vendredi 13 novembre 2009

Littérairement votre


Je pense que les fidèles de ce blog l’auront remarqué depuis un bon moment déjà : « Espace Temps Libre » a pris un petit virage éditorial depuis quelque temps pour devenir exclusivement littéraire.

Je ne souhaite pas délaisser mes autres passions, mais j’ai beaucoup moins de temps pour rédiger des billets en ce sens, aussi ces derniers seront-ils plus rares. Je préfère me concentrer sur ce qui est sans doute ma première passion la lecture, les livres et comme on le dit pompeusement : la littérature au sens large car j’aborderai encore l’univers de la bande dessinée, celui du manga et bien d’autres encore.
Point de limite en ce sens !

En espérant que ce changement vous satisfera pleinement, je retourne vers mes piles de livres et mon clavier.

lundi 9 novembre 2009

Venez jouer dans notre basse cour --- "Une vie de pintade à Paris" de Layla Demay et Laure Watrin - Livre




Paris restera toujours Paris.

J’aime m’y rendre régulièrement car il y règne une atmosphère différente de partout ailleurs.
Certes, je vous l’accorde la pollution, qu’elle soit sonore ou atmosphérique est considérable, mais quelle vie quand même. Quels décors ! Une histoire riche et un bouillonnement culturel permanent !

Je n’ai pas la prétention de correspondre à la définition de la pintade (donnée par les auteurs : « Une pintade n’est ni une poule, ni une dinde et certainement pas une bécasse, mais le symbole de la femme d’aujourd’hui, sérieuse et frivole à la fois. »), mais j’essaie d’y tendre quand même un minimum. Elle n’a rien de péjoratif, bien au contraire.

Moi qui ne connaissais que de nom les livres de cette série sur les femmes modernes dans le monde (les pintades donc), j’avoue que cette découverte réalisée grâce à un partenariat entre les éditions Hachette (Livre de Poche) et Livraddict fut une expérience fort sympathique pour ne pas dire pleinement satisfaisante.
Venez donc avec moi découvrir « Une vie de pintade à Paris » de Layla Demay et Laure Watrin.

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Les auteurs et leur illustratrice : (Sources Wikipédia)

Nota bene : Je m’excuse pour les répétitions, les carrières des deux jeunes femmes, à l’origine de la série « Les pintades », suivent le même parcours depuis quelques années, signe que leur complicité et complémentarité n’est pas factice.


Layla Demay est une journaliste, auteur et réalisatrice française.

Née à Paris le 26 juin 1971, Layla Demay passe son baccalauréat au lycée Francisque Sarcey à Dourdan en Essonne. Elle est diplômée de Lettres Modernes de l’Université Paris IV-Sorbonne, elle est également diplômée de l'Institut Français de Presse, (Université Paris II).

Elle commence sa carrière de journaliste à l’Agence Capa, dans le cadre de l’émission de télévision Ruban Rouge, une émission dédiée au problème du SIDA, puis collabore à TF1 et ARTE. En 1997, elle quitte la France pour s’installer à New York, où elle travaille comme journaliste free-lance pour des chaînes de télévision françaises. Elle effectue des reportages sur la société américaine. Elle collabore à des émissions telles que « Des racines et des ailes », ARTE Info et Envoyé Spécial.Elle est nominée pour le Prix Albert Londres en 2000 pour son reportage sur les Amish, produit par Sunset Presse et diffusé sur France 3.
En 2004, elle débute sa carrière d’auteur avec la publication aux Éditions Jacob-Duvernet de son premier livre, « Les Pintades à New York », qu’elle signe avec sa co-auteur Laure Watrin. Ce premier ouvrage annonce le début de la collection des Pintades, que Layla Demay a co-fondé avec Laure Watrin, et qu’elle co-dirige. Elle est la co-auteur de l’ouvrage « Le New York des Pintades » aux Éditions Jacob-Duvernet et « Une vie de Pintade à Paris » aux Éditions Calmann-Lévy, qu’elle a également co-signé avec Laure Watrin. Elle est directrice de collection des ouvrages « Les Pintades à Londres » et « Les Pintades à Téhéran ».
Entre 2007 et 2009, Layla Demay co-signe avec Laure Watrin trois documentaires « Les Pintades » dans le cadre de l’émission Le Club des Nouveaux Explorateurs, la série documentaire thématique de voyages diffusée sur Canal + et présentée par Maïtena Biraben, puis par Diego Buñuel.
Les documentaires sont des films d’exploration mettant l’accent sur les femmes dans des grandes villes du monde. Les villes explorées sont Londres, Rio de Janeiro et New York.

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Laure Watrin est une journaliste et auteur française.

Née à Nancy le 10 avril 1971, Laure Watrin est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et du Centre de Formation des Journalistes.

Reporter radio à RTL pendant 12 ans, elle y a notamment couvert l'actualité médicale et les questions familiales.
Elle débute sa carrière d’auteur avec la publication aux Éditions Jacob-Duvernet de son premier livre, « Les Pintades à New York », qu’elle signe avec sa co-auteur Layla Demay. Ce premier ouvrage annonce le début de la collection des Pintades, que Laure Watrin a co-fondé avec Layla Demay, et qu’elle co-dirige. Elle est la co-auteur de l’ouvrage « Le New York des Pintades » aux Éditions Jacob-Duvernet et « Une vie de Pintade à Paris » aux Éditions Calmann-Lévy, qu’elle a également co-signé avec Layla Demay. Elle est directrice de collection des ouvrages « Les Pintades à Londres » et « Les Pintades à Téhéran ».
Entre 2007 et 2009, Laure Watrin co-signe avec Layla Demay trois documentaires « Les Pintades » dans le cadre de l’émission Le Club des Nouveaux Explorateurs, la série documentaire thématique de voyages diffusée sur Canal + et présentée par Maïtena Biraben, puis par Diego Buñuel.
Les documentaires sont des films d’exploration mettant l’accent sur les femmes dans des grandes villes du monde. Les villes explorées sont Londres, Rio de Janeiro et New York.

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Margaux Motin est une illustratrice française. Elle est connue, entre autres, pour son blog, où elle expose avec humour des anecdotes de sa vie de trentenaire.

Après un baccalauréat L option arts plastiques, Margaux Motin fait un BTS Communication Visuelle à l’école ENSAAMA Olivier de Serres. Ses débuts professionnels se font en tant qu’illustratrice de presse chez le magazine Muteen (rubrique J'ai testé) de 2002 à 2008. Par la suite, elle signe ses illustrations autant pour la presse, l’édition, que pour la publicité. En mars 2008 elle ouvre son blog qui l’a fait connaître du grand public. En mai 2009 elle publie un recueil d’illustrations issues en majorité de son blog.

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Les pintades sur la Toile :

Un site est dédié ces membres de la basse-cour. Je vous conseille vivement d’y faire un petit détour. C’est la continuité logique de la série de livres que Layla Demay et Laure Watrin écrivent ensemble.
En ligne donc : http://www.uneviedepintade.fr/

Ne pas oublier de jeter un œil aussi sur le site de l’illustratrice :
Le site de Margaux Motin : http://margauxmotin.typepad.fr/

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La quatrième de couverture :

La réputation des Parisiennes n’est plus à faire. Partout dans le monde, on les dit élégantes, sophistiquées, gourmandes, séductrices nées, dépensant la moitié de leur salaire en lingerie. Après avoir exploré pas mal de basses-cours dans le monde, Layla Demay et Laure Watrin ont eu envie de s’attaquer à ces Pintades de choix qui vivent en bord de Sein

Sous leur plume, une pintade n'est ni une poule, ni une dinde, ni même une caille, et certainement pas une bécasse mais le symbole de la femme d'aujourd'hui, sérieuse et frivole à la fois.

De Belleville à Passy, du Marais au canal Saint-Martin, de Convention à la rue Lepic, qui sont-elles vraiment ? Bobos, frondeuses, débrouillardes, héritières des vieilles familles, provinciales « montées » à Paris, immigrées, comment vivent-elles dans une ville qu’elles seules ont le droit de dénigrer ?

Laure Watrin et Layla Demay, journalistes et pintades en chef, vous font découvrir les coulisses d’une capitale que vous croyez connaître. Une vie de Pintade à Paris aborde tous les thèmes qui font le quotidien des Parisiennes. Cet ouvrage est à la fois une étude de mœurs, une série de portraits piquants, et un guide pratique pour survivre dans une ville dont on n’a pas forcément tous les codes, même quand on y habite !

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Ce que j’en pense :

« Une vie de pintade à Paris » n’est pas un roman. Les héroïnes, ce sont les Parisiennes, les pintades de cette ville qui fascine autant qu’elle peut en révulser d’autres. En tant que lecteur, il n’est pas si facile de s’identifier à ces demoiselles plus ou moi âgées, mais qui ont toutes de nombreux points communs, à commencer par celui de vivre à Paris. Il est d’autant plus compliqué de s’identifier à elles si l’on ne connaît pas du tout notre belle capitale.
Pour ma part, sans dire que je connais Paris comme ma poche, on va dire que j’adore y jouer ma petite Parisienne d’adoption. Je sais que j’ai encore bien des progrès à faire et donc cet ouvrage tombe à point nommé.

Un livre qui s’adresse prioritairement aux femmes, mais qui n’exclue pas nos compagnons. La formule des auteurs est d’ailleurs à ce propos fort bien tourné et donne le ton immédiatement : « Ce que nous écrivons est d’ailleurs valable pour les Parisiens, mais comme notre propos, c’est les pintades, pardon messieurs, mais on vous taillera un costard un autre jour. »

La pintade parisienne a ses particularités. Les auteurs nous la définissent assez bien dès le début afin que l’on ne se méprenne pas et ne la confonde pas avec ses consoeurs venues d’autres basses-cours :
« À Paris, la pintade est beaucoup plus compliquée. Elle va râler, pester, fulminer, et puis aussi, elle va resquiller. Que ceux qui l’accusent de manquer de civisme aillent se faire voir chez les Grecs. C’est pour cela qu’elle vit à Paris et pas à Athènes. D’ailleurs, elle ne resquille pas. Rroghh, tout de suite les grands mots… »
« C’est que les pintades parisiennes considèrent qu’elles ont des droits, elles ont coupé la tête de leur roi et de leur reine, elles paient leurs impôts. Donc elles assument d’être râleuses. Elles râlent d’ailleurs pour (presque) tout et (quasi) n’importe quoi. »

Des illustrations parsèment le livre, elles sont signées Margaux Motin et elle nous ravissent régulièrement. Elles ponctuent notre lecture et ce même dans cette édition de poche. Ce n’est donc pas du tout une édition au rabais. Elle a tout d’une grande !
Oui, vraiment tout, sauf le prix. C’est un avantage non négligeable. Le plaisir n’étant de toute manière pas forcément proportionnel au prix de vente du produit, n’est-ce pas ?
Vous pourrez donc craquez chez votre libraire sans remords.


Le contenu de cet ouvrage est complet. Les thèmes qui sont abordés, restent des plus variés.
Des adresses toutes plus alléchantes les unes que les autres. Je vous rassure tout de suite, toutes ne sont pas en lien avec la nourriture, mais notre flair aux bonnes astuces sait qu’il n’a pas été floué.
Le tout est bien mis en avant par des récits, des explications bien amenées.
Une langue qui n’est pas de bois, avec juste ce qu’il faut comme langage châtié pour que l’on se sente à l’aise. On est entre copines. L’humour ne fait jamais défaut aux auteurs, on s’amuse beaucoup même sur des sujets de la vie pratique qui ne sont pas toujours drôles au premier abord. Et oui, les pintades ont aussi de vrais problèmes, des soucis de garde des pintadeaux par exemple.
Tout ne se résume pas aux derniers bouts de chiffon à la mode ou à l’ultime It Bag. Le tout est d’y mettre les formes.

Il y a du vécu dans ce petit livre, on le sent tout de suite et surtout on se reconnaît dans nombre de situations.
« Qui n’a jamais connu le stress, au moment de commander un croque salade (on ne parle même pas d’obtenir un verre d’eau avec son café, des glaçons avec son Coca ou de la moutarde), de voir passer une bonne demi-douzaine de fois le serveur qui feint de ne pas vous voir, le bras levé, les yeux suppliants, tentant désespérément d’établir un eye contact, « S’il vous plait ! Ouh Ouh ! S’il vous plait ! Monsieur ! », et qui finit miraculeusement par prendre votre commande un quart d’heure plus tard, au moment où vous vous apprêtez à partir ? »

On y retrouve aussi ce que nous, en simple habituée des rues et trottoirs de Panam, on savait déjà, mais que l’on peine à faire croire aux autres, nos amies qui n’y mettent jamais les pieds et qui ont des idées toutes faites sur notre belle capitale :
« « C’est extraordinaire, on ne se croirait pas à Paris ! » Mais si justement, ça c’est Paris ! Paris, ce n’est pas seulement les Grands Boulevards. »
« Paris, c’est une agrégation de « villages », une succession d’ambiance très différentes. »
On espère maintenant être plus crédible. C’est écrit noir sur blanc par des spécialistes des pintades quand même !

On est pourtant bien obligées de dire que tout n’est pas rose dans cette ville que l’on affectionne tant.
« Paris n’a pas usurpé non plus sa stature de « City of crottes ». Si à New York, le premier mot de nos enfants a été « Taxi », ici, ça a été « caca de chien ». Et lorsque notre Big Boy a été pris d’un besoin urgent sans un pipiroom en vue, le gosse de nous dire : « C’est pas grave, je vais faire sur le trottoir. » Face à notre mine horrifiée et à notre refus catégorique, Big Boy a répondu : « Mais, c’est pas juste, les chiens, ils ont le droit, pourquoi pas moi ? » C’est ça une vie de chien. Ici, Médor a plus de prérogative que Junior. »
Cela ne s’invente pas ça, cela se vit.

Mais Paris restera toujours Paris ! Pour rien au monde, on voudrait en changer, c’est notre domaine aussi imparfait soit-il.

« Une vie de pintade à Paris » est instructif et plaisant à lire pour les novices de la ville des lumières, mais également utile pour les apprenties pintades (il faut bien se parfaire un peu). Il permet en outre aux véritables volailles labellisées « made in Paris » de réviser ses bases.
Un petit guide a mettre entre toutes les mains pour le plaisir d’en rire.

Ma note finale : 16 / 20

lundi 2 novembre 2009

Passé simple ---- "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables " de Philipe Delerme - Livre


Chaque semaine, j’essaie de suivre au plus près l’actualité littéraire, mais il est bien évident que cela reste un vœux pieu car tout lire, tout découvrir est impossible. Cependant, j’essaie d’avoir un regard le plus large possible et ne rien laisser de côté volontairement.
Philippe Delerm était l’invité de « La grande Librairie » sur France 5, il y a de cela trois semaines déjà. Je connais l’auteur de nom, de réputation, quelques-uns de ces titres bien qu’aucun ne me soit encore passé entre les mains avant « Dickens, barba à papa et autres nourritures délectables ».
Ce n’est pas son dernier ouvrage car celui-ci est paru en 2005, mais qu’importe pourvu que je découvre cette plume ravie tant de personnes et en agace tout autant. Il me fallait débuter par un texte alors pourquoi pas celui-ci ?

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L’auteur : (Sources EVENE)

Peintre des petits bonheurs du quotidien, Philippe Delerm accède à la notoriété grâce au succès phénoménal de « La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », paru en 1997.
Inspirés par la peinture impressionniste, ses écrits dénotent un goût prononcé du détail, du souvenir et de l'émotion prise sur le vif, un cocktail savoureux qui signe sa marque de fabrique et suscite l'enthousiasme de ses nombreux lecteurs.
Ce fils d'instituteur, diplômé de lettres modernes et lui-même enseignant, envoie ses premiers manuscrits dès 1976 mais se heurte à des refus d'éditeurs, jusqu'à la parution discrète mais remarquée de « La Cinquième Saison ». L'engouement constant qui accompagne la parution de ses recueils de nouvelles, tels que « La Sieste assassinée » en 2001 ou « Enregistrements pirates » en 2004, lui permet d'abandonner l'enseignement et de vivre de sa plume. Il écrit alors des romans catégorie jeunesse comme « L’envol » ou « Elle s'appelait Marine ».
En 2006, Delerm devient directeur de la collection Le Goût des mots pour les éditions Point, tout en poursuivant sa carrière d'écrivain.
Plus attaché à son village de l'Eure qu'aux cercles parisiens, Philippe Delerm est parvenu à s'imposer comme un auteur renommé et populaire, considéré comme le chef de file d'une école littéraire minimaliste et humaniste.

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L’intrigue : (quatrième de couverture)

« Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède. Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer ? »

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Ce que j’en pense :

Des textes courts sur un thème, un objet, un plaisir de la vie… Des souvenirs liés à l’enfance (de l’auteur ?) et alors narrés sous forme de petites fables.
On y aborde par exemple La saveur et la texture si particulière de la purée de pomme de terre. Le fait que cette préparation nous fasse irrémédiablement plonger dans notre enfance, celle qui reste éternelle.

On y fait l’apologie de la simplicité : « Ce n’était pas parce que c’était bon qu’il fallait faire petit. C’est parce qu’il fallait faire petit que c’était bon ». À une nuance près, plus rien n’est pareil !

On y analyse finement les relations des couples célèbres comme Tintin et le capitaine Haddock. On redécouvre certaines subtilités qui nous avaient peut-être échappé consciemment.

On a encore les papilles qui frémissent des sucreries de l’époque, celles qui piquent, qui font tousser, qui émoustille notre convoitise si on avait le mot gagnant inscrit dessus. Quelques mots bien pesés, deux ou trois tournures de phrase et voilà, les décors de notre enfance qui refont surface sans avoir pris une ride ou presque.

On aime encore déroger aux règles de bonne conduite littéraire et l’on apprécie faire des incartades dans des univers qui ne sont pas « respectables » : « Savourer encore quarante pages de Mustang, c’est un meilleur rapport qualité-prix pour tant d’œuvres littéraires qu’on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd’hui comme hier, c’est bon de mépriser la prescription. »

On se souvient de ces verres de menthe à l’eau qui ponctuaient nos baignades l’été. Ces parfums, ces goûts, cette lumière, on croit pouvoir tout retrouver en fermant les yeux et en se berçant de quelques bons mots.

Il y aussi ces images, cette voix qui nous donne l’espoir, qui nous fait rêver à l’issue d’un film en noir et blanc intitulé « Crin-Blanc » de René Guillot : « L’eau chantante du Rhône les berçait doucement. La belle eau les emportait tous deux dans le courant du grand fleuve, jusqu’à une île merveilleuse où les enfants et les chevaux sont toujours des amis. ».
Ces vieux livres, ces collections désuètes, mais qui nous font soupirer tant on a rêvé avec ses héros : Idéal-Biliothèque, Bibliothèque rose, Bibliothèque verte…

On repense aux cours de dessins en classe à l’école primaire. Ces pots de yaourt en verre alors remplis d’eau pour que nos pinceaux les teintent de volutes plus ou moins colorées. Tout devenait très sombre à la fin de la séance, mais il y avait aussi ces petits bruits qui ponctuaient l’heure de détente.

Je pourrais vous en parler durant des heures de ce petit ouvrage qui ne paie pas de mine, qui est disponible en format de poche, que l’on trouve également dans toutes les bonnes bibliothèques. C’est simple, c’est court car point n’est besoin d’en faire trop pour parler de ces petits bonheurs.
Un style ouvert qui pourra être abordé par tous les types de lecteurs.
Une découverte littéraire qui ne vous pousse qu’à une seule chose : rêver, à repenser au passé, à être d’humeur nostalgique…

Une nostalgie fort contagieuse parfois, mais qui peut aussi laisser de glace car il faut avoir connu les mêmes éléments pour pouvoir se sentir concerner.
Ce livre va tout particulièrement toucher les lecteurs de la même génération que l’auteur. Pour les autres, le plaisir procuré par ces instants de lecture sera moins constant, plus chaotique, mais pas forcément absent.

Ma note finale : 13 / 20

mercredi 21 octobre 2009

La musique des mots ---- "Et si on dansait" d'Erick Orsenna - Livre


L’écriture me passionne, mais je l’avoue bien humblement, malgré mes lectures aussi multiples que variées, récurrentes depuis mon enfance, j’ai toujours des faiblesses dans mon orthographe. Les mots se jouent de moi bien plus que je ne suis capable de jouer avec eux.
Quant à la ponctuation, je ne la connais pas si bien que cela. Erik Orsenna décrit d’ailleurs merveilleusement mes rapports avec elle qui sont courtois, mais assez distants :
« La ponctuation ? Jusqu’alors, je saupoudrais mes textes de virgules et de points. Un peu au hasard, il faut l’avouer. »

N’ayant aucune envie de m’endormir sur un ouvrage particulièrement rébarbatif sur les tenants et aboutissants de ce formidable instrument de mesure qu’est la ponctuation, j’ai préféré découvrir un auteur que l’on connaît au moins de nom dans notre jungle littéraire : Erik Orsenna.
Il nous livre dans « Et si on dansait ? » des clefs essentielles pour jouer ces partitions avec ce récit poétique dont je vais vous parler et je l’espère, vous donner envie de le découvrir.

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L’auteur :

Pourquoi ne pas citer cette source d’information où vous allez trouver tout ce que vous voulez savoir sur Erik Orsenna sans jamais oser le demander ? Suivez l’URL et voilà votre souhait exaucé en un clic. La magie des nouvelles technologies…
http://www.erik-orsenna.com/plan.php

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L’intrigue : (4 ème de couverture)

Après « La grammaire est une chanson douce », après « Les Chevaliers du Subjonctif », après « La révolte des accents », Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l’art de ponctuer leur vie…

Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s’est enhardie. Elle est aujourd’hui à la tête d’un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l’île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C’est à cette occasion, l’élargissement de sa clientèle au monde politique, que l’importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l’aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu’elle écrit. Car qu’est-ce qu’un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ?
Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n’a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du cœur, noter les nuances affectives ?
Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?

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Ce que j’en pense :

J’ai entendu parler de ce nouvel ouvrage d’Erik Orsenna en visionnant l’une de mes émissions favorites sur France 5, « La grande librairie ». Je ne connaissais pas du tout l’écriture de cet auteur qui a plus d’une corde à son arc. Il est en effet des écrivains que l’on n’a pas encore eut le temps de « rencontrer » soit par manque de temps, soit parce qu’on appréhende d’aborder leur prose. On ne se sent pas à la hauteur.
Il faut pourtant franchir ce premier pas qui coûte tant car de belles surprises nous y attendent.

La couverture a un aspect désuet, pastel, mais dont le charme est presque magique. On est attiré par elle, on a envie d’ouvrir ce livre et d’aller à la rencontre de cette écriture venue d’un autre âge.
Qu’on ne s’y trompe pas, Erik Orsenna est un auteur bien de son temps et certaines références que l’on retrouve dans « Et si on dansait ? » en sont les meilleures preuves. Il y a juste un parfum de classicisme qui flotte, mais c’est plus un air de famille, de nos racines qui flotte ainsi librement et qui nous sert de boussole.

Les personnages de cette intrigue seront reconnus par les fidèles lecteurs d’Orsenna. Il y a Jeanne qui a maintenant 16 ans et sait trouver bien des formes de revenus grâce à son talent pour jongler avec les mots. Il y a aussi Tom, son frère, dont Jeanne s’occupe seule puisque leurs parents, à nouveau amoureux, ont bien d’autres choses à penser qu’à subvenir aux besoins de leurs rejetons. Ahhh l’amour !

Les mots sont donc importants, mais pour qu’ils puissent avoir du sens, une profondeur, il faut aussi que les phrases construites aient une dynamique. Cette dernière dépend essentiellement de la ponctuation, souvent délaissée ou méconnue.
Il y a les signes que l’on utilise à tort et à travers. Ceux que l’on aime plus que tout comme :
« Chères parenthèses qui permettent d’intercaler dans la phrase des précisions, des explications, des remarques personnelles.
Mes professeurs m’ont dit, et répété, qu’elles ne sont pas essentielles au sens, qu’elles ralentissent le rythme, qu’elles alourdissent le texte…
Je suis une fille intelligente. Je comprends ces arguments. Alors pourquoi m’obstiné-je dans ma maladie ? Vais-je continuer longtemps à truffer mes écrits de parenthèses ? »
Il y a aussi ceux que l’on néglige car on ne sait plus très bien à quoi ils correspondent. Je pense alors au point-virgule.
Il existe des signes qui peuvent faire mal comme le point final, mais il en existe d’autre qui ont le pouvoir de redonner le sourire : « Il suffit à un point d’en ajouter deux autres pour que le final devienne suspensif. Et que l’espoir renaisse. »

Des illustrations parsemées dans l’ouvrage en font vraiment un livre d’exception. On est dans le conte qui relate des faits, à la fois fantastiques, mais aussi tellement terre à terre. Cela tient à la fois de la conversation, de l’invention afin de nous détromper…
Un livre qui en plus d’être instructif reste beau. On a envie de s’y plonger, voir de s’y replonger. On part à la pêche aux mots, aux signes de ponctuation… On est dans l’épave (voir le récit complet), on est sur la rive, on est partout.

Un conte que l’on peut lire aux enfants alors en plein apprentissage de notre belle langue parfois un peu retorse. Voilà qui peut les aider à mieux comprendre certaines règles de grammaire, à l’appréhender d’une manière totalement nouvelle et tellement plus ludique.
Ce livre est pour moi un petit bijou de cette rentrée littéraire 2009 et me conforte dans mon choix de me plonger dans le début de cette saga au pays des mots.
Les rêves ont un sens et les contes ne sont pas que de simples histoires pour se distraire. On oublie trop souvent la racine du mot conter : de l’ancien français conter, même mot que compter (graphie savante apparue au XIIIe siècle spécialisée au sens de « calculer »), du latin computare « calculer, compter, prendre en compte » et « énumérer », d’où, par glissement de sens, « conter, raconter », en latin populaire…

Ma note finale : 17 / 20

jeudi 15 octobre 2009

Une fine lame de la fantasy à découvrir ---- "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel - Livre

L’amour que j’ai pour les vieilles pierres et pour l’Histoire de manière plus globale, me vient sans doute de mes lectures passées, mais aussi du fait que j’ai toujours eu un penchant pour les films de capes et d’épées. Alors je vous l’accorde, le passé n’est pas seulement romanesque, mais il est plus propice à stimuler mon imagination débordante.
On peut tout créer avec ces vestiges d’une autre époque, même un avenir différent.

L’univers de la Fantasy française (ou étrangère) ne m’est pas particulièrement familier, mais parfois j’y découvre quelques perles qui me laissent presque sans voix.
La couverture de cet ouvrage de Pierre Pevel : « Les lames du Cardinal » m’a tout de suite attirée. La lecture de la quatrième de couverture m’a stimulée et enfin, la découverte de l’œuvre m’a enchanté.

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L’auteur :

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français.
Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2002 pour « Les Ombres de Wielstadt » et le prix Imaginales 2005 pour « L’élixir d’oubli ».
Avec une verve et un talent dignes des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

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L’intrigue :

Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et son éminence Armand Jean du Plessis de Richelieu gouverne avec lui. L’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, le cardinal doit se garder de tous ceux qui jalousent l’influence qu’il exerce sur le roi, et se prémunir contre les attentats ourdis par les ennemis de la France, au premier rang duquel l’Espagne et sa Cour des Dragons sont plus qu’une simple menace.
Dans cet univers hybride de Fantasy et de roman de capes et d’épées, des intrigues alliant espionnage, politique et sorcellerie menacent de faire vaciller le trône !
Or, en cette nuit de printemps 1633, Richelieu décide de jouer une carte maîtresse et reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un fidèle parmi les fidèles dont le dévouement lui a autrefois valu d’être trahi et déshonoré : le capitaine La Fargue, chef des Lames du cardinal. L’heure est venue de reformer cette élite, secrète autrefois, dissoute ensuite sur l’autel de la raison d’Etat.

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Ce que j’en pense :

« Les Lames du Cardinal » est un formidable roman d’aventures où action et magie se mélangent magistralement. Les amateurs de récits de capes et d’épées du 19 ème seront ravis ainsi que ceux de Fantasy. J’avoue que la plume de Dumas doit en vibrer de colère tant le genre est à la fois novateur et respectueux de la tradition. Pierre Pevel réalise là un grand écart entre les genres et le tour de force réside dans le fait de parvenir à marier les deux sans provoquer autre chose que des vagues de plaisir aux lecteurs !
Les intrigues et les dénouements (à plusieurs niveaux) présents dans « Les Lames du Cardinal » seront totalement imprévisibles et interminables. L’auteur sait susciter notre curiosité et provoquer la surprise grâce à une multitude de changements de rapport entre les diverses accointances politiques des parties s’affrontant avec fougue. Nous serons toujours sur la brèche.
L’action sera omniprésente et fort bien retranscrite. On imagine sans peine les batailles, les duels et autres combats armés ou non.

La profusion de personnages ne m’a pas le moins du monde gêné alors que je la redoute d’ordinaire. Elle se justifie et la narration est si bien menée que la confusion n’a pas lieu d’être. Tout le monde a sa place, ses caractéristiques… Encore que les points de vue peuvent, comme dans la vie réelle, évoluer dans le temps.

Les lieux sont aussi fidèlement décrits que cela est possible. Rien ne manque pour nous plonger dans une époque où les complots étaient légion et conservaient néanmoins ce côté aventureux que l’on ne retrouvent plus toujours dans les romans actuels.

L’écriture de Pierre Pevel est très agréable. Les différents éléments du récit s’emboîtent à la perfection. On est toujours tenté de lire encore un paragraphe de plus car le texte est très découpé sur la forme, mais point sur le fond. C’est bien là l’essentiel.

J’ai pris un immense plaisir à lire ce premier volet de ce que j’espère sera sans nul doute le début d’une longue saga. Un second tome vient de paraître sous le titre de « L’alchimiste des ombres » et je compte bien m’y plonger sans plus attendre !

Ma note finale : 18 / 20

lundi 12 octobre 2009




Depuis le temps que je le dis et le répète, vous devez bien le savoir que j’aime les livres. Ils m’entourent partout où je vis, partout où je vais (si cela est possible car je ne dois plus porter de trop gros poids maintenant, sous peine d’être toute cassée avant l’âge).
Côté genre de lecture, je suis très hétéroclite et tout ou presque m’intéresse. Je passe d’un style à l’autre sans aucune vergogne. Pire, j’adore cela !

D’humeur un peu morose pour cause de virus qui s’installe comme chez lui dans mon organisme bien trop accueillant à mon sens pour des profiteurs tels que lui, j’ai jeté mon dévolu sur un livre de poche au titre évocateur : « Ma vie est tout à fait fascinante » de Pénélope Bagieu.

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L’auteur :

http://www.penelope-jolicoeur.com/
C’est là que les aventures tout à fait fascinantes sont nées et se poursuivent avant la sortie d’un prochain opus.

http://www.penelopebagieu.fr/
C’est ici que l’on en sait un peu plus sur l’auteur. En tout cas sur son travail et ses réalisations.

Pour le reste, merci qui ? Merci Wikipédia !

Pénélope Bagieu, née le 22 janvier 1982 à Paris, est une illustratrice française. Elle s'est fait connaître grâce à son blog BD « Ma vie est tout à fait fascinante », où elle expose avec humour des instants de sa vie quotidienne sous le pseudonyme de Pénélope Jolicœur.

Un baccalauréat économique et social en poche, elle passe une année en classe préparatoire, puis entre à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Multimédia et animation sont au programme. En décembre 2006, Pénélope Bagieu sort diplômée de cet établissement. Elle décide alors de revenir à une activité d'illustratrice, et trouve rapidement un agent.

Entre-temps, elle réalise tout de même un court-métrage d'animation, intitulé Fini de rire, qui connaîtra une diffusion sur Canal+ et diverses nominations dans des festivals de films, notamment en 2006 au Festival international du film d'Amiens.

Elle est également à l'origine des illustrations d'une campagne de communication pour les surgelés Marie, sur support télévisuel, en affichage et sur Internet.

En septembre 2008 sort le premier volume de Joséphine, une bande dessinée dont elle assure elle-même les textes et les illustrations, qui met en scène un personnage commandé par le magazine Femina.

Pour Noël 2008 elle met en place le site web Mon beau sapin en partenariat avec la Croix-Rouge et Orange, dont le but est d'offrir des cadeaux aux enfants défavorisés.

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L’intrigue :

Pas de trame à proprement parlé, mais des instantanés de la vie qui justement sont amusants car sortis de leur contexte, ils perdent toute notion de gravité pour ne conserver que leur substance humoristique.

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Ce que j’en pense :

Un dessin ou une petite série de dessins et voilà un billet d’humeur.
C’est simple et cette petite recette a bien pris sur les blogs qui fleurissent un peu partout sur la Toile. Seulement voilà, encore faut-il les alimenter régulièrement et avoir en plus d’un coup de crayon pas trop moche, des idées qui vont faire que l’internaute va avoir envie de revenir.
Pénélope Bagieu a tout cela pour elle et voilà pourquoi elle peu publier maintenant même en dehors d’Internet.

Son graphisme est assez épuré, mais avec un brin de couleur, cela devient beaucoup plus réaliste. C’est suffisamment caricatural pour ne conserver que l’aspect mélo-dramatico-comique de la situation.
Pénélope, c’est vous, c’est elle, c’est moi.
On se retrouve tellement facilement dans ces moments pas si unique de nos existences. On rit de Pénélope, mais aussi beaucoup avec Pénélope.

Petit livre sans grande prétention, mais qui fait du bien au moral, c’est déjà pas si mal en ce temps de crise (même si on nous promet une reprise pour maintenant à l’instant).
J’avoue que l’avoir sorti en format de poche ne présente que des avantages car autant il me plaisait en grand format, autant son prix me freinait. Là, j’ai pu concilier les deux et même ma banquière ne m'a pas téléphoné pour me dire que là, franchement le 67 ème livre du mois, ça commençait à bien faire !

Ma note finale : 15 / 20

vendredi 2 octobre 2009

Ma pomme !!!! ---- "Facebook, et moi ! Et moi ! Et moi ! " De Nina Testut --- livre



Facebook, tout le monde connaît maintenant. Ce réseau social sur la Toile a tellement fait parler de lui et pas seulement en bien, qu’il faudrait sortir d’un long coma pour ne pas savoir de quoi il retourne. Ensuite, personne ne vous oblige à vous y inscrire et à grossir le nombre toujours grandissant de ses utilisateurs, de ses adeptes mêmes.
Je l’avoue, j’en fais partie. Si j’ai mon ordinateur sous la main et une connexion valide à Internet, je m’y connecte. Je trouve cela pratique, ludique, parfois même instructif !

Ce phénomène numérique a inspiré Nina Testut, sociologue. Cette spécialiste justement a étudié celui de la colocation en France, elle ne pouvait pas rater l’occasion de se pencher sur ce buzz planétaire ! Il en résulte cet ouvrage intitulé : « Facebook, et moi ! Et moi ! Et moi ! »

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L’intrigue : (4ème de couverture)

Sur Facebook, se croisent Diane, Vincent, Alice, Mike, Sylvia, Martin, Bob le Chat, Simon, Paul, Marie Mie, la narratrice, et les autres. Des hommes, des femmes, des natifs du numérique, des trentenaires nostalgiques, des networker militants, des intermittents sans spectacle, des no-life : tous ensemble dans l’aire du jeu, s’amusent, s’aiment, crânent, tâtonnent, mâtent, travaillent, militent, partagent, s’agrègent, se rencontrent et se fâchent. Chacun y a droit à son quart d’heure de gloire, à sa vitrine dans l’écran. Facebook est leur domiciliation fixe, le territoire de leur ennui aussi.

À travers ces différents personnages, l’auteur analyse par le trou de la serrure le phénomène de ce réseau social et l’étonnante addiction qu’il provoque chez plus de cent soixante-quinze millions de « moi » dans le monde dont cinq millions de Français ! Qui sont ces gens dans la vitrine, et que font ces « amis » ainsi réunis, pour le meilleur et pour le pire ? Facebook, est-ce l’ère du vide ou de l’intelligence collective ?

Entre fiction et document, Facebook Et moi ! Et moi ! Et moi ! est un portrait humoristique, partial et subjectif de ce théâtre numérique, une photographie de l’air du temps illustrée par les dessins de Jean-Marc Dumont.

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Ce que j’en pense :

Je suis une utilisatrice de Facebook depuis plus d’un an et je crois en connaître assez bien les rouages. Cependant, je reste curieuse et je ne suis jamais contre prendre l’avis de personne extérieure. De plus si ce que l’on me propose est agréable à lire, amusant même tout en restant sérieux sur le fond, alors je signe en bas de la page sans même y réfléchir plus longtemps.
Je suis comme cela !

Nina Testut n’est pas là pour pointer son doigt accusateur sur les utilisateurs de Facebook. Elle ne critique pas et souhaite simplement voir dans ce nouveau phénomène numérique le reflet des rapports humains d’aujourd’hui. Elle a envie de nous montrer combien ces nouveaux moyens de rester en contact, nous pousse sans doute vers plus d’individualisme que jamais. On est bien dans le règne du Moi surdimensionné. On ment sans vergogne, on se ment encore plus. On se dévoile toujours plus qu’on ne le croit.

L’auteur ne se voile pas la face et précise même les points noirs de la « bête » : Les questions de vie privée et d’utilisation des données personnelles demeurent l’une des grosses bêtes noires de Facebook, et les critiques sur le système tournent bien souvent autour de ce point. »
Et pourtant Facebook, c’est un monstre, un géant. Il peut faire peur, mais que penser quand on connaît ces chiffres ?
«Facebook, c’est quoi ? Un réseau social, un pilier de la galaxie Web 2.0, une plateforme communautaire, un agrégateur de contenus et de fonctionnalités. C’est aussi le plus beau coup d’Internet ces dernières années, un développement exponentiel, une valeur estimée à plusieurs milliards de dollars : un gros business. C’est, en mars 2009, 175 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 5 en France, soit une concentration incroyable de données, un abysse juridique. »

On apprend une foule de choses qui nous font plus ou moins plaisir comme par exemple le fait qu’à plus de 30 ans, on est catalogué sans vergogne comme un vieux croûton. Le nombre moyen d’amis est de 120 ; j’explose donc cette donnée avec mes 418 contacts. Je tiens à préciser que tous ne sont pas des amis intimes et véritables. Je sais ce qu’est un réseau et je ne me berce pas d’illusion non plus. Il n’empêche que grâce à ces « amis », mes journées sont bien remplies et les échanges parfois très riches.
« Ami, c’est plus fun que contact, il fallait personnaliser l’interface, le système. On est quand même là pour s’amuser. Ami sur Facebook, c’est un gros hold-up et c’est peut-être la clef du succès après tout. C’est un gros hold-up parce qu’on me vole le sens d’ami, on m’en dépossède, puisque tout le monde devient mon ami même ceux qui ne le sont pas. Or c’est précieux un ami. »
Et puis, on peut avoir des centaines d’amis sur Facebook et vouloir s’inscrire à ce groupe : « J’ai 100 amis Facebook et je déjeune seul à la cantine. »
Reste qu’en avoir un maximum (d’amis) reste un des objectifs que tout le monde ou presque a sur Facebook. « Parce qu’avoir pleins d’amis, c’est la classe. C’est glamour. Ça dit de nous que nous sommes digne d’intérêt, peut-être même un être séduisant, drôle, intelligent, irrésistible, voire un peu connu. ». Notre ego est flatté, on ne veut pas être la honte nationale. Ah oui, Nina Testut appuie là où cela peut faire mal, mais rien de bien grave, on ne meurt pas de ces petites blessures de son moi tout-puissant ! lol

L’analyse est fine, moderne, actuelle et valable pour bien d’autres réseaux sociaux que Facebook, dont le fameux Twitter, très à la mode en ce moment.
On ne s’ennuie pas et on lit rapidement cet essai (où se mêle aussi des éléments fictifs pour que le récit soit plus facile et crédible) qui va nous faire aimer la sociologie car ce livre n’est pas du tout une thèse, ni une étude au sens académique du terme. Chic alors, on sort des sentiers battus, mais on se cultive tout de même.
Merveilleux !


Ma note finale : 15 / 20