lundi 5 novembre 2018

La rose et le bourreau de Patrick Pesnot



Rentrée littéraire 2018



Le livre :

La rose et le bourreau de Patrick Pesnot aux éditions Archipel, 336 pages, 20 € 00.
Publié le 5 septembre 2018


Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Archipel obtenu lors de l’opération Masse Critique organisée par la communauté de lecteurs Babelio.



Le pitch :

Cancale, milieu du XVIIIe siècle. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, enfile les vêtements de son frère et se fait appeler... Henri. En route vers Paris, la garçonne vit d'expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie... 
Elle est recueillie par un jeune abbé aussi bon qu'avenant. Arrivée à Paris, à court de ressources, elle cède aux avances d'un sergent recruteur qui l'engage dans l'armée du roi sous le sobriquet de "Sans-Souci". La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire. Bientôt, quarante mille soldats franchissent le Danube et marchent sur Prague. Si Julienne se conduit avec bravoure, pourquoi chacun des hommes dont elle s'éprend - son capitaine, son compagnon de chambrée... 
(connaît-il un sort funeste ? De retour en France après avoir déserté, elle n'aura d'autre choix que d'assister dans sa tâche "Monsieur de Marseille" (le bourreau. Jusqu'à quand parviendra-t-elle à dissimuler son identité ? Un roman picaresque dont l'héroïne, mutine aventurière, ne cesse de se perdre pour se retrouver. D'une plume alerte et truculente, Patrick Pesnot y fait revivre l'Europe galante et dangereuse du temps de Louis XV.



Ce que j’en pense :

C’est avec ce beau titre que je découvre la plume de Patrick Pesnot qui n’en n’est pourtant pas à son premier roman, mais que voulez-vous, il y a tant à lire que forcément je passe régulièrement à côté d’auteurs.
Heureusement, bien des impairs sont réversibles avec le temps, car oui j’ai beaucoup aimé suivre Julienne dans ses nombreuses péripéties.

Cette jeune fille au caractère bien trempée, issue d’une bonne famille, avec un belle éducation (savoir lire et écrire n’était pas si répandu au XVIIIème) ne pouvait pas rester les bras croisés à attendre et subir les méchancetés de sa belle-mère. Sa rébellion marque le début d’une nouvelle vie qui ne sera pas toujours tendre. Elle connaîtra bien des privations, des épreuves qui renforceront autant sa force d’âme que sa condition physique. Elle devra pour s’en sortir renoncer à une grande part de son identité propre : la véritable nature de son sexe car le XVIIIème est certes le siècle des lumières, mais une jeune fille seule, lancée sur les routes n’aurait pu s’en sortir.
J’ai aimé la voir sortir de sa naïveté, être si débrouillarde, inventive, intrépide, courageuse, maligne, narquoise, amoureuse, curieuse, fidèle à sa ligne de conduite, ses idées, sa liberté.
Elle aura croisé bien des personnes et cette galerie de portraits est un délice. Il y aura des bons, des méchants, des opportunistes, des gens simples, des écorchés vifs, des abimés par la rudesse de l’existence, des perfides, des soupçonneux, des malins, des fidèles à un certain code de l’honneur… Impossible de s’ennuyer.

La plume de Patrick Pesnot rend tout le récit passionnant car il fourmille de détails qui rendent l’ensemble vivant. On est avec Julienne (alias Sans-Soucis ou bien Henri).
Cette histoire est celle d’une époque que l’on voudrait révolu, mais elle possède de sacrés relents contemporains.



Et s’il fallait mettre une note : 17 / 20



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