lundi 20 juin 2011

Cendrillon à Hollywood d'Elena Klein


Je ne suis pas une lectrice de Chick-lit (La chick lit est un genre littéraire récent. Le terme est utilisé depuis 1996 pour désigner un roman écrit par les femmes, pour le marché féminin.), mais je reste néanmoins fort curieuse de tout et je ne m'impose aucune limite, ni restriction de genre car en littérature, il en faut pour tous les goûts. D'ailleurs, un genre est-il plus noble qu'un autre ? Sur quels critères faudrait se baser pour faire cette évaluation ? Je reste persuadée qu'il y aurait matière à débattre durant des jours. Pour ma part, un bon livre se définit assez simplement. Je jauge le plaisir qu'il m'a apporté lors de sa lecture par exemple. Après que le thème soit léger ou plus profond, c'est bien, mais cela correspond plus à une attente ponctuelle, une envie du moment. Il est bon aussi de se vider un peu la tête également de temps en temps. Se distraire en lisant, c'est pas si mal ! La vie est déjà bien assez compliquée comme cela.
Donc quand on m'a proposé de lire "Cendrillon à Hollywood" en partenariat, j'avoue que je ne me suis point trop posée de questions. Le résumé m'avait intrigué, j'étais curieuse. C'était un titre peu connu (voir inconnu pour moi). Ce roman ne bénéficiait pas de beaucoup de publicité. C'est un premier roman édité grâce à des mécènes, des gens comme vous et moi qui ont lu le manuscrit et qui l'ont soutenu pour qu'il puisse sortir un jour en librairie. Je trouve l'histoire belle et si je pouvais contribuer à donner un petit coup de pouce à ma manière à une jeune auteur, pourquoi pas ? Le thème m'avait l'air distrayant et c'était une occasion de sortir de mes sentiers battus de lecture. J'ai donc dit : Banco !
Avais-je raison de suivre mon instinct ?


L'auteur :

Voici sa page officielle sur Facebook : http://www.facebook.com/elenaklein.officielle

Elena Klein a ouvert le bal du crowdfunding littéraire et devient la première romancière, à être éditée par 315 internautes-contributeurs, après avoir récolté la somme de 20 000€ en cinq jours, sur le site My Major Company Books.

Le crowdfunding , qu’est-ce que c’est ?
Il s’est développé en France en 2007, notamment avec l’entreprise My Major Company, qui a révélé les chanteurs Grégoire et Joyce Jonathan. Il donne la possibilité aux internautes de participer pécuniairement au développement d’un projet. Le principe est simple : les internautes participent à la découverte, au financement et à l’édition de leurs auteurs. Ils peuvent acheter jusqu’à 50 parts, une part coûtant 10€. Le but étant d’atteindre la jauge des 20 000€ afin de pouvoir être édité. En retour, dès la commercialisation du produit et si celui-ci connait le succès, les internautes-contributeurs sont rémunérés en fonction des recettes nettes.
Mais qui est-elle ?

Née en 1976 à Paris, Elena Klein, avocate de formation, s'est lancée à corps perdu dans le monde du cinéma... « Cendrillon à Hollywood » est son premier roman.

Enfant, les confins de l'univers l'obsèdent et elle rêve de devenir astronaute. Depuis son plus jeune âge, elle est passionnée de littérature, de cinéma, et plus généralement par toute expression artistique d'une vision du monde qui nous entoure. Sans racines, elle est très tôt habitée par un sentiment de non appartenance et lire l'aide à décrypter la vie, a se reconnaître et à rêver. Les livres(...) deviennent rapidement sa famille et l'écriture un exutoire thérapeutique.

Après des études de droit en France et son diplôme d'avocat en poche, Elena Klein s'envole pour les Etats-Unis où elle obtient un Master en Droit de la « UCLA Law School » à Los Angeles. Elle revient alors à Paris exercer la profession d'avocat au sein d'un cabinet américain spécialisé en Fusions & Acquisitions. Deux ans plus tard, le désir irrépressible de vivre ses rêves l'emporte et elle applique à sa vie son credo de toujours :« Quand on veut, on peut !».

Elle quitte tout pour démarrer une carrière à Hollywood et rejoint le "Training Program" de l'une des agences de talents les plus puissantes de Los Angeles. La "Mailroom" de l'agence la change de la rue du Faubourg Saint Honoré mais elle gravit rapidement les échelons hollywoodiens: elle travaille avec producteurs, scénaristes et acteurs au montage créatif et financier de leurs projets de films.

Après plusieurs années en agence à Los Angeles, l'aventure continue à Rome ! Abel Ferrara, Cinecittà Holding, puis, de célèbres producteurs de cinéma italiens font appel à ses services.

La richesse de ses rencontres, voyages et expériences est un terreau fertile pour son désir d'écriture. Nombre d'idées de romans se bousculent. L'accumulation des joies et des déceptions de la vie la pousse finalement à l'acte: « Cendrillon à Hollywood » voit le jour.

Elena Klein vit entre Paris et Los Angeles et a créé sa société de conseil aux Etats-unis. Elle est aujourd'hui consultante pour une major du cinéma français et continue d'écrire : «L'important est de ne jamais désespérer» (Midnight Express).




Ce que vous pourrez lire en quatrième de couverture :

Les tribulations hilarantes d une Frenchie à Hollywood,
le seul endroit au monde où tout est possible...


Inès Valente a un rêve : travailler dans le cinéma. Et comme elle n a pas l habitude de faire les choses à moitié, elle plaque tout et intègre en tant que stagiaire une des plus grandes agences de stars de Hollywood.
À l Agence, les carrières se font et se défont en quelques heures. Propulsée assistante du Grand Patron, Inès approche des étoiles. Cannes et son tapis rouge, les grands hôtels, les festivals dans le monde entier, c est la face émergée.

Elle va bientôt découvrir ce qui se cache derrière les paillettes...



Ce que j'en ai pensé après l'avoir lu (dévoré en fait) :

La narratrice, Inès Valente, n'attend pas et commence sur les chapeaux de roue. Elle nous dit que la vie c'est comme une partie de carte (d'autres disaient que c'était comme une boîte de chocolat - "Forrest Gump"). En lisant ces quelques lignes, je pense immédiatement à une publicité qui passe encore sur nos écrans. Le thème est le poker et la voix off est celle de Patrick Bruel (gros joueur). Je suis certaine que vous voyez maintenant celle que je tente d'évoquer car même s'il en existe plusieurs versions, la devise finale reste la même. Pour celles et ceux qui ne voient pas du tout de quelle campagne de pub il s'agit, voici des liens pour vous rafraîchir la mémoire :
- http://www.youtube.com/watch?v=nIMBD2qrPT0
- http://www.youtube.com/watch?v=OgIANHuDmIU&NR=1
Bref, tout ceci pour vous dire que peu importe le jeu que l'on a entre nos mains, rien n'est jamais perdu d'avance. C'est une vision optimiste de la vie qui me plait. Il est vrai que parfois avec une bonne dose de volonté et aussi un peu de chance, on peut réaliser des miracles ! D'ailleurs regardez Cendrillon, avec un simple petit coup de pouce de marraine la bonne fée et de madame la chance, elle a tout gagné ! Ben oui, 100% des gagnants du loto avaient tenté leur chance !

L'humour est là dés le début du récit et j'ai enchainé les sourires, voir même quelques gloussements (pas glamour, mais véridique). De bonnes références cinématographiques (que je connaissais et ça c'était important), mais aussi de séries télévisées et autres bien de ma génération (j'ai un an de plus que l'auteur, ceci expliquant sans doute cela) font que certaines "images" étaient très parlantes et fort drôles. Sans doute suis-je au coeur de la tranche d'âge des lectrices visées par ce roman. Pas de problème pour moi du moment que c'est bien fait que j'y prends du plaisir.

Inès Valente, notre guide, m'a beaucoup plu. Elle est vive, un brin maladroite, pleine de bonne volonté et de bon sens, doit ronger son frein car elle ne manque pas de caractère alors qu'elle se retrouve dans des situations disons délicates. Elle s'en sort en général, mais à quel prix ? Elle joue le jeu jusqu'au bout et après tout elle fait son bonhomme de chemin plutôt pas mal ! Elle avance ses pions, ne s'économise jamais, en bave franchement au point qu'on se demande vraiment ce qu'elle est venue faire là alors que sa vie n'était pas si moche que cela auparavant. Qu'est-ce qu'elle est venue faire dans cette galère ?! Il est certain que je n'aurai pu en faire autant. Je n'ai pas sa patience. Britney, sa colocataire, m'aurait rendue folle. Jamais je n'aurai pu supporter cette psycho-rigide plus de deux heures sans commettre l'irréparable ! Quant à Glen, je crois que je lui aurait fait avaler son bridge dès la première semaine… Et non, je ne suis pas du genre violente, mais comme Inès le souligne, il y a des situations qui font que vos plus bas instincts refont surface vivement.

Ecriture fluide et actuelle qui confère une certaine légèreté à cet ouvrage alors qu'Inès, elle, croule sous le poids de ses nouvelles responsabilités.
Lecture agréable, très agréable même. On se laisser entrainer de bon coeur par le rythme de folie que notre héroïne suit tant bien que mal. Quelle santé quand même !

Inès cumule les petites et les grandes galères. On peut même dire qu'elle les accumule au-delà de la décence, mais jamais elle ne se laisse démonter. Là où très franchement je serai allée me pendre, elle relève la tête et fait face. Chapeau ! Bon, on reste dans le domaine de la fiction donc c'est plus facile, mais quand même.
L'enchainement des évènements, son avancement au sein de l'Agence font peu crédibles (trop rapides), mais peu importe, c'est plaisant à lire. Cette surenchère est attractive, plus rien ne nous étonne. Enfin, je vais vous dire que parfois la vie réserve bien des surprises et ce qui paraissait encore incroyable la veille se réalise le lendemain. Alors pourquoi pas après tout ? Soyons fous et soulignons encore une fois qu'Inès saisit toutes les occasions possibles et imaginables.

La plupart des personnages sont très stéréotypés. Guère surprenant, ni même dérangeant. Cela colle au style du livre sans que je puisse véritablement vous expliquer le pourquoi du comment. C'est un tout qui encore une fois fonctionne parfaitement alors pourquoi chercher midi à quatorze heure ?
Et puis sous couvert de la légèreté se cache quand même des sujets plus graves comme l'effacement des personnalités propres à chacun au sein des grands groupes (nivellement, standardisation de la façon de penser…), l'exploitation voir même presque l'esclavage des salariés (voir des cadres sans horaires avec des cadences infernales au mépris de leur vie sociale ou/et familiale), les pressions, le harcèlement, le déni de soi, l'humiliation, la perte de toute dignité…etc.

je pense pouvoir dire que ce livre est un coup de coeur. Une excellente surprise qui cachait bien son jeu sous un emballage édulcoré. L'humour et le ton n'enlèvent rien à cet ouvrage que je vous conseille vivement de découvrir. Voilà un auteur en devenir qui sans vous dégoûter complètement du septième art, vous fera quand même voir l'industrie du cinéma américain (voir mondial) sous un angle beaucoup moins glamour, mais plus réaliste. Tout n'est pas à prendre au pied de la lettre, mais on est souvent loin des strass et des paillettes. C'est du cinéma (?!).

Ma note finale : 4,5 / 5 soit 18 / 20


Quelques extraits pour vous donner envie et juger du ton par vous-même :

"Son regard s'est animé instantanément et il m'a tendu sa carte de visite. J'ai lu avec stupeur : "James Von Frankenstein, Acteur". Aussitôt après mon départ de Paris, mon père avait jugé bon de m'envoyer par e-mail des articles décrivant des crimes plus abominables les uns que les autres, tous commis à Los Angeles. Il était convaincu que l'ensemble des tueurs en série de la planète y avait trouvé refuge et qu'il fallait que je sois sur mes gardes. sa paranoïa devenait contagieuse." (P29)

"Instinctivement, j'ai détourné la tête vers l'entrée… Brad Pitt !
Temps mort. quelle est la probalité que je me retrouve avec George Clooney ET Brad Pitt, en même temps, dans une pièce de vingt mètres carré, à manger de l'ananas frais coupé en morceaux ?!
Ma fourchette est restée suspendue dans les airs. Je n'en croyais pas mes yeux." (P129)

Ultime bonus, une petite vidéo de l'auteur :


Elena KLEIN , auteur sur My Major Company Books par MyMajorCompanyBooks

Un grand merci aux Agents Littéraires, à My Major Compagny Books et éditions XO pour cette marque de confiance.

vendredi 17 juin 2011

De guerre lasse de Françoise Sagan



Lire Sagan n'est pas un réflexe pour moi même si je suis très curieuse en littérature. Je sais bien que c'est un auteur important, qui a eu une vie pleine de rebondissements, de très hauts, mais aussi de très bas. Sa plume est reconnue, son style aussi, elle a marqué son époque, mais son aura continue de s'étendre aujourd'hui encore. Reste juste que je n'ai lu à ce jour qu'un seul de ses livres et c'était son tout premier : "Bonjour tristesse". Un ouvrage de jeunesse qui ne manquait déjà pas de profondeur pourtant.
En résumé, Françoise Sagan était une artiste avec ses démons et ces derniers l'ont certainement usés bien avant l'âge, mais ils ont contribué à son oeuvre, qu'on le veuille ou non. Je reste persuadée que sans ses travers, Sagan n'aura pas écrit du tout la même oeuvre littéraire.


Dans la blogosphère, particulièrement celle concernant la littérature, on aime se lancer des défis, des challenges, non pas pour se prouver que l'on est les meilleures, les plus fortes ou toutes autres bêtises de ce genre, mais plus pour se motiver à franchir un cap, découvrir un auteur que l'on reluque depuis un bon moment sans jamais oser franchir le pas parce qu'il nous intimide, parce que l'on se trouve toutes sortes d'excellentes raisons de repousser notre lecture, etc…
Pour ma part, j'avais donc déjà découvert la plume de Françoise Sagan, mais j'en étais restée là. J'avais bien envie d'en savoir un peu plus. La lecture de billets littéraires, de comptes-rendus de lecture me faisait envie, mais je n'ai pas bouger jusque là. médiathèque ou la librairie pour vraiment me replonger dans ses pages d'écriture.
Un challenge allait me donner cette occasion et me voici donc en train de vous écrire un avis personnel sur " De guerre lasse" de Françoise Sagan (évidemment).


Ce que vous pourrez découvrir en lisant la quatrième de couverture :

Charles Sambrat n'aimait pas la guerre.
En mai 1942, il dirigeait tranquillement son usine dans le Dauphiné et meublait ses loisirs d'aventures faciles.
Jérôme, son ami, son complice, son contraire, luttait contre les nazis, organisait les filières d'évasion. Son arrivée à l'improviste, en compagnie d'Alice, belle et dévorée d'angoisse, va jeter Charles dans une autre vie. Il lui faudra conquérir Alice qui a provoqué chez lui un amour total, la protéger lorsqu'elle devra prendre les plus grands risques dans le réseau que dirige Jerôme et l'arracher à la jalousie et à la fureur de son ami.
C'est dans la tragédie de la guerre une comédie à trois personnages - trois portraits inoubliables - où Françoise Sagan met à l'amour un A majuscule tout en sachant que le petit "h" de l'histoire détermine tout.


Ce que j'en ai véritablement pensé :

Les première pages furent un calvaire pour moi. Je n'accrochais pas du tout. Je trouvais les phrases longues, à rallonge et même je m'y perdais.
Etait-ce parce que j'étais fatiguée ?
Etait-ce parce que je venais de terminer un autre ouvrage qui n'était pas du tout dans la même veine littéraire ?
Etait-ce parce que c'était effectivement trop lourd comme style ?
Je ne pourrais pas vous répondre si ce n'est que c'était sans doute un peu de tout cela à la fois.
Je n'ai donc pas trop insisté au début et j'ai préféré reposer mon livre jusqu'au lendemain.

A la reprise de ma lecture, les impressions étaient déjà nettement meilleures. J'avais les idées plus claires et le texte paraissait plus limpide, plus fluide sans être pour autant trop léger.
Le style de Françoise Sagan est toujours précis, les mots ne sont jamais là par hasard, ils ont un sens et leur ordonnancement est pensé avec soin.
A l'évocation de la ville de Romans, j'ai eu un sourire sur les lèvres. Je connais assez bien la ville car j'ai vécu toute mon enfance à moins de 25 km de là. J'étais donc en terrain connu.

Mais, mais...

Ce que je déplore quand même un peu, c'est que l'amour de Charles pour Alice est trop soudain. L'auteur nous le jette presque à la figure, comme une évidence alors que si l'on s'en réfère juste à son livre, les protagonistes en question ne se sont rencontrés que quelques heures auparavant.
Et le coup de foudre me direz-vous ? Oui, d'accord, mais alors que Françoise Sagan l'évoque.
Là, on débute avec une soirée chaude du mois de mai et puis c'est tout. L'un des deux hommes est déjà amoureux, l'autre vient de tomber dans ce sentiment également sans que l'on en sache pourquoi, ni comment. Je suis encore une fois d'accord pour dire que ce type de sentiment ne se commande pas, que parfois, c'est incompréhensible, que c'est tout sauf logique, mais quand même, lorsque on lit une histoire, c'est plus simple d'avoir les clefs en main.
Un trio amoureux, c'est déjà pas mal de possibilités alors si en prime il faut tout découvrir, deviner soi-même, non merci.

Ce que je déplore encore ?
- L'emploi d'un trop grand nombre d'adjectifs à tout bout de champs. Une telle accumulation, même avec des termes fort bien choisis, devient vite difficile à supporter. Cela m'a lassé.
- Les réactions d'Alice ressemblent trop à celles d'une midinette et je ne supporte pas les midinettes, même en littérature.
- L'ensemble des scènes présentes dans ce livre m'ont semblé très (trop) théâtrales, surdouées et donc insupportable pour moi.
Oui, je sais, cela fait déjà beaucoup de choses insupportables.

Au final, je suis comme le titre de livre c'est-à-dire que j'ai capitulé "De guerre lasse".


Ma note finale : 10 / 20

Affiche du film, une adaptation du livre de Françoise Sagan :


Nota Bene : Je vous mets en "bonus" le lien d'une petite vidéo (impossible de l'importer sur mon blog directement) : Sagan avec Thierry Ardison. c'est assez intéressant à visionner---- http://www.dailymotion.com/video/xf8mtk_francoise-sagan-a-propos-de-sa-carr_news

lundi 6 juin 2011

Les savants de Manu Joseph


Nous sommes fin mai/début juin 2011 et déjà les nouveautés à paraître pour la prochaine rentrée littéraire (septembre 2011) arrivent dans ma boite aux lettres. Oui, je le sais, je suis une privilégiée et à ce titre je savoure ma chance d'être membre dans deux jurys pour des sélections littéraires de grosses librairies.

Le premier titre à tomber entre mes mains est celui de Manu Joseph : "Les savants" aux éditions Philippe Rey. Je ne résiste pas longtemps aux plaisir de lire cet ouvrage et voilà ce que j'en retiens après une brève présentation.

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L'auteur :

Manu Joseph est journaliste.
"Les savants" est son premier roman, déjà traduit dans une vingtaine de pays. Il a été remarquablement accueilli par la critique partout. (Hummm, à voir avec moi car même si je ne suis pas critique littéraire de profession, je reste une grosse lectrice à séduire ! Ne m'a pas qui veut !!! lol)

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Ce que l'on peut lire en quatrième de couverture :

Aujourd’hui, en Inde, on ne dit plus « intouchable » mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n’est pas l’avis d’Ayyan.
D’un côté, du sien, une pièce minuscule partagée avec sa jeune épouse et son fils dans une exécrable cité de la banlieue de Bombay, tandis qu’il exerce un emploi de secrétaire dans un institut de recherche de haut vol. De l’autre extrémité du spectre social, à l’Institut, les savants, les « brahmanes » et, avec eux, tous les nantis et leurs femmes inaccessibles, le regardent de haut. Alors, à l’époque où le petit peuple indien, conscient de sa supériorité numérique, acquiert un pouvoir politique de plus en plus important, Ayyan a une idée… Son fils, Adi, est brillant.
Pourquoi ne pas donner discrètement un coup de pouce au destin, ne pas compenser les injustices de la naissance et du système des castes ? Fort de ce qu’il apprend à l’Institut en écoutant aux portes, Ayyan entretient le mythe d’un petit génie dalit… Qui, dans ces chassés-croisés, ces jeux de pouvoir, ces mensonges plus ou moins assumés, remportera la partie ? A coup sûr, le lecteur, emporté par la prose simple et efficace, à l’humour acerbe, d’un romancier indien qui appelle un chat un chat et se moque des faux-semblants de ses compatriotes.

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Ce que je peux vous en dire après lecture :

L'Inde est un pays qui m'est totalement inconnu et c'est par le biais d'Ayyan ainsi qu'avec les autres protagonistes de ce premier roman étranger que j'ai pu découvrir, un peu au-delà des clichés, une société qui se veut de plus en plus occidentalisée, mais encore largement engluée dans ses traditions et son passé.
Exotisme, dépaysement, mais l'ensemble est tout sauf low-cost ! Ayyan, notre guide principal, ne veut point se brader, il a conscience de sa valeur et de celle de son fils, Adi (qualifié de petit génie et enfant handicapé car sourd d'une oreille). On ne peut pas vraiment lui donner tort car le système des castes ainsi que la loterie des naissances ont bloqué le chemin de la réussite à trop de véritables hommes et femmes, si ce n'est de génie, de qualité tout au moins. Il est temps de réparer les injustices, de remettre les éléments à leur juste place, d'être enfin lucide et clairvoyant. Enfin tout ceci est assez facile sur le papier car dans les faits, c'est autrement plus complexe.
L'homme n'est pas bon par nature, du moins, ses actes de manière générale ne le laisse pas vraiment supposer même si les bonnes volontés ne manquent pas non plus. Disons donc que Manu Joseph résume cela assez bien en écrivant : "Car ce que tout homme voulait vraiment, c'était être plus important que son voisin."
Il ne faut surtout pas être du côté des loosers ! Cependant Ayyan, trop porté par ses griefs de petit secrétaire est allé loin, très loin ! Il aurait dû stopper sa machine infernale bien plus tôt, mais il n'a pu s'y résoudre et a tenté sa chance jusqu'au bout.
A trop vouloir changer le court des évènements, on risque fort de se faire dépasser par ces derniers. Reste pourtant qu'un retour à la "normalité" peut être insupportable. Pire que la mort ! L'immobilité n'est-elle pas plus terrible encore que la fuite en avant sans contrôle ? Question de perception et de tempérament sans doute. A vous de voir où vous vous situez.

Comme dans la vraie vie, on oscille dans ce texte entre le sordide, la joie, la légèreté, l'intelligence, la bêtise, la beauté, la laideur… etc. C'est la comédie humaine version indienne bien loin de Bollywood, de ses paillettes, de ses chansons, de ses histoires d'amour qui se terminent en véritables contes de fées.
Cet ouvrage se lit aisément, avec plaisir et pour un premier roman, on se dit que voici un auteur plein de promesses. Il a gardé la simplicité du style journalistique, mais c'est assez étoffé pour que l'on parle alors de littérature. Un juste compromis.

J'ai aimé le regard d'Ayyan (mais aussi celui des autres protagonistes qui prennent le récit en main tour à tour) qui n'est pas toujours tendre (loin de là même) avec ses semblables alors que lui-même n'est point parfait. C'est tout au moins comme cela que je l'ai perçu.
"L'Homme est un loup pour l'Homme" et ce que l'on découvre à travers les sites, les lieux où évoluent les protagonistes de ce récit, ne contredit pas cette expression. Chacun tirant la couverture à soi. Ces luttes intestines sont risibles, ridicules, mesquines et inutiles. C'est contre productif et pourtant banal. Je trouve que l'on touche là quelque chose de plus global et que l'on ne peut pas seulement appliquer à l'Inde. C'est d'ordre planétaire. Le monde marche sur la tête et il serait temps d'y remettre de l'ordre.

Dans "Les savants", on aborde des sujets graves comme les épouses immolées par leurs époux. Pratique d'une cruauté sans nom !!!! Comment cela peut être encore possible de nos jours ?!!!!! Manu Joseph ne s'y attarde pas vraiment, mais ne cache pas cette réalité. C'est mieux que de la passer sous silence même si c'est très peu. Cela tranche encore un peu plus avec Bollywood. D'ailleurs au fil de la lecture, ce ne sera pas le seul détail noir qui entachera la belle carte postale et c'est tant mieux. On ne vit pas au pays des Bisounours.
La religion sera assez présente et si pour une fois, on se tiendra un peu éloigné des fanatiques (encore que), nous aurons l'occasion de voir que pour obtenir des conversions, on n'hésite pas à faire miroiter les avantages financiers liés à telle ou telle confession. L'argent est le nerf de la guerre, mais doit-on brader pour autant Dieu, sa foi et tout le reste ?

Dans ce roman, on évolue dans un autre pays que l'on ne connait pas forcément (du moins, moi, je ne le connaissais pas plus que cela) et dans le milieu scientifique, mais je vous rassure immédiatement, on n'a nul besoin d'avoir bac+12 ou d'être un génie des mathématiques ou de la physique pour tout comprendre. Manu Joseph nous offre là des portraits humains façonnés par les traditions, mais également par des courants plus modernes, plus contemporains, plus occidentaux (vive la mondialisation) et donc il y a des télescopages. C'est à la fois un récit exotique et familier, chaud et froid, sucré et salé que je vous invite à découvrir fin août 2011 lors de sa sortie. Vous devriez y trouver votre bonheur.

Ma note finale : 16 / 20

vendredi 27 mai 2011

Rester de bonne humeur de Martin Marceau


Il y a un de mes traits de caractère qui me fait dire que je suis très française : je râle, je peste et je suis assez souvent en colère contre ceci ou bien encore cela.
Parfois, j'en ai assez d'être de mauvaise humeur et j'envie vraiment celles et ceux qui ont toujours le sourire. Je ne suis pas dupe et je pense bien que ces personnes aussi ont leurs soucis, mais elles savent les cacher au regard des autres et paraître toujours tout maîtriser. D'ailleurs avec elles, tout semble effectivement plus aisé. Quel est donc leur secret ????

Je ne savais pas si le petit livre de Martin Marceau, "Rester de bonne humeur" allait véritablement m'aider à trouver ce saint graal, mais pourquoi pas après tout ? J'étais donc (pour une fois) très contente de le recevoir chez moi grâce à l'opération Masse Critique organisée par Babélio. C'était peut-être un signe du destin qui sait ?

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L'auteur :

Voici un lien qui vous permettra d'aller directement sur le blog de Martin Marceau : http://martinmarceau.canalblog.com/

Martin Marceau est conférencier et écrivain français.
Au final, on ne sait pas grand chose de lui, mais peut-être en apprendrons-nous plus en le lisant…

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La maison d'édition :

Voici le lien qui vous permettra de découvrir un peu plus cette maison d'édition que personnellement je ne connaissais pas avant de découvrir ce titre issu de leur catalogue.
http://www.nouvelangle.net/


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Ce que vous pourrez découvrir en quatrième de couverture :


Peut-on rester de bonne humeur dans le monde d'aujourd'hui ?
A lire les journaux...A écouter la radio... A regarder les émissions télévisées...
On peut se poser la question !
Mais à y regarder de plus près...

De la "Vision globale" au "Regard profond", Martin Marceau vous entraîne vers une vision inédite de la réalité. Cette vue en plusieurs dimensions de notre monde, avec ses facettes inattendues, nous propose un éclairage nouveau sur le présent et le futur.
Ecrit sous la forme d'une dialogue pour placer le lecteur au coeur de notre réalité quotidienne, ce texte apporte des informations capables de susciter une humeur plus joyeuse et sereine.

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Ce que j'en ai pensé :


La bonne humeur, on essaie tout de suite de vous l'inculquer. Le livre se présente comme un petit carré de couleur orange, format de poche ou peu s'en faut. C'est un peu comme votre verre de jus d'oranges du matin, c'est pour les vitamines et le bon teint ce coloris, non ?! De la couleur pour vous motiver, pour vous donner du peps, pourquoi pas après tout. Tout est bon à prendre !

Le livre n'est pas seul, un livret l'accompagne.
Même couleur, on dirait son petit clone, mais en beaucoup plus fin et avec deux entrées : une pour les mots clés et une autre pour les lois. Curieux ? Pas tant que cela quand on lit le livre. On comprend mieux la fonction de ce bonus.
Avec les mots clés, on souhaite nous faire pousser notre raisonnement toujours plus loin. On frise l'absurde, mais en restant dans les limites du plausible.
Avec les lois, j'avoue que j'ai pensé tout d'abord à une sorte de déclaration des droits de l'homme et au final, on en n'est pas si éloigné que cela. C'est juste les lois immuables qui régissent notre univers, notre mode d'évolution, de penser… etc

Pour vous parler de "Rester de bonne humeur", je vais garder le plan choisi par Martin Marceau. Je l'ai trouvé bien construit et assez fidèle à mon propre ressenti. J'ai suivi le même cheminement (je vous donne mon ressenti à chaque étape) que notre narrateur. Il pourrait être vous ou moi. Il n'a pas de grandes qualités qui ressortent, mais ce n'est pas pour autant un imbécile (bien que l'on soit toujours le crétin du village pour quelqu'un).

Premier jour : On dresse ce terrible constat, le monde va mal, c'est toujours plus désespérant. Noir, c'est noir comme disait la chanson !!!!
On est en colère, on ressent une certaine volonté de se révolter, mais comment ?
On a aussi envie de comprendre pourquoi tout est si sombre. comment pourrait-on agir ? Sommes-nous vraiment les seuls à penser ainsi ?
Bref, on dresse un bilan et il n'est pas glorieux.

Premier soir : Là, c'est l'injustice qui semble nous frapper comme la foudre. Zut et re zut !
Cette panne est impensable, impossible, c'est à péter les plombs. Je suis certaine que vous avez déjà été dans un pareil cas de figure. Ici, c'est un ordinateur qui refuse de se mettre en marche, mais vous avez forcément eu un appareil qui a cesser de fonctionner justement au moment où vous en aviez le plus besoin. Cela nous met toujours dans une rage folle, non ?
Donc les sentiments que l'on éprouve seront de la colère, de la frustration. Et ce d'autant plus que là, c'est toute une vie qui semble partir en fumée. Oui, pour continuer avec l'objet traité dans l'ouvrage, toute la vie de notre narrateur tenait sur un malheureux disque dur qui ne peut plus fonctionner sans l'ordinateur pour le lire. C'est très réducteur de dire que toute une existence peut tenir sur un simple disque dur, mais c'est quand même assez vrai de nos jours. On numérise énormément et puis nos vies dites virtuelles ont largement empiétées sur la vie, la vraie (celle sans ordinateur).
Après quand notre colère retombe, on essaie de trouver une ébauche de solution, mais il faut souvent attendre pour la mettre en oeuvre et la pression que l'on ressentait ne disparait donc pas complètement. On reste dans un état de tension.
J'avoue que je me suis bien reconnue pour le coup car j'ai déjà eu un ordinateur de planté définitivement avec toutes ses données. J'ai cru devenir folle !!!!

La rencontre : Elle se fait désirer un peu et donc avec notre mauvaise humeur qui ne nous quitte pas tout est agaçant, irritant.
Ensuite elle devient surprenante, désarmante, limite folle. On s'attendait presque à tout sauf à cela. Du coup, on en reste coi et c'est un grand retour du sentiment de frustration puisque l'on n'est absolument pas satisfait. On n'y comprend rien, on ne pipe mot, mais cela ne change pas notre problème. Pour bien illustrer mon propos imaginez un dialogue entre maître Yoda et son apprenti Jedi… C'est obscur !

Première méditation : C'est essentiellement un grand questionnement guidé par la volonté de revoir finalement la seule personne que l'on connaisse qui reste constamment de bonne humeur. Il nous faut trouver un prétexte afin de sauver la face.

Second contact : Le réparateur me fait penser alors à un psychiatre qui ne répond jamais à vos interrogations et qui vous laisse patauger dans votre jus. Les réponses sont en vous (certes, mais c'est loin d'être facile de les trouver et d'ailleurs si on avait la clef de nos mystères, on aurait pas besoin de lui !). Heureusement parfois (si c'est un bon psy), il vous mettra sur la bonne voie.

Seconde méditation : On se questionne encore et toujours. On n'en n'est qu'au tout début de notre quête. On est un peu déçu, voir déstabilisé. On se dit que c'est une simple fuite en avant qui nous ramène à notre point de départ. Frustration et désappointement de nouveau.

Troisième contact : On retourne tel le "petit scarabée" voir notre aide, notre soutien car on ne se sent ni assez fort pour mener à bien notre quêter, ni prêt ! On souhaite aussi échapper à un sentiment de solitude. Vous savez comme lorsque l'on trouve que l'on est bien les seuls à se préoccuper de telle ou telle chose ?

Troisième méditation : On apprend alors qu'il faut avoir une approche plus globale. Facile à dire car on se trouve alors bien naïf ! Reste que c'est en général aussi plein de bon sens (celui que l'on néglige trop souvent). On approche d'une certaine réalité, la nôtre ? On doute un peu. On se pose encore des questions, c'est sans fin, on n'est pas encore au but.

L'échange : Le dialogue avec autrui, c'est certainement la meilleure façon de comprendre le monde, son fonctionnement. On n'est plus seul, on doit tenir compte de ce que dit l'autre, on peut analyser sa perception, sa réalité. Les points de vue de chacun offrent une part de vérité et au bout du compte, c'est leur ensemble qui forme la réalité des éléments.
Wahou, ça claque ça !!!!

A la découverte du présent : Les lois universelles que l'on ne connait pas si bien que cela s'additionnent entre elles, mais elles peuvent également s'annuler les unes les autres. C'en est presque mathématique. Les facteurs de masse et de temps sont tout aussi primordiaux et liés entre eux. Que de paramètres à mettre ensemble, à combiner !!!!

A la découverte du passé : Le présent est un instantané résultant du passé. Pour bien comprendre notre époque, on ne peut donc pas faire table rase de notre passé, de notre histoire. Regarder dans le rétroviseur n'est pas une pure perte de temps, mais un élément nécessaire à notre bonne compréhension de ce qui nous entoure, nous caractérise même !
Surprenant, cet ouvrage parle déjà de ce qui s'est passé au Japon ces deux derniers mois ! Le passé immédiat est également important car il conditionne nos actions à venir…

A la découverte du futur : Il découle du présent qui lui-même est défini en grande parti par notre passé. C'est une suite logique, un presque banal enchainement des évènements et du coup, on peut le pressentir, mais non le déterminer. Il y a toujours une part qui peut varier. On aime faire des prévisions pour le temps qu'il fera, mais aussi pour la croissance économique, pour l'évolution du court de la Bourse, des taux de chômage…etc

A la rencontre des autres : Parce que les autres sont des parcelles de soi, nos points communs et divergents mérites au moins au minimum le respect à défaut de tous les connaître, de les comprendre ou de les partager. La diversité, la différence sont des atouts et non pas des handicapes.

Le dernier contact : Je me souviens de quelques paroles d'une chanson de Goldman et Jones (je crois) qui disait : "Nos différences sont autant de chances". C'était un gros succès et plein de vérité.
Il y a des maillons forts et d'autres plus faibles, mais réunis tous ensembles, ils forment une chaine qui nous permet d'avancer dans la vie, notre vie.
Sourions, demain sera magnifique !

Voilà donc un petit ouvrage qui ne paie pas de mine, mais qui peut vous aider.
A vous de faire votre chemin, votre parcours et de trouver votre part de réalité. Mon cheminement fut celui-ci, mais le vôtre ? Essayez !!!


Ma note finale : 15 / 20


mardi 24 mai 2011

Totally Killer de Greg Olear



En règle générale, quand vous devenez un "gros lecteur", vous avez souvent dans un petit coin de votre tête, des maisons d'édition qui possèdent des catalogues qui vous ressemblent, qui vous attirent plus que d'autres et ce même si comme moi, vous êtes d'une curiosité presque permanente et que vous recherchez avant toute chose : le plaisir de lire un excellent livre.
Les éditions Gallmeister, je les ai vraiment découvertes que cette année et à chaque fois, ce fut de belles aventures littéraires qui se sont offertes à moi.
Pourvu que cela dure encore et toujours.

Bon pour en revenir plus précisément au titre qui nous intéresse, vous pourriez me demander : Pourquoi ce livre ?
Pour des raisons toutes simples en réalité :
- Une opportunité de partenariat alors que j'avais envie de trouver une nouveauté (Comprendre : autre chose qu'un livre de ma bibliothèque ou de médiathèque ---- Pas forcément une nouveauté dans le sens : nouvellement édité)
- "Totally Killer" m'a attiré tout de suite par sa couverture sombre et sobre.
- Vient ensuite le sujet et la maison d'édition.
- Pour l'auteur, je ne connaissais pas et c'est bien normal, c'est un petit nouveau.

Petit conseil lors de la lecture de cet avis littéraire, vous pouvez passer la lecture de la partie quatrième de couverture si vous n'aimez pas que l'on vous prive de tout le suspens d'un ouvrage. Cela ne m'a pas gêné outre mesure, mais pour certains puristes, je préfère prévenir que guérir (d'ailleurs on ne peut pas revenir en arrière par la suite).



L'auteur :

GREG OLEAR est né en 1972 à Madison, dans le New Jersey.
Il a effectué ses eéudes à l’Université de Georgetown, où il a suivi des cours de théâtre.
Il est rédacteur en chef du magazine en ligne The Nervous Breakdown.
Totally Killer est son premier roman. Son second roman, Fathermucker, paraîra en 2011 chez Harper.



Ce que vous pourrez lire en quatrième de couverture :

Attention risque de léger "Spoiler" par la quatrième de couverture.

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d’une Université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d’un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu’à ce qu’une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait".
Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d’une maison d’édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu"un. Le marché qui lui est imposé est simple : puisque les baby-boomers occupent tous les emplois dans notre société, il suffit de les éliminer.

Théorie du complot et culture pop se mélangent dans ce roman politiquement incorrect à l’humour noir décapant qui tient à la fois de la satire grinçante et du thriller paranoïaque. Véritable "page turner", Totally Killer est un premier roman brillant et palpitant.



Ce que j'ai pensé de cette lecture :


Pour une fois, la quatrième de couverture ne mentait pas et pour un peu, dans ce cas précis il faudrait presque la supprimer car si on ne peut pas véritablement parler de "spoiler", le suspens est un tantinet gâché.
C'est un peu comme se tirer une balle dans le pied. ça ne sert à rien et ça peut faire très mal !!!!
Reste heureusement, un ouvrage de qualité et des talent indéniable de narration pour l'auteur qui fait que malgré ce petit désagrément, on lit d'une traite (ou presque) "Totally Killer".

Taylor, la jeune femme qui est au centre de cette intrigue va mourir. Là, je ne vous dévoile pas grand-chose, c'est écrit noir sur blanc dans la première ou la seconde page du livre. Ce suspens là, ce n'est pas moi qui vous en prive, mais bien Greg Olear, l'auteur. Il a ses raisons.
Todd, le colocataire de Taylor sera notre narrateur et lui forcément ne va pas mourir puisqu'il nous narre toute l'histoire (qui remonte à 1991) depuis une époque proche : 2009. Et il sait tout ou presque. Il faut bien dire qu'il a su espionner la belle (journal intime, petit espionnage pas très reluisant pour l'égo, mais utile pour en savoir plus…etc).
Comme fond de trame, on aura la crise économique, le chômage…. ça aussi c'est bien contemporain, même si là, on retourne au début des années 90. Comme quoi, on en sort pas ou presque !!!!

Alors on fait un bond dans le passé et pour celles et ceux qui les ont connus ces années-là (j'étais au lycée pour ma part, en seconde en 1991), c'est remplis de références musicales, cinématographiques, littéraires, d'évènements politiques, économiques et sociaux, bref, vous prenez une bonne petite claque dans le dos et quelques ridules en prime.
Le ton est léger alors que pourtant le contexte n'est pas gai. J'ai personnellement adoré le style d'écriture de Greg Olear. Il faut bien dire que l'ironie, j'aime ; les remarques caustiques des personnages, j'adore ; le cynisme quand il est bien ammené, je suis complètement fan !
L'humour, ça ne peut pas faire de mal, surtout quand tout semble aller mal et les personnages sont complètement barrés. Cette folie, là, elle décoiffe et fait du bien au lecteur.

Une génération désenchantée nous est présenté et c'est aussi en 1991 que Mylène Farmer sort chez nous le titre éponyme : "Désenchantée".
Bon, je le reconnais je suis fan de la belle rousse, mais avouez que c'est quand même bien le signe que cette époque était marquée par tout cela (les jeunes diplômés qui reste sur le bord de la route de l'emploi, les rêves les plus simples qui s'effondrent…), non ?

Si la mort est un mystère
La vie n'a rien de tendre
Si le ciel a un enfer
Le ciel peut bien m'attendre
Dis moi,
Dans ces vents contraires comment s'y prendre
Plus rien n'a de sens, plus rien ne va.

Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux : des mots Abimés...
Je cherche une âme, qui
Pourra m'aider
Je suis
D'une génération désenchantée, désenchantée

Je suis certaine que Taylor n'aurait pas renié ces paroles.

Un ensemble pas toujours très original, mais une écriture intelligente et prometteuse en diable. J'ai apprécié de la première à la dernière page et maintenant, j'ai très envie de découvrir (quand il sera disponible) le second roman de Greg Olear.

Ma note finale : 16 / 20


"Totally Killer" est une lecture que j'ai pu faire grâce à un partenariat avec les éditions Gallmeister et Libfly.

Le site officiel du livre sur la Toile : http://www.totallykiller.com/

lundi 23 mai 2011

C'est une chose étrange à la fin que le monde de Jean D'Ormesson


Voilà une chronique qui "dormait" dans mon disque dur depuis des lustres...

J'ai beaucoup de chance cette année car je trouve énormément de nouveautés disponibles ou aisément réservables en médiathèque. Il faut avouer que mon réseau est quand même conséquent aussi.
Cette fois, j'ai porté mon dévolu sur le dernier ouvrage de Jean d'Ormesson : "C'est une chose étrange à la fin que le monde".
Un auteur qui me fascine, mais que je n'avais encore jamais lu. Manque de temps, la crainte de ne rien y comprendre, paresse, tous ces prétextes ont été justes au moins une fois !
Mon erreur réparée en partie, voici mes impressions.

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L'auteur : (source evene)

Né d'un père ambassadeur du Front populaire et ami de Léon Blum, Jean d'Ormesson se voit dispenser une éducation privilégiée, dans le respect des valeurs traditionnelles.
Evoluant dans un cadre libéral, il entame un parcours sans entrave. Elève brillant, il accumule très vite les diplômes : agrégé et diplômé d'études supérieures de philosophie, normalien... Cet érudit ne s'arrêtera pas là.
Jean Lefèvre, comte d'Ormesson, embrasse une carrière de haut fonctionnaire devenant président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'Unesco. Il s'essaie également à l'écriture : 'L' Amour est un plaisir', 'Du côté de chez Jean'. Ses oeuvres dénotent insouciance et joie de vivre. Mais c'est en 1971 que débute réellement sa carrière littéraire, avec la parution de 'La Gloire de l'Empire', Grand prix du roman de l'Académie française. Académicien, il ne néglige pas pour autant son statut de directeur au journal Le Figaro. Aspirant à un monde 'traditionnellement moderne', il insuffle à ses écrits un peu de lui et ce n'est pas pour déplaire ! Mais, il ne fait pas que parler de lui-même et transmet à la nouvelle génération des réflexions philosophiques comme 'Le Rapport Gabriel' ou encore 'Presque rien sur presque tout'. En 2003, 'C' était bien' raconte la vie de l'auteur et anticipe même sa mort. Avec 'Une fête en larme' en 2005, il tente l'originalité et, toujours en se mettant en scène, il se met à raconter son roman idéal à un journaliste. Enfin en 2006, il se laisse aller et publie 'La Création du monde', roman d'un nouveau genre pour lui et très attendu par la critique littéraire. En 2007 paraît son nouveau roman 'Odeur du temps' aux éditions Héloïse d'Ormesson, maison dirigée par sa fille. En 2009, il publie coup sur coup deux ouvrages, 'L' Enfant qui attendait un train', un album jeunesse, et 'Saveur du temps', le deuxième tome de ses chroniques au Figaro.

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L'intrigue :

Qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle ? Comment fonctionne l'univers? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s'efforcent de répondre à ces questions.
L'histoire s'est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l'âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l'ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd'hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants? Est-il permis d'espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ? Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d'Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l'univers et des hommes.

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Ce que j'en pense :

La première chose qui me vient à l'esprit, c'est qu'en lisant ces pages, j'ai eut comme l'impression de sentir sur mon épaule son regard espiègle, plein de sagesse néanmoins et très vivant, pétillant (comme sur la photo en bandeau sur cette édition). J'ai également eu la sensation de l'entendre prononcer à haute voix certains passages un rien sarcastiques, piquant, mais jamais violent. Un peu comme une personne âgée, expérimentée commente les agissements désordonnés de la folle jeunesse.

L'auteur se prend pour Dieu et aussi étrange que cela paraisse, cela ne m'a pas du tout choquée, gênée. Non pas que je sois particulièrement croyante ou que je trouve cette hypothèse trop osée pour être tentée, j'ai aimé imaginer le Tout Puissant avec cette désinvolture.
C'était une incarnation qui coulait de source !

Jean d'Ormesson nous conte là une belle histoire, celle de notre Histoire. On en connait forcément quelques parcelles et il est délicieux d'en (re)découvrir d'autres.
C'est une lecture facile, que l'on peut conseiller même aux adolescents, eux qui peuvent être aussi curieux. Les adultes se laisseront bercer, mais point endormir.

Cet essai est toutefois présenté comme un roman. Il se lit comme tel.
On se pose beaucoup de question, on reçoit quelques réponses. D'ailleurs y en a-t-il vraiment à toutes nos interrogations ?
Goûtons ces mots, ces idées, ces réflexions… Ce sont des cadeaux inestimables à eux seuls !

Ma note finale : 17 / 20

samedi 21 mai 2011

Petit concours chez Petit Citron


Le Temps Apprivoisé et le site du Petit Citron vous propose de gagner un exemplaire de ce titre (3 au total seront à remporter).
Il s'adresse plutôt à un public adolescent, mais aussi à toutes celles et ceux qui aimeraient bien se lancer dans des projets simples, faciles et jolis en tricot, au crochet ou en broderie.

Cela vous intéresse, alors participez vite ici. Un simple commentaire vous sera demandé pour participer.