lundi 12 décembre 2011

Comme un roman de Daniel Pennac



Le livre:

Comme un roman de Daniel Pennac, aux éditions Gallimard (collection Folio), 5€70, 197 pages.



Pourquoi ce livre ?

Bien que j'aime beaucoup l'auteur pour ses prises de position en faveur de la culture et plus particulièrement sur la lecture, la littérature, je n'avais pas encore eu le temps, ni même l'occasion de le lire. Voilà qui sera chose faite à présent.
Mon amour pour les livres et la lecture (plaisir solitaire au départ, mais que l'on peut partager de bien des manières et avec tout le monde) m'a fait me diriger tout naturellement vers le titre, "Comme un roman".
Quand on lit d'ailleurs la quatrième de couverture, je crois que pour une fois, on tient là l'essentiel. D'ailleurs, je me demande presque qu'est-ce que je pourrais bien dire de plus qui puisse apporter une pierre de plus à l'édifice de la lecture. Tout a été dit et surtout on désacralise sans pour autant se montrer insolent face à cette pratique noble, mais pas élitiste. Tout le monde peut lire et aimer cela.



Le pitch :

Un prof peut-il conseiller à ses élèves de sauter les pages d'un livre, de ne pas finir un roman et même de ne pas lire ? Oui, si c'est le seul moyen pour les faire entrer dans le monde magique des livres. C'est en tout cas le parti pris de Daniel Pennac : auteur à succès depuis Au bonheur des ogres jusqu'à Monsieur Malaussène, il est aussi professeur de français, et il a bien compris qu'il ne sert à rien de vouloir forcer les élèves : si on leur donne le droit de sauter les premières pages de description du Père Goriot de Balzac, on leur laisse une chance de se laisser envoûter par Rastignac. Et c'est l'essentiel, car se priver de Balzac, et de tous les autres, c'est passer à côté d'un grand bonheur. Et d'une grande liberté.

LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR

1.  Le droit de ne pas lire
2.  Le droit de sauter des pages
3.  Le droit de ne pas finir un livre
4.  Le droit de relire
5.  Le droit de lire n'importe quoi
6.  Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7.  Le droit de lire n'importe où
8.  Le droit de grappiller
9.  Le droit de lire à haute voix
10.  Le droit de nous taire



Ce que j'en ai pensé :


Cet ouvrage n'est justement pas un roman, mais un essai de Daniel Pennac que l'on peut lire tout aussi aisément en revanche qu'un roman.
Je sais que souvent le terme : essai peut faire peur. Beaucoup se disent que cela doit être ennuyeux, soporifique, trop intellectuel pour eux… etc. Et bien faîtes fit de vos complexes, ils n'ont pas lieu d'être et dépassez vos préjugés.

Cet essai donc est déjà relativement court (197 pages) et donc sa taille ne devrait pas être un problème. Point de gros pavé cette fois-ci et disponible en format de poche pour un prix modique : 5€70. C'est même pas la ruine et de plus, on peut le dénicher souvent pour encore bien moins dans une bouquinerie ou l'emprunter dans une bibliothèque. 

Ensuite, le langage utilisé n'est pas si pointu. Tout est extrêmement accessible au contraire car justement le thème de cet essai porte sur la lecture, l'amour des livres, comment et pourquoi on aime cela ou pas…
Daniel Pennac décortique point par point ce que nous avons presque tous vécu à un moment donné de notre vie : la lecture obligatoire dans le cadre scolaire d'un pavé classique qui vous endort en moins de deux minutes, vous barbe, vous sort par les yeux. Dans certaines "spéciales" de "La grande librairie" (émission littéraire sur France 5 tous les jeudi soir), il arrive justement que certains grands auteurs présentent leur classique "que c'est même pas la peine" !!!! Donc vous voyez, on a toutes et tous eu un jour ce rejet, mais il ne faut pas en rester là et aborder sans doute par d'autres angles la lecture.
Il nous donne même sa méthode pour faire aimer les livres à celles-et ceux qui croyaient ne pas les aimer.
On n'oublie trop souvent qu'un pavé nous raconte avant tout une belle histoire s'il s'agit d'un roman. On se laisse juste impressionner par ce cube de papier et qui nous semble terrifiant. Oui, certains peuvent avoir peur de cet amas de feuilles de papier imprimées. Ils craignent surtout de ne pas pouvoir le dompter, le domestiquer, l'apprivoiser alors qu'il n'y a rien de plus simple. Il suffit de se détendre, de se laisser aller et pourquoi pas d'écouter un livre. Dans cet essai, Daniel Pennac décrit un professeur qui fait la lecture à ses élèves qui sont déjà au lycée pour simplement leur donner le goût des mots, des intrigues. Ils redeviennent des enfants et renouent avec le plaisir simple de se laisser porter par un récit. Chez nous, on n'a pas toujours une personne pour nous faire la lecture alors pourquoi pas se tourner vers les audio-livres ? une manière comme une autre de reprendre goût à la lecture.

Daniel Pennac explique aussi très bien que souvent on ne lit pas parce que l'on ne veut pas lire.
On se cherche des excuses, on dit que l'on n'en n'a pas le temps, mais en réalité, personne ne possède ce dernier. Nos existences sont ainsi faites que jamais on n'a de répit. On en est donc réduit à volé un peu de temps à nos vies menées à 100 km/h pour lire quelques pages. Regardez un peu autour de vous et vous comprendrez : dans le train, dans les transports en commun, dans un café ou lors de sa pause déjeuner, aux toilettes même… Bref, on profite de toutes les occasions pour chiper un peu de rêve au travers des textes des auteurs quand on est un lecteur.
Sinon et bien on prend du temps délibérément, un peu comme on se révolterait contre cette course sans fin que souhaite nous imposer la société actuelle. Lire est d'ailleurs une manière d'être soi-même, de se faire plaisir, de s'octroyer du bonheur par pages imprimées.

Lire est un droit.
Ne nous imposons pas plus de contraintes que nécessaire pour cette pratique qui fait peur parfois parce que l'on se borne à de fausses croyances. Dépassons les.

Ce petit essai par la taille peut faire beaucoup de bien pour démystifier le livre (non ce n'est pas un objet sacré, même si cela se respect quand même) et montrer que lire n'est pas réservé à une élite, ni aux premiers de la classe (Daniel Pennac n'était pas justement un excellent élève et pourtant cela ne l'a pas empèché de devenir celui qu'il est).
Si vous êtes un lecteur, ce livre vous plaira car il parle d'une pratique que vous apprécier et vous donnera des pistes pour partager vos lectures, votre passion.
Si vous n'êtes pas lecteur, ce livre peut également vous plaire car il dédramatise le fait que l'on ne lise pas ou peu. Il pourrait même vous donner ensuite envie de reconsidérer votre position face à la littérature.


Et s'il fallait mettre une note :
17 / 20


Les bonus :


La fiche de Daniel Pennac sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pennac

2 commentaires:

Pauline Faure a dit…

Ce livre m'intrigue et aimant beaucoup le style de Daniel Pennac, je pense me le procurer.

J'aimerai savoir ce qu'il pense de la lecture. Avoir son point de vue et qui plus est, celui d'un prof habitué aux diverses réactions que peuvent susciter les lectures imposées, peut être très intéressant.

Pas facile d'ailleurs, dans notre vie où Internet grignote déjà tout notre temps...

Emeralda a dit…

Tu devrais apprécier cet essai alors car justement il en parle de ce qui nous grignote tout notre temps.

La plume de Daniel Pennac est agréable. Pour moi, il s'agissait d'un premier contact, mais j'avais eu l'occasion de l'écouter plus d'une fois et j'apprécie sa vision des choses.
Je pense que je vais lire d'autres de ses ouvrages.

Très bonne prochaine lecture alors ?!

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