dimanche 11 septembre 2011

Des enfants pour quoi faire de Robert Benchley


Le livre :

Des enfants pour quoi faire de Robert Benchley, aux éditions Wombat (collection les insensés), 121 pages, 14 €




Le pitch :

"D'accord, un grand nombre de mères et de pères sont incapables d'élever des enfants au-delà du stade où ceux-ci arrêtent de baver, et la plupart des crimes et des problèmes sociaux actuels sont, selon toute probabilité, la faute de parents qui ont acheté des vêtements de taille dix ans à des garçons âgés de quatorze.
Mais, même si l'Etat fonctionnait à la perfection, je ne vois pas où pourrait mener sa tentative d'éduquer les enfants, sinon au chaos. De toute façon, je ne vois pas où peut mener toute tentative pour éduquer les enfants, sinon au chaos." Du bébé vagissant à l'adolescent taciturne, l'inénarrable Robert Benchley tente de percer, au fil de ces quinze textes humoristiques, le mystère de ces étranges créatures : les enfants.
Il se propose ainsi de répondre, à sa manière inimitable, à certaines questions vitales, comme " Comment porter un bébé? ou "Quel chien choisir pour votre garçon? (et inversement) ". A tous les parents, futurs ou présents, anxieux ou dépassés, le présent ouvrage offre une mine de conseils frappés au coin du nonsense.




Ce que j'en ai pensé :

Un nouveau livre, c'est comme un paquet surprise. On en attend beaucoup parfois. Il nous arrive d'être déçu, mais quand on aime autant la lecture que moi, on fonce, on court ce risque sans trop s'en soucier. Après tout, on ne vit qu'une seule fois et là, même si ce n'est pas bon, il n'y aura pas mort d'homme !

Avec ce titre, "les enfants pour quoi faire ?", on peut dire que je me suis lancée dans l'inconnu.
Je ne connais pas l'auteur, Robert Benchley.
J'ai choisi ce livre sur une impression globale. Je me suis laissée tenter par plusieurs petits détails  : une couverture avec une illustration humoristique qui colle bien avec mon tempérament de "mère indigne", qui n'est absolument pas politiquement correct, mais après tout, pour qu'il y ait des enfants heureux, ils faut aussi des parents qui le soient !
Le titre est provocateur, surtout à notre époque où l'on semble nous faire croire que la maternité ou la paternité, c'est le summum du bonheur. Rassurez-vous, je suis folle de mes deux pestouilles de 8 et presque 6 ans. Cependant, je veux aussi penser à ma vie de femme et ne pas être qu'une maman.

Cet ouvrage est une sorte de compilation de petits textes indépendants les uns des autres, mais ayant donc pour thème central : les enfants.
Le ton est vite donné par le premier. Tout est à prendre au second, voir au troisième degré. Cela se lit vite et bien. C'est encore très actuel, à peine si cela à pris quelques ridules. Certaines situations restent intemporelles.

J'ai souris assez largement dès la première chronique. Je me suis revue en tant que jeune maman, en train de lire une autre bible pour élever ma fille ainée parce que pour moi, les bébés, c'était tout nouveau, tout beau aussi, mais surtout un peu panique à bord !!! Genre : le bébé ? Ben comment ça marche ????
Riez donc, mais c'était comme ça. Au final rien ne vaut juste le bon sens ! Et une bonne dose de patience et d'humour parce plus d'une fois, ce sera / ce fut : Au secours !!! Et là, je fais quoi ?

Le second texte, sur l'art de porter bébé par un représentant du sexe masculin, m'a tout de suite fait penser à mon père. Il n'a toujours pris mes filles que de manière rarissime dans ses bras. Il avait une peur viscérale de les faire tomber.
Les exemples donnés dans le texte sont drôles, mais à ne jamais mettre en pratique même si bébé est plus solide qu'on ne le croit !

Vient ensuite, l'épineux problème de l'éducation.
J'ai déjà donné du coté de l'enfant précoce, voir très précoce.
Je donne encore, mais ça va mieux.
Ma seconde pestouille me donnera tout autant de soucis. Mêmes effets, mais causes variables.
Éduquer ses enfants n'est pas une mince affaire et même si cela peut être tentant parfois parce qu'on en peut plus, pas question de se décharger sur l'Etat. On irait alors à en croire l'auteur au-devant de nouveaux problèmes.
Évidemment tout est tiré par les cheveux. Il y a moult exemples où l'on sent une touche de vécu ou de subi (c'est selon), mais toutes les situations sont impensables. C'est  le propre des caricatures de grossir le trait (pas forcément le plus flatteur d'ailleurs sinon c'est beaucoup moins drôle).

"les enfants pour quoi faire" ne se lit pas d'une traite.  Enfin, si on peut le faire, mais alors je pense que c'est nettement moins ludique. Picorer les textes est plaisant. Chaque boutade est plus cinglante. Le piquant des répliques, la fraicheur des conclusions est ainsi préservé.
Car oui, certaines chroniques sont de véritables joyaux.
J'ai beaucoup aimé celle intitulée : le voyage en wagon d'enfants. Tout est dit ou presque. Le récit toujours humoristique de l'auteur est hélas par trop véridique. Les trajets avec des enfants, surtout ceux des autres sont des moments de torture que la convention de Genève devrait faire cesser immédiatement ( car oui j'ai peu voyagé pour le moment en train avec mes filles et encore, c'était toujours avec mon ainée qui a été une crème à chaque fois. J'avais même des compliments de la part des autres voyageurs de notre wagon, ce qui est rare). Soyons honnête, qui n'a pas eu envie d'étrangler, de jeter par la fenêtre ou de bâillonner un ou plusieurs casses pieds, oreilles et j'en passe âgés de moins de 10 ans ?!
Et je ne parle même pas des géniteurs qui sont à baffer tellement on les trouve mous du genou.  Bref, une petite perle ce texte.

Évidemment, tous les récits sont datés parce que Robert Benchley est décédé en  1945, mais je vous assure que globalement, on ne sent pas trop le poids des années écoulées. Il faut donc croire ou en déduire que les enfants n'ont que peu changé au fond.
Bon, il faut quand même dire que c'est sans doute aussi parce que j'ai plus de 20 ans que je dis cela. Je suis certaine que mes filles se demanderaient encore si je n'ai pas vécu au moyen-âge !!!

Une autre chronique intitulée cette fois : les pieds au musée, me laisse à penser que si moi je viens du fond des âges, mes filles (particulièrement, l'aînée) viennent quant à elles de Venus !!! Les visites de musée sont pour elles des moments privilégiés de découvertes et de partages. Elles sont toujours bien sages, curieuses et attentives. Ok, il faut parfois sauter quelques pièces qui ne les passionnent pas, mais d'autres suscitent un engouement tel que l'on est noyé sous les commentaires et les questions. A chaque âge ses passions !
Reste que ce texte est très amusant également. Une petite recréation pour tout lecteur.

En conclusion, voilà un petit livre à lire fort sympathique, mais que je vous conseille d'emprunter en bibliothèque plutôt que de l'acheter (prix public de 14€).
C'est distrayant, mais il plaira plus à vos grands-parents encore.
Tiens en voilà une bonne idée pour un anniversaire ou pour les cadeaux de fin d'année.



Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20



Les bonus :


La fiche wikipédia de l'auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Benchley

samedi 10 septembre 2011

Le dernier des juges (Roberto Scarpinato) entretien avec Anna Rizzello


Le livre :

Le dernier des juges (Roberto Scarpinato), entretien avec Anna Rizzello, aux éditions La contre allée, 45 pages, 7 €.



Le pitch :

Roberto Scarpinato est « le dernier des juges », dernier survivant de la génération des juges Falcone et Borsellino, brutalement assassinés par la mafia en 1992.
Il est l’un des procureurs du procès Andreotti, et a instruit les plus importants procès menés contre la mafia et ses liens au sein du monde politique et institutionnel. Sous protection policière depuis plus de vingt ans, mémoire historique de la justice anti-mafia, Roberto Scarpinato balaie de ses réflexions les lieux communs sur la justice, le pouvoir et la religion. À travers le prisme d’une vie que la violence mafieuse a irrémédiablement bouleversée, il nous livre un entretien inédit, porté par une voix aussi vigoureuse qu’inspirée.
Cet entretien a été mené et traduit de l’italien par Anna Rizzello, qui fera la connaissance de Roberto Scarpinato à l’occasion d’une conférence donnée pour l’édition Citéphilo 2008, à Lille. Elle y sera son interprète. Depuis, les rencontres se succèdent, tissant une relation de confiance et d’estime mutuelles.




Ce que j'en ai pensé :


La rentrée littéraire, c'est comme un second Noël dans l'année pour l'amoureux(se) des livres et des (bonnes) lectures / découvertes.
Il y a les grands pontes et les autres.
Parlons un peu , justement, des autres aujourd'hui avec un petit ouvrage publié aux éditions La contre allée : Le dernier des juges. Il est petit par la taille (format étroit) et par l'épaisseur (seulement 45 pages), mais il est prometteur car riche en théorie sur le fond. Voilà qui n'est pas pour me déplaire car même si les "pavés" ne me font pas peur, je n'ai rien contre des récits plus denses.

En réalité, il s'agit d'un entretien entre le juge Roberto Scarpinato et l'auteur de ce livre, Anna Rizzello. Il date de décembre 2010.
On est donc dans le monde réel. La fiction n'a pas sa place ici pour une fois.
Ce n'est pas une vision de carte postale de l'Italie qu'on va nous donner. Ce serait plutôt tout le contraire. On parlera de corruption, de meurtres, de faits divers macabres, d'énigmes, de la mafia, de pouvoir etc. On va évoquer des problèmes graves, lourds de sens et qui ont un impact même chez nous car cela se passe en Europe, au sein même de l'Union Européenne et que fermer les yeux est tout simplement illusoire.

Si comme moi, vous avez toutefois un peu de mal à resituer qui est Roberto Scarpinato, ne vous en faites pas, vous trouverez une mini biographie au tout début de ce livre.
On vous présentera aussi brièvement l'auteur, celle qui recueillera ces propos : Anna Rizzello.

Le juge commence par évoquer sa vocation. Peu conventionnelle, mais très logique tout comme son engagement. On entre dans un autre système de pensées, celui des Italiens.

Le juge a une idée très arrêtée sur les causes de l'anomalie italienne comme il nomme certains particularismes de nos voisins transalpins. Une vision historique qui n'est pas sans arguments forts. On sent que ce juge possède une culture solide et pas seulement en matière de droit.
Vient ensuite l'évocation de Palerme. Dans la bouche du magistrat, cette cité devient une entité vivante, dotée d'une âme propre. Celle-ci vous oblige à vous faire face. Les choix seront / sont limités. Il n'y a pas vraiment d'échappatoire, il faut choisir son camp.

La religion catholique forte en Italie est immanquablement évoquée. Cela peut nous paraitre un peu surprenant ou déplacé pour nous Français qui vivons dans un pays où l'Eglise et l'Etat sont clairement séparés depuis 1905. Cependant, le juge Roberto Scarpinato ne peut écarter la religion de son mode de pensée car elle régie aussi celle de des compatriotes et celles de ceux contre qui il a décidé un jour de de battre. Il nous offre une vision plus complète de son pays, de sa façon de concevoir et de percevoir les éléments.
Surtout que le message est trop souvent faussé.

Le juge Roberto Scarpinato reste très lucide. Même s'il souffre d'une perte de normalité (il vit depuis 20 ans sous escorte rapprochée et n'a donc plus une vie quotidienne comme tout le monde), il n'est pas le moins du monde déconnecté de la réalité. Il se doit de montrer l'exemple d'après lui et cette quête de perfection dans la mission qu'il s'est assigné force mon admiration. Sa volonté transparait dans ses propos. Il m'apparait comme un homme d'honneur, de parole, dévoué corps et âme à son métier, au droit. Pour un peu, je dirai qu'il y a un coté désuet dans ce dévouement. Je pourrais presque l'imaginer en tant que chevalier redresseur de tords.

L'entretien vient ensuite se poser sur une question concernant la politique et l'organisation de la justice en France. Ahhh ce besoin de comparer, de savoir si c'est mieux ici, là ou encore là-haut.
Une pointe de chauvinisme, pour mieux attirer le regard. Et ça fonctionne car en employant enfin un langage europeeanophile, les petites frictions seront atténuées. Le juge concède également que le système italien n'est pas sans faille. La perfection n'est pas encore de ce monde.

Pour s'en approcher, il serait nécessaire de disposer d'une législation anti-mafia au niveau européen.
Et puis d'avoir également une vision très large du problème, de s'attacher au savoir qui est la base de tout.

Un petit livre de par le nombre de pages, mais riche. Les pavés n'ont pas l'apanage de la qualité.
Il n'est pas très intéressant de le noter sur la forme ( il s'agit d'un entretien rapporté et non pas d'un ouvrage dit classique). Cependant la traduction me semble bien faite (pas de non sens comme parfois on peut en relever). Le texte est excellent, mais plus parce que le juge Roberto Scarpinato est un homme d'une culture rare. Ses propos sont denses, toujours justes et réfléchis. Sa vision n'est pas banale et me plait assez car elle englobe tout, même des composantes auxquelles on aurait pu ne pas penser.
J'ai maintenant une vision différente de la problématique mafieuse. Jusqu'à présent elle était très limitée, stéréotypée, en bref quasiment nulle ! Je suis curieuse de découvrir l'ouvrage du juge si je le trouve un jour : le retour du prince (disponible en 2012, toujours aux éditions de La contre allée). Je pense qu'après avoir lu "Le dernier juge", on est plus à même d'appréhender cette lecture de manière plus complète.

A lire donc car on est tous concerné quoiqu'on puisse en penser car la mafia est tentaculaire et possède des ramifications même là où on ne le soupçonnerait jamais. Ce n'est pas pour faire peur que j'écris ça, mais juste parce que c'est vrai, hélas.

Le petit texte signé de la main de la photographe (couverture de l'ouvrage) et qui clôt ce livre est ultra court, mais reste émouvant. Il a su me toucher aussi par sa simplicité et sa spontanéité. C'est vraiment une excellent idée de l'avoir inclus.
La relève est assurée.




Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20



Les bonus :


La fiche en italien de Wikipedia sur le juge Roberto Scarpinato : http://it.wikipedia.org/wiki/Roberto_Scarpinato

Un article qui date de 2009, mais qui n'a pas absolument pas vieillit (hélas) : http://radiofrance-blogs.com/eric-valmir/?p=263&akst_action=share-this


Ouvrage lu dans le cadre de l'opération : Un éditeur se livre sur Libfly. 

jeudi 8 septembre 2011

Le requiem des abysses de Maxime Chattam


Le livre :

Le requiem des abysses de Maxime Chattam, aux éditions Albin Michel, 454 pages, 22 €



Le pitch :

Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin.
Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants… Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre.
Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes




Ce que j'en ai pensé :

Personnellement, je sais bien que "le requiem des abysses" est la suite de "leviatemps", mais je préfère le dire afin qu'aucun lecteur ne puisse de tromper. Il n'y a rien de plus rageant que de se plonger dans un bouquin pour se rendre compte que celui qu'on a entre les mains n'est pas le premier de la saga.
Comme pour le précédent, Maxime Chattam nous indique en guise d'introduction une courte playlist de morceaux de musique qui l'ont fortement aidé dans son processus d'écriture. J'aime bien cette façon d'interagir avec ses lecteurs. Cela crée un lien supplémentaire sans que rien ne soit obligatoire. Une sorte d'interactivité passive qui laisse pas mal de portes ouvertes, de possibilités de "rencontrer" l'auteur et son univers. Pour ce faire, je vous invite vivement à jeter un oeil dans la partie bonus de ce billet, vous y trouverez le lien vers le blog personnel de Maxime Chattam. Vous pourrez visiter son cabinet des curiosités entre autres choses. De quoi alimenter les discussion si vous le rencontrez un jour (comme j'ai pu le faire).

Alors au commencement...
Une nuit au musée, un gardien las et habitué à trop de routine, une momie et hop nous voilà dans le vif du sujet. Un début presque trop banal, mais voyons ce que nous réservent les 66 prochains chapitres. Cela en fait suffisamment pour que l'on soit surpris et pour l'heure, nous retrouvons Guy et Faustine. Des personnages que l'on connait déjà pour avoir lu "leviatemps" et que l'on souhaite mieux découvrir encore.
Guy m'a semblé plus agréable dans ce second volet. Les expériences qu'il a pu vivre dans le tome précédent n'y sont certainement pas pour rien.
Faustine est toujours aussi belle, moins audacieuse peut-être, mais nous sommes dans un monde en théorie plus paisible. Elle brisera sa carapace et ce sera un des moments fort de ce roman à mon sens. On découvrira même son véritable prénom… Mais chut…. Non, je ne vous dirai rien ici !
Le mystère, le suspens vont être nos complices et en plus de nous divertir, ils vont certainement dévoiler quelques autres secrets bien gardés jusqu'à présent.

Crimes particulièrement sordides pour ne pas dire atroces, voilà qui va combler les amateurs d'hémoglobine. Limite je me dis que c'est presque un peu trop pour cette époque. Non pas que des meurtres odieux ne pouvaient pas être perpétrés, mais pas forcément à cette échelle.
En tout cas, on frissonne bien. Maxime Chattam domine son sujet. Il connait bien les ficelles et dirige notre regard là où il veut qu'il se porte. Et justement, il n'y a pas que de la noirceur dans ce roman (encore que).
Le personnage de Faustine apporte une touche de féminité raffinée et avec grâce. Les sentiments que lui portent Guy donne aussi un souffle plus léger au récit car même dans les pires moments, la vie reprend toujours le dessus. La passion est aussi un de ses moteurs.

Les relations entre Faustine et Guy évoluent. On s'y attendait, mais cela fait plaisir. Cela compense l'extrême noirceur des crimes perpétrés avec une sauvagerie rarement égalée. C'est comme un rayon de soleil après un terrible orage qui a assombrie la terre.
Un peu de tendresse et d'amour dans un monde de brutes !
Profitons, profitons car il n'est pas du tout certain que cela dure…

Des rebondissements surprenants, de l'action, des crimes atroces, des évasions spectaculaires, des méthodes d' investigation dignes de nos Experts d'aujourd'hui, voilà aussi ce qui vous attend lors de cette lecture.
C'est presque trop, mais cela fonctionne. Je me suis laissée prendre au jeu bien volontiers. Je ne le regrette pas.
Maxime Chattam est un auteur que je ne connais pas parfaitement (je n'ai pas tout lu de lui, loin s'en faut), mais j'apprécie son style clair, un peu outre-atlantique parfois avec une touche de l'ancien continent avec des références solides et une volonté de rendre à César, ce qui appartient à César avec des allusions à l'œuvre de Sir Conan Doyle (la bande à Moriarty). C'est aussi une passion personnelle de l'auteur. Un clin d'oeil à une idole ?

Maxime Chattam se cache-t-il un peu derrière les traits de Guy ? Voilà une question que je me suis posée car qui mieux qu'un écrivain peut décrire et donner vie à un autre auteur ? En tout cas, je pense que cela est tout à fait possible car ce dernier parle souvent de son travail (écrivain), de sa façon de raisonner, de fonctionner, de se mettre au labeur.
Cela ne me gêne pas du tout au contraire. C'est une façon élégante de se dévoiler tout en restant très pudique. Enfin si c'est bien ce que je soupçonne.

Le final est à la hauteur de mes espérances et même un peu au-delà.
Très franchement, j'ai trouvé ce second volet bien meilleur que le premier qui était loin d'être mauvais. Je suis restée complètement scotchée à mon bouquin et j'y ai pris beaucoup de plaisir donc laissez-vous tenter.



Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20


Bonus :



Le blog de Maxime Chattam : http://www.maximechattam.com/blog/

Un audio portrait de Maxime Chattam où il évoque le second volume de son dytique : http://www.youtube.com/watch?v=AOKGFOB7V-Y

lundi 5 septembre 2011

Léviatemps de Maxime Chattam


Le livre :

Léviatemps de Maxime Chattam, aux éditions Albin Michel, 443 pages, 22 €



L'intrigue :


A trop désirer la mort, on y brûle son âme.
Paris, 1900.
Prisonnier de son succès, un écrivain décide de tout quitter pour entrer au plus profond de ses cauchemars, de ses abysses, explorer ce qu’il y a de pire en lui. Dans ce terreau de peurs se cache la matrice des monstres enfouis en chacun de nous. Un Léviathan d’ombres, un golem de violence. Guy de Timée voulait déterrer la fange, il va rencontrer le Mal.
Des cercles ésotériques de la capitale aux démesures de l’Exposition universelle, le début du XXe siècle inspire à Maxime Chattam un thriller halluciné où les progrès de la science nourrissent la folie des âmes perdues en quête d’éternité.



Ce que j'en ai pensé :

Je ne suis pas une inconditionnelle de Maxime Chattam, mais on va dire que je suis en phase de découverte approfondie pour cet auteur.
J'ai déjà lu un titre de lui et je l'ai particulièrement apprécié. Aussi quand j'ai vu son dernier roman (ou presque) disponible dans ma médiathèque, je l'avoue, je n'ai pas vraiment réfléchi, je l'ai emprunté. L'occasion faisant le larron comme on dit encore par chez moi.

L'auteur nous dévoile les musiques qui l'ont accompagné lors de la rédaction de son livre. Je trouve cela assez inhabituel, mais fort plaisant. Il nous indique en somme la bande-originale de son récit. On peut, si on le souhaite, écouter ces compositions et se plonger ainsi dans le même univers que Maxime Chattam lors de sa création.
Voici une bien sympathique attention de l'écrivain qui souhaite partager au mieux ses univers avec ses lecteurs.
C'est aussi une approche presque cinématographique de l'ensemble (on imagine grâce aux mots et notre esprit transforme tout ceci en petit film), voir une certaine vision interactive que ne permet pas toujours le support papier. En bref, on dépoussière le mythe sacré de la lecture, on bouscule un tant soit peu les éléments et nous voilà avec un concept vieux de plusieurs siècles, mais revu avec un brin de modernité.

Un style d'écriture facile à lire, qui nous emporte un gros siècle en arrière, mais tout en restant dans notre douce France.
Soulignons aussi le talent pour dépeindre la Paris du début du  XX ème siècle, celui de cette exposition universelle de 1900. On sent que beaucoup d'éléments de la vie quotidienne sont en train de changer (les lampadaires sont au gaz et de plus en plus à l'électricité, les voitures se font plus nombreuses, même les courants littéraires changent, évoluent). En bref, c'est toute la société qui évolue à un rythme d'enfer.
Maxime Chattam réussit à nous dépeindre tout ceci sans que cela ne paraisse complètement démodé. Au contraire, on est presque époustouffé par autant de modernité.

L'intrigue en elle-même est prenante. Je déplore juste que certaines aides tombent un peu trop à poing nommé, c'est presque un peu trop évident, mais pour le reste, tout est bon.
L'univers des maisons closes (remis un peu sur le devant de l'actualité avec la série télévisée sur Canal +  en septembre, l'an dernier, le débat sur une réouverture possible de ces lieux de charme…etc) est propice aux mystère, aux non dits, aux suspens. C'est une bonne idée de l'auteur pour situer son roman. C'est un peu sulfureux, sombre à souhait.
On est donc dans un bon thriller historique avec quelques pointes de gothique (volonté esthétique ?). J'aime vraiment beaucoup.

Les personnages sont assez bien dépeints eux-aussi. J'ai eu un faible pour celui de Faustine car elle est assez pragmatique, logique, mais avec une pointe de folie dans ses décisions. Elle est impulsive, têtue, cultivée et d'une beauté peu commune.
Guy m'a laissé plus de marbre. Je pense que si je l'avais réellement côtoyé, il m'aurait agacé. Je l'ai trouvé effectivement lâche, sans véritable relief, parfois, trop pédant et à la limite de l'inconscience (de la bêtise profonde). Ceci étant dit, il a de belles manières et a tout de même quelques beaux éclats de génie. Tout n'est pas à jeté en lui, loin de là.
Quant à Gibaiko qui garde et protège la maison close, son personnage est au final peu présent. C'est un peu dommage car il offrait pas mal de possibilités. Seront-elles mieux exploitées par la suite ? Je croise les doigts car il apporte une touche exotique en dehors de tout ce que l'on pouvait voir au sein de l'exposition universelle qui est également fort bien dépeinte.

Le titre de l'ouvrage prend tout son sens une fois la lecture terminée. Pour une fois, on n'a pas l'impression qu'il a été choisi à la dernière minute sur un coup de tête ou juste pour être plus dans l'air du temps, plus racoleur.
Reste que la fin, si elle n'est pas mauvaise, ne m'a pas complètement séduite. J'ai eu l'impression que cela allait trop vite, que c'était du déjà vu (lu). Mais l'ensemble du livre reste plaisant, à lire donc et  je dirai que je pourrais me laisser de nouveau tenter par un ouvrage de Maxime Chattam et pourquoi pas avec la seconde partie de ce dytique ?




Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20



Bonus :


Une vidéo avec une biographie de Maxime Chattam (une fort belle présentation globale qui ne peut que vous allécher), mais pas seulement. vous trouverez environ 10 minutes d'informations pour mieux cerner l'auteur et ses livres : http://www.web-tv-culture.com/leviatemps-de-maxime-chattam-212.html?xtor=RSS-1290

Maxime Chattam nous présente son livre, avec quelques explications sur le thème, ses raisons : http://www.youtube.com/watch?v=2xgfUsw1zw0

Une rencontre avec l'auteur lors d'une séance de dédicace de ce titre : http://www.youtube.com/watch?v=JRx1LiGOPHo

samedi 27 août 2011

Tuer le père d'Amélie Nothomb

Le livre :

Tuer le père d'Amélie Nothomb, aux éditions Albin Michel, 150 pages, 16€


Le pitch :

Tout commence autour d'une table de jeu.
Amélie, de sortie un soir, repère deux hommes aussi dissemblables que possible. L'un pouvant être le père de l'autre.
C'est leur histoire qu'elle nous conte alors.


Ce que j'en ai pensé :

La magie est le point de départ de ce roman. Amélie Nothomb ne manque pas d'imagination et chaque année, en août, j'attends la sortie de son nouvel opus.
J'aime la magie de son écriture. En quelques phrases, je reconnais son style. C'est à mon sens très facile à lire, mais il y a une véritable recherche dans cette écriture. Elle retranscrit toujours des situations presque banales, cependant, il y a cette touche d'excentricité propre à Amélie Nothomb qui fait que rien n'est jamais aussi simple qu'il y parait.
Cette dernière apparait souvent dans ses romans. Reste juste qu'il ne faudrait surtout pas tout prendre au pied de la lettre et faire la distinction entre Amélie, le personnage de fiction et Amélie, la romancière (la vraie en somme). Jeu troublant où se mêle la vérité, la fiction et qui m'enchante. Je suis surprise et je ne m'ennuie jamais durant mes lectures. J'apprécie vraiment ses facéties littéraires.

Les relations humaines vont rapidement prendre le dessus et donner tout son sens au titre de cet opus 2011. On est assez loin de la magie, on serait davantage dans le registre de la psychologie : figure paternelle de substitution, relation maternelle qui tourne court, recherche d'identité sexuelle et de partenaire… Des éléments assez primaires, basiques, mais avec des possibilités multiples.
Joe, Christina et Norman formeraient presque un trio banal : deux hommes d'âges différents (l'un pourrait être le père de l'autre), une femme belle et attirante. Des liens forts les unissent, comme ceux d'une véritable famille alors qu'ils ne sont ensemble que depuis peu de temps en réalité. La qualité n'attend pas forcément le nombre d'année qu'il faudrait et se fiche bien des liens du sang. C'est aussi le cas pour le talent, celui de Joe.

On pense voir venir de loin le dénouement de cette intrigue, mais ce serait faire injure à l'écriture d'Amélie Nothomb. Rien ne se déroule tout à fait de manière linéaire et rien n'est moins prévisible que le raisonnement de cet auteur. N'est-ce pas pour cela que je me plonge avec délectation chaque année dans son dernier "bébé" de papier ?
Je ne regrette toujours qu'une chose (parfois plus, mais celle-ci reste une constante) : la brièveté de ce plaisir. 150 pages, c'est court et je me suis donc efforcée (ce ne fut pas facile) de ne pas engloutir d'une traite ce titre afin de prolonger ma découverte et mieux savourer cette gourmandise littéraire.
Je comprends parfaitement que certains lecteurs ne soient pas de mon avis. L'univers d'Amélie Nothomb laisse rarement de marbre. On aime ou on déteste. Ses livres étant très proches du personnage qu'incarne l'écrivain Belge, ils peuvent irriter ou au contraire séduire. J'ai moi-même mis du temps pour l'apprécier, des années serait plus précis comme unité de mesure temporelle. Je me suis sentie longtemps refoulée par cette oeuvre que je ne comprenais pas. Et puis un jour, après une énième tentative (je suis du genre têtu), le déclic s'est fait. J'étais contaminée par la folie "nothombienne".
De folie, il en sera aussi question dans "tuer le père", mais aussi d'amour qui conduit à celle-ci. On reste dans les extrêmes, rien n'est tiède, tout est intense.

Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre et je terminerai avec quelques mots sur la couverture : un portrait en négatif d'Amélie Nothomb, du rouge (la couleur de la passion ?) et des passages de "biographie de la faim" (un autre ouvrage de l'écrivain) en filigrane. Les psys auraient bien du boulot avec tout ceci, mais moi, pauvre lectrice, ce que j'y vois surtout, c'est un auteur qui joue avec les mots, leurs sens, y mêle de la couleur vive et riche en symbole ainsi que son image (narcissique ?).
Avec tous les titres qui vont sortir durant cette rentrée littéraire (plus de 650), il est bon de garder son identité même et surtout quand on est aussi attendu que l'est Amélie Nothomb.



Et s'il fallait mettre une note : 18 / 20



Les bonus :

Une vidéo de présentation par Amélie Nothomb, elle-même :






Un site non officiel, mais très complet sur Amélie Nothomb : http://antechrista.info/

La fiche Wikipédia sur Amélie Nothomb : http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9lie_Nothomb

jeudi 11 août 2011

La maison Matchiaev de Stanislas Wails

Le livre :

La maison Matchaiev de Stanislas Wails, éditions Serge Safran, 256 pages, 16 €



Le pitch :

A la mort de Sergueï Matchaiev, ses trois enfants – entre vingt et trente ans – héritent de la maison paternelle en Bourgogne, dernier témoin d'une histoire familiale mouvementée, à l'image des romans russes que Sergueï leur lisait dans leur enfance.
Faut-il la garder, la vendre ? Que faire de ces souvenirs à la fois très doux et trop lourds ? C’est par une approche ludique, pleine de vivacité, d’originalité, d’humour et de tendresse, en prise directe avec les affres et les joies d’une jeune génération en quête d’identité, que Stanislas Wails, à la manière du Vereker d'Henry James, tisse une trame romanesque réaliste et imaginative, incitant à la réflexion et à la rêverie.


Ce que j'en pense :

On débute notre lecture par une lettre de Sergueï et ce n'est pas n'importe quelle missive, c'est une lettre d'adieu à ses trois enfants, ses trois bonheurs. Loin d'être seulement triste, elle est émouvante, sincère, vive et étonnamment pleine de vie. Elle nous touche alors qu'on ne le connait même pas. Alors imaginez l'effet qu'elle va produire sur ses enfants…
Assez courte, elle reste une magnifique introduction au reste du récit.

Ce dernier aussi est plein de vie, de tranches d'existences que l'on met bout à bout pour enfin comprendre qui est qui et pour qui. Cela reste frais, vivace, piquant, rythmé comme toutes les journées bien remplies de ces jeunes gens qui sont les protagonistes principaux de ce roman.
Je me suis laissée prendre par cette écriture sans fioritures, mais riche. Les pages ont assez vites défilées sans que je m'en rende compte. J'ai été happée par l'intrigue à la fois ordinaire et nouvelle.
En effet, voilà une situation plutôt courante : un décès, une maison, des héritiers assez jeunes, des dettes… Qu'est-ce qu'on fait ? On garde ou on vend ?

Les personnages sont centraux et c'est sur eux que repose vraiment en fin de compte toute l'histoire. La maison est un prétexte, un noyau qui attire les trois enfants de Sergueï et les obligent donc à se voir, se revoir, à échanger ou pas…
Ils sont attachants, très réels, palpables ou au moins très présents pour le lecteur qui les croit véridiques au possible. Ils sont tangibles, crédibles, en bref, ils sont authentiques et nous ressemblent.
Les scènes s'enchainent, sont d'une grande vivacité et quand on sait que Stanilas Wails a travaillé avec Alains Resnais, on ne peut , en effet, s'empêcher de faire le rapprochement avec certains films de ce dernier. Il y a de cela aussi. C'est un ouvrage au final extrêment dynamique et visuel. Même les dialogues semblent plus vivants que d'ordinaire (dans les romans). Il y a un souffle de vie indéniable dans cette écriture.

On se retrouve dans ce texte, mais on y perçoit aussi une certaine différence comme avec cette famille, les Matchaiev (d'origine Russe). C'est semblable et tout à la fois différent.
Voilà qui peut paraître fort étrange et pourtant je ne pense pas être la seule a avoir déjà ressenti cette impression.
De toutes manières, tout dans le livre est comme cela. J'en ai même du mal à  l'évoquer car c'est comme si tout était confus dans mon esprit sauf pour la notion de plaisir que j'ai aussi ressenti à lire "La maison Matchaiev".
Au final, c'est peut-être seulement cela qu'il faut retenir.


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20



Bonus :

Le lien pour en savoir plus sur Stanislas Wails via Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislas_Wails

Une vidéo pour parler du livre, c'est l'auteur lui-même qui va vous donner envie de découvrir son ouvrage :
Stanislas Wails - La maison Matchaiev par Librairie_Mollat

dimanche 7 août 2011

L'Enquête de Philippe Claudel



Le livre :

L'Enquête de Philippe Claudel, Chez Stock, 277 pages, 19 €.


Ce qui m'a fait l'emprunter en bibliothèque, c'est aussi ce que l'on peut lire en quatrième de couverture :

" Nous traversons des temps difficiles, vous n'êtes pas sans le savoir.
Très difficiles. Qui pourrait prévoir ce que nous allons devenir, vous, moi, la planète... ? Rien n'est simple. Un peu d'eau ? Non ? Comme vous voulez. Après tout, si vous permettez, je peux bien me confier à vous, à mon poste, on est bien seul, terrible-ment seul, et vous êtes une sorte de médecin, n'est-ce pas ? Pas vraiment..., murmura l'Enquêteur. Allez, ne soyez pas si modeste ! " reprit le Responsable en lui tapant sur la cuisse.
Puis il inspira longuement, ferma les yeux, expira l'air, rouvrit les yeux. " Rappelez-moi le but exact de votre visite ? A vrai dire, ce n'est pas vraiment une visite. Je dois enquêter sur les suicides qui ont touché l'Entreprise. Les suicides ? Première nouvelle... On me les aura sans doute cachés. Mes collaborateurs savent qu'il ne faut pas me contrarier. Des suicides, pensez donc, si j'avais été au courant, Dieu seul sait ce que j'aurais pu faire ! Des suicides ? "


Ce que j'en ai pensé après l'avoir lu :

"L'Enquête" de Philippe Claudel est un roman atypique et c'est ce qui m'avait plu quand j'avais découvert cet ouvrage présenté par son auteur lors de son passage dans mon émission culte : "La grande librairie", sur France  5. Autant je peux apprécier l'ordre, le rangement dans ma vie privée que parfois, une pointe de désordre dans oeuvre littéraire me parait appréciable pour justement bousculer un peu ma façon de penser, de concevoir le monde.

Il n'est pas si facile que cela de ce glisser dans ce récit.
Les premières pages passent plutôt très bien, mais ensuite, on est comme l'Enquêteur, on se retrouve dans la brume la plus épaisse qui soit. La ville, ses repères, tout se floute et même le temps ne s'écoule plus normalement.
Rien n'est nommé et surtout pas les protagonistes. On a droit à une version "générique" comme pour les médicaments :
- La firme machin = l'Entreprise
- La Ville
- La Foule
- L'Enquêteur
- Le Fondateur
etc…

On atterrit assez vite dans des situations sur-réalistes :
- Les fenêtres murées
- Les petits déjeuners pris à l'hôtel
- Un hôtel classé 4 étoiles, mais miteux
etc…

J'avoue avoir eu envie de décrocher de cette lecture(mais je l'avais emprunté à la médiathèque donc au moins je n'avais pas déboursé tous mes euros pour ce livre). Je n'avais plus mes repères traditionnels et même si cela est appréciable parfois, cette fois, c'était un peu trop. L'absurde prenait une part trop importante pour ma rationalité et je me suis retrouvée en faite dans une position aussi inconfortable que celle du héros de ce récit : l'Enquêteur.
J'ai continué pourtant, sans trop savoir véritablement pourquoi. Peut-être parce que je n'aime pas rester sur un échec, même au niveau de mes lectures. L'Enquêteur lui pouvait au moins se raccrocher à sa mission, l'Enquête. Et puis, j'ai aussi éprouvé un peu de pitié pour ce pauvre homme.
Et enfin, je me suis demandée si nous n'étions pas autre chose que des personnages sans plus de consistance que des numéros ou des appellations aussi larges que celles usitées dans "l'Enquête" de Philippe Claudel.  Combien de fois ai-je eu la nette sensation que le monde dans lequel nous évoluons marchait sur la tête ? Parfois, la réalité est à peine moins étrange que les évènements relatés dans l'ouvrage. Tout est fait pour nous faire perdre notre identité propre, le formatage, la mondialisation, le lissage, le polissage des éléments… On s'oublie, on se perd…

Lecture chaotique au final avec ses hauts, mais aussi ses bas.
C'est un ouvrage effectivement déroutant que je ne recommanderais pas à tout le monde, mais qui trouvera sans nul doute son public.
J'en garderai un souvenir mitigé, mais je ne l'oublierai pas comme cela. Philippe Claudel a sans doute alors gagné son pari puisque son livre ne deviendra pas le Livre, mais un livre. Il restera quelque chose de particulier dans mon esprit, mais aussi dans ceux des autres lecteurs…


Et s'il fallait lui mettre une note : 12 / 20


En Bonus :

Philippe Claudel est un écrivain et un réalisateur français.
Né en février 1962 en Meurthe-et-Moselle, il est agrégé de lettres modernes. Il est à la fois maître de conférences à l'université de Nancy, mais a également été professeur en prison et auprès de jeunes handicapés.
Pour citer quelques unes de ses oeuvres, retenons :
- Les Âmes grises  en 2003 et adaptée au cinéma en 2005.
- Le rapport de Brodeck en 2007 (prix Goncourt des lycéens la même année)
Mais il y en a tant d'autres…

Et encore, un lien vers une vidéo pour vous présenter encore ce livre et avoir l'auteur qui vous en parle car c'est parfois ce qu'il y a de mieux :



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