2004, Le chevalier de Saint-George, un Africain à la cour, a rassemblé cinquante mille spectateurs en six représentations. Son pamphlet contre Bonaparte, Le Crime de Napoléon, paru en 2005, au moment du bicentenaire de la bataille d'Austerlitz, a déclenché une âpre polémique tout en remportant un vif succès. Reprenant un thème déjà abordé de manière romanesque dans L'Expédition, Claude Ribbe y révèle qu'une politique d'extermination raciale des citoyens français de Saint-Domingue (aujourd'hui république d'Haïti) avait été engagée en 1802-1803, notamment par gazage au dioxyde de soufre.

Dans Les Nègres de la République, Claude Ribbe, s'affirmant résolument universaliste, met en doute la légitimité d'une prétendue « question noire » et, s'opposant aux analyses de Jean-Paul Sartre (L'Orphée Noir, 1948), soumet au questionnement philosophique l'idée de négritude. Son « paradoxe de James Brown » relativise toute vision de l'humanité fondée sur le préjugé de couleur.

Se défendant d'être un leader de la « communauté noire » de France, parce qu'il dénonce tout principe classificatoire fondé sur la couleur, il est très engagé dans la lutte contre le racisme, les discriminations et l'occultation de la mémoire de l'esclavage. Claude Ribbe a siégé de 2005 à 2008 à la Commission nationale consultative des droits de l’homme en tant que personnalité qualifiée pour son engagement en faveur des droits de l'homme.

Parallèlement à ses activités d'essayiste et de romancier, Claude Ribbe mène une carrière d'auteur dramatique (Delgrès, 2009), de scénariste et de réalisateur, et prépare le tournage de plusieurs films consacrés au chevalier de Saint George et au général Dumas.

Depuis 2002, Claude Ribbe, notamment à travers l'association des amis du général Dumas qu'il préside, mène campagne pour que ce héros de la Révolution, figure majeure de l'humanisme, né esclave en Haïti, modèle de d'Artagnan, retrouve sa place dans la mémoire universelle. Cela lui a valu d'intervenir officiellement le 30 novembre 2002 au Sénat lors d'une allocution prononcée devant la dépouille d'Alexandre Dumas[1], juste avant son entrée au Panthéon. Claude Ribbe souhaite en particulier que la statue du général Dumas, par Alphonse de Moncel, érigée à Paris en 1913 (sur l'actuelle place du général-Catroux dans le 17e arrondissement où se trouvent la statue du fils du général par Gustave Doré et celle de son petit-fils par René de Saint-Marceaux) abattue par les collaborateurs en 1943, soit remplacée. En novembre 2007, il a adressé dans ce sens une pétition à Bertrand Delanoë, maire de Paris, approuvée par plus de mille signatures recueillies en quelques jours. Sitôt la statue remise en place, Claude Ribbe se propose d'en offrir une copie aux Haïtiens, conformément au vœu émis par l'écrivain Alexandre Dumas en 1838. « Ce serait une manière de rappeler à la vieille Europe[réf. nécessaire] », écrivait l'auteur des Trois Mousquetaires, « si fière de son antiquité et de sa civilisation, que les Haïtiens, avant de cesser d'être Français, ont payé leur part de gloire à la France[réf. nécessaire]. » En réponse à ces démarches, et suite à un vote unanime du conseil de Paris en juin 2002 (sur une proposition de Claude Ribbe), Bertrand Delanoë a désigné le plasticien Driss Sans-Arcidet pour réaliser un important monument en mémoire du général Dumas, représentant des chaînes et des fers d'esclave brisés, qui a été inauguré à Paris, place du général-Catroux, samedi 4 avril 2009 sous l'égide de l'association des amis du général Dumas, en présence de Bertrand Delanoë et de Yazid Sabeg commissaire à la diversité et à l'égalité des chances. L'événement avait reçu le soutien officiel de l'UNESCO (programme « La route de l'esclave »).

Claude Ribbe a publié deux biographies du général Dumas dont Le Diable noir (Alphée Jean-Paul-Bertrand, décembre 2008), qu'il a lui-même adaptée en documentaire de 52 minutes avec Stany Coppet (production Ortheal-France 3 Paris Ile de France Centre, diffusion : France 3 Paris Île-de-France Centre le 18 avril 2009 à 15 h 50 et France O le 18 avril 2009 à 22 h 30, diffusion en mai 2009 sur France 2.

À la mort d'Aimé Césaire, le 17 avril 2008, Claude Ribbe a lancé l'idée de l'inhumer au Panthéon, même symboliquement. Claude Ribbe lui rend hommage dans Le Nègre vous emmerde, le premier ouvrage paru sur Césaire depuis sa disparition ; un pamphlet mettant en cause ceux qui l'ont persécuté de son vivant ou cherché à se servir de lui au moment de sa mort.

Depuis septembre 2008, Claude Ribbe dirige la collection littéraire « Ethiopica » qu'il a fondée aux éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand.

Son site officiel : http://www.claude-ribbe.com/

*********************************

L’intrigue :

Le parti colonial réussira-t-il à abattre le brillant, l’invincible Saint-George, vivante contradiction du préjugé de couleur ? Que va-t-il se passer avec Marie-Antoinette, D’Éon, Laclos, Mirabeau, Marat, ou Mozart ? Saint-George franc-maçon, agent secret ? « Noir » ou « blanc » ?
S’agit-il d’une œuvre de fiction historique ou d’une véritable confession tirée de quelque grimoire ? Difficile de trancher, parfois, tant l’auteur et son héros semblent jouer à passer chacun de l’autre côté du miroir, tant l’imaginaire est au service du réel.
À travers cette œuvre mûrie de longue date, Claude Ribbe laisse enfin la parole à un héros emblématique, dont il est sans doute le plus intime connaisseur. Au-delà de sa couleur – qui aujourd’hui intrigue plus que jamais – l’escrimeur musicien, l’aristocrate de Versailles, né esclave aux Antilles, l’ami révolutionnaire de la reine, attachant et complexe, nous fait découvrir un autre siècle des Lumières, une autre Révolution.

********************************

Ce que j’en pense :

Le XVIII eme siècle m'a toujours passionné. Je ne peux pas dire que j'en connais les moindres détails, mais j'ai dévoré bon nombre de livres et autres biographies sur le sujet et la période concernée. C'est d'ailleurs le second ouvrage que je lis sur le Chevalier de Saint George. Le premier était un roman avec une belle base historique, mais où l’auteur avait pris de quelques libertés avec la réalité historique. C’était son droit d’ailleurs. Avec « Mémoires du Chevalier de Saint George » de Claude Ribbe, ce n’est pas tout à fait la même chose. Cet écrit est sans aucun doute celui qui s'approche le plus du genre de la biographie. Cependant même si cela en a le ton, cet ouvrage n'en est pas une, pas plus qu'une autobiographie, ni même de véritables mémoires. Un beau tour de passe-passe littéraire qui n’enlève rien à la richesse de son contenu.

On pourrait s'y faire prendre d’ailleurs car l'auteur a su s'effacer pour laisser la parole au Chevalier. Le style rédactionnel reste quand même plus contemporain que le phrasé d'alors. C'est important pour le profane. Cela ne fait plus peur alors de lire des "vraies-fausses" mémoires. Le lecteur est mis en confiance même s'il ne connaît que très peu le contexte historique. Je trouve l'approche pédagogique.

Le livre a nécessité à n'en pas douter un gros effort de documentation de la part de l'auteur car il nous fournit moult détails historiques peu connus du grand public. J'ai beaucoup apprécié en tant qu'historienne de formation. On sort un peu des sentiers battus, on touche une autre réalité historique, celle qui n’a pas toujours été mise en lumière pour le quidam.
On croise sans cesse des personnages importants pour l’histoire de notre nation car le Chevalier de Saint George était fort bien introduit dans la société d’alors. On a sur eux d’autres regards, moins lissés, mais sans doute plus passionnés.

Un thème, hélas encore bien contemporain, est abordé par ces mémoires : le racisme, les difficultés que rencontrent les gens dits de couleurs différentes à être respectés, écoutés et reconnus.
Le XVIII eme siècle, cela semble loin, mais qu'est-ce qui a vraiment changé depuis ? Les technologies bien évidemment, mais la nature humaine est restée la même à peu de chose près. Le combat pour que tous les hommes soient vraiment égaux n’est pas encore terminé, même s’il avance par petites touches. Les revers n’en sont que plus cuisants.
Le chevalier de Saint George n’est pas seulement une icône du passé, c’est aussi un homme du siècle des Lumières qui a contribué à sa manière au recul, à la lutte contre le racisme…

Une lecture agréable qui vous laissera l'impression d'avoir appris des éléments importants sur notre histoire, sur le fait que le racisme est un mal ancien et qui n'est pas incurable, mais résistant à bien des traitements !!!!

Ma note finale : 16 / 20

Note bene : Merci à Livraddict et aux éditions Alphée pour ce partenariat enrichissant.

6 commentaires:

Valérie a dit…

Tes colis commencent-ils à arriver?

El Jc a dit…

Très belle chronique. Amoureux d'histoire tout comme toi, cette période avec quelques autres à toujours eu ma préférence. Je note les informations sur l'ouvrage pour une découverte ultérieure. Merci beaucoup !

Mélo a dit…

Happy birthday tooooo youuuu ! Happy birthday tooooo youuuuu ! Happy birthday to you Nathalie, happy birthday tooooo youuuu !

Valérie a dit…

Je te souhaite un très joyeux anniversaire Emeralda et j'espère que tes colis te plairont.

Hélène a dit…

Je te souhaite un très bon anniversaire

Hélène

Tiphanie a dit…

complètement HS avec le bouquin mais Joyeux Anniversaire !! :)

Rendez-vous sur Hellocoton !