dimanche 19 février 2012

G229 de Jean-Philippe Blondel


Le livre :

G229 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buschet Chastel, 14€50, 240 pages.
Disponible depuis peu en format de poche également, chez Pocket, 5€70, 158 pages.


Pourquoi cette lecture :

C'est le second ouvrage de Jean-Philippe Blondel que je lis en quelques mois. Le premier que j'ai dévoré et adoré même, n'est pas celui qui précède celui-ci, mais qui lui succède dans l'ordre de parution : "Et rester vivant". (Penser à publier mon billet rédigé depuis des mois sur ce livre-là, mais garder en réserve car à l'époque je ne pouvais pas en parler, c'était pour un jury littéraire)
Oui, pour une fois, je ne suis pas dans le bon ordre, mais ce n'est pas une saga donc cela ira très bien.
Vous l'aurez compris, la première raison qui m'a poussé à ouvrir ce livre, c'est parce que je connaissais déjà le style de l'auteur et que je l'avais particulièrement apprécié.

La seconde raison, c'était la disponibilité de "G229" dans le rayon des nouvelles acquisitions de la médiathèque. C'est toujours un coin que je surveille avec la plus grande attention quand ce n'est pas moi qui suggère les prochains achats… Ben quoi, on me demande mon avis, je le donne et en général après, j'ai de très bon retour.

La troisième et non des moindres, j'avais déjà repéré ce titre grâce à "La Grande librairie" (émission littéraire tous les jeudi soirs sur France 5 que je ne manquerai que pour cause de fin du monde) au printemps dernier… J'y trouve toujours pas mal d'inspiration même si je regarde aussi ailleurs. Je diversifie mes sources pour plus de richesse encore.

Mon tout a fait que j'étais furieusement alléchée pour me jeter sur un nouveau titre signé Jean-Philippe Blondel qui me fait l'amitié en plus d'être dans ma liste d'amis sur Facebook.



Le pitch :

" Je vous ai accordé une salle.
Une salle, vous savez, ça n'a pas de prix. C'est la 229, bâtiment G. G229. Allez chercher la clé chez la concierge. Bon, je crois que cet entretien est terminé. Nous nous croiserons souvent désormais. Bienvenue ici. " Je remercie le proviseur, mais il ne m'écoute déjà plus. Un proviseur, ça a beaucoup de choses à penser. Un prof, non.. Un prof, ça ne pense qu'à une chose, ses classes. Puis soudain, il est de nouveau là, présent.
Il me fixe. Il dit : " Le plus dur, dans le métier, vous savez, c'est de manier le on et le je. " Je réponds que euh, je ne suis pas sûr de comprendre. " C'est une institution, l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, vous verrez. Le on et le je. Réfléchissez-y. Bonne chance ! "


Ce que j'en ai pensé : 


L'héroïne de cette histoire n'est pas banale, c'est une salle de classe !
Bon elle n'est pas toute seule sinon cela n'aurait aucun sens, je vous l'accorde bien volontiers, mais c'est bien elle qui donne son titre à ce roman/récit/témoignage : G229.
Elle marque un point de départ dans une réflexion plus ou moins profonde dans laquelle va se plonger l'auteur/héros.
Tout commencera un soir, par un tas de copies oublié dans la fameuse G229…

Une histoire de prof, cela ne pouvait que me toucher vu que j'ai bien failli embrasser cette carrière (heureusement j'ai su m'arrêter juste à temps pour l'Education Nationale et les élèves). Et puis, je suis mariée avec un ancien prof devenu proviseur (15 ans que le ministère de l'Education Nationale nous faire vivre, de plus en plus survivre, mais là, c'est un autre débat).
Bref, je baigne dans le monde de l'éducation au point de vivre dans un établissement scolaire ou tout proche (cela dépend où se trouve les logements de fonction) depuis plus de 6 ans.

"G229" est un ouvrage que par facilité, je vais classer parmi les romans, mais en fait, c'est un peu plus que cela. Petit par la taille, c'est un ouvrage qui va se lire assez vite, mais ne vous fiez pas à cette apparente facilité, la finesse des réflexions va côtoyer les souvenirs assez banals pour nous offrir au final un grand livre, pas si anodin que cela, plus profond qu'on ne l'aurait cru.
"G229" c'est donc aussi :
Le récit d'un prof d'anglais, assez quelconque ou tout au moins qui ne se démarque pas tellement du lot de prime abord. On a là un tableau de 20 ans de carrière dans un même établissement (ou presque).
Un témoignage du vécu de ce prof. Ce n'est ni un revendicatif à outrance, ni un soumis, c'est juste un homme qui essaie de faire passer son savoir et qui au fil des années a un peu perdu certaines de ses illusions (mais n'est pas complètement blasé non plus). Un homme, monsieur B. (Blondel pour ne pas le citer), qui se rend compte de la fuite du temps, des évolutions ou au contraire de tout ce qui ne change pas, reste immuable. 

Les chapîtres qui ponctuent ce livre sont de deux sortes :
Les "je" et les "on". (Voir le pitch pour comprendre. Ce dernier reprend lui-même un passage important dans le roman).
surtout ne vous inquiétez pas, c'est très facile à aborder, on y lit tout d'abord presque sans y faire attention et puis enfin, cette alternance nous frappe. Je dirais presque enfin car cette forme d'écriture renvoie à une des réalités du métier d'enseignant. Ne pas se perdre pour ne pas laisse sa foi en chemin. Avoir encore et toujours l'envie de partager, d'apprendre, de découvrir, de prendre, mais aussi de donner.

Le lycée est un lieu de vie avant tout. On aime ou pas, on s'y sent bien ou non, mais c'est un fait car l'ambiance qui y règne peut être aussi pesante parfois. D'ailleurs d'un établissement à l'autre, cette existence peut être assez différente.
Celle que connait monsieur B. est assez tranquille, routinière et classique, mais on ne se lasse jamais car "G229" est une succession de situations réelles qui nous parlent forcément un peu (Nos années lycée sont plus ou moins lointaines, mais quand même). Et puis, c'est écrit avec humilité, humour aussi. On sourit, on rit aussi, mais on peut également avoir la larme à l'oeil (oui comme dans le pays de Candy). Ce récit est celui de la vie, d'une vie qui en croise des centaines d'autres, pour ne pas dire milliers (avec toutes ces années). C'est humain, touchant et à lire autant pour se détendre que pour apprendre à voir l'existence sous un jour, un angle légèrement différent.
C'est clair, on aurait aimé avec monsieur B. , mais on a connu d'autres "spécimens" certainement pas moins intéressants !



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20


Les bonus :


La présentation du livre par l'auteur :


"G229" de Jean-Philippe Blondel par editionslibella

Le passage dans la "Grande Librairie" de Jean-Philippe Blondel pour "G229" =

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