mercredi 13 décembre 2017

L’essence du mal de Luca D’Andréa




Rentrée littéraire 2017




Le titre :

L’essence du mal de Luca D’Andréa aux édition Denoël, 464 pages, 21 € 90.
Publié le 26 octobre 2017.



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Denoël.
J’ai choisi ce titre dans leur catalogue sur simple lecture du pitch.



Le pitch :

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l'œuvre d’un humain ou d’un animal. 
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. 

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.


Ce que j’en pense :

Les raisons qui me poussent à ouvrir un livre sont le plus souvent très basiques : la curiosité, l’envie d’en savoir plus, l’attirance pour une belle couverture… Bref, je ne suis pas très originale et même pire encore, je suis faible car je me laisse très facilement tenter.
Par chance ou grâce à une bonne étoile de la lecture, je suis rarement déçue, enfin vraiment très très déçue de mes choix. Il y a toujours quelque chose de bon à retenir d’une lecture même si elle est imparfaite.

Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui disons que le premier plus est que nous avons droit à deux histoires en une. On est partagé entre le passé (une trentaine d’années en arrière) et le présent. Forcément, ce duo possède un point commun… Un homme.

C’est son obcession, sa quête entre autre qui va nous contaminé et faire que l’on ne lâchera pas le livre. Il y a aussi l’écriture habile de l’auteur. Cela se lit facilement et on est vite emporté en dehors de notre petit quotidien, même quand certains passages introductifs peuvent paraître un tantinet longuets, il y a forcément une excellente raison à cela. Faîtes confiance à l’auteur…

La seconde qualité de cet ouvrage est qu’il est addictif.  
La troisième est qu’on en aurait voulu presque un peu plus…
La quatrième… Lisez-le, vous la trouverez.




Et s’il fallait mettre une note :  15 / 20



lundi 11 décembre 2017

Médecin de campagne, une vie de Georges Vieilledent



Le livre : 

Médecin de campagne, une vie de Georges Vieilledent aux éditions Calmann Lévy, 247 pages, 17 € 00.
Publié le 1er octobre 2014



Pourquoi cette lecture :

Je trouve aberrant que bien des campagnes ou même des villes de petites tailles aient du mal à garder un ou plusieurs médecins sur leur territoire car franchement, le travail n'y manque pas et c'est sans doute plus passionnant (plus variés en terme d'activité) que dans les grands centres villes où les locaux sont rares et hors de prix. 
Envie de suivre le parcours de ce médecin qui va officier 44 ans dans son secteur. 



Le pitch : 

Le dernier médecin de campagne ? Au lendemain de son départ à la retraite, le docteur Vieilledent, médecin généraliste établi à Saugues dans la Haute-Loire, témoigne de sa vie consacrée au bien-être de cinq générations de patients dans un canton de la France rurale. Pendant quarante-quatre ans, il aura parcouru chaque année 50 000 kilomètres en voiture, arpenté à pied les chemins non carrossables pour rendre visite à ses malades, à toute heure du jour et de la nuit, en toutes saisons et par tous les temps. 
Au fil de ses souvenirs, truffés d'anecdotes tour à tour graves et souriantes, toujours surprenantes, à travers le récit de ses joies et de ses peines, de ses doutes aussi, il nous fait découvrir le quotidien difficile, parfois harassant, d'un médecin de campagne qui a choisi le célibat pour rester disponible à tout moment pour ses patients. Se dessine ainsi le portrait d'un homme à la fois hors du commun et exemplaire, un homme qui incarne une médecine fondée sur des valeurs de dévouement, de proximité et d'enracinement, que l'individualisme triomphant de notre époque et l'organisation de plus en plus technocratique de notre système de santé ont condamné à disparaître.



Ce que j'en pense : 

Pour poser un bon diagnostic, il ne faut rien laisser au hasard et surtout pas ce qui peut paraître saugrenue. 
Pour bien comprendre comment fonctionne notre monde et parfois pourquoi il ne tourne pas rond, il faut tout regarder, bien écouter, s'intéresser aux témoignages. 
Oui, ce type de lecture m'intéresse car on y trouve de véritables tranches de vie qui éclairent d'autres pans de l'existence. Mis bout à bout, on peut avoir une vision moins parcellaire. 

Que vous connaissiez ou pas ce bout de France reculée, sachez que cette réalité décrite fut celle de pas d'autres coins de nos campagnes. Personnellement, j'ai la chance d'avoir parcouru la Margeride car chaque année depuis 11 ans, je passe des vacances en Lozère et pour m'y rendre, je traverse ses routes. Un excellent moyen d'éviter les bouchons et c'est magnifique en prime ! J'ai donc particulièrement pu suivre le parcours du Dr Vieilledent. 

Tout le livre se dévore. L'écriture est fluide, simple, mais authentique comme le contenu du texte qui fleure bon le rustique, la campagne profonde, les gens de pays rudes, mais qui sont tout sauf de mauvais bougres. Ils sont comme ils sont. Bourrus indéniablement, parfois mal dégrossis, pudiques à l'excès, travailleurs toujours, simples, fidèles, reconnaissants, taiseux... quelques exceptions et encore, la nature humaine est ainsi faite. 

C'est une lecture humaine donc avant toute chose. Il y a du bon et du moins bons dans une communauté, la vie se charge de nous l'enseigner et en voici un nouvel exemple livré dans ces pages. Loin de tous les artifices de notre époque, ce livre remet les choses à plat à travers une carrière comme on n'en fait plus et on a là l'essentiel. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 




vendredi 8 décembre 2017

Ma vie est une pomme de Jeanne Mas




Le livre : 

Ma vie est une pomme de Jeanne Mas aux éditions Michel Lafon, collection témoignage, 217 pages, 17 € 95. 
Publié le 18 février 2016.



Pourquoi cette lecture : 

Cela très longtemps que j'ai envie de découvrir ce témoignage car si je ne suis pas végétarienne, ni végane, je m'intéresse à ce mode de vie. 



Le pitch : 

"Toute première fois", "En rouge et noir", "Johnny"... Avec ces tubes et son look de punkette, Jeanne Mas a marqué la variété française et les années 1980. Belle, provocatrice, engagée, telle était la jeune chanteuse d'alors. Telle est la femme aujourd'hui. En parallèle de sa carrière d'artiste qu'elle n'a jamais abandonnée, et bien avant déjà, Jeanne Mas a vécu une autre histoire. Une histoire d'abord douloureuse, puis qui s'est muée en un choix de vie, un combat. 
Ce choix, c'est celui du végétarisme. Si depuis l'enfance elle n'éprouve que dégoût pour la viande qu'on l'oblige à manger, ce n'est qu'à l'âge adulte, une fois guérie des troubles alimentaires dont elle souffrait, qu'elle décide de devenir vegan. Un régime qui, outre le fait qu'il est indissociable de son engagement pour la cause animale, est pour elle synonyme de bien-être et un acte militant pour la préservation de la planète. 
Revenant avec pudeur et délicatesse sur son parcours, Jeanne Mas nous fait découvrir les bienfaits de ce régime, les dangers que l'élevage intensif fait courir à l'homme, et nous sensibilise à la souffrance animale. Avec humour et pédagogie, elle dénonce les idées reçues (non, les végétariens et les végétaliens ne souffrent pas de carences, non, la viande n'est pas indispensable pour être en bonne santé) et nous invite à repenser notre alimentation. 
Un livre nécessaire et intelligent qui fera réfléchir jusqu'aux fanatiques du bifteck. Et si, vous aussi, vous vous laissiez tenter par la révolution végétarienne ? 



Ce que j'en pense : 

Jeanne Mas est pour moi avant tout une artiste connue dans mon enfance. Ses tubes résonnent avec un brin de nostalgie. 
La retrouver dans un ouvrage qui ne parle pas de chansons, mais d'un tout autre sujet peut surprendre un peu, mais découvrir le parcours d'une personne connue ou non, est toujours intéressant à mon sens surtout quand l'écriture est aussi fluide, accessible et plaisante. Une simplicité qui ne dessert nullement l'ouvrage. 

Jeanne Mas ne juge pas les non végétariens, mais elle souhaite faire réfléchir. Sa démarche est pleine de bonne volonté, de sincérité, de franchise. Elle ne nie pas avoir elle-même beaucoup tâtonné, s'être égarée, s'être fourvoyée. Maintenant qu'elle a trouvé la bonne voie, elle propose son expérience, son aide à son niveau. Elle ne se prend jamais pour ce qu'elle n'est pas. Le ton est donc plus libre, plus proche du lecteur car on peut se reconnaître dans son cheminement, son questionnement. 

Intéressant et bien documenté en plus de mettre l'accent sur une expérience personnelle, cet ouvrage peut aider plus d'une personne à modifier son mode de vie. Sans forcément devenir végétarien ou vegan, juste changer quelques habitudes pour commencer. 




Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 



mercredi 6 décembre 2017

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B Dolan



Rentrée littéraire 2017




Le livre :

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B Dolan aux éditions Denoël, 448 pages, 22 € 90.
Publié le 19 octobre 2017.



Pourquoi cette lecture :

Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Denoël.
J’ai choisi ce titre après la lecture du pitch.



Le pitch :

Chaque psychiatre a, au cours de sa carrière, rencontré un patient pas comme les autres. Un patient qui l'obsède, qui hante ses pensées et ses cauchemars. Pour Felicity Sloane, experte médico-légale à Boston, il s'agit d'Archie Ferber, jeune Texan timide qui a fait fortune dans la restauration. Lui et son compagnon Matthew désirent un enfant à tout prix. Toutes leurs tentatives d'adoption aux Etats-Unis se soldant par des échecs, ils se tournent vers l'Afrique du Sud, pays d'origine de Matthew, où ils font appel à une mère porteuse qui met au monde la petite Hannah. 
Mais le bébé disparaît, la mère est sauvagement assassinée, et c'est Archie qui est montré du doigt. Y compris par Matthew. La seule personne capable de le sauver d'une extradition vers l'Afrique du Sud est Felicity Sloane. Celle-ci est capable de mesurer les tendances meurtrières d'un suspect grâce à des techniques de pointe. Mais cela suffira-t-il à tirer Archie d'affaire ? Et est-il réellement l'innocente victime qu'il prétend être ?



Ce que j’en pense :

Les thriller sont légions dans les rayonnages de nos librairies et les amateurs du genre ont l’embarras du choix. Ceci étant dit, tous les titres ne se valent pas et même si la majorité sont plus qu’honnorables, peu atteignent une envergure qui les fait rester dans l’esprits des lecteurs un fois l’ouvrage refermé.
Avec ce nouveau roman de Casey B Dolan, on est dans la frange haute des excellents représentants de ce courant littéraire. On est bousculé, oppressé, mis mal à l’aise, dérangé, surpris, on frissonne, on n’a pas envie pourtant d’arrêter notre lecture. Voilà les bases sont posées.

Les « je » narratifs s’entremêlent et on pourrait s’y perdre, mais le talent de l’auteur est justement de laisser juste ce qu’il faut de mystère, tout en distillant au compte goutte les informations nécessaires à l’avancée de l’intrigue. Le dosage est précis et redoutablement efficace.

La thématique de départ est un sujet qui peut se révéler brûlant et déchainer bien des passions. Cela concours évidemment à rendre le récit plus captivant encore.
Les localisations géographiques sont aussi tout sauf anodines.

Le final pourra dérouter ou décevoir, mais c’est surtout qu’il laisse un large spectre pour que Casey B Dolan puisse nous proposer une suite.
Affaire à suivre donc ?



Et s’il fallait mettre une note : 15 / 20