lundi 14 novembre 2011

La fabrique du Bonheur de Martin Seligman


Le livre :

La fabrique du bonheur de Martin Seligman, aux édition InterEditions, 362 pages, 24


Pourquoi ce livre ?

Je lis pas mal et je cherche toujours à trouver de quoi alimenter cette passion dévorante.
Je dévalise régulièrement les étalages des librairies, celles des médiathèques dans lesquelles je suis abonnée, mais j'ai aussi la chance parfois de bénéficier de quelques partenariats. Le plus souvent le deal est simple : un livre contre un billet (entendez par là, une critique).
C'est par le biais de l'opération masse critique organisée par Babelio que j'ai ainsi obtenu "La fabrique du bonheur" de Martin Seligman. Un titre qui m'intriguait et m'attirait car je suis toujours à la recherche de mieux être. Je suis une angoissée de nature, assez pessimiste (mais je me soigne), dépressive (là aussi je me soigne) et j'en passe. La vie ne m'a pas toujours fait que des cadeaux (comme pour beaucoup de personnes) et j'essaie surtout d'apprendre à tirer profit (le terme n'est pas très bien choisi), bénéfice de ce qui m'arrive, m'entoure. Voilà, c'est histoire d'apprendre à voir le verre plutôt à moitié plein, que vide. J'y parviens de mieux en mieux, mais si un bouquin avec quelques bons conseils peuvent m'aider à aller encore plus loin, pourquoi pas ? ça ne mange pas de pain donc j'essaie.


Le pitch :

Très complet, enrichi de nombreux questionnaires et tests, cet ouvrage est un manuel d'apprentissage du bonheur.
Il présente au lecteur de façon pratique les conclusions de la psychologie positive et lui montre comment les appliquer dans sa vie. La psychologie positive est en effet l'approche qui a révolutionné la psychologie en renversant son objet d'étude : elle s'est intéressée à comprendre non pas  pourquoi une personne va mal mais ce qui fait qu'une personne aille bien ou comment naît le bonheur.Ce livre constitue ainsi à la fois un manuel de psychologie positive, clair et étayé, et un guide pratique et pragmatique pour comprendre à quoi tient le bonheur, "la vie bonne".
Et se l'appropier !



Ce que j'en ai pensé :

Le préambule de l'éditeur, par lequel on débute notre lecture, présente encore mieux l'ouvrage en question "La fabrique du bonheur" que le pitch lui-même.
On sait que l'on va trouver des questionnaires ainsi que des tests et l'on nous invite à y répondre afin profiter au mieux des enseignements divulgués dans le corps de ce livre. Cela rend l'apprentissage plus personnel et un brin plus ludique aussi (qui ne s'est jamais amusé à faire des tests dans les magazines juste pour voir ce que cela donnait au final ?).
On sait également que le public visé par cette publication est double : le grand public, mais aussi les professionnels. On s'attend donc à un écrit de qualité, bien documenté et cela sera le cas. Les notes en bas de page s'adressent justement plutôt aux professionnels car ils y trouveront les références sur lesquelles Martin Seligman s'est appuyé pour rédiger son ouvrage, ainsi que des explications plus techniques que le profane ne maîtrise certainement pas. L'éditeur nous dit donc sans détour que suivant notre statut, nous pouvons très facilement nous passer de la lecture de ces notes en bas de page. Ouf, je n'avais pas envie de me compliquer plus l'existence, ni ma lecture. Après tout, c'était contraire à ma source de bonheur !!!

Ce que j'ai ensuite retenu de l'introduction, c'est que tout le monde peut augmenter son taux de bonheur et durablement. C'est assez contraire à la pensée populaire et même scientifique qui a bien du mal à quantifié cela. Cependant, c'est possible avec des études appropriées que je ne vais certainement pas toutes vous décrire ici. Ce n'est pas mon propos, mais sachez que c'est rigoureux quand même, en bref, c'est de la science pas du charlatanisme.
Le primordial pour ma part, c'est que rien n'est jamais perdu et que même en partant de bas, j'ai toute les chances de parvenir à une "vie bonne" selon Aristote lui-même !
Tant mieux car tel est bien mon objectif et je ne rechigne jamais devant une opportunité pour parvenir à mes fins (wahou limite je deviendrai diabolique, ah, ah ah !!!!!!)

Partant de faits ou d'histoires concrètes, on parvient sans trop de mal à suivre le raisonnement de l'auteur. Ces illustrations ne sont pas là pour faire joli (d'ailleurs, il n'y a pas de dessins), mais pour fixer chez le lecteur les fondements, les bases de la psychologie positive.
Certains vont dire que c'est de la foutaise tout ceci, mais non, je puis vous assurer que c'est très sérieux. Les maladies mentales ou psychiques ne sont plus prises à la légère et c'est tant mieux. On sait très bien aujourd'hui qu'une dépression prise en charge correctement peut trouver un dénouement positif si elle est légère et traité à temps. De même, les dépressifs chroniques (plutôt mon cas) ressentent un réel confort de vie avec un traitement adéquat et régulier.

Cependant, ce n'est pas un roman. Il faut à mon sens faire quelques petites pauses durant votre lecture afin que le contenu s'imprime, si j'ose dire, dans votre esprit. Il faut mûrir certaines informations. Même mis au niveau du grand public, certains passages restent un peu trop techniques et sur le coup, j'ai eu l'impression de ne rien y comprendre, mais après un moment, l'essentiel me revenait à l'esprit. C'est un peu comme si mon cerveau avait donc fait la synthèse et me redonnait juste ce dont j'avais besoin pour avancer dans ma démarche personnelle.
Ouf, j'étais donc sauvée.

Le titre de l'ouvrage, "La fabrique du bonheur", est bien trouvé car effectivement, la source ne notre bonheur, de notre "vie bonne" est dans nos actes, dans nos forces intérieures. On fabrique véritablement notre satisfaction, nos gratifications, on ne passe pas trop par des raccourcis pour se faire du bien, même si évidement cela est parfaitement toléré. Il n'y a pas de mal à se faire plaisir avec une barre de chocolat de temps en temps par exemple.

Les petits tests et autres questionnaires sont courts, mais pas si faciles à faire si l'on veut vraiment y répondre correctement.
Ce n'est pas que les questions soient incompréhensibles, pas du tout, cependant, elles sont précises et si l'on souhaite aller au bout de la démarche, on s'aperçoit assez vite qu'elles sont plus complètes qu'elles n'y paraissent de prime abord. Je trouve que c'est un gage de qualité et puis, au moins je me pose sans doute enfin les bonnes questions (?).

Ce que je retiens également de ma lecture, c'est que l'on a tout à gagner à être positif ou à ressentir des émotions positives :
- On est en meilleur santé
- On bénéficie d'une longévité revue à la hausse (et en meilleure forme, ce qui n'est absolument pas négligeable)
- On est plus productif, plus efficient
- On obtient globalement plus de résultats positifs dans notre existence (le positif attire le positif en somme)
- On encaisse mieux les coups durs (on les voit sous un autre angle et on les gère donc différemment)
- On prend plus soin de soi (et quand on se sent bien, on est plus à l'écoute des autres)
- On est plus enclin à partager, plus altruiste, plus populaire, plus attractif, plus social et donc moins centré sur notre nombril
Mais la question que je me posais était la suivante : peut-on donc augmenter son potentiel à être plus positif, à ressentir plus d'émotions constructives pour notre bonheur durable ?

La réponse était elle-même positive ! Ouf.
Il y a bien un facteur génétique qui peut nous brimer légèrement, mais on peut modifier et jouer sur d'autres facteurs tout aussi important dans la construction de notre bonheur.

La nature est assez bien faite, elle nous aide tout au long de notre vie.
Après certaines périodes compliquées, on revient en général dans nos "clous", notre bonheur s'auto-régule comme le ferai un thermostat avec la température dans un appartement.  Il y a bien quelques exceptions (deuil d'un enfant par exemple, mais ce n'est pas un cas que l'on rencontre tous, fort heureusement). Une fois notre maximum atteint, les valeurs bougent peu. Il y a donc une certaine stabilité qui ne me dérange pas du tout, elle me rassure même.
Mais il y a d'autres facteurs qui peuvent nous freiner un peu comme notre faculté aussi à nous habituer à une certaine dose de bonheur. On rentre donc dans l'escalade permanente, on en veut toujours plus. C'est un peu comme les personnes très fortunées qui souhaitent par exemple devenir sans cesse toujours plus riches. Et pourtant l'argent ne fait pas le bonheur (durable), on le sait bien. Cela a même été mesurer scientifiquement comme on nous l'explique dans le livre. Les gens n'ayant aucune difficultés financières ne sont pas plus heureux que les autres de manière significatives.
Chouette, mon banquier peut bien crier, je peux être heureuse ! (lol) Cela vous rassure également, non ? Et puis, souvenez-vous de cette chanson d'Alain Souchon qui disait "Le bonheur c'est d'en avoir plein nos armoires…", mais on le sait, ce n'est pas vrai pour autant. D'ailleurs, je suis en train de devenir de plus en plus minimaliste (sans passer à l'extrême non plus) et je ne m'en porte que bien mieux. Je profite pleinement de ce que j'ai et de ce que je m'offre. Ce moins est en réalité un plus.

Ainsi ce livre me confirme que certaines idées reçues ne sont pas totalement erronées puisque certaines données sont vérifiables, mais on peut également avoir de belles surprises avec ce que l'on croit savoir.
On travaille sur la vision de son passé, du présent et du futur. On consolide donc bien sa "maison" et pour moi, c'est un gage de sérieux que j'apprécie dans ce type d'ouvrage car il faut bien le reconnaître, dans cette thématique, on trouve de tout et souvent du n'importe quoi. Limite, on nous prend pour des débiles, des gogos prêts à avaler des bêtises pour aller mieux.
Alors oui, voir la vie sous un angle plus positif peut aussi nous faire paraître aux yeux d'autrui pour de gentils allumés, mais tant pis. D'ailleurs à ce propos, je trouve que cette citation issue de "La fabrique du bonheur" est parfaite pour illustrer mon propos :
"Ce n'est pas le travail de la psychologie positive de vous dire que vous devriez être optimiste, ou spirituel, ou de bonne humeur ; elle doit plutôt décrire les conséquences de ces traits (par exemple, être optimiste diminue la probabilité d'être dépressif, améliore la santé physique et permet de meilleurs accomplissements avec peut-être en contrepartie d'être moins réaliste). Ce que vous faîtes avec ces informations dépend de vos propres valeurs et objectifs."

J'ai également appris à faire la distinction entre les gratifications et les plaisirs. Cela paraît bête, mais en fait, notre langage ne permet pas toujours de bien les différentier. Et pourtant, ce n'est absolument pas la même chose. J'ai également ainsi mieux compris pourquoi je me sentais fort bien après certaines activités qui ne donnent pas vraiment des sensations agréables (rangement, ménage à fond, certains sports…), mais qui renforçaient quand même ma satisfaction personnelle et par le même biais me gratifiaient.
J'ai aussi appris à distinguer les forces que nous pouvions avoir et ainsi que nos talents propres. La frontière peut paraitre floue parfois, mais là également, j'ai bien compris ce qui les différenciaient. La force pédagogique de l'ouvrage réside vraiment dans les exemples trouvés par l'auteur pour nous amener vers la compréhension et donc l'assimilation des informations.

"La fabrique du bonheur" n'est pas un coup de coeur au sens où j'ai adoré ce livre, mais disons qu'il m'a beaucoup apporté durant sa lecture. C'est pour moi plus un manuel, un ouvrage utile dans lequel j'irai volontiers me replonger de temps en temps pour y puiser quelques explications ou soutien moral pour retrouver toute ma motivation.


Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20


Les bonus :

La fiche Wikipédia de l'auteur, Martin Seligman : http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Seligman

Une vidéo de l'auteur lors d'un séminaire (en anglais) : http://www.ted.com/talks/martin_seligman_on_the_state_of_psychology.html

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